Accueil

Archive for janvier 2012

Cat Run (2011)


tags | , , ,

0 comments

Deux apprentis détectives tentent de retrouver Cat, avant que les ennemis de celle-ci n'y parviennent par l'intermédiaire d'une redoutable tueuse à gages.

Cat Run est un de ces ersatz de mauvais goût de Guy Ritchie ou de Tarantino, qui mise sur sa "mise en scène nerveuse, fun et rythmée" pour vous emmener dans son aventure... Mais que tout celà est lourd, que tout celà sonne creux.

La principale faiblesse de Cat Run, ce sont ses personnages principaux, absolument dénués de tout charisme (à l'exception de sa redoutable et radicale tueuse à gage plutôt réussie et bien incarnée). L'autre faiblesse, c'est son scénario fade et sans faveur...

Mais là où Cat Run échoue, c'est dans ses tentatives de nous faire croire que son réalisateur à le talent de ses inspirateurs. Cat Run ressemble à un téléfilm haut de gamme pour lequel la seule chance de réhausser sa relative médiocrité aurait été de le maquiller façon "branché". Hélas, u lieu de réussir à doper le projet, le style Ritchiesqueimporté, achève d'en faire ressortir sa banalité.

Cat Run, s'il pourra néanmoins remplir son office pour certains des moins cinéphiles d'entre nous, est un film dont l'ambition et les moyens sont à la limite de la malhonnêteté ! Et ça, à Doorama, on aime pas !

Dream House (Jim Sheridan, 2011)


tags | , , , , ,

0 comments

Un écrivain découvre que la maison qu'il habite avec sa femme et ses filles, a été le lieu d'un terrible massacre qui vit disparaitre une famille entière. Entière ? Peut être pas, le coupable semble se manifester.

Le moins que l'on puisse dire est que Jim Sheridan nous avait habitué à un tout autre niveau de cinéma ! Il nous livre ici une vague histoire, aux ressorts usés, oscillant entre thriller horrifique et thriller psychologique. Hélas la tension monte aussi haut que l’intérêt du spectateur, et ce n'est pas le lourd twist du scénario qui réussira à sauver l'entreprise.

Dream House se subit donc davantage qu'il s'apprécie, et ce n'est pas la gueule burinée d'un correct Daniel Craig ou la le jeu discret de la Rachel Weisz qui réussiront à faire tenir debout cette pataude histoire (mais on ne peut vous dire le vrai sujet, si l'on ne veut pas gâcher le twist du scénario...)

Pas de quoi avoir peur, pas de quoi se passionner, on retiendra juste que Sharidan n'était ni en forme, ni inspiré. Dream House pourra peut être mieux fonctionner auprès des spectateurs qui ne voient qu'un ou deux films par an.
 
.

Pays de Cocagne (Pierre Etaix, 1971)


tags | , , ,

0 comments

 Documentaire, à la fois assassin et affectueux, sur la France du début des années 70, filmé autour du Tour de France...

Beaufs à bob, petites gens, intellos de province et abrutissement général sur fond de société de consommation, voilà le projet de Pierre Etaix, qui nous avait auparavant habitué à un tout autre style et humour que seul le mot "raffiné" semble le mieux résumer.

Si aujourd'hui Pays de Cocagne est une fabuleuse photo de 1972, au moment de sa sortie il fut assez largement rejeté, perçu comme une sorte d'attaque contre le français, les montrant sous des aspects bien moins valorisants que celui du "pays des droits de l'homme et des liberté" qui les abrite !

Si la peinture est effectivement cruelle et parfois à la limite de la moquerie, on y reconnait cependant une certaine tendresse de la part d'Etaix, nous montrant le meilleur comme le pire de nos concitoyens. A bien y regarder, on retrouve dans pays de Cocagne ce qui habitait ses précédents films : à savoir un une affection pour les gens et leurs tracasseries, ainsi qu'une société vorace qui abime les individus qui la composent.

Pays de Cocagne est un documentaire qui, malgré son apparente cruauté, démontre l'amour des autres de Etaix. En revanche, il trahit aussi l'inquiétude d'Etaix quand à l'aveugle acceptaion par ses contemporains des évolutions de leur société. pour apprécier pleinement pays de Cocagne, il conviendra donc de connaître le Bonhomme, autrement il ne restera qu'une trace amusante des jeunes années 70.

Le Chat Du Rabbin (Joann Sfar, 2011)


tags | , , , , ,

0 comments

Le rabbin vit avec sa fille et leur chat. Un jour, le chat se met à parler, il s'intéresse particulièrement aux croyances des hommes et par dessus tout à la fille de son maître.

