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Archive for juillet 2012

Blade Runner (Ridley Scott, 1982)


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En 2019, l'homme parvient à fabriquer des androïdes identiques à l'homme : Les Répliquants. Lorsque quelques répliquants s'échappent de leur condition de machines pour vivre parmi nous, et d'autant plus lorsqu'ils ont tués des hommes, on appelle alors un Blade Runner, sorte de détective chargé d'effectuer le "retrait" de ces êtres.

Second chef-d'oeuvre de SF de Ridley Scott (et chef-d'oeuvre du cinéma de SF tout court !), Blade Runner est l'adaption du roman  Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?de Philip K. Dick qui s'interroge sur la conscience humaine qui la technologie de l'homme pourrait donner à ses créations : des êtres qui agiraient, penseraient et ressentiraient les émotions 100% comme nous mais auxquels les Droits de l'Homme seraient refusés en quelque sorte.

Blade Runner parsème son film de toutes ces questions, patiemment, quand son scénario s'y prête une interrogation fait "pop". Face à la complexité de la thématique, Ridley Scott choisit de nous mener vers la réflexion (si on fabrique un humain, est il humain ? S'il n'est pas humain : et nous ?) par touches successives plutôt que de nous écraser sous sa propre vision. Blade Runner retrouve l'essence même de la SF, plutôt que de simplement "jouer" dans un futur possible avec des projections de notre présent, il aborde les problématiques sous un aspect presque philosophique et réintègre notre réflexion dans notre présent. Nous le disions pour Alien, mais c'est encore le mot "intelligence" qui caractérise le film de Ridley Scott.

E
t puis impossible de ne pas rendre hommage à la gueule de ce film ! Blade Runner proposait il y a 30 ans de cela, une certaine vision du monde de demain : mégalopoles à la Tokyo envahie de messages de consommation, grand écart social, ville en effervescence permanente, technologies pas trop fantaisistes... Aujourd'hui tout cela tient encore parfaitement la route (même si un gros logo Atari fait sourire...). La vision du futur de Blade Runner a incroyablement passé ces 30 années : le film est visuellement cohérent, ambitieux et encore jeune ! C'est l'occasion de rendre hommage aux effets visuels de Douglas Trumbull, hallucinant de beauté et de modernisme. C'est qui Trumbull ? Juste le mec en charge des effets visuels de 2001 l'Odyssée de l'Espace, et Rencontre du Troisième Type ! Un magicien quoi !

E
nfin, pour ceux qui ne l'auraient jamais vu, Blade Runner possède un rythme et un climat très particulier, très fort aussi. Film de SF, il se teinte pourtant d'un traitement de film de détective très 50's, même si cet aspect est gommé dans la version Director's Cut (plus de voix off !), et comme pour retrouver cette ambiance noire et feutrée, Ridley Scott prend son temps pour raconter son histoire (nous laissant par là aussi le temps de réfléchir...), il adopte le rythme lent et tranquile du détective Deckard... (avec son appartement, sorte de bureau-bulle, son whisky, ses souvenirs, la souris qui va avec (Sean Young), ses problèmes...). Et puis il y a Rutger Hauer, calme lui aussi, hypnotisant...

B
lade Runner est un film rare, élaboré avec un soin qui transpire dans chacun de ses plans. Plastiquement superbe, fascinant à regarder et foisonnant de sujets de réflexion, c'est un incontournable du cinéma de science-fiction, un incontournable tout simplement. On aime le répéter à chacune de nos chroniques sur Scott, mais quel énorme faiseur de rêve ce bonhomme !

Procurez-vous Blade Runner ou d'autres films de Ridley Scott ou avec Harrison Ford ou Rutger Hauer

Témoin A Charge (Witness for the Prosecution, Billy Wilder, 1957)


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Un avocat en convalescence accepte de défendre un homme accusé d'un crime, alors que tout l'accuse. Mais lors du procès le témoignage de son épouse va bouleverser l'issue du procès.

Le film de procès est un genre à part entière à Hollywood. Avec Témoin à Charge, il trouve l'un de ses plus beau fleurons, à ranger pas si loin du puissant 12 Hommes en Colère réalisé la même année. Comme ce dernier, Témoin à Charge est une adaptation d'une pièce de théâtre (ici d'Agatha Christie), mais son réalisateur est bien moins solennel, puisque c'est l'homme de Certains l'Aiment Chaud, 7 Ans de Réflexion ou encore La Garconnière qui s'y colle : l'alerte Billy Wilder.

Mis en scène de main de maître, la très forte tension dramatique de Témoin à Charge (avec ses multiples rebondissements) se teinte avec Billy Wilder d'une once d'humour, concentrée autour du caractère de l'avocat et son infirmière. Grâce au personnage haut en couleur de cet avocat un peu filou, joué par un Charles Laughton croustillant et malicieux, Billy Wilder parvient à compenser une mise en scène un poil théâtrale (quasi en hui-clos), par une certaine souplesse, un coté plus "rond", plus léger, qui contraste harmonieusement avec la rigueur d'une cour de justice londonienne.

Passionnant jusqu'à son final aussi mouvementé qu'inattendu (les producteurs, comme dans Les Diaboliques nous invitent à ne pas vous raconter la fin... et pour cause !) Témoin à Charge possède une classe et une efficacité merveilleusement conservées aujourd'hui encore. Son jeu de chat et la souris entre vérité et mensonge, mais aussi entre son avocat et ses interlocuteurs (justice comme clients) transforme ce procès en une méticuleuse quête de la vérité, pleine de rebondissements et tout en tension. 

Mis en scène au cordeau, acteurs de légende (Tyrone Power, Marlène Dietrich impériale) et rythme fluide, Témoin à Charge est un peu de ces films intemporels (son sujet peut être) qui fonctionne à chaque vision. Pas le plus drôle des Wilder (c'est pas son but !), mais un film brillamment réussi dont les deux heures semblent n'en faire qu'une, tant la mécanique "Agatha Christien" joue à plein. Un film de procès à la mécanique fine et imparable : absolument savoureux.

Procurez-vous Témoin A Charge ou d'autres films de Billy Wilder ou avec Charles Laughton ou Marlene Dietrich

Nameless Gangster (Jong-bin Yun, 2012)


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Opportuniste et malin, ou bien naïf et chanceux, Choi Ik-hyun passera de simple fonctionnaire des douanes à celui de véritable parrain mafieux. Avec sa famille, contre les clans adverses et au travers des investigations policières à son encontre, il réalisera une brillante ascension.

Ca vient de Corée et c'est avec l'acteur de J'ai Rencontré le Diable et Old Boy, alors forcément ce Nameless Gangster à attiré notre attention : et c'est tant mieux ! Nameless Gangster est une histoire de mafia coréenne, ornée de yakusas, sur fond de corruption et  le tout centré sur l’ascension d'un homme dans le Milieu durant les années 80's.

Porté par un Choi Min-Sik toujours aussi impressionnant et convaincant, entre violence scorcesienne, pincées d'humour et dénonciation des rouages d'un système bien corrompu, Nameless Gangster nous promène sur près de deux heures quinze dans la Corée des années 80-90 pour nous faire découvrir le parcours d'un Parrain. Bien que parsemé de quelques scènes violentes comme le cinéma coréen en à la recette, le personnage principal ne l'utilisera pas (ou si peu), et cette ascension là sera à ce titre bien plus étonnante que ces cousins américains. Choi Ik-hyun (le personnage donc) promènera sa carcasse dans un monde impitoyable, en utilisant la violence des autres pour attaquer et  ses relations pour se défendre.      

Nameless Gangster, possède tout de la saga mafieuse, mais son personnage est un véritable sujet de comédie. Et c'est bien là que le film réussit son pari, en immergeant ce gangster presque improbable, cet homme normal, dans un monde âpre et rude, sans jamais céder au traitement comique. S'il dégage régulièrement un humour certain et qu'il aime à souligner le ridicule de certaines situation, Nameless Gangster est un pur film de gangster, violent, dense et tendu, et les sourires s'effaceront vite devant les solutions mises en oeuvre pour grimper les échelons ou solutionner un problème : battes de baseball et trafic d'influence sont de rigueur !

