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Archive for mars 2012

The Orphan Killer (Matt Farnsworth, 2011)


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the orphan killer
Après le meurtre de leurs parents, Marcus et sa soeur sont placés en orphelinat catholique. Alors que sa soeur est adoptée, c'est sous les violences et brimades que Marcus grandira jusqu'à l'age adulte. Il décide alors de retrouver sa soeur pour se venger de tout ca qu'il à vécut et satisfaire ses pulsions violentes.

Hommage aux slashers des 80's, The Orphan Killer trouve son inspiration du coté des Vendredi 13 ou Halloween. Un Tueur implacable et masqué, des teens en victimes innocentes, un zeste de nudité, un autre de religion, du métal bourrin (trash, death-trash, grindcore ?) en guise de BO, et du gore affirmé : voilà le programme.

La petitesse du budget confère à The Orphan Killer un certain coté "perle noire", mais ne vous y trompez pas ! En dépit des tentatives stylistiques de sa réalisation,  derrière un scénar exempt de toute nouveauté, le film accumule bout à bout clichés, poncifs, déjà-vus et toute sorte de situations archi-usées sous prétexte "d'hommage". Nous sommes unanimes à la rédaction de Doorama pour vous certifier qu'aucun talent ne se cache derrière cette réalisation.

Authentique fan du genre, Matt Farnsworth semble sincère dans sa volonté de renouer avec l'old school. Hélas, la mollesse de la réalisation (simple collage approximatif de plans vus dans d'autre films et dénué de toute compréhension cinématographique), ses effets ratés (montage, cadrages, rythme, musique) et l'ultra-vu des scènes, conduisent The Orphan Killer à être la première victime que l'on voit à l'écran.

A Doorama, fan du genre que nous sommes, on espérait beaucoup d'un tel projet (notre curiosité bêtement piquée au vif par les nombreux festivals dans lequel le film est présent). Nous sommes bien évidemment ressortis dépités et déçus de sa vision (nous avons repensés avec émotion à Haute-Tension, qui lui très réussi...), et nous nous sommes demandés ce qui poussait nos réalisateurs à refaire "à l'identique" des mauvais films : le manque de références cinématographique peur être ?

Love (Space Time L’ultime Odyssée - William Eubank, 2011)


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Lee Miller est un astronaute, seul dans une minuscule station en orbite. Un jour, il perd définitivement toute connexion avec la terre...

Le moins que l'on puisse dire est que Love est ambitieux (trop ?) et très esthétique. Il faudra, pour profiter de cette très belle expérience visuelle (parfaitement maîtrisée et accompagnée d'une élégante BO...), accepter de s'isoler tout le film durant avec un seul acteur, puisque la solitude est l'axe central sur lequel se développe le film. On notera à ce propos une belle interprétation de son acteur principal : Gunner Wright.

Love est un film de science fiction plutôt minimaliste, ne cherchez pas du coté de Sunshine ou Pandorum, mais plutôt de Moon, Solaris, Cargo et bien sur 2001, notamment pour sa portée philosophique et réflexive. Love est essentiellement une expérience sensuelle et intellectuelle, qui divisera les amateurs de SF, et risque fort de laisser les Trekkies et autres Lucasvores sur la rampe de lancement...

Malgré sa richesse visuelle et son excellente gestion de la situation (1 seul homme dans son vaisseau...) Love se perd cependant un peu dans sa propre réflexion. Balayant de la guerre de sécession à 2045, et voulant trop soigner la construction de son grand message, le film perd l'attention du spectateur et, à force d'éviter à tout pris le naïf et les violons, frôle l'hermétique.

Love démarre superbement, entretient élégamment son mystère, explore adroitement de multiples directions, mais contre toute attente perds de son intensité au fur et à mesure de son déroulement. Son message final, si beau soit-il s'en retrouve affaibli.
Beau, très soigné mais imparfait, frustrant presque, Love est un objet cinématographique largement digne d'intérêt mais pas pour autant un OVNI cinématographique inoubliable !

La Dame De fer (The Iron Lady, Phyllida Lloyd, 2011)


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Evocation du parcours de Margaret Thatcher, première femme à avoir accédé aux fonctions de Premier Ministre dans un pays occidental.

Ce qui frappe avant tout, c'est la bluffante interprétation de Meryl Steep ! Il est sur ce point bien difficile de faire la fine bouche, elle seule porte le film. Ce qui frappe ensuite, c'est la froideur écrasante du film. La Dame de Fer pèse lourdement sur le spectateur !

Bien que le parcours de 'Maggie' soit abordé par flashbacks, par le portrait (presque) touchant de cette femme et de ses relations avec un mari fantôme, La Dame De Fer est long, froid et ennuyeux. Le film déroule sans intensité les étapes qui jalonnent la vie de Thatcher, refusant obstinément d'y porter tout jugement, et ne délivre en fin de course qu'une longue adaptation cinématographique d'un article de Wikipédia ! 
Ce long biopic politique à la réalisation convenue et molle est absolument sans âme, la volonté de sa réalisatrice d'insister sur le femme plus que le personnage n'est pas plus convaincante....

