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Archive for mai 2011

London Boulevard (William Monahan, 2010)


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Je sors de prison et je vais définitivement arrêter mes conneries. Si je trouve en plus une petite amie et un boulot ça sera parfait. En revanche le passé à la vie dure, difficile de lui tourner le dos, il me rattrape en la personne de ce P... de parrain londonien. Il faut que je me tire des pattes de ce type là et que je passe entre les gouttes... Je suis si prêt de réussir !

Film de gangster anglais. On connaît, on en a déjà vu pas mal et c'est souvent bien. Rien de neuf sous le soleil donc, on retrouve dans London Boulevard tout ce que l'on apprécie de ce genre là (humour, rythme, éclats de violence, force tranquille, et imperturbable flegme britannique, même en pleine "shit storm"...). Alors pourquoi le film de William Monahan est il étrangement différent, voire supérieur ?

Une piste à cela : le monsieur Monahan est scénariste, et lorsque on a travaillé sur Kingdom Of Heaven ou Les Infiltrés, à priori on sait ce que personnage et histoire veulent dire...
Ce qui marque ici c'est le rythme du film. Et son réalisateur opère une étrange construction, lente et progressive, et mixe habilement les codes du film de gangster british et l'écriture de son personnage principal. Çà ressemble à ce qu'on connaît, ca a le gout de ce qu'on connaît, mais ce n'est pas ce qu'on connaît ! Il faudrait même un certain temps, après sa vision, pour savoir si le film est réussi ou raté...

 Ma théorie est que London Boulevard résulte d'un étrange mixage. Celui d'une trame narrative dans laquelle on aurait volontairement supprimé quelques éléments (comme des "trous" inattendus, des manques) avec un personnage présenté de manière non linéaire, lui aussi avec des trous dans son écriture, dans son histoire et dans son fonctionnement. On obtient donc deux textures imparfaites, mais la magie opère lorsqu'on les superpose. 
Au final, on suit un personnage assez énigmatique dans une histoire dont on aimerait bien connaître davantage les tenants et les aboutissants. 

Le résultat revêt une classe folle et oblige à être étrangement actif durant le visionnage. La dramaturgie s'installe, le film noir réapparaît et un aspect road movie vient surplomber le tout.
London Boulevard, sous ses faux airs de divertissement bien rôdé, s'avère être un film finalement atypique et riche, un travail de précision duquel se dégage le parfum enivrant de l'originalité.

 

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The Murderer (Hong Kong, de Chow Hin Yeung, 2009)


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Suite à l'attaque d'un tueur en série, un policier s'en sort mais reste amnésique. Bien décidé à retrouver ses souvenirs et le tueur en question, il mènera son enquête avec acharnement. Malheureusement tous les indices qu'ils trouve le désigne comme étant lui le tueur !


Houba ! Houba ! Ne confondez surtout pas The Murderer (Hong Kong, 2009) avec The Murderer (Corée, par le réalisateur de The Chaser, qui arrivera courant 2011). Sinon, vous ferez comme moi et devrez alors faire face à une double punition. NON ce n'est pas au niveau de la cheville du sus nommé The Chaser, et NON ce n'est pas un bon film ! Oh que non !

C'est long, convenu, poussif et ridicule. Ridicule surtout ! (voir le spoil ci-dessous)
Simplement à éviter.

SPOIL : le meurtrier n'est autre que le fils de 6 ans du policier, qui souffre d'une rare maladie qui fait qu'il ne vieillit pas, et qui s'est fait adopter par ce flic pour se venger d'une vieille humiliation d'il y a 20 ans et qui... et qui... et on s'en fout ! Il a juste une tête à claquer !


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Tree of Life (Terence Malick, 2011)


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De l'enfance à l'âge adulte, les expériences de la vie marquent chacun. Des bons souvenirs aux plus douloureux comme le décès d'un fils.

 Un Malick est toujours un heureux événement, très attendu. Après le mitigé Le Nouveau Monde (toujours pas vu !) celui-ci n'a pas manqué à la règle. Disons le tout de suite Tree of Life est visuellement magnifique (parfait ?) et n'attendons pas non plus pour dire que cet homme utilise un langage cinématographique absolument éblouissant (parfait ?).

