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Archive for septembre 2012

Charade (Stanley Donen, 1963)


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Le mari de Reggie Lambert est retrouvé mort, jeté d'un train. Reggie découvre alors le passé trouble de son ancien mari, et se retrouve menacée par plusieurs hommes en quête d'une somme d'argent qu'il est supposé lui avoir remis... Hamilton Bartholomew, de la CIA, et le séduisant Peter Joshua (Cary Grant) semblent vouloir l'aider, mais Reggie découvre que ce dernier mens sur sa véritable identité... Bien des surprises attendent Reggie !

Comédie policière très Hitchcockienne dans son esprit, Charade promène le spectateur de surprises en surprises dans une histoire de magot qui attire toutes les convoitises. Entièrement tourné à Paris, le film de Stanley Donen (Chantons sous la Pluie ou encore le magnifique Voyage à Deux, avec Hepburn aussi) impose son rythme et son suspense, avec une décontraction et un charme qui ne vieillit pas : Charade dégage toujours cette "vitalité" qu'il possédait lors de sa sortie.

Comédie romantique attachante, Charade repose avant tout sur son duo d'acteurs. Audrey Hepburn, cernée d'hommes prêts à tout pour mettre la main sur les 250 000 $ dont elle ignore la cachette, incarne a merveille cette candide veuve américaine, et avec Cary Grant forment l'un de ces couple iconiques du cinéma américain. Stanley Donen cèlera d'ailleurs le romantisme et le glamour du couple, en plaçant leur idylle naissante dans un Paris un peu gris, mais toujours aussi chargé de son magnétisme romantique... (une citation à Un Américain à Paris se cache d'ailleurs dans le film...).

Plein de légèreté et de fantaisie, Charade est un cocktail entre La Mort Aux Trousses et l'univers de Blake Edwards. Si n'arrive cependant pas à la beauté visuelle et technique du premier, sa mécanique précise, pour sans cesse surprendre le spectateur, ronronne parfaitement, et la vivacité et le cinglant comique des répliques du couple font immanquablement mouche ! Coté action, Stanley Donen ne laissera de répit au spectateur que pour observer le couple se rapprocher. L'humour qui parcoure ces scènes agit alors comme une bouffée d'air (on adore la douche de Cary Grant...) avant de reprendre de plus belle la poursuite du développement de l'intrique.

Charade est un bonbon, à la fois doux et acidulé ! Son rythme soutenu et son superbe couple agissent sur le spectateur comme une boisson euphorisante. On sourit, on s'amuse à avoir peur avec ses affreux méchants, on tremble pour Audrey, on brûle d'avoir le fin mot sur son magot... Charade est de ces films américain raffiné, racé et efficace, qui s'appuie sur un sens du spectacle et du Cinéma sans faille. Une douceur à consommer sans aucune modération, qui dépasse en tout point (artistiquement comme techniquement) ses modestes ambitions d'"entertainment". Hollywood, dans ses plus beaux habits, nous offre un superbe numéro de charme.

Procurez-vous Charade ou d'autres films de Stanley Donen ou avec Cary Grant, Audrey Hepburn, James Coburn, George Kennedy ou Walter Matthau

Le Prénom (Alexandre de La Patellière & Matthieu Delaporte, 2012)


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Vincent va devenir papa. Invité à dîner chez sa soeur et son mari, ainsi qu'un ami d'enfance, Claude. Alors qu'ils attendent sa femme, on lui demande le prénom qu'il a choisi pour son futur fils... Son choix va déchaîner les passions et tendre la suite de la soirée...

Film de potes, psychanalyse familiale, mais avant tout adaptation de la pièce de théâtre à succès éponyme, Le Prénom prend pour point de départ une simple conversation ordinaire, pour s'en servir comme d'un déclencheur et d'un révélateur, prétexte à faire exploser les liens les plus proches. Théâtre de boulevard filmé (un seul lieu, l'appartement...) Le Prénom propose une belle énergie, malgré ses limites.