La rédaction de Doorama est par nature peu enclin aux biopics... La Dame De Fer n'est certainement pas le film qui nous réconciliera pas avec ce genre, puisqu'il en possède tout les défauts (intérêt, longueur, absence ou excès de dramatisation, etc...). A sa vision, on repensera avec émotion, par exemple, au récent Discours d'Un Roi, et l'on mesurera le gouffre qui sépare ces deux projets : gouffre narratif, émotionnel et esthétique !
Encore aujourd'hui, Thatcher continue visiblement, à travers ce film, de nous mener la vie dure...

Sket, Le Choc du Ghetto (Nirpal Bhogal, 2012)


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East London... La violence dans les rues, n'est pas que le fruit des garçons ! A la suite du décès de sa grande soeur par une un caïd local, Kayla intègre un gang de filles afin de se venger de celui-ci.

Déplaçant les codes habituels de la violence en les faisant reposer sur des personnages féminins, Sket relate une histoire de vengeance sur fond de violence urbaine. Rien de neuf au niveau scénaristique, c'est donc l'impassibilité du spectateur qui rythmera les articulations du film.

Mais derrière ses apparences de série B basique, voire de produit destiné à livrer sa dose de violence, se cachent pourtant certaines qualités. Bien moins racoleur, violent et voyeur qu'il n'y paraît, il faudra reconnaître à Sket une intéressante tentative (mais pas de transformation) de varier les codes et de donner corps à son histoire. On notera aussi une réalisation qui bien que timide et classique, n'en demeure pas moins inspirée lorsqu'il s'agit de filmer Londres (avec en prime une magnifique photo, semblable à celle de l'intéressant Heartless de Philip Ridley, lui aussi londonien...).

Si Sket ne convainc jamais réellement et que son scénar laisse de marbre, il témoigne paradoxalement de l'excellente santé du cinéma anglais. Faute de voire un grand film, vous sentirez quand même ce petit goût de "fond social" tout à fait caractéristique du cinéma british.

Bereavement (Stevan Mena,2010)


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Martin, 6 ans, est kidnappé par un détraqué qui l'oblige à assister à ses meurtres sanglants. Lorsque Allison emménage dans la région, elle remarque un enfant dans l'ancienne usine d'abatage désaffectée, sa curiosité risquera fort de la mettre sur la liste du tueur...

Stevan Mena réalise avec Bereavement le prequel d'un de ses précédant film (Malevolence) et y relate les origines de son tueur.

Furieusement inspiré du Texas Chainsaw Massacre (TCM, pas l'original, mais davantage ses remakes) pour son look et certains éléments scénaristiques, Bereavement gère honorablement sa sanglante entreprise : la réalisation est propre, l'image plutôt belle, le glauque présent sans abuser du gore... Ca à l'air super comme çà...

Hélas, malgré le soin apporté, Bereavement souffre du zéro-surprise quasi total, accumulant le déjà-vu et les clichés, et abusant des références à TCM. En résulte un film sans surprise, au rythme train-train, où la tension et la peur ne prennent pas. Il faudra attendre longtemps avant que les deux axes du film ne se rejoignent enfin (l'arrivée d'Allison dans sa famille d'une part, et le tueur et son 'otage' de l'autre) et livre enfin, dans sa dernière demie heure, une intensité palpable voire même une certaine originalité dérangeante...

Bereavement est un film de genre qui peine à en sortir, un slasher de plus, ni raté ni réussi, juste inabouti, qui au final s'avère quand même davantage inutile que plaisant.


Bellflower (Evan Glodell, 2011)


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Woodrow et Aiden sont d'inséparables amis, un peu barrés, en marge d'une certaine normalité, qui jettent leur énergie dans un délire de construction d'objets post-apocalyptiques. La rencontre de Woodrow et de Lilly va modifier et déséquilibrer leur quotidien, invitant romantisme et douleur dans leur univers protecteur.

Très esthétique et gonflé de traitements visuels très tendances (couleurs saturées, traces sur la pellicule, montage et cadrage dynamiques...) Bellflower entrechoque, avec une grande liberté, amitié et amour au milieu de l'univers protecteur, à la limite du geek, de deux post-ado.

Libre et spontané, romantique et désillusionné, Bellflower transfère progressivement le coté "post-apocalypse" (le seigneur Humungus est une référence ici !) de leur délire au coeur d'une "vraie vie", avec de vrais sentiments... et de vrais déceptions.

La ballade proposée est définitivement belle, forte et attachante, mais toute cette fluidité apparente, cette liberté des personnages, est tellement travaillée qu'elle perds son authenticité et revêt alors un arrière goût d'artificiel. On aurait presque préféré que Bellflower soit plus low-fi (à l'image d'une partie de sa très belle BO) et que sa liberté et créativité visuelle soit moins sophistiquée, plus authentiquement spontanée.