Pour ce qui est de sa réalisation, Nameless Gangster n'offrira rien d'autre qu'une très belle mise en scène, soignée et limpide, qui bien que classique, excelle à retranscrire ce proche passé (rappelez-vous, nous sommes dans les années 80 !). Le seul petit reproche de la Rédaction à l'encontre de Nameless Gangster se fera sur ses passages d'une époque à une autre, sans que cela ne serve réellement le scénario, détail qui a son importance puisqu'il alourdi inutilement le scénario en n'apportant rien, si ce n'est un poil de confusion.

Diablement élégant et étrangement drôle, Nameless Gangster est à rapprocher de Le Parrain, American Gangster ou Les Affranchis. Il est de ces saga mafieuses méticuleuses, précises, violentes et effrayantes, mais son traitement atypique le positionne bien au delà d'une simple version coréenne de film mafieux : Nameless Gangster en deviendrait presque original, tant il revisite ce que nous connaissons et nous en propose une lecture différente. Sans pour autant réinventer la poudre, ni être l'un des meilleurs films de sa catégorie, il nous apporte encore un bel exemple de la vitalité et de l'originalité du cinéma coréenCe Parrain là n'a pas l'étoffe de ses grands cousins américains, mais il à tout d'un très bon film. 

Procurez-vous d'autres films avec Min-sik Choi

Casa De Mi Padre (Matt Piedmont, 2012)


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Armando Alvarez est attaché à la terre qui l'a vu grandir. Un jour son frère Raul, amène sa future femme, Sonia, au ranch familial, mais la véritable raison de cette visite est que Raul est un narco trafiquant qui vient disputer le territoire à un dealer local : La Onza. Armando devra partir en guerre pour protéger son ranch.

Le très prolifique Will Ferrell (The Anchorman ou encore The Other Guys ,Very Bad Cops en France, que nous aimons particulièrement)  met son humour parodique très personnel au service de cette histoire, à cheval entre la télénovela mexicaine bas de gamme et le western. A la manière des récents films Grindhouse, Casa de Mi Padre revisite un mauvais cinéma mexicain pour tenter de transformer le fer en or, en venant y greffer ses gags, avec un sens certain du décalage et du 3ème degré.

Tourné entièrement en espagnol, les codes méxicains du héros, de la famille, de la violence et de l'histoire d'amour sont donc passés à la moulinette du décalage, à la sauce Will Ferrell, qui pour l'occasion joue son personnage dans en espagnol appuyé, volontairement et exagérément surjoué (et c'est très drôle !). Si Casa De Mi Padre propose son lot de gags visuels  francs et identifiables il lui préfère souvent une parodie plus discrète dont l'esprit comique se cache dans les détails moins voyants (écureuils empaillés dans le décor, jeu d'acteur, articulations ou éléments du scénario, reflet de l'équipe de tournage dans les lunettes de soleil...).

A
u programme, Casa De Mi Padre vous propose : un puma totem magique (en fait une peluche grossièrement animée), des faux raccords, des décors de studio abusivement artificiels (qui interviennent d'un coup), des répliques tonitruantes ou des postures physiques improbables portées par des d'acteurs volontairement mauvais, une ballade romantique sur un faux cheval avec décor qui bouge, et surtout un combat mythique entre un coyotte (empaillé !) et notre puma en peluche (le film vous explique pourquoi ca a été... mais on préfère vous laisser découvrir par vous même !).

I
l y a d'excellentes choses dans cette parodie, son humour feutré (parfois fin et bien observé si l'on raisonne en cinéphile) arrache de violents sourires, mais les fous-rires restent rares. Quelque soit la réussite comique de Case De Mi Padre, on se heurte à la longueur de l'entreprise et à un rythme qui s'essouffle avant d'avoir jamais totalement décollé. On se dit alors, comme pour Machete, que le format court aurait été plus adapté (Machete est initialement une simple bande annonce d'un film fictif, avant d'être un film entier). Ce courant de fascination pour le mauvais cinéma, ce goût du mauvais goût plutôt en vogue ces dernières années réclame un immense talent pour fonctionner à plein. Avec ce film, Will Ferrell s'en sort plutôt bien, mais la réussite n'est que partiellement au rendez-vous. Casa De Mi Padre est un bon (très bon ?) Will Ferrell qui fera mouche auprès des fans, pour les autres, il sera un mauvais film ou au mieux une bonne idée initiale dont le ratage final ne laissera que quelques rare gags timides. Certains diront  "à l'humour bizarre, non ?".

Procurez-vous Casa De Mi Padre ou d'autres films avec Will Ferrell

Cleanskin (Menace d'Etat - Hadi Hajaig, 2012)


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A Londres, le MI:5 engage une traque ciblée et officieuse afin d'arrêter coûte que coûte la vague d'attentats qui secoue la ville. Ewan, un agent particulièrement efficace et engagé, mènera l'opération qui le mettra sur la piste de Ash, un  islamiste. Mais quelles sont les motivation de chacun ? A qui profite vraiment les actions terroristes ?

Si les méchants de Cleanskin sont d'affreux méchants islamistes abreuvés de haine contre les puissances occidentales, il tentera au moins de tempérer son propos en jetant un regard explicatif sur le parcours de haine qui les y ont conduit et notre part de responsabilité dans celui-ci. Comme dans We Are 4 Lions, Cleanskin prend soin de considérer la position de l'ennemi, et c'est déjà pas mal !. On reste dans le cliché facile, mais "on plaide coupable" dirons-nous...

Cleanskin est de ces films sur la sécurité intérieure qui flirte avec un coté réac, mais cette hargne sied plutôt bien à l'intensité du film (tant que ca reste "pour de rire", et de la fiction...). Comme Unthinkable, il s'appuie sur une justification de l'usage de la violence contre la violence, mais qui sera bien sûr remise en question  par une pirouette scénaristique, histoire de ne pas porter l'étiquette film facho ! Cleanskin joue effectivement avec de bons vieux méchants islamistes, mais contrebalance le cliché avec la manière dont notre gouvernement exploite ce danger dans ces intérêts. Sous ses aspects virils et facho, Cleanskin prendra cependant soin de rester politiquement correct en optant pour un "tous pourris" qui évite de ne stigmatiser qu'un seul des deux parties en présence.

Pour le reste, Cleanskin s'avère plutôt sympathique. Même si le rythme faiblit grandement en seconde partie, il reste un film assez nerveux, précis et efficace. Les flashbacks cassent effectivement son excellent rythme d'ouverture, mais ils permettent aussi au film d'approcher une certaine dimension "psychologique" (un bon niveau collège suffira néanmoins pour en saisir toute la subtilité) et de le hisser au dela d'un simple action movie. On pensera bien sur à un sous Jason Bourne (et on aura raison !) ou a un lointain 24h Chrono, mais le personnage incarné par ce bon vieux Sean Bean et sa "p... de gueule" assurera une différence bien tranchée avec son homologue américain. Et c'est peut être cela qui sauve Cleanskin de l'anonymat : c'est un film britannique, et donc bien moins lisse que la plupart des grosses machines US (et nous nbe mettons pas les Bourne dans ce sac là...).

Cleanskin est un bon petit thriller qui se regarde avec plaisir, certes pas très original, mais parfaitement honorable. Son origine et sa personnalité anglaise y font pour beaucoup, on aime son léger coté rugueux, on aime la paire d'agents qui m-ènent la traque, et on est plutôt fan de sa fin, certes un peu expédiée, mais dont le "message" (là encore un niveau collège suffira...) sombre et ambigüe rend l'expérience Cleanskin tout à fait satisfaisante. Sympa quoi !