On pense à Carnage de Polanski (que l'on préfère), lui aussi proche du théâtre, tant ce qui se devait d'être un moment anodin, un simple dîner ici, se transforme en épreuve de force. Après une introduction des plus sympathique et réussie, les quatre personnages se retrouvent donc pour un dîner où les affrontements vont se multiplier dans une expression presque aussi passionnelle qu'hystérique. Succession de cris, d'énervements et de prises à partie "musclées", où la colère de l'instant se mêle avec l'expression des petits reproches auparavant tus, Le Prénom offre au spectateur d'excellents moments et regorge de bonnes répliques qui "marquent des points". C'est rythmé, plutôt acide, et l'écriture joue habillement sur le fait que l'intimité (les personnages se connaissent depuis 30 ans...) se prête à merveille à des attaques plus frontales, et des coups bas mieux placés, puisque le temps leur a donné la connaissance des points faibles de l'autre... Les joutes verbales des personnages deviennent alors un art de haut niveau, un exercice de pro, dont le spectateur ne pourra qu'apprécier l'excellence !

On prend un plaisir voyeur à observer ses "petits déchirements entre amis", on rit, mais le rythme soutenu des échange subit pourtant quelques "ratés". Même si le choix délibéré de pousser les curseurs à fond est ici retenu, on peine à imaginer une telle soirée dans la vraie vie... Le ressort comique est bien évidement placé sur la limité, mais les comédiens -excellents- jouent si bien leur rôle, qu'on en oublierait presque la fiction et la caricature. L'accumulation des moments de tension, et leur expression forte, crée alors un coté artificiel qui alourdi un peu le film, alors que la performance des acteurs nous menait vers une sensation plus proche de "j'en ai des comme ça dans mon entourage". C'est son coté théâtral qui fait la truculence du Prénom, ses excès et sa manière de grossir le trait font naître le rire. Mais paradoxalement c'est aussi ce coté théâtral qui, porté au cinéma, peut nous faire décrocher de temps à autres du Prénom... Pour le dire autrement, on adore l'ambiance, mais les névroses sont un peu fortes, les hauts un peu "trop hauts", et les réconciliation un poil trop faciles, trop rapides...

Un poil excessif, Le Prénom n'en demeure pas moins un excellent moment de comédie où les acteurs prennent visiblement plaisir à se mettre en bouche les piques avant qu'ils ne les lancent. Humour de boulevard diront certains, c'est certain, mais ce défouloir vif et libérateur fait un bien fou au spectateur. "Battez-vous ! Battez-vous ! Nous on compte les points !". Et coté points, attendez-vous plutôt à un score de basket, 112-107, plutôt qu'un score de football de type 2-1...
Au fait, ce fameux prénom qui enflamme une soirée ? Il commence par la lettre... Non ! Découvrez-le vous même et invitez-vous à ce dîner presque parfait...

Procurez-vous Le Prénom ou d'autres films de Alexandre de La Patellière & Matthieu Delaporte ou avec Patrick BruelCharles Berling ou Valérie Benguigui

Le Voyeur (Peeping Tom, Michael Powell, 1960)


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Un opérateur cameraman commet des crimes qu'il filme à l'aide de sa petite caméra. Ce qui pousse Mark à coucher ses crimes sur la pellicule tient bien plus de l'obsession et du voyeurisme que de la pulsion sadique. Mark à besoin d'observer, de voir et sentir la peur de ses victimes...

On pense bien sûr à Alfred Hitchcock, à Psychose ou Fenêtre sur Cour, à cause des thème de Peeping Tom ou de sa construction basée sur le point de vue du tueur. Mais contrairement aux films du maître, Peeping Tom ne recherche pas le suspense, et c'est bien à une réflexion sur le cinéma, et sur le pouvoir de fascination de ses images, que Michael Powell nous convie.

Filmer la mort de ses victimes n'est pas suffisant pour Mark, il doit la leur montrer et capter dans son objectif la peur que celle-ci leur inspire, seule manière pour lui de satisfaire ses désirs. Je te filme en train de te voir filmé, et le spectateur regarde un homme qui filme une actrice devenue spectatrice de sa propre mort ! Michael Powell décortique le rapport entre le spectateur et l'image, entre ce qui est filmé et celui qui voit, et le met en perspective avec les obsessions de son propre personnage. Il interroge le spectateur sur son rôle, ses désirs et sur le sens des images. Puissante mise en abîme du film dans le film, passionnante approche sur la réalité des images, sur leur pouvoir, et sur l'appropriation/l'interprétation que le spectateur en fait. Peeping Tom est un bouillonement thématique d'une densité rare sur notre regard et sur le cinéma lui même : sur ce qu'il montre et ce qu'il ne ne montre pas... sur ce que l'on voit et l'interprètation que l'on s'en fait.

