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Battle Royale (Kinji Fukasaku, 2000)


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Afin de "dresser" un peu ces ados qui ne respectent plus les adultes, le Gouvernement a voté la loi Battle Royale. Chaque année une classe est envoyée sur une ile, sous la supervision des militaires, des armes leur sont distribuées, ils ont alors 3 jours pour s'entretuer : 1 seul seulement doit rester debout à la fin.

Kinji Fukasaku est surtout connu pour ses films de yakusas dans les 70's (Combat sans Code D'Honneur, Guerre des Gangs à Okinawa...). Avec Battle Royale il adapte un celèbre roman japonais d'anticipation.

Parfaitement facho sur les bords (mais "pour rire"), le pitch de BR est aussi provocateur que sa violence est graphique. Durant près de deux heures s'enchaînent tueries (variées et énergiques) et ironie sous l'oeil d'un Takeshi Kitano toujours aussi inquiétant et savoureux.

Battle Royale est un grand défouloir sur fond de critique sociale masquée (l'utilisation du classique y résonne comme un lointain écho de la réflexion de Orange Mécanique), mais il se concentre rapidement sur le pur survival extrême et déjanté (quand les japonais se lâchent, le no-limit n'est pas loin !). Série B nerveuse et réjouissante, Battle Royale s'essouffle cependant assez clairement sur sa fin, la faute à le répétition de ces situations mortelles.

Battle Royale n'en demeure pas moins un jeu de massacre réalisé avec conviction (pas très beau à l'image, mais habilement rythmé, notamment par ses inserts des survivants) qui ravira les amateurs de série B de qualité. Kinji Fukasaku y aborde la perte de la valeur honneur à la japonaise, de manière bien plus ludique que les films de yakusas qui ont fait sa réputation. On peut qualifier BR de film coup de poing, par son sujet audacieux et provocateur (il s'agit d'un retour aux arènes, mais en remplaçant les gladiateurs par nos propres enfants...), mais si fun soit-il, on préfère le désespoir noir et sérieux de ses films 70's à ce défouloir finalement assez manga sur les bords (même si c'est pour notre plus grande joie que nous assisterons à ces geysers de sang sortant de notre progéniture). 

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