Bien qu'inégal, Bellflower réussit cependant à construire une espèce de "bulle temporelle", une zone isolée de la société qui l'entoure, propice à permettre l'éclosion de la fort belle ambiance du film. Bellflower est un premier film indépendant très prometteur (Evan Glodell tenant par ailleurs fort bien le premier rôle du film), qui malgré ses imperfections, regorge de vie et d'énergie.
 
NDLR : à la rédaction, on s'interroge encore sur la fin...  

Departures (Okuribito, Yojiro Takita, 2008)


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Contraint d'abandonner le violoncelle près la dissolution de l'orchestre dans lequel il jouait, Kobayashi retourne à la campagne et cherche un nouvel emploi. C'est dans les pompes funèbres, à préparer les défunts, qu'il va trouver. Cette nouvelle activité, mal perçue au Japon, va modifier ses convictions personnelles, mais aussi troubler sa vie avec sa femme.

Ponctué de magnifiques scènes de rituels (la toilette des défunts en présence des familles), Departures explore sans tristesse les sentiments des vivants lors de la perte (du "départ") d'un membre de la famille. Oscillant entre humour et émotion, il aborde les messages universels de l'amour, la mort, la famille.

Extrêmement touchant, parfois magnifique même par la délicatesse avec laquelle certains sentiments ou situations sont montrées, Departures traine avec bonheur le spectateur sur le terrain des sentiments et de la beauté. On soulignera aussi la mise en perspective réussie entre l'interprétation musicale et l'exécution des rites funéraires

Poétique et mélancolique, beau et fort, Departures n'évite cependant pas de surjouer sa partition et laisse hélas régulièrement apparaitre une naïveté, voire même une mièvrerie, bien encombrante ! (il faudra supporter quelques violons, en l’occurrence violoncelle ici, allant jusqu'au clip sirupeux sentimentalo-naturaliste...)

Malgré l'indigestion de sentiments ponctuelle (finalement très asiatique, mais qui plombe notre liberté de spectateur), Departures ne s'écroule pas et enchaîne les moments de grâce. On ne regrettera donc que sa forme (par moments seulement) puisque pour le reste, Departures risque bien de vous émouvoir aux larmes.

L'Antisémite (Dieudonné, 2011)


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Le tournage d'un film, ayant pour sujet principal un personnage antisémite, et les tensions entre les différentes croyances de l'équipe qui le compose.

Dieudonné, adoré par les uns pour le jusqu'auboutisme de sa démarche, conspué par d'autres pour l'ambiguïté de sa posture humoristique, livre son film - hymne à la provocation - par ses propres moyens, puisqu'il n'a pas trouvé distributeur en France.

L'Antisémite est problématique à plus d'un titre. Son sujet, bien sûr, ramène l'éternelle question du "peut on rire de tout" ; son idéologie affichée, par conviction ou au contraire dénonciation par l'absurde, soulève bien des questions (Rappelons que le film est produit par l'Iran, que le négationniste Robert Faurisson y fait une apparition, et que les "juifs et les pédés" sont centraux comme sujet d'humour...) ; son auteur qui ne cesse de brouiller les pistes jusqu'à l'incompréhension ou la contre démonstration, et enfin la simple difficulté de faire de humour no-limit...
Doorama laissera à chacun de se forger son opinion, même si on imagine que trop bien certains extrémistes de droite se marrer pendant plus d'1h15 sous couvert de "juste pour rire (...) faut pas le prendre au premier degré (...) que pour déconner (...) pas raciste"...

Ce qui est acquis, en revanche, c'est l'irrécupérable ratage cinématographique. Sous couvert de faux documentaire (le film évoque certaines recettes de C'est Arrivé Près de Chez Vous), L'Antisémite est avant tout l'expression criante d'une écriture proche du niveau zéro, preuve de la difficulté de passer du format court des sketches , à celui du long métrage.
Il en résulte un rythme laborieux qui ne laisse aucune chance à son humour de faire mouche (que l'on apprécie ou non).

L'Antisémite, ne fait pas rire, ce n'est même pas à cause de son sujet, c'est à cause de sa réalisation calamiteuse et son scénario que seul "ni fait, ni à faire" réussit à résumer. Parvenant même à tuer les plus drôles de ses répliques, Dieudo continue de s'enfoncer vers l'inconnu, et de donner à son pourtant "putain d'humour", le pire des écrins.

L'exercice de l'état (Pierre Schoeller, 2011)


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Entre rivalités politiques, ambitions personnelles et exigences de la fonction, Bernard Saint-Jean, Ministre des Transports, est un homme au service de l'Etat...

L'Exercice de l'Etat est une incursion chirurgicale dans le monde politique français. Il décrit avec précision et acuité une séquence de la carrière politique d'un ministre et la confronte perpétuellement avec son impact sur l'homme qui la vit.

Fabuleusement incarnés par Olivier Gourmet et Michel Blanc respectivement Ministre et Conseiller, les hommes de L'Exercice de l'Etat se remettent inlassablement en question afin de faire face en combattants aux événements qu'ils subissent.