Pourtant Tree of Life est loin d'atteindre le chef d'oeuvre. Alors pourquoi ? Ben simplement parce qu’au delà de la fulgurance de certaines images et idées, le film se barde d'une symbolique hyper appuyée, symbolique pachydermiquement catholique ! Difficile d'y échapper si l'on conqidèrz toutes les musiques religieuses classiques (chacune sublime par ailleurs) qui émaillent le film et viennent alourdir la sensation.
Alors bien sûr, difficile de fustiger l'aspect catholique puisque son auteur est issu de cette culture là... Difficile aussi de lui reprocher de vouloir partager ses convictions et ses visions du monde puisqu'il y croit réellement et que son but n'est, à sa décharge, sans doute pas de nous en convaincre ou de nous illuminer de son message.
Il reste au final une avalanche d'idées mièvres et dégoulinantes qui ont heurté la pureté de mes convictions athéistes. Too much ! Plus encore que le message catholique, on nage en plein new age, jusqu'à s'y noyer, sur le début et la fin du film. En revanche, sur sa partie centrale, moins symbolique, plus narrative, Malick nous livre alors un film et des plans d'une perfection "diabolique". 

Sur le plan de l'expérience cinématographique du spectateur, on se retrouve alors devant l'étrange sensation de s'être affreusement ennuyé (que c'est long !), mais paradoxalement, le spectateur est aussi pleinement conscient qu'il est en face un chef d'oeuvre (certes inégal ici !). Comme dans Last Days ! 
Tree Of Life frôle l'extase, il frôle aussi l'écoeurement. Alors : "Stop ou encore" ?


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Le Président (Yves Jeuland, 2011)


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Documentaire sur la dernière campagne régionale de George Frêche.


Difficile d'attribuer une note à un documentaire... difficile d'approcher ce long métrage en tant que travail cinématographique lorsque l'on sait que derrière se cache une réalité, mais laquelle ?
Ce Président est donc concentré non pas sur l'animal politique qu'était George Frêche à lui tout seul, mais juste sur sa dernière campagne et donc sur la communication de l'animal...

Même si l'on peut en débattre, un documentaire doit à mon sens montrer des bouts de réel (la partialité ou pas étant un autre débat). Où est la donc la vérité dans tout çà, quand on sait que l'on oublie facilement une caméra qui vous regarde quasi 24h/24, et quand par ailleurs cette même caméra fait partie intégrante du métier du sujet filmé ? La caméra nous livre elle des fragments volés de vérité sur l'homme ? Ou bien "l'acteur" pilote t'il la caméra qui le filme ?

Je ne saurais, bien sûr, pas répondre. Je ne vous rapporterais donc qu'une vague impression : celle qu'il ne faut décidément pas accorder la confiance à nos chers politiques, et que si l'on ne garde pas "affûté" notre esprit, nous seront vite les souris de ces chats là.  
Le Président laisse en effet l'inquiétante sensation que la politique n'est qu'un jeu de postures oratoires et de stratégies lessivielles savamment élaborées par nos communicants.

Le Président est donc passionnant en tant qu'objet de réflexion, mais à force de n'aborder que l'angle Communication, il manque de matière pour réellement nous instruire et devient donc, vers la fin, un peu répétitif, et en perd un peu son essence.

Entre impartialité affichée et contre démonstration intrinsèque, ce documentaire, malgré l'intérêt que l'on a à le suivre jusqu'au bout, s'avère donc peut être rater son véritable but : être un documentaire ! Entre réalité et manipulation, George Frêche aurait-il là réussi son dernier coup ?


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R Point ( Su-chang Kong , 2004)


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Après un appel reçu par des soldats déclarés disparus, une unité de sauvetage est envoyée au Point R pour retrouver ces soldats. Sur place, malgré les appels de détresse, aucune âme. L'unité va découvrir à ses dépends que le lieux est hanté.

Ça s'annonce pas mal au début, mais cette histoire de fantôme et de malédiction s'étire trop, bien trop pour ne pas être épuisée à la fin. La petite musique des détails étranges qui s'enchaînent, de plus en plus étranges, de plus en plus rapprochés, devient vite répétitive et l'intérêt du spectateur laisse rapidement place à une douce sensation de torpeur.

La seule chose qui pourra vous réveiller, ce n'est pas les apparitions des fantômes (plutôt réussies par ailleurs quand on repense aux plans des soldats fantômes de dos dans les hautes herbes...), mais les réactions plus qu'improbables des soldats qui piquent des crises de larmes au moindre cadavre et sautent au plafond au moindre craquement de branche. Dommage quand on est soldat dans la nature coréenne.

Du coup je repense non sans une certaine émotion aux fantômes-nazis-pas-contents de Outpost... Y'a pas à dire certains sujets sont mieux traités lorsqu'ils gardent des ambitions mineures, au pire on tombe de moins haut !