Formidablement, immanquablement, Michael Powell invite la sexualité à cette fusion des points de vue (devant/derrière l'objectif, point de vue du spectateur/réalisateur, caché/visible...). La caméra de Mark est sexuelle et phallique, le plaisir se revit seul dans sa chambre, se partage difficilement,, son désir s'exprime en levant sa caméra, son excitation n'est pas dans l'acte lui-même mais dans la représentation qu'il s'en fait, dans son fantasme de la réalité. Erection, masturbation, fantasmes, désirs et plaisirs constellent le film, à l'image de ce pied de caméra mortel qui monte doucement vers la gorge des victimes... Ce rapport sensuel, et sexuel, à la perception de l'image confère à The Peeping Tom sa puissance thématique, soulevant derrière les images que nous fabriquons ou consommons, la question de nos perversions cachées ou non... (et ne parlons pas du rôle qu'a pris l'image dans notre société, omniprésente et intime...)

L'horreur dont il est question dans The Peeping Tom s'exprime à l'image dans une mise en image magnifique, colorée, éclairée de couleurs primaires, traversée des rouges-verts-bleus de la lumière. Ces images presque artificielles, tel un décor de cinéma par leur élégante esthétique, renforcent notre réflexion sur ce que nous  nous regardons. A l'aide de sa mise en scène colorée et de ses images inventées, Michael Powell nous interroge sur notre vision des choses et nous renvoie à notre responsabilité et à nos pulsions : le spectateur prend plaisir à regarder un homme qui tue par plaisir ! Quel est le plus pervers ?  

Superbe, intelligent, inquiétant, voire dérangeant, Le Voyeur est un film fort sur ce rapport secret que nous entretenons entre les images, nos désirs et notre plaisir. Il oblige le spectateur à se pencher sur son coté sombre (génialement incarné dans le film par Carl Boehm) en l'invitant à une terrifiante histoire où la limite, floue, ténue, qui sépare le plaisir du tueur de la perversion du spectateur fascine autant qu'elle effraie. L'oeil, le sexe et l'imaginaire : un cocktail aux variations infinies que Peeping Tom agite, caresse, déshabille et orne d'attributs symboliques forts. Du grand cinéma, c'est sûr !

Procurez-vous Le Voyeur ou d'autres films de Michael Powell ou avec Karlheinz Böhm (Carl Boehm)

La Mort Aux Trousses (North By Northwest, Alfred Hitchcock, 1959)


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George Thornhill est kidnappé par deux hommes, persuadés qu'il est George Kaplan, un espion. Confronté bien malgré lui à une dangereuse organisation. Thornhill cherche alors à retrouver le vrai George Kaplan pour rétablir la vérité, traqué en permanence par l'organisation et la police.

Doorama poursuit sa redécouverte des grands films du Maître Hitchcock avec cette Mort aux Trousses, toujours aussi jeune, drôle et trépidante.

Comme souvent tout l'art du Maître consiste à nous surprendre, à nous choisir avec soin les clés qu'il nous donne, et celles qu'ils nous cache. Le résultat est un film entre aventure, espionnage, comédie et suspense absolument brillant, et comme toujours réglé comme une implacable mécanique de précision. Comme Cary Grant, le spectateur est projeté dans des péripéties trop larges pour lui, comme Cary Grant, il avance en terrain inconnu et, contrairement à Cary Grant, le spectateur vit un petit paradis scénaristique !

Les morceaux de bravoure ne manquent pas (la poursuite par l'avion, la scène finale sur le mont Rushmore...), mais une fois de plus, c'est dans l'inventivité et les détails que le film éblouit ! Ce couple dans un train, sans doute proche de faire l'amour... Pour contourner la censure, ne pouvant montrer les corps au lit, Hitchcock filme alors un langoureux baiser des deux "amants", debout contre la paroi de la cabine... Penchez l'image, remplacez la paroi par un lit, et leurs gestes se transforment alors en étreinte sexuelle, lui dessus, elle dessous, et inversement ! Les yeux ne voient pas grand chose, l'inconscient du spectateur, lui, saura parfaitement de quoi il s'agit. Génialement conçu et orchestré, Hitchcock, une fois de plus, laisse le spectateur tourner les scènes qui ne sont pas à l'écran...

Somptueux visuellement, drôlissime (James Mason et sa remarque sur la non 'sportivité' des vraies balles...!), malin et captivant de bout en bout, La Mort Au Trousse s'enrichit à chacune de ses visions. En plus d'être un véritable blockbuster offrant un divertissement de grande qualité, le spectacle de double d'un indicible jubilation intellectuelle. Cinéma proche de la perfection La Mort aux Trousse fonctionne toujours aussi efficacement, et son influence est encore palpable sur les cinéma actuel. Une référence, un modèle du genre !