Joann Sfar (certains se souviendront de son inégal Gainsbourg Vie Héroïque) porte donc sa bande dessinée éponyme sur le grand écran, et le résultat est visuellement fort élégant et poétique.

Au travers de son personnage félin, qui ne cesse de s'étonner des contradictions des hommes, et ne manque pas une occasion de "ramener sa fraise", le film s'axe principalement sur la religion (il serait même plus juste de dire les religions) mais ne manque pas cependant de s'attarder sur les rapports humains.

Mêlant avec goût remarques philosophiques, humour et émotion, Le Chat Du Rabbin s'avère particulièrement agréable et ludique à suivre. Il délivre avec une certaine finesse, des messages de tolérance et de compréhension, sans jamais abandonner sa malice et sa désinvolture.

Même si la fin laisse un peu sur sa faim, Le Chat Du Rabbin réussit à vous faire voyager sans stress entre son sujet sensible et son ambiance "bain de soleil colonial".

Enfin, on retiendra pour l'anecdote, la savoureuse apparition de Tintin (qui à elle seule pourrait résumer l'esprit de son auteur) et la fille du rabbin dont nous sommes tombés fou de désir à la Rédaction de Doorama !


Ma Part du Gâteau (Cédric Klapish, 2011)


tags | , , , , ,

0 comments

Obligée de quitter Dunkerque pour chercher un emploi sur la capitale, France trouve un emploi chez le trader responsable de la fermeture de la société dans laquelle elle travaillait.

Que l'on aime ou non le Cinéma de Klapish, on se doit de lui reconnaître un coté sympa, voire bobo, et une certaine spontanéité. Ma Part Du Gâteau s'inscrit dans ce sillon en abordant, façon Klapish, un thème d'actualité de notre société : l'impact de la finance sur l'économie réelle.

Avouons le, le thème est un peu trop grand pour Klapish, bien plus habile à élaborer des personnages touchant qu'à dresser un une cartographie du système et de ses dysfonctionnement. Si le message est donc un peu naïf, il n'en demeure pas moins que, porté par un Gilles Lelouch et une Karine Viard quasi-parfaits, Ma Part du Gâteau dégage une atmosphère particulièrement attachante et dépeint avec délicatesse et quelquefois inspiration (la partie à Venise !) une rencontre contre nature entre puissant et fourmi.

Ma Part Du Gâteau n'est pas destiné à vous aider à vous forger une opinion, il se contente de montrer le fonctionnement de ses personnages et de les opposer pour en faire naître émotion et une certaine (in)humanité. Pourtant diablement sympathique, le film se heurte cependant (se perd ?) dans son propre décor social, l'empêchant de parfaire son message et de trouver un réel écho social (sa curieuse fin "précipitée" en forme de leçon, fin presque inaboutie, l'illustrera tout à fait).

On appréciera d'autant plus Ma Part du Gâteau qu'on n'en attendra pas d'analyse sociale percutante et novatrice. On le regardera avant tout pour l'alchimie Lellouche-Viard et sa légèreté de traitement d'un sujet difficile.
.

Présumé Coupable (Vincent Gareng, 2011)


tags | , , , ,

0 comments

Le procès Outreau est aujourd'hui symbole de l'erreur judiciaire... Alain Marécaux faisait parti de ces innocents injustement accusés. Présumé Coupable, adapté de son propre livre, retrace son histoire.

Philippe Torreton est bluffant ! Il faut commencer par là pour suivre Présumé Coupable, et "apprécier" de partager le calvaire d'un innocent. Entièrement centré sur son personnage, Présumé Coupable est davantage une dissection de la souffrance d'un homme broyé par la machine judiciaire, qu'un film sur Outreau à proprement parlé. Et c'est bien là qu'il puise toute sa force, toute son intelligence : reléguer l'horreur d'Outreau à un simple "contexte", à un simple prétexte pour se concentrer entièrement sur la construction un portrait humain bouleversant, incarné par un Torreron (encore une fois) sublime !

Présumé Coupable vous accroche immédiatement, il vous immerge dans l'enfer d'un autre et fait immanquablement naître la compassion chez le spectateur. A Doorama, on pense que c'est là que la film fonctionne et est une grande réussite, on pense que Présumé Coupable ne traite pas du sujet apparent (l'affaire d'Outreau), mais s'en sert comme levier pour en faire un film bien plus personnel et éviter de diffuser un quelconque message, un quelconque avis, sur le fait divers (contrairement à Omar m'a Tuer). En çà, on peut le rapprocher de La Chute, qui lui aussi se souciait davantage de l'homme que du contexte.
Présumé Coupable est un film habile, fort et brillant.     