Procurez-vous d'autres films avec Sean Bean

The Dark Knight Rises (Christopher Nolan, 2012)


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Bruce Wayne vit retiré dans son manoir, y maintenant aussi enfermé le Batman tombé en disgrâce après la mort de procureur Harvey Dent... Mais Gotham s'apprête à subir les attaques de Bane, un cerveau du crime aussi puissant que décidé à déstabiliser notre système. Wayne saura t'il de nouveau animer habiter Batman avec l'énergie suffisante pour endiguer la menace ?

Pour l'essentiel, The Dark Knight Rises est une énorme conclusion à la trilogie, minutieuse et attentive, puissante et fascinante, un immense film de super-héros comme on en voit peu, mais qui, à notre sens n'égale cependant pas le Dark Knight Le Chevalier Noir.

Au chapitre des plus Nolan prend son temps (2h44) pour nous livrer un scénario hyper travaillé (trop ?), il tente de gommer de ses personnages tout à-coups de développement afin qu'ils soient parfaitement prêt quand l'action arrive. Bane, le méchant, n'égale pas le titanesque Joker, mais sa détermination au chaos égale l'imprévisibilité de son prédécesseur, il constitue un super-méchant bien ancré dans la réalité, un terroriste ultime à l'arsenal de destruction moderne et effrayant (armes financières, stratégie de conquête économique et embrigadement aveugle de ses soldats !). On adore Bane ! Quand au Batman son pire adversaire est en lui : le doute. 


Nolan installe doucement un impressionnant climat de fin du monde imminente, lui opposant des solutions qui tardent, voire inopérantes, il parvient ainsi à créer une tension crescendo quasi palpable, dont la violence à venir est encore plus à redouter que celle qu'il montre en action. Ainsi, les séquences d'invasion de Bane (comme la bourse) sont illustrée par une seule note de musique, tendue, suspendue, prête à céder, dont on redoute la fin qui, à n'en pas douter, libérera les enfers ! Régulièrement, Nolan  à de ses idées "simples" qui frisent la perfection ! Son dernier opus semble se battre en permanence pour tirer son film de super-héros vers sa dimension la plus réelle, la plus plausible, il gomme ainsi un maximum du folklore des super-héros pour lui préférer un traitement plus "banalisé", et par la même tire son film presque en dehors de la fiction et de son univers imaginaire pour l'installer dans notre réalité de tout les jours (exit la Gotham noire et futuriste ! Hello 9/11 puisque Gotham ressemble à Manhattan...).


Riche, hyper travaillé et doté d'une mise en scène qui refuse la facilité du numérique pour lui préférer un réalisme salutaire hyper efficace, The Dark Knight Rises est un sacré morceau ! Un jouet qu'on aurait piqué à un enfant pour le transformer en arme : le film de Nolan fuit au maximum son jeune public et tente de le mener vers un univers exclusivement adulte (mais bon, le blockbuster à ses règles et Nolan s'y pliera). Adulte et chiadé donc, ce sont bien là les armes ultimes de ce troisième volet. Mais... car il y a un mais pour la rédaction de doorama !


Mais ce troisième volet nous a quand même laissé sur notre faim. Il y a certes ces moments de bravoure et de réalisation qui "en jettent", ce climat de panique qui fonctionne comme uns sirène qui annonce la rupture imminente du barrage (cette note de musique...), les enjeux psychologique de ses personnages... mais ce troisième épisode a un problème de rythme. Trop long ? Peut être un peu (Mais il faut aussi louer Nolan de prendre le temps nécessaire, d'autant plus que son cinéma est fort beau). Nous pensons que ce Batman aurait pu (aurait dû !) être plus "percutant". A bien y regarder, les scènes d'action ne forment pas le meilleur de sa réalisation. Voilà, juste ces deux bémol que nous vous lâchons comme ça... Un peu long et pas assez percutant pour un Batman ! Hisser le chevalier noir vers la réalité adulte et fuir la puérilité, est brillamment exécuté mais on en oublierait presque certains  fondamentaux : l'action et le suspense. Batman à grandi, vieilli, et perdu son âme d'enfant... Et comme se terminait Un Eté 42 : "pour chaque chose que l'on perd, on en acquiert une autre", ce Batman l'illustre parfaitement. Une grande réussite que nous adorons, mais un rouage s'est perdu en cour de route, un tout petit rouage...  

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La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X (Yutaka Kohira, 1977)


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Sasori retourne en prison après sa tentative d'assassinat sur un député qui l'avait manipulée. De nouveau coincée entre un personnel pénitencier hostile et des co-détenues déchaînée, Sasori ne souhaite pourtant qu'à s'échapper pour appliquer sa vengeance à tous ceux qui l'ont trompée.

Second visage à succéder à Meiko Kaji, Takeo Chii endosse les habits de Sasori, ou plutôt ce qu'il en reste dans cet ultime épisode. Sasori fera de nouevau l'objet de films, mais il faudra attendre 1991 pour que le cinéma s'y intéresse de nouveau.

Dans La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X , le personnage est vidé de tout sens, dépouillé de tout charisme et ne réagit plus que par réflexes aux plates péripéties concontées par les scénaristes (eux aussi fatigués). Trahison ultime à la franchise, Sasori troquera son noir uniforme final (déjà que dans Sasori 5... mais bon, ça passait encore...) contre un noir et blanc !

Si les scénarios ne nous ont jamais totalement déçu durant toute la série malgré leur transparence, celui de cet épisode frôle l'indigence et dégage une désagréable sensation de bâclé. Nous aurions pu passer sur ce "détail", mais la réalisation de cet épisode frôle le minimum vital et son absence totale de soin rappelle le pire de la production nippone, ne dépassant pas le niveau d'un épisode de Spectreman.

Peu de choses sont à sauver de cette fin de cycle, mis à part (et encore...) la cavale de Sasori enchaînée avec son ancien gardien. Le jouet semble définitivement cassé. Vidé de tout fun, de toute once d'originalité, et de tout les plaisirs inhérent ce type de cinéma, la série Sasori se termine à bout de souffle sur un épisode plat et ennuyeux.


Voir les chroniques des autres épisodes de la série :

NDLR : Doorama vous invite à testez vos connaissances sur la Femme-Scorpion chez nos amis de cinéfriends ! Nous, on a eu 100%, et vous ? ;-)

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Mains Armées (Pierre Jolivet, 2012)


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L'enquête de Lucas Skali sur un trafic d'arme le mène avec ses hommes sur Paris. Sa fille travaille aux stups, et bien qu'il ne l'a pas vu grandir, Lucas entre en contact avec elle pour d'éventuelles informations sur la partie drogue de son enquête.

Mains Armées emmène le spectateur dans une dangereuse et complexe enquête policière, mêlant trafic d'armes et de drogue sur fond de filière serbe, et faisant intervenir deux services de police distincts. Pierre Jolivet place le père dans l'un, sa fille dans l'autre, et profite de cette opposition de style et de méthode, pour ajouter à son enquête la dimension intime et psychologique d'une relation difficile.

La partie purement policière de Mains Armées s'inscrit dans la veine réaliste actuelle du policier à la française, pas loin de ceux de Olivier Marchal, mais avec des flics moins torturés. Sans atteindre l'intensité d'action de la série Braquo, Mains Armées propose quelques morceaux particulièrement efficaces, et s'avère dans son ensemble tout à fait passionnant à découvrir. On appréciera d'autant plus la  réalisation précise et fluide de Pierre Jolivet qu'elle est accompagnée d'une excellente BO, à la limite de l'Ambient, qui sied parfaitement au rythme tendu de ses scènes d'action.


L'autre partie de Mains Armées se concentre sur la relation filiale, relation qui n'a en fait jamais été, entre le grand flic entièrement dévoué à son travail et sa fille, aussi fragile dans sa vie personnelle qu'insatisfaite dans son métier. Pierrte Jolivet aborde avec beaucoup de pudeur et de subtilité la relation difficile qui les unis et ne tombe à aucun moment dans le facile ou le pathos.