Procurez-vous La Mort Aux Trousses ou d'autres films de Alfred Hitchcock ou avec Cary Grant Eva Marie Saint, James Mason ou Martin Landau

Salvation Boulevard (George Ratliff, 2012)


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Carl, un adepte de l'Eglise du Troisième Millénaire, accompagne son charismatique leader, le Pasteur Dan Day, pour rencontrer son contradicteur athée, le Dr. Paul Blaylock. Mais le pasteur tue accidentellement ce dernier. Les choses se compliquent lorsque le pasteur veut faire accuser Carl...

Casting de choix pour cette comédie qui prend pour toile de fond une église et son leader aux dents longues... Le moteur est connu : un innocent, simple monsieur tout le monde, est projeté sous une montagne d'emmerdes à la chaîne, et doit prouver son innocence face à une personnalité publique et reconnue. Entre comédie et thriller, Salvation Boulevard laisse hésitant.

Si la religion est effectivement égratignée dans Salvation Boulevard, il sera difficile d'en apprécier la pertinence, tant l'attaque est timide. Le coup de griffe est en fait porté sur son pasteur, plutôt que sur un mouvement religieux, et sa violence ne portera que sur ce pasteur qui ment pour sauver un grand projet de ville pour chrétiens. Si la moralité du bonhomme laisse à désirer, pas de quoi cependant faire de Pierce Brosnan un "méchant". Quand à l'accusé, un ancien fan de Grateful Dead remis sur le droit chemin, son calvaire d'innocent blâmé, certes parsemé d’embûches, n'éveillera ni  fous rires, ni grande remise en question pour le personnage...

Salvation Boulevard se veut critique (mais pas trop), se veut acide et un poil impertinent (mais surtout sans rien bousculer... on voudrais pas déranger !),  se veut moqueur (mais sans blesser surtout), se veut drôle (mais on s'arrêtera au "léger", plus prudent si la religion est la toile de fond...), et se veut plein de rebondissements (mais pas trop haut)... Alors si on ne peut pas franchement dire que Salvation Boulevard est désagréable à regarder, avec son beau casting (si, si !), on ne pourra certainement pas dire non plus qu'il est réussi !

Au beau milieu des genres et des intentions, la foi entre deux chaises, Salvation Boulevard fait des pieds et des mains pour se la jouer "indépendant" et décontracté, façon Little miss Sunshine (avec le même Greg Kennear), et tenter de ressembler à un film des frères Cohen, façon Burn After Reading,  mais sans le peps, la fantaisie ni ce petit vent de folie qui en donne la délicate saveur. Salvation Boulevard manque de rythme, manque sérieusement de C... (ca se termine par "ouilles"... cherchez...), et ne propose au final qu'un joli matériel mal assemblé. La toile de fond de la religion est à peine exploitée, la comédie timide, le thriller mal dessiné, ses personnages manquent d'ampleur et le cauchemar de Carl est bien loin de celui de La Mort Aux Trousses, ou de celui d'A Bout Portant !

Nous développerons donc une foi bien "tiédasse" sur ce Salvation Bouelvard. Nous resterons totalement agnostiques sur sa qualité, en revanche, et même si les acteurs ne parviennent pas à sauver l'ensemble, nous entretenons une foi intacte sur son casting, particulièrement sympathique ! Salvation Boulevard se consomme et puis s'oublie... sans gêner, ni déranger. RIP !

Procurez-vous Salvation Boulevard ou d'autres films de George Ratliff ou avec Pierce BrosmanGreg KinnearEd HarrisJennifer Connelly ou la délicieuse Marisa Tomei

Psychose (Psycho, Alfred Hitchcock, 1960)


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Marion Crane est chargée de mettre 40 000$ en liquide à la banque, mais au lieu de cela, elle prends la fuite avec l'argent. Sur la route, elle décide de s'arrêter dans un motel ou elle fait la connaissance de Norman Bates, le tenancier qui vit seul avec sa mère...

Formidablement novateur et effrayant lors de sa sortie en salle en 1960, Psychose est une date importante dans le thriller et la manière qu'à un réalisateur d'installer la peur auprès du public. Davantage que pour son histoire, c'est pour la manière dont il est fait que Psychose est un éternel du cinéma.