L'Assassin Habite au 21 (Henri-Georges Clouzott, 1942)


tags | , , , ,

0 comments

Paris est terrorisée par tous ces crimes signés du mystérieux "M. Durand" dont on retrouve sa carte sur les corps qu'il laisse derrière lui. C'est une pension de famille aux locataires hauts en couleurs, la Pension Des Mimosas, qui va attirer l'attention du commissaire pour mener son enquête. Mais il ne sera pas seul à enquêter, sa petite amie s'invite dans l'enquête !

L'assassin Habite Au 21, fait immanquablement penser à une enquête d'Hercule Poirot. Pourtant, malgré le suspens et son humour discret, cet assassin est bien Français.

Henri6Georges Clouzot signe ici son premier film. Il propose ains,i dans une France occupée, une originale et passionnante enquête policière, qui réussit, malgré son apparente légèreté, à installer un climat relativement lourd et pesant. Chaque occupant de la pension est un coupable potentiel, la suspicion est généralisée ! Clouzot savait visiblement tirer parti "de l'air du temps" pour construire son divertissement.

L'Assassin Habite Au 21 est resté dans le Cinéma Français. Même s'il accuse quelques rides (notamment le jeu des acteurs, alors si caractéristique), il demeure un film riche, rythmé, absolument savoureux à découvrir, dont la théâtralité de ces personnages sert d'appui pour installer un immense Cinéma !
Ma grand mère avait vu L'Assassin Habite Au 21, elle l'avait beaucoup aimé... Je comprends bien pourquoi en le revoyant  :-)

.

Conan (2011)


tags | , , , , ,

0 comments

Conan reprend du service ! Pour venger la mort de son père, il recherche le meurtrier de son père, Khalar Sing, qui s’apprête à mettre  la main sur un masque aux pouvoir magique terrifiants.

Les quadragénaires ont encore en tête la version 1981 de John Milius, avec Arnord Schwarzenegger dans le rôle du muscle qui manie l'épée. Oubliez tout ça ! Gardez donc intacts vos souvenirs d'enfance, ceux d'un film au souffle épique, ceux d'un film d'aventure parfait pour les kids comme les parents, et restez loin de la nouvelle version de Marcus Nispel.

Ce remake de Conan, comme les studios américains savent trop bien le faire, n'est qu'un ersatz sans âme ni envergure qui se contente d'enchaîner les scènes imaginées par des scénaristes en pleine grève du zèle.

Sans être pour autant complètement invisible (Nispel est un bon technicien), Conan n'est qu'un assemblage de situations déjà vues et archi re-vues, dont les seuls effets sur un adulte sont l'ennui et l'impassibilité. Le peu de charisme de l'acteur (le guerrier de la série Game of Thrones) et le ridicule de certaines scènes ("Chic un endroit qui va s'écrouler ! Allons donc nous y battre !") achèvent de positionner ce remake ni fun, ni inspiré, sur le créneau 10-14 ans.
Quand bien même auriez-vous conservé une âme d'enfant, croyez moi : "Vous avez passé l'âge !"
.

Megaupload Is Dead (2012)


tags |

0 comments

C'est l'histoire d'un outil qui est condamné pour les crimes d'un autre !

Si nous sommes les premiers à souhaiter que la création et l'industrie artistique continue de nous pourvoir en beautés, plaisirs et surprises, il est bien évident que les Artistes, les "ayant-droits", doivent toucher ce qui leur revient de droit !
Cela étant posé, nous sommes libres de nous demander si les (trop) nombreux intermédiaires doivent être davantage récompensés que les Artistes et Créateurs... De là à penser que certains jouent le rôle d' "Exploiteurs" ou d' "Affameurs", il n'y a qu'un pas !
La création n'est pas une marchandise...

Il n'empêche que la fermeture de ce géant du libre partage, qui flirtait souvent, il est vrai, avec l’incitation, n'est pas une bonne nouvelle pour nos libertés informatiques.

Une fois de plus les "Géants" ont peurs des réactions qu'ils ont fait naître chez les Petits. Une fois de plus les Puissants se sentent innocents des frustrations qu'ils ont eux même infligés...

Ils ont hier abattu un leader... 200 nouveaux se lèveront demain...
R.I.P. Megaupload. Ton nom résonnera maintenant comme un symbole sur cette toile qui t'a vu naître.

Swift (Frédéric Schoendorfer, 2011)


tags | , , , , ,

0 comments

Un échange d'appartement plonge une Canadienne dans un cauchemar éveillé, en transformant son séjour en France en combat pour prouver son innocence dans un crime dont tout l'accuse.