Si Mains Armées à beaucoup d'atouts pour séduire, cette dualité des enjeux du film vient cependant troubler le bon déroulement du film, comme d'ailleurs la relation difficile entre les personnages viendra troubler l'enquête. Délaissant régulièrement l'intensité policière pour construire sa partie plus intimiste, Mains Armées sabote du même coup son rythme. Passé un premier tiers fort bien mené, le film hésite entre ses deux sujets et peine à leur donner chacun le rythme nécessaire. Lorsque les enjeux se rejoindront enfin, faute d'avoir trouvé chacun le bon tempo, ils se télescoperont dans un final à la limite du décevant (sinon déconcertant) tant Jolivet renvoie le spectateur à sa propre opinion, le congédiant presque, et le privant du même coup d'une fin aboutie.


Mains Armées propose deux bons films en un, mais rate la fusion de ses deux sujets. Certains argueront que certaines enquêtes ne se referment pas et que certaines blessure non plus, mais notre impression est plutôt que son réalisateur n'a pas entièrement réussi son pari, et que faute d'osmose de ses ingrédients, sa fin retombe comme un soufflé ! Mains Armées commence superbement et se termine avec moins de superbe, mais il nous restera tout le reste du film pour notre plaisir : à savoir un scénario intéressant porté par d'excellent acteurs. Les mauvaises langues diront "policier du dimanche soir sur TF1", ça résumerait assez bien ses défauts, mais ça serait aussi refuser à Mains Armées toutes ses généreuses qualités. Pour une fois qu'un film qui ne venait pas à nous les mains vides !

Procurez-vous d'autres films de Pierre Jolivet ou avec Roschdy ZemLeila Bekhti ou Marc Lavoine

Rec 3 Genesis (Paco Plaza, 2012)


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Koldo et Clara se marient ! Mais alors que la fête bat son plein, l'un des invités semble malade. Subitement, il agresse d'autres invités : c'est le début d'une fulgurante épidémie de violence et de mort.

Pour les amateurs de cinéma d'horreur, Rec est directement rentré en 2007 au panthéon des excellents films d'horreur pour son efficacité, son suspense et son intelligence (si, si !). Son principe d'un reportage télé, façon caméra embarquée, qui vire au cauchemar en milieu clos était diaboliquement concocté, il proposait aussi d'intéressants infectés (proches cousin du mort-vivant). Rec 2, bien moins réussi, prolongeait cependant honorablement l'aventure en amenant une intéressante interprétation religieuse à l'origine du mal. Rec 3 lui est pour le meilleur et pour le pire !

Le comparse des deux précédents films, Jaume Balagueró, à donc laissé son pote Paco Plaza opérer seul (bonne idée Jaume !) pour un troisième épisode qui mis à part le comportement des créatures n'a plus grand chose à voir avec les premiers. Rec 3 remplit certes le cahier des charges du petit film d'horreur, en proposant son lot de scènes gores, une bonne dose d'humour et en assurant un minimum de savoir faire technique. Hélas cette suite sombre dans le cinéma d'horreur du samedi soir, en oubliant totalement de rechercher ce qui fait peur -réellement peur- et en limitant ses ambitions au niveau de la simple aventure sanglante.

Nous suivons donc un couple séparé lors du massacre de ses invités, dont le seul objectif sera de se retrouver tant l'amour qu'il partage est puissant ! Pourquoi pas nous direz-vous ? Sauf que la gestion de cet amour revêt de bien calamiteux aspects, mettant à l'écran deux pales acteurs accumulant les situations proches du ridicule. Rec 3 reprend à son compte ma dimension religieuse amenée dans Rec 2 l'exploite maladroitement, en simple surcouche qui lui permet d'articuler grossièrement son scénarios. Rec 3 choisit aussi de rompre définitivement avec son principe de film tourné par un amateur en "live", et retrouve le langage cinématographique conventionnel, monté/cadré, de n'importe quel autre film.

Rec 3 Genesis clôture donc les expérimentations de la série, et ne retiendra des précédents films que ses ingrédients principaux (l'épidémie et la survie de ses personnages) qu'il utilisera comme simple prétexte pour proposer un film d'horreur basique, ordinaire et banal, au ton proche de la parodie. Rec 3 n'est qu'un film d'horreur comme on il y en a tant, qui refuse l'idée de faire peur et préfère se cantonner à une simple recherche du grand guignol visuel pour tenir sa courte longueur (1h14 d'images !). Correct s'il n'était pas estampillé "Rec", Rec 3 Genesis prend des allures de plan marketing en exploitant abusivement son titre et en ne proposant au final qu'un produit bien lointain de ses prédécesseurs. A voir comme un lointain spin off de la série qui piétine et trahit ses origines. A peu près visible, un peu fun mais quand même bien vain et proche du bas de gamme.


Procurez-vous Rec 3 ou les autres films Rec 

La Nouvelle Femme Scorpion : Prisonnière n° 701 (Yutaka Kohira, 1976)


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La soeur de Sasori est assassinée à cause d'une affaire politique. Accusée du meurtre de sa soeur par son petit ami, Sasori est emprisonnée et doit éviter de se faire tuer pour assouvir sa vengeance.

Yumi Takigawa remplace Meiko Kaji, et endosse le rôle de Sasori dans cette cinquième aventure qui puise tous ses ingrédients dans l'épisode originel. Trahie, emprisonnée, violée, humiliée et battue, Sasori retrouve pour ainsi dire le "train-train quotidien" du premier opus, y compris, bien sûr, son petit rituel final...

Les producteurs ressortent la violence sadique et retrouvent un certain goût pour le voyeurisme. Ils renouent aussi avec une volonté de retrouver la forte identité visuelle qui caractérisait le début de la série (le procès de Sasori est à ce titre intéressant). Si Sasori retrouve un peu de jeunesse (22 ans dans cet épisode !) en se souvenant de son glorieux passé, c'est malgré tout à une réutilisation peu originale et une pure exploitation marketing que l'on assiste ici.

La Nouvelle Femme Scorpion : Prisonnière n° 701 retombe donc exactement là où la série trouvait son inspiration : une histoire de vengeance vendue à grand coup de tétons, de sévices et de violences carcérales, mais sans aucune tentative d'y apporter une quelconque nouveauté. Faute de retrouver la créativité et le souffle d'invention des premiers films, Sasori 5 (c'est plus court ainsi) aura le mérite de proposer un honnête film de genre, tout du moins pour les amateurs de films orientés "prison pour femmes"...

Le scénario n'apportera rien de neuf, mais exploitera cependant habilement son cahier des charges (reprendre les éléments initiaux de Sasori, retrouver les codes des films carcéraux) pour proposer au final un film rythmé et encore aujourd'hui tout à fait visible auprès des amateurs hardcore de séries B 70's un peu racoleuses. Vide sur un plan purement cinématographique, mais non exempt de toute saveur... Largement plus fun que le précédant, on le préfère à Sasori 4. Mais l'absence de Meiko Kaji et son manque flagrant d'ambition cantonnent cette Nouvelle Femme Scorpion à n'être qu'un film d'exploitation parmi tant d'autres.


Voir les chroniques des autres épisodes de la série :



NDLR : Doorama vous invite à testez vos connaissances sur la Femme-Scorpion chez nos amis de cinéfriends ! Nous, on a eu 100%, et vous ? ;-)

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Get the Gringo / Kill the Gringo (How I Spent My Summer Vacation - Adrian Grunberg, 2012)


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Illégalement emprisonné dans une prison mexicaine, un truand cherche à récupérer ses 2 millions de dollars, volé à un mafieux américain, sur lesquels la police locale corrompue a mis la main. Il prends sous sa protection un garçon de 9 ans dont le foie est destiné au Caïd de la prison, Caïd qui contrôle la police locale... La situation va devenir explosive...