Bon à tirer (B.A.T.) (Hallpass, 2011)


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Je suis un homme. J'aime ma femme, mais je ne pense qu'au cul. Ma femme ne comprends pas que je matte les autres femmes ou que je ne parle que de cul avec mon meilleur ami. Elle va quand même tenter l'expérience de m'offrir une semaine "hors mariage" (un B.A.T.) pour que je puisse faire tout ce que je veux, et me rende ainsi compte que je ne peux pas vivre sans elle. Mon meilleur pote sera avec moi pour cette semaine de liberté totale où tout est permis.


Les Frères Farelly qui nous avaient bien fait marrer il y a quelques années avec le très drôle Mary à Tout Prix et le cultissime Dumb & Dumber, ont vieilli eux aussi... Comme dans le médiocre l'Amour Extra Large, et comme leurs personnages, ils s'enfoncent dans leur vie d'adulte marié et rangés et oublient ce qu'ils ressentaient quand l’acné recouvrait encore leur visage poupin.Tout ça est donc sage, trop sage, moralisateur à l'américaine (ta femmes, ta famille !) et ne réussi pas à s'affranchir des convenances pour être ce qu'on attends de ce genre de cinéma : un défouloir qui ose aller au bout de ses blagues potaches ! (on appréciera cependant la scène de la fille qui pète dans la baignoire...)

On est bien loin d'un Supergrave, dommage parce que l'équipe formée de Owen Wilson (il sait vraiment "jouer" Owen ?) et de son pote était pleine de promesses.


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L'Horrible Invasion (Kingdom Of Spiders, 1977)


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En Arizona, un pauvre fermier perd sans raison le veau qu'il destinait à la foire locale. L'autopsie indique alors qu'il a succombé à une dose massive de venin d'araignée. Ce ne sera que la première victime d'une longue série, car le paisible patelin s'apprête à faire face à une gigantesque invasion de Tarentules.

Ah les invasions de bêbêtes ! Mis à part le rythme et les règles de l'époque (pas plus d'une bêbête à la fois les premières 20 min, puis cinq par cinq jusqu'à 40 min, dix par dix jusqu'à 60 min...) on pourra quand même apprécier ce suspense vintage : un rythme diesel fort rassurant, le jeu de William Shatner (pas plus expressif sans pyjama qu'avec), des téléphones en bakélite noire, mais surtout une avalanche des vrais animaux ! 
Depuis combien de temps n'aviez vous pas vu des dizaines de vrais insectes réellement crapahuter sur des vrais acteurs ? Aujourd'hui, nous n'aurions droit qu'a quelques superpositions par ordinateur, plus ou moins bien réussies...
 Alors oui ! Cette Horrible Invasion, malgré quelques rides et son rythme assez peu rock'n roll, n'est pas ridicule et peut être gentiment visionnée. Ne serait-ce qu'en souvenir d'un cinéma de genre qui prenait son temps, certes, mais remplissait le cahier des charges sans nous prendre pour des cons.



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J'ai Rencontré le Diable (I Saw the Devil, Kim Jee-Woon, 2010)


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Je suis un agent secret. Ma fiancé est la nouvelle victime d'un taré qui l'a massacrée. Je vais le traquer, le retrouver et lui infliger chaque souffrance qu'elle à dû subir.


Ah ces coréens quand ils s'y mettent ! Encore un film de vengeance, encore l'acteur de Old Boy et de nouveau celui de A Bittersweet Life (tous deux absolument excellents !). Tout ça sous la houlette de celui qui nous avait déjà apporté le fort élégant A Bittersweet Life : Kim Jee-Woon.

Si nous rassemblons nos souvenirs, et après la vision de cette petite bombe, nous sommes maintenant persuadé que la Corée est un très beau pays, certes, mais peuplée en grande majorité de détraqués dont la détermination n'a d'égal que le sadisme et la cruauté.

On trouvera bien sûr à reprocher à I Saw The Devil sur ses excès ou sa psychologie, mais il sera difficile de lui reprocher son esthétisme et surtout son étonnant déroulement. 2h27 étouffantes et déroutantes, sans aucune pause pour souffler. Il faut avoir le coeur bien accroché pour suivre cette vengeance jusqu'à son terme, et on appréciera particulièrement la première confrontation entre nos deux personnages. A 45 minutes, on assiste à une véritable scène finale et on se dit que ce Devil est passé à une vitesse fulgurante ! On regarde alors sa montre et on se demande vraiment ce qui nous attend pendant encore plus d'une 1h30...
C'est sans doute là que se situe la force du film. Nous emmener toujours plus loin et nous surprendre à chaque changement de vitesse du scénario.

Avec Memories of Murders et The Chaser, I Saw The Devil casse les codes habituels du genre grâce à des personnages aux comportements atypiques ou des situations légèrement en décalage avec ce que nous avons déjà vu.

A voir tout particulièrement : la scène du taxi avec son incroyable 180° dans l'habitacle !