On en parlait justement hier, avec Nuit Blanche, du renouveau du polar français... Frédéric Schoendorfer y a contribué, dans une certaine mesure, en y laissant de jolies traces avec l'excellent Scènes de Crimes ou sa participation à Braquo.

Son Switch, hélas, ne fonctionne pas aussi bien. Il s'attaque au scénario un peu usé du coupable injustement accusé qui doit prouver son innocence, et le traite sans originalité ni créativité (sauf à mettre une femme dans cette situation, seule vraie originalité du projet).

Switch est poussif, peu crédible et souffre principalement d'un manque d'identité propre, en singeant le polar US sans y apporter les qualités et la signature de Schoendorfer. Si Cantona tient à peu près la route, et que Switch reste à peu près "regardable", il faudra absolument oublier le dénouement ridicule du scénario.
L'ensemble est bien décevant et avant tout fort peu convaincant.
.

Polisse (Maïwen, 2011)


tags | , , , , , ,

0 comments

Immersion dans le quotidien des flics de la Brigade de Protection des Mineurs...

Polisse est un objet de cinéma d'une liberté folle. Construit comme un documentaire en immersion, le film de Maïwenn évoque avec force les situations, souvent désespérées ou désarmantes, auxquelles sont confrontés ces flics, ainsi que l'impact sur l'humain.

Sans tomber dans le misérabilisme ou user d'effets faciles pour toucher le spectateur, Maïwen filme à l'instinct. Elle distille au travers d'une réalisation puissante, libre et spontanée, un portrait bouleversant et touchant de ces hommes et femmes qui se battent dans (et avec !) leur métier.

Intelligent, inspiré et surpuissant, Polisse dessine un portrait amère d'une société en en quête de perfection alors qu'elle n'est faite que de contradictions.

Porté par des acteurs tous impeccables (Joey Starr, Karine Viard et Marina Foïs en tête !), Polisse est un film choral brutal, d'une maîtrise et d'une richesse inouïe, qui dresse avec justesse et humanité une impressionnante galerie de portraits et de situations.
Polisse est un film rare, fort, quasi parfait, né d'une réalisatrice en état de grâce.

.

Nuit Blanche (2011)


tags | , , ,

0 comments

Un flic un peu rippoux doit restituer la drogue qu'il a "emprunté" s'il veut récupérer son fils...

Le film de Frédéric Jardin est une agréable surprise. Nerveux et excellemment bien rythmé, Nuit Blanche déploie son scénario à la sauce Braquo ou 24h, non sans une certaine maîtrise.

Intelligemment écrit, ce pur divertissement concentre l'action sur une nuit, un lieu (la boite de nuit du pourri) et plonge un Tomer Sisley (plutôt crédible et convaincant) au milieu de la tempête. Commence alors un joli jeu de chat et de la souris entre notre flic surmotivé, deux bande de truands (Serge Riaboukine et Joey Starr)  et un autre flic énervé (Frédéric Boisselier, étonnant mais crédible lui aussi) : réalisé sans génie, mais non sans style, les mécanismes fonctionnent !

Sans temps mort, Nuit Blanche puise une partie de son énergie dans la motivation d'un père prêt à tout pour sauver son fils. Le ressort est connu, peu original certes, mais il est ici exposé sans surdosage inutile qui puisse ralentir l'action.

Pour peu que l'on attende pas une finesse psychologique inouïe, ni une révolution du Polar français, Nuit Blanche tiendra toutes ses promesses en revêtant pour vous les plus beaux habits du "nouveau polar made in France", façon A Bout portant !
Nuit Blanche est réussi. Ca ne réinvente pas la poudre (dont il en est ici question), mais "ça pète pas mal" quand même  ;-)


Quand la Ville Dort (Asphalt Jungle, John Huston, 1950)


tags | , , , ,

0 comments

Des truands, un casse et la police... Pur joyaux du film noir portant en lui l'essence même du genre, Quand la Ville Dort submerge littéralement par sa profondeur et sa force.

Sous des habits noirs intense le film dégage pourtant une lumière intacte. Les personnages voués à une fin tragique dès les premières images, emportent notre sympathie, car ils ne sont que des "petits" en quête d'une part du gâteau, pour aller au bout de leurs rêves... Le scénario, simple mais ciselé, est un incroyable écrin destiné à mettre en avant les finesses de ces personnages pourtant stéréotypés (peut être parce qu'ils ont tant été repris par la suite ?)... Asphalt Jungle demeure aujourd'hui incroyablement moderne, fort et efficace.

Tout est perfection dans Quand la Ville Dort... John Huston nous livre ici une imparable leçon de réalisation, son image hyper contrastée appuie le force du scénario, son scénario est un modèle de lisibilité et de richesse. Malgré ses 60 ans il demeure une référence (LA référence ?) du film noir, un film dont le beauté formelle n'a d'égal que sa force narrative.