C'est ce questionnement souvent intérieur et cette violence personnelle et professionnelle permanente que Pierre Schoeller décortique ici. Avec une narration limpide et un sens de l'image et de la mise en scène parfaitement maîtrisé, Pierre Schoeller réussi à dissocier le fond de la forme. Il surexpose (sature presque !) la fonction officielle des hommes, et construit ainsi, en filigrane, par élimination, une seconde lecture plus officieuse de l'impact de la fonction sur l'humain.

L'Exercice de l'Etat, est précis, fin, exigeant... Il dresse une lecture cynique et violente de l'univers politique. Il semble coller davantage à la réalité et à la vérité de ce monde là que ne pouvait le faire Le Président (documentaire peut être 'détourné' par son sujet même...).

L'Exercice de l'Etat dissimule derrière son austérité affichée une importante richesse humaine et cinématographique.

Entre le ciel et l'enfer (Akira Kurosawa, 1963)


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Un industriel sur le point de conclure l'affaire de sa vie est victime du kidnapping de son fils. Il apprend finalement que c'est le fils de son chauffeur, qui manque à l'appel, mais se sacrifie pour payer quand même la rançon. La police traque alors le kidnappeur dans l'espoir de récupérer la rançon et restaurer son honneur perdu.

Sur fond de différence sociale, Kurosawa aborde ses thèmes fétiches (honneur, différences de classes, valeurs humaines) pour élaborer un film au ton curieusement distancé de son
coeur scénaristique.

Il construit les fondations de Entre Le Ciel Et l'Enfer dans un hui-clos théâtral, avant d'en sortir pour une méticuleuse enquête policière, opposant systématiquement les symboliques à sa forme. Il installe ainsi un double langage, un double niveau (la maison en hauteur  / la ville basse,  les puissants / le peuple, etc...) de sorte que chaque élément abordé en apprenne finalement plus sur son élément opposé.

Entre Le Ciel et l'Enfer trouve son sommet dans une l'hallucinante séquence dans les bas fonds de la ville... (on ne vous en dit pas plus, mais c'est juste bluffant !)
Fort et d'une immense richesse thématique, Entre Ciel et l'Enfer invite à une réflexion sur le système social dans don fonctionnement global et sur l'indissociable interaction de chacun de ses composants. Ce Film Noir, stimulant et passionnant de bout en bout, est une démonstration de plus (inutile, car maintes fois démontrée) que Kurosawa est l'un des plus grand réalisateurs, un Auteur immense, que l'on ait eu.


Chronicle (Josh Tank, 2011)


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Trois amis entrés en contact avec une substance inconnue, découvrent qu'ils ont désormais des super-pouvoirs. Au début anecdotiques, ils vont développer progressivement ces pouvoirs, mais jusqu'où ?

Alors qu'on pouvait craindre le pire de cette histoire d'ado super-héros, Chronicle se révélé finalement passionnant et fort intelligemment construit. Il trouve sa place entre Cloverfield et le super-hero movie "basique", mais enrichit son développement de nombreux atouts.

Ce qui empêche Chronicle de "sombrer" tient sans doute à un mélange des genres et des technique particulièrement bien géré. La progression technique de la réalisation (du style "docu Blair Witch" à celui du blockbuster) accompagne judicieusement la progression du scénario et ses changements de genre (dérive réussie du teen-movie vers l'action-movie).

Chronicle utilise de nombreuses ficelles pour faire adhérer le spectateur à son propos. Allant même jusqu'à réussir l'identification aux personnages, par une habile exploitation de nos rêves de gamin, ou bien encore en distillant une dose de psychologie, basique mais pas si idiote que çà, sur la génération dont il est question.

Chronicle est avant tout une série B, maline et musclée, mais au delà du simple divertissement, il excelle à enrichir son scénario d'une dimension "réelle" par des personnages particulièrement bien écrits. Soignant aussi bien la forme que le fond, Chronicle s'impose (dans son genre !) comme une réussite certaine, voire stimulante, dans l'univers souvent pauvre du blockbuster et du film de super-héro.
Dans son genre (on insiste là dessus) c'est une très belle surprise qui propose un excellent moment de divertissement.

Poulet Aux Prunes (Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud) 2011


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Un musicien décide d'attendre la mort dans son lit, ayant perdu le goût de jouer avec la destruction de son instrument. Durant cette attente, il projette ses réflexions sur sa vie et son entourage familial et amoureux.

Après Persepolis, Poulet aux Prunes est une nouvelle adaptation, cette fois-ci en prise de vue réelle, de l'univers dessiné de Marjane Satrapi.

Tel une fable, poétique et facétieuse, Poulet aux Prunes est porté par un Mathieu Amalric incarnant à la perfection son personnage amer et désillusionné.

Une certaine fantaisie se dégage de ce film que l'on regarde avec plaisir, mais cet univers "coloré" se teinte dans son traitement d'une touche à la Amélie Poulain qui vient trahir la patte Satrapi et l'empêche de parachever pleinement sa personnalité propre.