Alfred Hitchcock ne cesse de jouer avec le spectateur, de le surprendre et de le mener sur de fausses pistes. En tentant de  neutraliser la capacité d'anticipation des spectateurs, et en ne cessant d'anticiper lui même sur celle-ci, Hitchcock a inventé un langage cinématographique à la fois complexe et limpide ("toujours copié, jamais égalé !"...). Psychose commence comme l'histoire d'une femme en fuite, puis effectue subitement un virage à 180°, faisant ainsi basculer le spectateur vers l'horreur, l'immergeant dans le monde de Norman Bates et de sa mère... Le spectateur passe alors du film policier, presque noir, au thriller à suspense : génial twist ! Et puis il y a la musique de Bernard Hermann, génialement stressante... Et la fameuse séquence de la douche, simplement géniale... le second meurtre du film est aussi un trésor technique... Et puis... et puis... Vous avez compris : ne serait-ce que pour cette leçon de cinéma, Psychose rayonne, toujours... !

Modèle de construction et de précision (pour Hitchcock, aucun détail n'est montré par hasard ou simplement là pour "remplir"...), Psychose se regarde non seulement comme une histoire captivante et effrayante, mais aussi comme un laboratoire de techniques cinématographiques, souvent plus rusées et efficaces les une que les autres. Depuis sa sortie, nombre de films ont bien sûr dépassé la tension de Psychose (souvent en s'en inspirant ou en l'imitant d'ailleurs), mais malgré son demi siècle, Psychose demeure pourtant comme neuf, il continue d'être une référence (LA référence ?) du genre qu'il a inventé : le sérial killer !

La rédaction de Doorama n'ira pas plus loin dans les lieux communs sur Psychose... Nous nous contenterons donc de nous étonner de son incroyable jeunesse et de son intelligence de chaque instant. Nous nous contenterons donc de partager notre admiration pour ce film (et pour Hitchcock !) avec ceux qui, comme nous, ne s'en lassent pas, et surtout, pour la plus jeune génération, de sur-recommander sa découverte (nous l'exigerions si nous le pouvions !). Nous nous sentons bien "inutiles" à chroniquer un tel film, mais la rédaction se consolera en pensant que notre enthousiasme aura au moins déclenché chez nos lecteurs l'envie de le revoir (heureux seront alors les possesseurs de Blu-ray !), ou de le découvrir enfin.

Chef d'oeuvre, inusable et éternel, film fondateur, date dans l'histoire du cinéma... Psychose est tout cela !  Psychose fait bien évidement partie de ces films qu'il faut avoir vu, ne serait-ce que pour comprendre les films qui lui succèdent. C'est une oeuvre vivante et imaginative, un film dont la mécanique, précise, ronronne encore au premier jour. Alfred, tu nous manques !

Procurez-vous Psychose ou d'autres films de Alfred Hitchcock ou avec Anthony Perkins ou Janet Leigh

Mais ne Nous Delivrez Pas du Mal (Joël Séria, 1971)


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Anne et Lora n'ont que de 14 ans, mais elles savent déjà qu'elles veulent consacrer leur vie au mal. Elevées dans une pension catholique, les deux adolescentes sont inséparables, et les vacances hors de l'établissement sont l'occasion pour elle de se retrouver et de commettre leurs mauvaises actions...

Premier film de Joël Séria (Les Galettes de Pont Aven), Mais Ne Nous Délivrez Pas Du Mal a bien failli ne jamais voir le jour en raison de son sujet. Malgré le vent de liberté des années 68, ces deux enfants qui découvrent la cruauté en même temps que leur corps, et appliquent leurs journées à une recherche permanente de la mauvaise action (comme d'autre à être un bon chrétien...) ne passait pas si bien que ça auprès des producteurs, et restait un peu trop provocant pour les moeurs de l'époque et, surtout, immoral au yeux de la Religion qui tenta d'empêcher qu'il ne se fasse.

Construit à partir du fait divers qui inspira aussi Créatures Célestes de Peter Jackson, où deux adolescentes tuaient un de leur parent, Mais Ne Nous Delivrez Pas Du Mal, en dépit de son rythme un peu indigeste aujourd'hui, dégage encore sa douce pestilence et son parfum de souffre... Les deux enfants y sont en effet aussi innocentes en apparence, qu'effrayantes à l'intérieur. Elles malmènent l'idiot du village avec leur sexualité naissante, flirtent avec la messe noire, aiment mettre le feux et se délectent à tuer, jour après jour, les oiseaux du jardinier. A l'écran, Joël Séria présente Anne et Lora comme deux charmantes écolières à qui on donnerait le bon dieu sans confession, mais leurs actes inquiètent, et ce mal qui avance sous les traits de l'innocence de l'enfance, construit petit chez le spectateur une véritable sensation de malaise.