Difficile donc de trouver la moindre "faiblesse" à The Asphalt Jungle. Quand à sa fulgurante fin, elle résonne longtemps dans notre tête par sa transcendante beauté, et trouve régulièrement écho chez nos réalisateurs actuels (Eastwood, Scott...).
Asphalt Jungle est éternel, immuable. 

R.I.F. Recherches Dans l'Intérêt des Familles (2011)


tags | , , , , , ,

0 comments

L'arroseur arrosé ? Un flic se voit confronté à la disparition de sa femme et aux recherches engagées.

Bien imparfait ce petit polar... Mais plutôt que de relever ses faiblesses (rythme inégal, dialogues quelquefois peu subtils, scénario poussif dans deuxième moitié...), Doorama se penche sur les belles qualité de ce R.I.F.

En fait, R.I.F. à deux armes pour lui. La première, est son tandem Attal et Elbé, tous deux vraiment excellents. Attal est bluffant en mari confronté à ses regrets et en flic au statut d'observateur, et Elbé en gendarme lambda respectueux des lois et enclin à l'empathie.

La seconde, c'est sa première moitié qui dessine finement la prise de conscience d'une situation apocalyptique pour celui qui la vit, et qui dresse un beau portrait psychologique. Toute la mise en place de cette enquête glace le sang, les limites de l'action policière tétanisent. R.I.F. réussit (avant de glisser vers l'action) à créer un climat froid, brutal et plutôt réaliste proche de l'univers de Scènes de Crimes

Quand à la seconde partie du film, bien plus conventionnelle et ordinaire, elle renoue avec l'enquête basique, presque TF1, sans doute de peur d'explorer jusqu'au bout la brutalité psychologique de la situation. R.I.F. n'est au final qu'une réussite partielle, un film inabouti d'un réalisateur peu être trop timoré qui a retenu son crochet avant l'impact : Un match moyen, mais doté d'un premier round énorme !


L'Ordre et la Morale (2011)


tags | , , , , ,

0 comments

Nouvelle Calédonie en 1988, des gendarmes sont pris en otage par les indépendantistes. L'Odre et la Morale raconte les jours qui ont précédés l'assaut pour libérer ces otages.

L'Ordre et la Morale est loin d'être parfait, mais on ne peut que reconnaitre l'intelligence et la conviction de la réalisation de Mathieu Kassovitz. Avant d'être une posture critique sur les circonstances et motivations de la France dans cet épisode, c'est avant tout un film qui s'interroge sur le rôle de la force dans la résolution d'un conflit et surtout un film sur les certitudes et doutes d'un homme engagé pour un pays.

Certes manichéen (l'Etat et les Kanaks, la Grande Muette et le crops du GIGN...) l'Ordre et la Morale dénonce les stratégies d'instrumentalisation en opposant les intentions politiques aux actions mises en oeuvre, et les discours affichés avec la réalité ! Le message est naïf et politiquement correct, mais Kassovitz, grâce à une réalisation sobre et inspirée, et en construisant son film principalement autour de la prise de conscience de ce capitaine du GIGN, réussit à nous convaincre.

L'Ordre et la Morale est un film fort, doté d'une mise en scène juste et inspirée (l'incroyable plan séquence lors de l'assaut !). En dépit de ses imperfections, le film captive et propose au spectateur une intéressante réflexion sur les incohérences d'un pays entre ses discours et ses actes.
L'Ordre et la Morale compense son relatif manque de finesse de réfléxion en force cinématographique : Mathieu Kassovitz retrouverait il un second souffle ? Oui.
 

The Violent Kind (2010)


tags | , , , , , , ,

0 comments

Par où commencer... Une belle affiche peut être ? The Violent Kind est, à sa façon, un véritable ovni, dont il est difficile de dévoiler son scénario sans tuer la surprise de celui-ci. On vous dira cependant que quelques personnages en virée festive se retrouvent attaqués par d'autres, quelque peu décalés, et ce sans raison apparente.

Pourtant paré de tout ce qu'aime l'amateur de cinéma de genre(s), The Violent Kind est un gigantesque fourre-tout ! Il emprunte autant aux films de gang (façon hells angels) qu'aux films d'invasion (façon Skyline), qu'à Evil Dead, qu'à l'Exorciste, qu'à La Dernière Maison Sur la Gauche, qu'à La nuit des Morts Vivants, qu'à... etc !