Poulet aux Prunes est souvent touchant, mais n'emporte pas complètement le spectateur avec lui. Il se contente d'aligner les souvenirs et anecdotes de notre pauvre musicien, mais n'injecte le liant que dans lors de son dénouement final. Dommage, car ce révélateur final aurait peut être donné à Poulet aux Prunes une saveur plus authentique s'il avait été mis plus tôt dans la recette, il aurait décuplé ses qualités et évité l'arrière goût cabotin de sa forme.

Mais ne refaisons pas le film et les choix de ses auteurs, Poulet Aux Prunes est imparfait, certes, mais il demeure un film touchant, rafraîchissant, qui se regarde avec un grand plaisir et nous raconte une bien belle histoire.

Le Territoire Des Loups (The Grey, Joe Carnahan, 2011)


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Dans le grand nord, les survivants d'un crash d'avion, doivent faire face aux conditions climatiques extrême ainsi qu'à une meute de loups pour rester en vie.

Le Territoire des Loups est un survival pur jus, flirtant presque avec le fantastique (pour la partie canus lupus) et la série B virile, façon "entre hommes".

Si l'on oublie la tentative maladroite de peaufiner la psychologie des personnages (souvent casse gueule, rarement utile et réussi, dans des films où l'action prime), et son inévitable catalogue des codes du genre (la découverte, l'encerclement, la rivière, les flash-backs, l'abandon, etc...) Le Territoire Des Loups parvient cependant à tenir la longueur.

Bien que son rythme soit inégal, que l'agressivité du froid extrême soit sous exploité et que le choix de loups-chasseurs n'apportent rien de plus que des autochtones en colère, l'ensemble reste plaisant et efficace, pour peu qu'on n'y recherche pas un nouveau modèle du genre.

Le Territoire Des Loups est une série B plutôt réussie, distrayante, qui parvient à repousser l'ennui et les pires pièges du genre (pas tous cependant). On lui reconnaitra surtout un traitement nihiliste particulièrement bien vu, qui permet parfois au film de distiller un excellent climat et laisser planer une  ambiance de "mort" qui sied bien à l'ensemble.
 


The Awakening (La maison des ombres, Nick Murphy 2012)


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Angleterre, 1921 : Florence est célèbre pour démasquer les fausses histoires de fantômes. Elle intervient dans une école pour tenter de prouver qu'aucun fantôme n'y rôde, mais ses convictions professionnelles vont s’effondrer en même temps qu'elle approchera la vérité.

The Awakening est un film de fantômes qui exploite davantage le mystère et la psychologie que les effrayantes apparitions de spectres vengeurs. En cela, il rappelle le Sixième Sens pour son rythme et son climat, ou évoque un certain cinéma fantastique espagnol dit de qualité comme L'Orphelinat par exemple.

Bien qu'effectivement bien écrit et réalisé, The Awakening ne réussit cependant pas à s'élever au delà de l'accumulation des codes du genre ni à construire un suspens suffisant. Pourtant soigné, tout çà reste bien sage et classique : déjà vu.

Alors à moins de raffoler des "ghost pictures" ou de ne pas avoir vu les derniers films (souvent réussis) en date, The Awakening demeure bien trop conventionnel au regard de la concurrence. Son positionnement de film de fantômes "classique" ainsi que son manque d'originalité tuent les qualités pourtant présentes du film et empêche The Awakening de créer un climat de peur, à notre sens, indispensable au genre.
Décevant. 

La vérité si je mens 3 (Thomas Gillou, 2011)


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Les rois du Sentier ont quitté le centre parisien, pour le nouveau paradis du textile d'Aubervilliers, en plein milieu de la concurrence chinoise. Ils vont devoir déjouer une tentative de torpillage de leur affaire, via l'intermédiaire de la douane et d'un contrôle fiscal.

S'il est vrai que l'équipe d'acteurs fonctionne plutôt bien entre elle et que leurs recettes réjouiront toujours les plus accrocs d'entre vous (pas nous), il faut bien dire aussi que tout ça commence à devenir bien répétitif.

Longue séance de cabotinage bien appuyé (2h quand même !) pour au final ne faire mouche que sur trois ou quatre bonnes  répliques, et encore... La Vérité Si Je Mens 3 reproduit (encore !) la même recette de l'équipe de copains qui se serre les coudes pour gagner à la fin (et, non ce n'est pas un spoil, puisque vous le saviez déjà), et c'est maintenant indigeste.

Thomas Gillou se contente de filmer platement et lourdement une joyeuse bande d'acteurs au minimum syndical (à l'exception de Gilbert Melki qui réussit à s'élever un peu au dessus du niveau général), le tout visiblement calibré pour un publique davantage intéressé par la success story infantile que la finesse de la comédie.

Avant d'afficher son visage sympathique, La Verité Si Je Mens 3 affiche avant tout celui de la comédie populaire française dans sa médiocrité la plus éclatante...

Super (James Gunn, 2011)


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Un homme dont la copine vient de le quitter pour partir avec un dealer, décide de devenir un super-héros afin de la récupérer et de combattre le crime.