Produit par sa propre compagnie de production (Icon), Mel Gibson s'offre le type de rôle que le cinéma ne lui offre plus trop (trop vieux ?) dans ce divertissement sympathique, nerveux et efficace. Il y incarne un "gentil" truand, sorte de loup solitaire qui à la manière d'un micro James Bond, réussit, gère et prévoit tout, et le tout non sans une certaine idée du cool !

Get The Gringo s'amuse à jeter son personnage dans un panier de crabe et nous invite à l'observer. La prison mexicaine, véritable "village dans la ville", ressemble à un village de vacances dans lequel Gibson pratiques quelques activités (vol, observation de la faune, magouilles...) et tente de récupérer un magot devenu catalyseur de tous ses ennemis (police, gangsters américains comme mexicains, consul local...). Ajoutez un zeste d'histoire qui prouve que Gibson n'est pas un méchant-méchant, mais aussi un chouette bonhomme, comme cet enfant destiné à fournir un foie au caïd en place dans la prison. Secouez le tout et vous avez Get The Gringo : un divertissement calibré, à la fois léger et nerveux.

Un gentil divertissement familial ? Pas tout à fait ! Car si Get The Gringo joue la carte du gentil méchant héro (ou l'inverse), il surprend par son traitement. Le film n'hésite pas à injecter dans son déroulement une certaine violence graphique (découpe d'orteils, fusillade musclée) et une relative absence de morale (ou tout au moins un décalage des repères habituels) qui donne au film une certaine radicalité et (presque) originalité. On reconnaitrait presque là notre Mel Gibson réactionnaire, qui une fois laché, ne peut pas être arrêté... On se souvient alors de l'étonnant scène de torture de Payback, le goût du calvaire de La Passion du Christ, et le gore affiché de Apocalypto, toutes des productions Icon, tous des "enfants" de Gibson...

Get The Gringo s'affranchit du cadre du simple divertissement tous public en revendiquant de montrer ce que son scénario réclame, il s'assume pleinement et balance les choses comme il le sent, en s'éloignant de l'hyper calibrage tout en gardant comme objectif le fun total. Simple et décomplexé, il met son héros décontracté au centre d'une poudrière, dans laquelle, bien sûr, il viendra à bout de tout les dangers. Get The Gringo ne vas pas réinventer la poudre, ni même éviter les clichés, qu'il utilise à son avantage, mais son petit dosage de décalage et d'originalité lui confère une vraie personnalité et garantit un indéniable plaisir pour le spectateur. C'est basique, rigolo, nerveux, bien écrit, bien réalisé et parfaitement sympathique. Ah, si tout les films pouvaient être fait avec autant de soin...  Mission accomplie !
 

Procurez-vous Get The Gringo ou d'autres films avec Mel Gibson

La Femme Scorpion : Mélodie de la rancune (Yasuharu Hasebe, 1973)


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Sasori, toujours en fuite, est aidée par un ancien activiste. Mais un inspecteur de police tenace et décidé revient sur leur trace et utilise ce dernier pour capturer Sasori et la renvoyer en prison.

Episode 4 : changement de réalisateur, et les choses s'en ressentent ! Le personnage de Sasori, auparavant si dangereuse n'est plus que l'ombre d'elle même dans cet épisode. Si on réutilise tant bien que mal les codes installés par les premiers films, il faut bien reconnaître que tout poison semble avoir été retiré au scorpion.

Les extravagances visuelles elles aussi sont absentes de cet épisode, et il faudra attendre les 10 dernières minutes pour retrouver un semblant de peps sur l'écran, pâle vestige des splendeurs d'antant. Quand au scénario, La Mélodie de la Rancune tente de renouer avec les recettes des précédents (trahison, prison, haine focalisée), mais même le passage par la case prison ne parvient pas à retrouver le feu sacré, cette fougue et cette énergie qui caractérisait la série.

La violence est timide, l'érotisme semble vécu comme un "mal nécessaire" pour assurer la poursuite de la franchise, quand à Sasori, elle n'attire plus les haines, violences, humiliations et autres brimades quotidiennes de la vie comme avant ! Privée de son énergie elle ne restituera qu'une vengeance un peu molle, non alimentée par la violence elle n'en restituera très logiquement que peu.

En bout de course et victime d'un changement de réalisateur, ce qui faisait l'originalité de la série et lui donnait son intérêt disparait. Plus de transgression, plus d'excès, plus d'expérimentations, plus de jeu sur les codes, La Mélodie de La Rancune entonne un refrain bien peu entrainant. Privé de toute inventivité et créativité, la série retourne doucement de là où elle était sortie et ne propose plus qu'un cinéma de genre banal qui recycle sans cesse les même recettes.

Sasori, aussi appelée Nami, aussi appelée Matsu, aussi appelée prisonnière 701, ne livrera pas son chant du cygne avec cette dernière apparition de Meiko Kaji, puisque qu'elle sera remplacée par une autre actrice dans les deux épisodes suivants. Il faudra se tourner vers les Lady Snowblood pour retrouver le belle actrice...



Voir les chroniques des autres épisodes de la série :


NDLR : Doorama vous invite à testez vos connaissances sur la Femme-Scorpion chez nos amis de cinéfriends ! Nous, on a eu 100%, et vous ? ;-)

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Croix De Fer (Cross Of Iron, Sam Peckinpah, 1977)


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Le capitaine Stransky, un officier allemand issu de l'aristocratie en quête de la prestigieuse Croix de Fer, se fait muter sur le front russe, alors que l'armée allemande, en pleine difficultés, recule. Malgré des combats qui ne laissent pourtant aucun répit, une rivalité s'installe avec le Sergent Steiner, un officier proche de ses hommes, lui même décoré de la Croix de Fer.

Au delà d'une réalisation un peu fatigante (abus des ralentis, montage ébouriffant qui restitue le fracas des combats...) Sam Peckinpah aborde ici la guerre comme rarement au cinéma (on pense aux approches de La Ligne Rouge ou Apocalypse Now, mais aussi à Il Faut Sauver le Soldat Ryan...).

L'absurdité et l'horreur de la guerre forment bien évidemment la colonne vertébrale du puissant message de Sam Peckinpah (Les Chiens De Paille, La Horde Sauvage, Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia), mais il se doublent d'une vaste palette, plus intime, de faiblesses individuelles et humaines qui en multiplie l'impact. Orgueil, bêtise, égoïsme, injustice et violence viennent ainsi rehausser davantage (saturer !) un tableau déjà bien sombre (le superbe passage de l'enfant russe...).

Dans un enfer déjà total, Peckinpah parvient à faire entendre le son des comportements individuels, comme pour rappeler que le le grand tableaux est lui même composé d'une multitude de touches. Si le sergent Steiner (James Coburn) n'est pas aussi "mauvais" que Stransky (Maximilian Shell), il n'en demeure pas moins un chien de guerre au service de la folie ambiante, qui fera certes preuve de coeur et de courage, mais qui reste l'un des rouages de cette guerre, l'un des moteurs. Même s'il y en a, les bonnes actions de Croix de Fer se font bien vite oublier, car pour Peckinpah, rien ne pousse sur un champ de bataille... (on pense alors aux chants d'enfants, certes d'une certaine jeunesse, illustrés par des photos de guerre lors des génériques d'entrée et de sortie du film...)

La vision nihiliste de Peckinpah ne verse pas un seul instant dans l'anti-allemand, mais son choix de placer son récit dans l'armée allemande (et on pardonnera pour l'occasion la stupidité d'entendre des soldats allemands parler un américain bien sonnant) et sa volonté de noircir chaque aspect de la guerre (idéologies, violences, injustices, actes de masse mais aussi individuels) ne peuvent être séparées de l'horreur à venir des camps... Peut être est-ce là que Croix de Fer atteint formidablement son objectif : décrire un enfer au sein d'un autre (et ici, l'enfer c'est les autres !), mais aussi dessiner en filigrane la faculté que nous avons, individuellement comme collectivement, à le créer !