C'est donc à une véritable volonté de livrer un film somme, une sorte de chimère pour tout cinéphile, que se sont attelés les deux réalisateurs (The Butcher Brothers !) en combinant tant bien que mal au moins 10 genres dans un seul scénario.
Mais au bout du compte, hélas, le film se retrouve vidé de toute substance, presque défiguré, et il devient alors bien difficile de se laisser captiver par tant de revirements, aussi artificiels que platement mis en images.
 The Violent Kind se laissera donc découvrir gentiment par les amateurs de série B, mais pour les autres un seul verdict : dommage que tant de bonnes intentions ne tienne pas ses promesses !

.

Le Grand Amour (Pierre Etaix, 1969)


tags | , , , , ,

1 comment

 Marié pour le meilleur et le meilleur, Pierre vit avec sa femme (et sa belle famille) sans encombre, jusqu'à l'arrivée de sa nouvelle secrétaire...

Avec Le Grand Amour, Pierre Etaix, jette son oeil exercé sur une certaine usure du couple, ou plus précisément sur l'homme, perpétuel chasseur, dans le couple. Comme toujours, c'est le détail qui l'emporte ici, et même si l'histoire aborde davantage la tentation que la notion de couple, ce qui intéresse Etaix, c'est avant tout la résistance des personnages face au monde qui les entoure (famille, regard des autres, usages de la société...).

Le Grand Amour est davantage scénarisé, et plus concentré, que ses précédentes oeuvres. Il délaisse la simple "trame prétexte" au profit d'un véritable développement du récit et de son personnage, nous permettant ainsi de découvrir un Pierre Etaix moins libre et léger qu'à son habitude, mais aussi plus ambitieux, plus appliqué dans son cinéma.

Peut être un peu moins riche et percutant que dans Tant Qu'on A La Santé ou Le Soupirant, ce Grand Amour là contient cependant tout ce que l'on aime du style Etaix et constitue aussi une carte postale détaillée des valeurs de la France d'avant 68, pressentant peut être les changements à venir...



Intouchables (2011)


tags | , , ,

0 comments

"Je ne touche pas à ça, moi": c'était un peu l’apriori de Doorama devant l'immense succès, façon Ch'tis, de cette histoire du banlieusard de cité qui découvre que les riches ont une âme et du riche qui découvre que les blacks de cité sont bons et ont un coeur...

Intouchables, sous son apparence de comédie populaire, recèle en fait de véritables qualités. Si son pitch ratisse large et dans l'ère du temps, il réussit à traiter son sujet avec sensibilité et parvient à éviter les pièges du succès populaire, conciliant avec intelligence (ce qui n'est pas si fréquent) les "bons sentiments" et le bon Cinéma.

Contrairement à Bienvenue chez les Ch'tis, dont le succès était usurpé (tout au moins du point de vue purement cinématographique), Intouchables traite de la différence (physique, culturelle, sociale...) sans tomber dans la simple caricature, et nous conte une belle histoire (une fable ?), une très belle Rencontre entre deux êtres. Même si les messages demeurent simples (voire basiques : aller vers l'autre, le respect des différences, etc...), on ne peut que remercier Eric Toledano et Olivier Nakache d'avoir tenu leur cap, de ne pas avoir cédé aux sirènes de la facilité au détriment de leur cinéma. Il suffira de prêter attention à la très belle musique de Ludovico Einaudi ou de constater la justesse des acteurs pour comprendre les ambitions et exigences des réalisateurs...

Même si Intouchable est loin d'être le meilleur film de l'année, il est un vrai moment de cinéma, dans le sens où il mélange habillement fond et forme. Il manie humour, finesse et émotion, le tout offert avec de très beaux moments de réalisation (scène de la compresse...).
Bien d'autres films méritent davantage le succès d'Intouchables, certes, mais on comprend cependant qu'il ait fait mouche : son succès n'est pas volé, le plaisir est bien là, authentique !



Le soupirant (1963)


tags | , , , , ,

0 comments

Si Pierre Etaix n'existait pas, il faudrait l'inventer !
Le Soupirant aborde avec humour et poésie (comme toujours chez Etaix) la quête d'un jeune homme réservé pour trouver celle qui deviendra sa femme.

Comme à son habitude, l'univers d'Etaix est peu bavard, il propose avant tout des situations comiques visuelles basées sur l'observation des détails et le décalage (social, mais aussi temporel).
Entre Pierre Etaix, dont chaque geste est un régal (tant il emprunte aux mimes), et l'univers sonore particulièrement travaillé, Le Soupirant se hisse sans peine à coté du cinéma de Tati, usant des mêmes armes humoristique et touchant sa cible avec la même efficacité !

Véritable bouffée d'oxygène, au regard de l'humour qui fonctionne aujourd'hui, le cinéma de Pierre Etaix redonne envie de simplicité, et au delà de divertir et faire rire, il laisse joyeux bien après sa vision.
A doorama, on recommande 5 minute de Pierre Etaix chaque jour !
.