James Gunn utilise le ton du cinéma indépendant américain pour nous raconter cette gentille histoire d'un loser décidé à revêtir un super-costume en dépit de son absence de super-pouvoirs.

Sur une trame extrêmement similaire à Kick-Ass, James Gunn ajoute à la comédie grinçante une dose de geek (via les comics : kapow !), une dose de gore, une once de religion et un zeste de ciné indé (comment ne pas y penser en voyant de surcroît la Ellen Page de Juno...) pour faire prendre le tout.

Au bout du compte, Super se laisse regarder sans déplaisir, mais ne parvient à aucun moment à convaincre réellement. Le film arbore fièrement son statut de petit film malin, certes, mais souffre d'un sérieux manque de rythme dans son déroulement et semble échouer dans l'humour discret qu'il semble pourtant revendiquer.
Super est distrayant, attachant par certains aspects, mais semble ne pas savoir vraiment où il va. A choisir, à doorama, on lui préfèrera son grand frère Kick-Ass, plus commercial et moins "arty", mais finalement plus assumé et, dans son genre, plus abouti.

Playback (Michael A. Nickles, 2011)


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Une malédiction se propage par l'intermédiaire de films. Un jeune homme qui enquête pour son école sur un célèbre meurtre qui a eu lieu dans sa ville, va se trouver confronté à l'"héritier" de cette cette malédiction.

On aime les nanars à doorama, on espère toujours y trouver la substantifique moelle de la créativité où de l'originalité. Alors on a vu Playback. Faute de ce que nous espérions y trouver (sans trop y croire non plus), nous sommes ressorti vidé et abêtis de cette histoire de fantôme au ras des pâquerettes, traitée en parfait horror-movie pour ados élevé au McDo.

Playback n'est qu'une suite molle de morceaux horrifiques déjà vus (Ring entre autres). Infantilisant et brouillon, Playback accumule les clichés autour d'un scénario non seulement usé, mais finalement confus.

Playback n'est qu'une chair à direct-to-dvd, espérant trouver en la présence du pauvre Christian Slater la caution suffisante pour donner de l'envergure à ce ghost-movie ringard et creux. Playback ennuie, il singe ses grands frères en les vidant de tout sens. Il rappelle que le film d'épouvante est encore trop souvent pris comme un divertissement pour teenagers et oublie qu'il peut aussi être un formidable catalyseur du drame, une dissection psychologique ou de l'expression des dysfonctionnements de notre société. En un sens, playback est un modèle... de ce qu'il ne faut pas faire.
Playback ? Non : stop ! 

Mon pire cauchemar (Anne Fontaine, 2011)


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Une femme des beaux quartiers, responsable à la Fondation Cartier, fait la connaissance , par l'intermédiaire de leurs enfants, d'un homme populaire, père moyen, familier des plans débrouille et de la bouteille. Malgré leurs différences flagrantes, ils vont tout deux se redécouvrir.

La comédie de Anne Fontaine ne fait pas dans la dentelle. Articulé autour du fossé social entre deux personnages, Mon Pire Cauchemar débute avec l'artillerie lourde pour installer sans finesse ses personnages caricaturaux (façon bourgeoisie branchée de Paris 6 contre ouvrier belge obsédé et alcoolo).

Péniblement, et malgré quelques répliques amusantes, le film se déplace doucement vers le registre sentimental, perdant en humour et gagnant en ennui convenu. Mon Pire Cauchemar n'est "sauvé" que par un Poelvoorde égal à lui même et une Isabelle Huppert au sommet de son charisme, mais hélas au jeu un étrangement désincarné.

Mon Pire Cauchemar est sans surprise, il accumule le déjà vu et les clichés et tisse son écheveau de grosses ficelles usées sans inspiration. Très représentatif de la comédie à la Française qui se donne bonne conscience par un semblant de fond social, Mon Pire Cauchemar est sauvé par ses deux comédiens et réussit tout juste à se laisser voir sans ennui si il n'y a rien d'autre à voir (mais alors absolument rien d'autre !).

Millenium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes (David Fincher, 2011)


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Un journaliste est engagé par un vieil industriel pour enquêter sur une éventuel crime vieux de 40 ans dont l'un des membres de sa famille en serait le coupable. Sur l'ile familiale, véritable panier de crabe, Mikael s'attache les services de Lisbeth, une pirate du web, et découvre qu'il y aurait en fait plusieurs meurtres...

Après Zodiac, David Fincher retrouve le film d'investigation, mystérieux, méticuleux et, comme Social Network, génialement maîtrisé. Millénium avait déjà été porté à l'écran, mais la version de Fincher lui apporte le rythme et le look qui lui manquait alors.

Plus "épais", donc que la version précédente, le Millénium de Fincher tient la route. Beau, tendu, peuplé de plans sublimes, le Millénium de Fincher retrouve l'obsession et le détail de Zodiac et soigne ses personnages. La tension monte progressivement, le mystère se double de noirceur, Daniel Craig et Rooney Mara explorent avec talent et sobriété les méandres sombres de l'enquête.