 
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The Clinic (2010)


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Un joli petit couple s'arrête dans un motel pour la nuit. Madame est enceinte jusqu'aux yeux et Monsieur (Andy Whitfield de Spartacus) s'annonce être un fort gentil futur papa. Mais dans la nuit madame disparaît. Alors que monsieur se heurte à à des autorités locales peu enclin à retrouver son épouse, celle ci se réveille dans un curieux complexe, une large cicatrice sur son ventre...

Comme 5 autres femmes, son bébé leur a été arraché. Elles vont tout mettre en oeuvre pour retrouver leur progéniture et comprendre ce qui leur arrive...


Ça commençait pourtant bien... Bien réalisé, on était en droit d'attendre un récit compact et ramassé, une montée en charge progressive du rythme et de la tension. Au lieu de cela, le scénario se disperse et se perd en explications et situations abusives. D'explications foireuses en rebondissement artificiel, on perd le fil et le suspense s'estompe au fur et à mesure que les protagonistes meurent...

On se demande encore pourquoi un des personnages principaux disparaît au milieu du film ! A t'il quitté le plateau lors du tournage ? Les pages du scénar expliquant sa disparition se sont elles envolées ??
J'attends toujours la réponse à cette question, tout comme, rapidement, j'attendais la fin de The Clinic.


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The Loved Ones (2011)


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Je suis une jeune fille un peu mal aimée dans mon lycée, le bal de la fin d'année approche et personne ne semble m'inviter. Ce garçon un peu bizarre doit être comme moi, dommage qu'il sorte avec cette autre fille. Non, après tout moi aussi je peux l'avoir, mon papa va m'aider. Moi aussi j'aurais mon prince rien que pour moi, il m'aimera et je pourrais en faire exactement ce que je veux. Il sera à moi, ça sera mon jouet...


Un peu red neck, un peu Wolf Creek, vicieux mais pas voyeur, on suit la petite expérience jusqu'au bout sans s'ennuyer ni se sentir exploité.
Un Loved Ones sans grande originalité, certes, mais plutôt réussi en son genre.


 

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Les émotifs anonymes (Jean-Pierre Améris, 2010)


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Elle est une très grande émotive. Il est un très grand émotif. Il dirige une fabrique de chocolat, pour elle le chocolat c'est toute sa vie. Ces deux malades du quotidien vont tenter de se rapprocher et s'exprimer leurs sentiments.

Ils sont mignons ces deux là ! C'est avec un grand plaisir naïf qu'on assiste au rapprochement de ces deux oiseaux, délicats et fragiles. Nos Emotifs Anonymes rappellent ce qui avait pu émerveiller certains devant Amélie Poulain, et si l'on y est pas allergique, alors ce très court film (1h15) s'avère être tout a fait craquant.
Jean-Pierre Améris signe un film délicat, doux, tendre, sensible, naïf, et très drôle. Une sucrerie fine qu'il serait dommage de bouder.


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We are 4 Lions (Chris Morris, 2010)


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4 extrémistes musulmans préparent, ou plutôt tentent de préparer, un attentat sur Londres...

Polémistes et bien-pensants, passez votre chemin ! Laissez-nous rire des barbus sans nous taxer de racistes, et lâchez-nous avec les "on ne peut pas rire de tout". Ces barbus là font rire, ils ne seraient pas moins ridicules en gaulois imberbes. Quand au sujet, certes délicat, disons qu'il n'est qu'un fabuleux terrain d'expression pour ces bras cassés.

We are 4 Lions joue aussi par ailleurs la carte du "donnant-donnant", puisque s'il se fout bien de la gueule des apprentis terroristes, il présente aussi leurs motivation d'une manière tout à fait originale puisque il les rend compréhensibles et cohérentes. Chris Morris nous fera donc marrer avec ses terroristes, mais le prix à payer sera d'accepter que leurs motivations sont basées sur des conception aussi "nobles et solides" que les nôtres : les "contre" y verront un affreux pas en direction de l'ennemi, les "pour" le début d'une démarche de compréhension de l'autre. Quoi qu'il en soit, c'est courageux, et ca équilibre le propos.

En fait on peut voire en We are 4 lions la version terroriste et moderne des pieds nickelés, à la différence que ce n'est pas le gag visuel qui est ici recherché, nous sommes en fait sur le terrain du décalage. Le film réussi son pari comique, sans tomber jamais dans la caricature raciste bas de gamme. We are 4 lions n'est rien d'autre qu'une comédie britannique réussie, alors pourquoi bouder notre plaisir ?

Pour ma part je me demande encore si un mouton peut être considéré comme un infidèle !



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