The Housemaid (Corée, 2010)


tags | , , , ,

0 comments

The Housemaid est un remake d'un film homonyme de 1960. La version 2010 nous raconte l'histoire d'une bonne au sein d'une famille bourgeoise, séduite par le mari, puis confrontée aux conséquences de cette relation.

Particulièrement esthétique et inquiétant, The Housemaid est un thriller psychologique qui appuie sa force sur les différences sociales de ses protagonistes. Erotique et sensuel, il mêle habillement le suspense et le mystère, portant ce fait divers social vers le hui-clos oppressant. Sans en atteindre la force, The Housemaid lorgne vers le cinéma de Hitchcock ou même celui de Cronenberg. Il distille sa noiceur avec élégance et efficacité jusqu'à son final puissant et plutôt inattendu.

The Housemaid ne réinvente certes rien, mais il avance ses pions avec maîtrise et dévoile ses multiples attraits avec intelligence et goût. Il fait simplement partie de ces films dont le plaisir de la découverte est total et la réussite évidente.
Le cinéma Coréen est décidément en pleine forme, peut être parmi les plus riches et passionnant du moment ! 


Gonin (The Five, Takashi Ishii, 1995)


tags | , , , , , ,

0 comments

Parfaitement équilibré entre thriller, film de yakusa et film noir, Gonin propose de suivre cinq personnages qui tentent de braquer un clan Yakusa.

Bien que Gonin souffre de temps en temps de certains effets trop appuyés ("défaut" récurant, mais culturel, du cinéma asiatique), il est avant tout une réussite grâce à la richesse de ses thèmes et à son originalité quand au traitement de ses personnages. Efficace, rythmé, brutal et doté d'une très belle mise en scène, Gonin peut se comparer à un Heat ou même encore à Quand la Ville Dort.

A l'exception de son coté film de yakusa, rien n'est définitivement acquis dans Gonin. On ne cesse de découvrir les protagonistes tout au long du film, le scénario apporte inlassablement de nouveaux éléments et le tout avec grand style. Le film s'articule habilement autour de l'arrivée centrale de Beat Takeshi (Kitano, quoi), dont le personnage implacable et décalé ancrera la seconde partie dans la plus pure tradition du film noir.  

Gonin (1995) avait curieusement échappé à Doorama... : sa découverte est une excellente surprise. Le plaisir est total à la vision de ce petit bijou japonais,  il use de tous les codes du(des) genre(s), sans jamais les trahir, ni manquer d'en changer l'approche. A découvrir.
  

Apollo 18 (2011)


tags | , , , , ,

0 comments

Apollo 18 fait de partie de cette vague de films "faux documentaire", dont Blair Witch avait redynamisé le genre et élargi les applications. Nous sommes donc conviés à découvrir cette mission lunaire restée top secret (au vu de sa réussite et de son contenu, puisqu'il s'agit ici de vie sur la lune).

La prétendue mission est donc un flop, et on a bien envie d'en penser autant de cet Apollo 18 ! Malgré une trame sympathique, une écriture soignée, et une belle reconstitution de cette mission, Apollo 18 ne parvient pas à installer son suspens et son aspect "found-footage".

Peut être victime des codes même de ce genre cinématographique (caméra qui tremble, plans non lisibles, cuts visuels et scénaristiques, montée progressive du scénario, etc...) Apollo 18 laisse le spectateur sur terre au lieu de le prendre avec lui et l'immerger dans ce piège lunaire. Comme beaucoup d'autre films de ce type là, la volonté de rester crédible (docu oblige !) plombe le film dans le détail et l'anecdotique, et du coup se heurte ici à ce qu'aurait pu être cette "veritable" mission spatiale Apollo 18 !

Apollo 18 n'est pas "raté", il se heurte simplement aux limites du genre, et ce particulièrement pour ceux qui ont vu beaucoup de Found-Footage Movies.
.

Bruegel, Le Moulin et la Croix (2011)


tags | , , , ,

0 comments

Non, Bruegel n'est pas l'inventeur des couvercles des boites de chocolat, c'etait un peintre dont l'oeuvre explore le quotidien des paysans, et pour ce qui nous intéresse ici, le peintre de "Le Portement de Croix".

C'est à partir de cette toile que le réalisateur polonais à imaginé son film, récréant pas à pas et détail après détail (et il y en dans cette peinture !) les éléments contextuels dans lequel la toile à vu le jour. Chaque personnage de cette toile s'anime alors, prend vie, pour dévoiler un peu sa vie hors du tableau et ainsi en donner une lecture élargie, à la fois sociale, historique et symbolique.