Il y aurait beaucoup à dire sur ce Croix de Fer, qui sous ses apparences de film de "gueguerre" un peu basique et brutal, cache une formidable richesse de thèmes (comme la lutte des classes par exemple !). Sa densité lui permet de rivaliser sans peine avec les plus grands films contre la guerre. Alors pourquoi diable cette pépite est elle si souvent oubliée ? Pourquoi ne vous offririez vous pas l'occasion de découvrir ce "petit film" (nous ne le pensons pas) aux ambitions si formidablement portées ?
La Rédaction de doorama est unanime : il FAUT découvrir Croix de Fer !   

NDLR : On a oublié de pointer la présence de David Warner, un acteur lui aussi un peu oublié, mais pourtant souvent incroyable dans ses rôles de second couteau comme dans Les Chiens De Pailles ou C'Etait Demain
(voir sa filmographie chez nos copains de Cinéfriends : Allocine ou IMDB n'a pas besoin de nous :-).


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La Femme Scorpion : La Tanière de La Bête (Shunya Ito, 1973)


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Sasori fait profil bas dans sa cavale. Mais l'inspecteur à qui elle a tranché un bras la traque, et les problèmes de la prostitué Yuki avec la pègre deviennent siens. Pour rester libre, Sasori doit se débarasser de ces deux problèmes.

On continue notre exploration de la série Sasori avec ce troisième épisode qui s'éloigne de l'univers carcéral. Sasori qui faisait pourtant son possible pour rester loin de la violence se retrouve rattrapée par celle-ci, et redeviendra même le bras vengeur de Yuki contre la mafia locale dirigée par une ancienne co-détenue.

Moins trépidant que les deux premiers, cet opus creuse la facette compassionnelle de l'héroïne, puisqu'elle épousera la cause d'une autre pour achever ses propres objectifs. Plus urbain et moins lyrique que ses prédécesseurs, La Tanière de La Bête laissera quand même chez le spectateur deux souvenirs inoubliables : Sasori en fuite avec le bras coupé de l'inspecteur pour l'accompagner (le rongeant ensuite avec les dents dans un cimetière...!), et une cruelle chef mafieuse, véritable reine maléfique-avorteuse façon Blanche-neige, régnant sur une horde de petites frappes comme sur ses corbeaux...

Cette nouvelle aventure de Sasori délaisse sa quête de reformatage des codes, sous forme d'images évocatrice fortes, au profit d'une exploration plus intérieure de la facette humaine (moins animale est plus adapté), de sa mortelle femme scorpion, voir même sa compassion de mère ! Moins de prison, plus de yakusa, un zeste de provocation (l'érotisme se teinte aussi d'inceste ici !) et toujours la sublime Meiko Kaji et sa vénéneuse beauté, voilà les ingrédient de ce troisième volet de la ténébreuse femme scorpion !

Et puis, puisqu'on vous abreuve de ciné de genre nippon, on voulait aussi s'assurer que vous connaissez bien l'autre série en vogue à la même période : la série Baby Cart (1972-74, 6 films) sur un ronin qui écume les route avec un enfant dans un berceau (armé comme un tank !)... Pourquoi la Rédaction vous sort ça ? Parceque là aussi les vieux codes du genre samouraïs étaient revisités à grand coup de geysers de sang écarlate et que le psychédélisme de l'époque trouvait aussi un certain terrain d'expression dans ce renouveau des codes. C'était comme ca dans le ciné populaire au japon : sexe, violence et transgression ! 

Mais pour finir avec La Tannière de La Bête : ce troisième volet fuit toujours autant le "grand cinéma" pour se réfugier dans un cinéma populaire riche en couleur et passionnant à décortiquer. Ce scorpion là est comme une grosse crevette, on adore lui retirer sa carapace...
Un petit plaisir de cinéphile, quoi !


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Le Veilleur De Nuit (Nightwatch, Ole Bornedal, 1998)


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Martin accepte un poste de veilleur de nuit à la morgue alors qu'un tueur en série sévit dans la région.Son travail deviendra bien vite oppressant lorsque il sera soupçonné des meurtres et d'avoir des rapports avec les corps de la morgue. Réalité ou machination ?

Remake de son propre film, réalisé 4 ans plus tôt avec Nikolaj Coster-Waldau dans le rôle titre (Jamie Lannister de l'excellente série Games Of Thrones), le Danois Ole Bornedal livre ici sa  version destinée au marché américain. Et comme c'était à prévoir, le spectaculaire et le visible prennent le pas sur l'ambiance trouble de son modèle.

Thriller horrifique doté de gros ressorts sans surprise, cette version américaine se laisse cependant tout à fait regarder grâce à un très agréable casting (Ewan Mc Gregor, Josh Brolin, Patricia Arquette, Nick Nolte et même John C. Reilly) et quelques belles ambiances dans sa première partie (dans les cènes de ronde). Hélas le rythme mécanique du scénario (co signé Steven Soderbergh, mais pas de quoi s'en vanter) privilégie l'enchaînement calculé des scènes de tension, au détriment du climat général du film. Et c'est bien dommage, car c'est justement ce climat qui aurait pu nous faire avaler plus facilement la grosse artillerie un peu pop-corn de son scénar.

Beaucoup de choses pouvaient permettre à ce Veilleur De Nuit de se distinguer des tous ces thrillers fabriqués comme des attractions grand-publique... Son charismatique casting, son potentiel déstabilisant (il est question de nécrophilie quand même...), sa morgue enfouie dans le coeur d'un inquiétant bâtiment, son coté dual horrifique/policier... mais il a visiblement été préféré la facilité et le classique, à l'audace et la difficulté de s'attaquer aux délicats réglages de la mécanique de la peur.

On aurait donc souhaité (rêvé ?) un tout autre film, mais le réalisateur aura validé d'autres choix... Faute de pouvoir "refaire le match", on consommera ce petit thriller sans en sortir plus bête (c'est déjà pas mal), on jouera même le jeu ponctuellement, mais on éprouvera la déception d'une fin poussive et convenue, ainsi qu'on constatera qu'il y avait toutes les pièces pour bâtir une Ferrari alors qu'une simple Ford nous a été livrée...  Globalement aussi "sympa" que décevant, et joliment casté, Le Veilleur De Nuit tiendra le temps d'une ronde : c'est tout, mais c'est déjà pas mal.
 


BONUS  : Comme nous aimons bien Ewan McGregor à la rédaction, nous vous recommandons de jeter un oeil sur son excellent Perfect Sense et nous nous somme amusés à tester nos connaissances sur l'acteur Jedi... On a eu 82% (sans tricher avec google !). et vous ?

Et puisqu'on en est là, merci à nos copains de Cinéfriends pour leur très bonne idées de proposer des quizz-ciné en quantité...



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La Femme Scorpion : Elle s'appelait Scorpion (Shunya Ito, 1972)


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Après avoir empêché l'avancement du directeur de la prison, Matsu s'évade de la prison avec 6 autres prisonnières. Fou de vengeance le directeur met tout en oeuvre pour récupérer les évadées.

Deuxième épisode de la série des Sasori, toujours aussi baroque et déjanté. Cette fois Matsu, plus muette que jamais (allez... trois répliques dans tout le film...), partage sa cavale avec des criminelles, compagnes de route mais aussi menace permanente. Quand au thème de la Vengeance il est dans cet épisode décuplé et auto-entretenu : le directeur veut se venger de Sasori, qui se venge des humiliations qu'il lui a fait subir, ce qui augmente sa haine et son envie de vengeance... etc...