Avant d'être un demi flop public, Millénium est un solide thriller particulièrement soigné, un film abouti qui grâce l'élégante mise en scène de David Fincher, réussit presque à faire oublier que l'on connait déjà tout de son histoire ! Millénium est le remake d'un film, qui était l'adaptation d'une série télé, qui était elle même l'adaptation d'un roman (l'arrière petit fils ?), c'est sans doute là son seul défaut.

Sauf à découvrir cette histoire avec cette version, Millénium, enquête vertigineuse, est par nature vidé de son originalité et de sa surprise, sa qualité principale se trouve dans l'intelligence la maîtrise de sa réalisation.


Biutiful (Alejandro González Inarritu, 2010)


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Vivant de diverses combines louches pour vivre, un homme apprends qu'un cancer va l’emporter. La difficulté du quotidien n'en sera que plus lourd, d'autant plus que Uxbal laisse derrière lui deux enfants dont leur mère junkie ne peut s'occuper.

Une écrasante ambiance se dégage du dernier Inarritu. Noir, incroyablement sombre et désespéré, Biutiful étouffe littéralement le spectateur sous le poids de la misère sociale et de la survie de son personnage.

Biutiful ne trouve de lumière et d'espoir qu'a de très rares occasions, toutes fugitives, à peine esquissées. Si Biutiful est, comme à son habitude avec Inarritu, absolument sublime visuellement, tout cela en devient presque trop pour le spectateur, qui assiste impuissant à une avalanche de dureté et de misère, se demandant après le générique de fin pourquoi, ou comment, il a pu et voulu s'infliger çà.

Biutiful dresse effectivement, au travers de l'incroyable Javier Bardem (dont le prix d’interprétation à Cannes ressemble à une évidence après la vision du film) un terrifiant portrait d'une société plus qu'impitoyable, mais cela ne suffit pas à garder de Biutiful une "bonne impression". Le dernier film d'Inarritu souffre d'une excès de réalisme, d'une volonté aveugle et obsessionnelle de restituer un noir parfait, mais à force Biutiful en devient un chemin de croix.

Biutiful est une expérience crue et brute à la limite du masochiste, en dépit de la perfection qu'il approche. 

Young Adult (Jason Reitman, 2011)


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Mavis à quitté sa petite ville natale pour la vie de la grande ville et la carrière d'auteur. Lorsqu'elle apprend que son ex va avoir un enfant, elle se met en tête de le reconquérir. De retour dans sa ville, elle se lie d’amitié avec un ancien de son lycée, mais malgré ses conseils compte bien briser le ménage de son petit ami d'enfance pour le récupérer.

Jason Reitman nous a déjà livré deux beaux moments de cinéma avec Juno et surtout Up In The Air. Avec Young Adult, il conserve son ton si particulier, mélange d'ironie et d'humour.

Même si Young Adult distille un humour certain du début à la fin, il n'est pas une comédie. Au travers de son personnage qui a mal assimilé les leçons de la vie post-universitaire, il dresse au final une vision assez pesante, amère, d'une certaine société, ou plutôt d'un certain profil d'individus égoistes, individuels et égocentrés. C'est en fait un drame déguisé en comédie, dans lequel Charlize Theron y incarne son personnage d'adulte immature à la perfection : elle y est absolument détestable (son personnage, bien sur) !

Young Adult ne fait pas dans le spectaculaire, il se concentre sur son microcosme avec soin, il s'en tient à sa "petite histoire" et ne lâche à aucun moment ses personnages. A force de tant d'attention et d'observation, Jason Reitman déborde tout naturellement de son anecdote pour recueillir un écho fidèle de certains de nos maux de société. Young Adult n'est pas un film renversant ou un must-see, mais la singularité assumée de son scénario et de son ton en font un excellent moment en nous donnant la capacité de voire ce qui nous échappe souvent au quotidien.

Bullhead (Rundskop, Michael R. Roskam, 2011)


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En Belgique, Jacky est un agriculteur renfermé sur lui même, il s'adonne aussi au trafic d'hormones. Sur un gros coup, au cours duquel il retrouve par hasard un ami d'enfance, il attire l'attention de la police. L'étau se resserrera sur ces activités en même temps que ressurgiront de difficiles souvenirs d'enfance.

Quasi minéral, terrien et boueux, ce drame âpre et tendu prends place dans un univers peu utilisé au cinéma. L'univers du polar tendance traffic mafieux se trouvent ici transposé entre la boue et les vaches ! Bullhead se dépouille alors de tout artifice pour devenir un objet brut, sombre, quasi documentaire.

Visuellement, Bullhead trouve son équilibre entre le cinéma de Gaspard Noé (la sobriété en plus) et celui du Nicolas Winding Refn de Pusher. Lent, silencieux et sombre, Bullhead séduit par sa grande sobriété et son dépouillement. Dans une grisaille déprimante au possible, les personnages émergent, seuls éléments en mouvement, attirant inexorablement le drame.