Si imaginer un univers entier à partir d'une seule image est ambitieux et intellectuellement stimulant, le dépouillement choisi par son réalisateur et, à l'opposé, son esthétisme extrême et exigeant font de Bruegel, Le Moulin et la Croix une expérience à la limite de l'expérimental et parfois déconcertante (les trois grands acteurs sont quasi muets et très peu présents, les son très appuyés évoquent l'univers des productions télé BBC des 60's, le scénario très éclaté peine à captiver...).

Bruegel se fige au fur et à mesure de son avancement (touche après touche - impressionniste ?), et malgré sa très grande intelligence et son ambition, laisse peu à peu apparaître l'ennui. A la manière de certains documentaires de reconstitution à la Arte, le film et le projet lasse, victime peut être de son statut hybride entre film et documentaire.  

.

Minuit A Paris (Woody Allen, 2010)


tags | , , , ,

0 comments

Minuit à Paris donne la Banane, en nous rappellant la chance que nous avons de vivre dans cette ville hantée par son patrimoine historique et intellectuel.

Woody Allen y aborde la fascination qu'exerce Paris sur son personnage (Owen Wilson, sympathique au possible, mais toujours aussi difficile à cerner...) et plus généralement sur les étrangers, à l'aide d'une touche de magie semblable à celle d'Une Rose Pourpre du Caire.

Faussement naïf et gorgé de poésie, Minuit A Paris, sous ses aspects de fable légère, s'amuse de nos idéaux et de nos modèles intellectuels. Il nous renvoie à nos désirs et à l'image que nous nous faisons de nous même et des choses, sans jamais se prendre au sérieux : et c'est tant mieux !

Ce dernier Allen est léger, délicat, romantique (si, si) et terriblement apaisant. Aussi agréable que la première journée de soleil du printemps !

.

Tant Qu'on A La Santé (Pierre Etaix, 1966)


tags | , , , , ,

0 comments

Film en 4 chapitres d'un maître méconnus et souvent oublié du cinéma (et du cirque !) français, Tant Qu'on A La Santé regorge d'un humour que le fan de Tati saura reconnaitre.


Après une première partie (Insomnie) amusante, mais pas indispensable, Tant Qu'on A La Santé, grossit avec finesse ces petits détails du quotidien d'alors pour en faire ressortir l'absurdité et le superficiel.


Pierre Etaix, dessine alors avec un humour poétique, et aussi incisif qu'un scalpel, une société de fourmis perpétuellement malmenées par un environnement hostile. Tout l'univers de Tati (avec lequel Pierre Etaix a travaillé, notamment sur Mon Oncle et sa modernité primitive !) est ici présent et repris, mais cette fois sous l'oeil d'un clown. Le travail d'observation d'Etaix fait alors ressortir une touchante absurdité, débouchant sur un humour particulièrement savoureux !

Etaix, avec Tati,  étaient les détenteurs d'un humour rare, aujourd'hui quasi disparu, et chacun d'eux, avec leur sensibilité respective, avaient perçu les aspects aliénants de la jeune société de consommation.

Tant Qu'on A La Santé possède la simplicité et la qualité d'une véritable recette de grand-mère, il serait dommage de s'en priver, et encore plus, que l'on aime ou non, de ne pas y gouter. 

.

Nosferatu (1979)


tags | , , , , ,

0 comments

Nosferatu, était en 1922 une adaptation déguisée du roman de Bram Stoker, cette version 1979 de Werner Herzog la reprend fidèlement, et redonne au comte le nom de Comte Dracula sous les traits d'un Klaus Kinski excessif et absolument magistral.

30 ans plus tard, cette version Herzog, conserve tout son climat mais revêt aujourd'hui une patine particulière et pour le moins surprenante ! Très stylisée et théâtrale, la mise en scène d'Herzog apparaît aujourd'hui particulièrement hétérogène, alternant des plans d'une beauté renversante avec d'autres choix esthétiques (flous à la Hamilton, lumières directes...) aujourd'hui dépassés, et surtout particulièrement laids...

Petit chef d'oeuvre climatique mais visuellement déconcertant, ce Nosferatu là, s'il séduit par son rythme hypnotisant et l'incroyable composition de Kinski en vampire usé et désabusé, se regarde aujourd'hui davantage comme une curiosité d'un Herzog en fin d'inspiration, qu'une relecture réussie du chef d'oeuvre de Murnau, et ne parvient pas à se faire une place dans les films qui comptent.


Bien qu'étant une véritable expérience de cinéma on préfèrera (et de loin !) la version de Murnau, dont, la force est demeurée intacte !