Plus que jamais, Sasori est un être seul et rejeté du monde, masculin comme féminin. Elle semble condamnée à subir toutes les violences et humiliations possibles, et conditionnée à leur répondre par la seule réponse possible : la mort qu'elle délivre par sa "piqure". Parsemé de scènes oniriques (un étonnant passage façon kabuki pour conter les parcours des fuyardes), cet épisode dont le scénario tient sur un timbre poste, joue plus que jamais sur le rythme des scènes en les rallongeant exagérément. Se lit alors sur les longs plans du visage de Sasori tout ce qu'elle ne dit plus.

Le petit laboratoire d'expérimentation cinématographique amorcé dans le premier épisode fonctionne à plein dans Elle s'appelait Scorpion. Comme cette étonnante scène où l'une des prisonnières va, seule, chercher son fils dans sa famille, le visage de Matsu incrusté en surimpression toute la scène durant. Dans cet épisode Matsu occupe aussi une nouvelle rôle, elle semble décider de quand, et à qui, la sanction doit s'appliquer : son statut d'ange exterminateur se précise et son uniforme de bourreau se confirme. Au travers de la vengeance qu'elle délivre, c'est toute les femmes qu'elle venge ! Définitivement, cet épisode est un "Girl Power" dont la fin n'est pas sans évoquer un lointain Thelma et Louise.

Sur un plan cinématographique au sens large (sa valeur artistique, le sens et le message d'un film... ), Elle s'appelait Scorpion est au moins aussi "mauvais" que le précédant épisode ! Mais si on l'aborde sous l'angle de l'intérêt cinématographique, alors la boîte de Pandore s'ouvre de nouveau avec cet épisode. Elle s'appelait Scorpion récupère le nouveau "mythe" créé dans le premier film, et comme un enfant avec un nouveau jouet, teste, expérimente et pousse Sasori vers de nouvelles expérimentations visuelles. On préfère quand même le premier pour son coté "mythe fondateur", mais ce petit plaisir de cinéphile à de la gueule...


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Twixt (Francis Ford Coppola, 2012)


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Un écrivain sur le déclin fait la promotion de son livre dans une petite ville ou vient d'avoir lieu le meurtre d'une jeune fille. Les étranges rêves qu'il se met à faire lui apporteront l'inspiration qui lui manquait et le mèneront vers la clé du meurtre.

Retour au fantastique de son début de carrière pour l'un des maîtres du cinéma (Le Parrain, Apocalypse Now), avec cette histoire sur la création artistique, entre rêves, enquête, poésie et vampirisme... Coppola surprend et déconcerte, alternant dans Twixt le meilleur comme le pire, touchant de fulgurants moments de cinéma par instants, et flirtant avec l'indigence d'une adaptation de Stephen King à d'autres. Quoi qu'il on soit, on n'ose imaginer ce qu'un autre aurait pu livrer comme abomination cinématographique, là ou Coppola ne nous laisse pas indifférent !

A l'affiche, Val Kilmer et Elle Fanning. Le premier, médiocre au possible, incarnera pourtant à merveille cet écrivain has-been et fatigué (une seconde nature pour Val ?), la seconde est décidément parfaitement bluffante et envoûtante.... Coppola construit autour de ces deux là une forêt de thèmes (la blessure personnelle, la création artistique, un meurtre fantastique...) qu'il entremêle dans un monde onirique et fantasmatique ou l'écrivain mènera même son enquête avec Edgar Allan Poe lui même ! Film d'un cinéaste sur la création, Twixt apparait pourtant bien hésitant quand à son objectif (comme la création elle même ?). Il assemble ses scènes et crée son imagerie avec une facilité évidente, presque insultante, mais coincé entre sa maîtrise technique et la facilité de ses éléments fantastiques, Twixt laisse perplexe. Trop basique ? ou au contraire saturé d'interprétations ? 

On s'étonne donc de la "simplicité" de Twixt on savoure pourtant sa liberté narrative. On (re)découvre un Coppola qui semble avoir voulu se faire plaisir et, comme Scorcese avec son Hugo Cabret (une scène pourra même les rapprocher) l'ami Francis semble faire une révérence polie et sincère, par le cinéma de genre de ses début, à la Machine à Rêve Cinéma, comme ca... juste pour le plaisir.

De loin, Twixt est un petit film fantastique un peu mal foutu, presque prétentieux. Mais à mieux y regarder on y discerne une oeuvre très personnelle, très libre aussi. Coppola propose un film parsemé de visions fortes et de fulgurances : l'univers onirique monochrome éclaboussé de rares couleurs est tout à fait réussi, envoutant, et les 2 premières minutes d'exposition de Twixt valent à elles seules la vision du film (une leçon de cinéma). Oeuvre riche d'un cinéaste incontournable, Twixt ressemble à un plaisir solitaire de son auteur, il tutoie parfois l'extase, puis baisse subitement d'intensité. Quant au spectateur, tantôt excité par un spectacle ambitieux, tantôt blasé par sa banalité, son plaisir ne sera pas pleinement satisfait.

Twixt est un bien curieux Coppola, à la fois magnifique et puissant, mais aussi difforme et faiblard... C'est maléfique !


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La Femme Scorpion (Shunya Ito, 1972)


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Nami Matsushima est manipulée et trahie par son amant policier. Emprisonnée, silencieuse, elle fait face aux humiliations du personnel pénitencier et aux violences de ses co-détenues. Elle ne pense qu'à s'évader pour se venger.

Série de 6 films entre 1972 et 1977 (dont 4 les deux premières années) La Femme Scorpion prend pour héroïne une femme trahie et humiliée (Nami Matsushima "Sasori", interprétée par le magnifique Meiko Kaji), la prisonnière numéro 701, devenue ivre de vengeance par les violences qu'elle a subi de la part des hommes (et aussi des femmes).

Pur série B d'exploitation 70's, la série Sasori vend au spectateur violence, érotisme, humiliation carcérale, sadisme, cruauté et vengeance. Mais à force d'excès, d'hyper-stylisation et de travail sur des thèmes basiques, ce qui n'était destiné qu'à tuer 1h30 et soutirer quelques Yens est finalement devenu culte.

D'abord ce premier opus bénéficie d'une mise en scène somptueuse et inventive. Cadrages obliques jusqu'à l'extrême, effets de lumières transformant ses personnages en véritables sorcières (issues d'un Kwaïdan et à coté desquelles un Suspiria n'est peut être pas aussi inventif que cela), flashbacks sur décors théâtraux mobiles, utilisation sublimée des décors studios, effets de mise en scène : telles sont les marques de fabrique visuelles de ce premier opus qui ne cesse de multiplier les recherches et inventions de mise en scène pour dynamiser son rythme et transmettre son symbolisme.

C'est justement sur ce "symbolisme" que la série Sasori accède au statut de culte. Poussant les curseurs à l'extrême, ses situations transcendent les stéréotypes et parviennent à fabriquer de nouveau codes ! Nouveaux codes de la femme et de la femme-héroïne, nouveaux codes de cruauté et de sadisme, mais aussi de nouveaux codes narratifs et de personnages, etc...  Et puis comment ne pas envisager une relecture du mythe de Frankenstein, puisque Sasori est un monstre créée de toute pièce (ici crée par les violences et trahisons dont elle a été l'objet), presque muette elle aussi (elle substitue efficacement le geste à la parole...) et elle aussi porteuse d'une innocence perdue. Personnage à la fois victime et ange exterminateur, implacablement destinée à la souffrance, les  violences qu'elle subit se retourneront toujours vers les coupables. Sasori est femme-objet par les actions des autres et condamnée à être un perpétuel instrument de vengeance. A la fois féministe et machiste, suivant les points de vue, la série des Femmes Scorpion véhiculent aussi une certaine idée de la femme, la rendant pour l'occasion bien plus mortelle que l'homme et en profitant pour filer, comme ça, mine de rien, un petit zeste de critique sociale.