Bullhead est à des années lumières d'un film de gangster traditionnel. Pas de fusillades, pas de suspens, la violence y est pourtant omniprésente, mais pas visuellement : elle se tapie à l'intérieur des personnages, se cache dans l'humidité de l'air de la campagne... Si le rythme et la lenteur de Bullhead pourra décourager les spectateurs les plus bourrins (campagne oblige), il réservera aux autres un drame épais, pesant et ciselé : un objet cinématographique bien élégant.

The Last Winter (Larry Fessenden, 2010)


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En Alaska, des prospections pétrolières troublent l'équilibre de l'écosystème. Une équipe de scientifiques est confrontée à d'étranges phénomènes.

L'immensité de la banquise et la promiscuité des hommes dans une petite station isolée rappellent forcément l'ambiance de The Thing. La créature du film de Carpenter, qui se cachait à l'intérieur des hommes, se cache ici dans la nature, et c'est cette nature qui va influencer l'équilibre intérieur des hommes.

Si les recettes sont similaires, Last Winter ne copie cependant pas le Modèle, et si l'ambiance reste comparable, il n'atteint hélas pas son intensité.

Last Winter se laisse suivre avec intérêt, il réussit à installer un intéressant climat d'angoisse et entretenir un suspens croissant. Mais l'entreprise s'écroule dans la dernière partie du film, retombant dans un fantastique conventionnel et sans originalité, en parfaite opposition avec tout ce que Last Winter avait tenté de construire.

Last Winter se découvre comme une sympathique petite série B fantastique sur fond d'écologie, mais se termine hélas dans la banalité de la série Z. Dommage, sans son scénario terminé dans le bâclage, le film aurait pu se ranger dans les bonnes surprises.

Perfect Sense (David McKenzie, 2011)


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Une épidémie s'empare progressivement du monde : chaque symptôme est suivi de la perte de l'un de nos sens... Au milieu de ce curieux mal sans remède, un cuisinier rencontre la scientifique d'à coté et tombent amoureux.

Perfect Sence commence sans intensité, presque laborieusement, mais chaque amputation sensorielle du film enrichi l'expérience du spectateur. Grâce à un scénario mêlant habilement romance et science-fiction, David Mckenzie construit patiemment son film et dessine progressivement un parallèle stimulant entre l'évolution de son mal et notre société.

"Pour chaque chose que l'on perd, on en acquiert une autre" terminait le film Un Eté 42... C'est un peu ce qui caractérise Perfect Sense en se focalisant chaque fois davantage sur l'humain à chacun de nos sens perdu. McKenzie réussit à établir une fort belle métaphore, entre nos accumulations matérielles et nos pertes de sens (de Sens ?). Perfect Sense fabrique de la plus belle des manières qu'il soit un jeu de reflets entre notre société et nous, sans jamais délivrer de message trop appuyé, sinon celui que son scénario réclame : l'Amour !

Perfect Sense, flirte parfois avec un coté bien-pensant ou politiquement correcte, il use parfois de quelques violons (sans parler de la magnifique BO de Max Richter, qui l'illustre au sens propre comme au sens figuré), mais il parvient à captiver de manière croissante jusqu'à sa dernière image. Perfect Sense laisse plusieurs saveurs complémentaires et contradictoires après sa vision, mais avant tout il parvient à réveiller vos sens... Une très belle expérience.

Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne (Steven Spielberg, 2011)


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Tintin cherche à retrouver les maquettes de La Licorne avant que l'immonde Sakharine ne mette la main sur le trésor que leur secret renferme.

Techniquement, le numérique de Tintin atteint des sommets. Certaines textures sont absolument renversantes, ce n'est hélas pas le premier mot qui vient à l'esprit pour qualifier le film !

Forcément, on est "attendu au tournant" lorsque l'on adapte un mythe comme Tintin au cinéma, ou que l'on change de média (BD et cinéma sont cousins, mais ils n'ont pas le même langage), forcément fans et créateurs n'ont pas la même vision... 

Doorama, peu connaisseur de Tintin, mais avant tout peu fan de Spielberg, se place du coté des décus. Le film est certes fort beau, mais l'âme n'est pas là ! Si l'on supprime les allusions à plusieurs aventures de Tintin (ci et là dispersées pour "crédibiliser" l'univers) et que l'on change les noms, Tintin n'est qu'un blockbuster d'aventure américain de plus. Si on l'"anonymise" (à la manière d'un CV,) la seule chose que l'on verrait transparaître du film est du Spielberg, certainement pas du Hergé ! (même si Indy, initialement, pouvait en partie s'en inspirer il est vrai).

Tintin est donc avant tout un film d'aventure et d'action, sans temps mort, effectivement trépidant (trop ?) mais avant tout américain ! Une espèce de contradiction interne qui risque de décevoir les puristes Tintinophiles et rendent le projet quelque part frustrant. Tintin, le film, ressemble à la BD de Hergé comme le Sherlock Holmes  de  Guy Ritchie à l'oeuvre de Conan Doyle : Une simple étiquette !


Sinon, pour le reste, Spielberg "sait faire" ! L’impressionnante poursuite en side-car, en un seul long plan séquence, est une leçon de cinéma à elle seule !