Excès de chaque instant, les Sasori transforment des trames presque enfantines en films stylés et baroques. On comprends facilement comment cet univers fait de fantasmes exacerbés a pu marquer et fasciner toute une génération de réalisateurs (Tarantino et ses Kill Bill, Park Chan-wook et son Lady Vengeance...). Episode après épisode,  la série Femme Scorpion développe et installe un jeu avec le spectateur, elle récupère ainsi tous les codes cinématographique de différents genres (ceux des films de prison, des films érotiques, de vengeance mais aussi des personnages du loup solitaires et autres  méchants inoubliables) et en livre une vision modernisée, quelquefois psychédélique, complètement libre et déjantée, créative et sans aucune limite visuelle, dont l'objectif principal semble être de surprendre le spectateur.

Cinéma crétin et stérile au premier abord, c'est en fait à un creuset d'invention et d'énergie que nous sommes confrontés. Du B, du Bis comme on l'aime, un foisonnement expérimental et no-limit de procédés cinématographiques, du cinéma libre de toutes contraintes (à l'exception du Genre exploité) ou se côtoient, certes, le pire comme le meilleur ! Bien sûr que c'est mauvais... mais "qu'est ce qu'on adore ça" !

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Lock Out (James Mather, Stephen St. Leger, 2012)


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Snow, un agent accusé de trahison, et est envoyé sauver la fille du président américain, dans une prison spatiale tombée aux mains de 500 détenus. Il acceptera d'autant plus la mission qu'un détenu détient peut être la preuve de son innocence.

Nous sommes habituellement très "fan" de Guy Pearce (Memento, l'interessant First Snow) mais ici, son rôle de mec qui assure, hyper détaché et alignant punch-line sur punch-line nous a horripilé dès les premières minutes (n'est pas Snake Plissken qui veut !) . Puis vient cette poursuite dont les effets numériques ressemblent à un cinématique de jeux vidéo d'il y à 10 ans. Et puis il y a son scénario... et puis...

Lock Out, à l'image, ne manque certes pas de rythme et d'action, et les amateurs les moins regardant y trouveront sans doute leur compte en le visionnant. A la Rédaction de Doorama, nous nous considérons comme "plus regardant", puisqu'à à nos yeux il est une accumulation paresseuse et tape à loeil de recettes usées, un véritable empilement de cadavres scénaristiques ! Lock Out croule sous le banal et du déjà-vu, il se déforme sous sa volonté artificielle et excessive d'en mettre plein la vue, il ne dégage aucune personnalité, ni ne dégage de charme. Lock Out, pourtant bandant de loin, de plus près à les traits d'une vieille prostituée cachée derrière un maquillage vulgaire.

"Un gars qui doit sauver une fille et récupérer une malette"... Voilà peut être pourquoi Lock Out ne fonctionne pas ! Son scénario est signé Besson ! Rappelant furieusement New York 1997 (il faut entrer dans un nid de guêpes, trouver la fille du président, survivre et sortir à temps... On à dit "la fille du président" ?), chacune de ses scènes accumule les clichés, jusqu'à la saturation, et finissent par fatiguer à force de trop en faire et de nous surcharger de références éculées. L'exagération, sans doute recherchée, tourne à la caricature : Lock Out irrite infiniment plus qu'il n'est fun.

Toujours à la recherche de pépites et de séries B musclées, Lock Out avait tout pour nous attirer, il a au final tout pour nous repousser ! Des personnages irritants, des décors vu et revus, un numérique souvent laid, une actions prévisible, des situations qui ne surprennent jamais : nous n'avons (hélas) rien trouvé de sexy à Lock Out. On a un peu l'impression de s'être fait escroquer, et c'est sans doute un peu vrai puisque la "SF musclée dans l'espace" nous avait déjà été vendue 10 fois déjà par le même M. Besson dans Paris, dans Berlin, dans des voitures, des beaux hôtels, les beaux quartiers, les banlieues, etc... Vous vous souvenez ? "Un gars qui doit sauver une fille et récupérer une malette"...
A la Rédaction, nous sommes vraiment des pigeons !

Procurez-vous Lock Out ou d'autres films avec Guy Pearce

Lady Snowblood (Toshiya Fujita, 1973)


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Yuki est destinée dès son premier jour de vie à venger sa mère. Entrainée jusqu'à l'age de 20 ans, elle part alors à la recherche des 4 hommes qu'elle va traquer et assassiner.

Adaptation d'un manga, Lady Snowblood est davantage connu pour être l'une des influences majeures, avec La Femme Scorpion, de Quentin Tarantino pour son Kill Bill. Lady Snowblood est un pur produit du cinéma populaire japonais des 70's, à la fois excessif et simpliste, mais véhiculant aussi une imagerie surpuissante et utilisant à merveille les codes du (des) genre(s).

Film de vengeance et film de sabre, Lady Snowblood vise loin et pousse à l'extrême (hypertrophie) ses ficelles et enjeux dramatiques. Jugez plutôt : une mère emprisonnée à vie pour avoir tué le meurtrier de son mari, s'offre aux gardiens dans l'unique but d'avoir un enfant pour la venger (un simple instrument !)... Son enfant grandit dans la seule quête (obsessionnelle, bien sûr) d'accomplir cette vengeance reçue en héritage... La vengeance verra le jour non sans dommages collatéraux (car les coupables aussi ont des enfant) et surtout sous des geysers de sang écarlate (Ah, série Baby Cart, tu nous manques !). Meiko Kaji en est l'instrument, magnifique et mortel.

Pour ne parler que du film (nous laissons volontairement le manga original de coté), Lady Snowblood se divise en quatre chapitres qui chacun tenteront de contrarier le destin vengeur de Yuki : 1 coupable qui impose le pardon ? 1 autre déjà mort ? etc... (on peut pas tout vous dire...). Pourtant en plein film de genre, Lady Snowblood ne cesse de jouer du décalage discret avec les codes et, touche après touche, réussit à créer la surprise et dessiner ainsi un personnage torturé sans cesse contrarié alors qu'il s'approche de son but.

Lady Snowblood en digne et excessive expression du ciné popu de genre, délivre encore aujourd'hui une belle énergie, codifiée à l'extrême et pourtant infiniment libre. Simple défouloir de masse, stérile et sans intérêt pour certains, il cache en son sein une transgression libératrice, le plaisir de s'affranchir de toutes limites, et ce en toute sécurité, par la fiction. On comprend que toutes ces expérimentations "pour de rire" aient pu laisser derrière elles des traces, et des curiosités passionnantes à observer : Lady Snowblood en est une ! Trésor d'exagérations et d'inventivité, sa frénésie cinématographique (ses concepts, sa forme visuelle) est un petit bonheur de chaque instant pour tout cinéphile en quête de sang neuf. Lady Snowblood ne manque ni de sang, ni de nouveauté.

Que l'on aime ou pas le recyclage permanent de Tarantino, reconnaissons lui au moins le mérite d'orienter nos regards sur des oeuvres (mineures ou pas) dont l'oubli nous aurait privé de leurs passionnantes (et nous pensons indéniables) qualités. Que ce soit Lady Snowblood, La Femme Scorpion, Baby Cart pour le japon, ou le fachisant Inspecteur Harry pour ne citer que lui aux US, le cinéma de genre n'est pas qu'un sous-genre dominé par la médiocrité. C'est une terre certes souvent ingrate, pas toujours luxuriante, mais qui recèle parfois des pépites à l'éclat aveuglant. Lady Snowblood est de ces pépites. Grattez la terre qui l'entoure et vous trouverez son éclat : un petit film à l'allure folle, rempli d'images puissante et de véritables morceaux de cinéma ! 70's, on adore tes excès, ton énergie...


NDLR : Ce n'est pas dans nos habitudes, mais Lady Snowblood n'étant pas édité en France, vous pouvez voir l'intégralité du film en VOSTFR sur cette page (streaming ou téléchargement - pas de risques de sécurité décelés)

Procurez-vous les Baby Cart cités plus haut ou d'autres films avec Meiko Kaji