Film méconnu, Mais ne Nous Delivrez Pas du Mal, fait partie de ses perles, noires et cachées, du cinéma fantastique. Si son immoralité et son coté blasphématoire ne font plus autant effet aujourd'hui, le film de Séria conserve cependant une certaine poésie et constitue à sa manière, en négatif, une belle approche de l'univers de l'adolescence, avec un traitement de la sexualité particulièrement habile. Joël Séria n'est peut être pas un immense réalisateur, mais son approche de l'enfance, de la sexualité, de la famille et de la religion sont ici traitées en profondeur et Mais ne Nous Delivrez Pas du Mal produit encore son petit effet. Audacieux et provocateur pour l'époque, le film conserve aujourd'hui une aura particulière et, remis dans son contexte, revêt un intérêt cinématographique certain. Son final tragique et théâtrale est encore (sur le plan des idées) une belle claque ! Mais ne Nous Delivrez Pas du Mal à beaucoup vieilli, mais on peut toujours en apprécier son traitement soigné, son audace et son coté vénéneux ! Une curiosité à découvrir, une rareté, ne serait-ce parce qu'il est aujourd'hui inconcevable qu'un film pareil puisse de nouveau se faire ou voir le jour.

Procurez-vous Mais ne Nous Délivrez Pas du Mal ou d'autres films de Joël Séria ou avec Jeanne Goupil

Radiostars (Romain Levy, 2012)


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Le Breakfast-Club et ses animateurs vedettes, Arnold, Alex, Cyril, est l'émission phare de Blast FM, la première radio de France. Lorsque la station passe en deuxième place nationale, l'équipe d'animateur est envoyée pour une tournée d'été en bus, à travers toute la France, afin de re-doper l'audience. C'est à ce moment là que Ben, un auteur un peu timide, rejoint l'équipe...

Adoubé de quelques prix lors du festival de Film de Comédie de l'Alpe d'Huez, Radiostars s'avère une agréable surprise, qui trouve son équilibre entre le film de potes, la critique du milieu de la radio et un humour discret, drôle et bien écrit.

Radiostars emmène le spectateur dans le milieu de la radio, mais au lieu de s'arrêter au simple "boulet de canon critique" sur le monde impitoyable de la radio, prétexte à aligner ses gags, il parvient à varier et enrichir son propos et surtout à dessiner des personnages à la fois humain et attachants. Les animateurs (et leur équipe technique avec Smiters et jé.. jjjé... Jérémy  !) sont le fruit d'une belle écriture, fine et soignée, et les voir évoluer à l'écran s'avère tout à fait convaincant, d'autant plus qu'ils sont portés par des comédiens particulièrement justes et inspirés (Cornillac, dont le jeu ne rime pas toujours avec "subtilité", y est tout simplement excellent de bout en bout !). On s'attache donc bien vite à ces personnages, sympathiques et plein de reliefs, et Radiostars impose sans effort son rythme pêchu, fait sonner ses vannes et dégage sa rafraîchissante simplicité. 

Même si Radiostars n'est pas la comédie la plus drôle de l'année, il se positionne en bonne place, bien au dessus de celles mues par la facilité et la recherche de l'efficacité immédiate (et souvent éphémère...), en réussissant son mélange d'humour et de sensibilité. Simple et pas racoleur, les aventures de cette petite équipe séduisent, et derrière le fonctionnement cette "famille" (avec ses moments de tendresse, ses clashs, ses rapports de domination, les défauts et qualités de chacun, et ses luttes d'égo) se dessine le ridicule et la superficialité d'une industrie du vide et du fric. 

Romain Lévy à eu l'intelligence de faire un film sur des gens qui travaillent dans le milieu de la radio, plutôt que de faire un film sur le milieu de la Radio avec des gens... Ca n'a l'air de rien, mais ça sauve un film ! ça permet d'éviter de tirer sur l'ambulance en faisant non seulement passer en douceur une critique acerbe du milieu, mais aussi de l'aborder réellement ! Ca permet aussi de raconter une jolie histoire sur un groupe de collègues-potes, une histoire simple et un peu naïve, certes, mais dont les ressorts comiques et émotionnels fonctionnent à merveille.
Elégamment réalisé, Radiostars avance gentiment son histoire agréable, son humour bien senti, ses personnages attachants et son rythme décontracté. On ne vous dira pas qu'il est un monument de finesse psychologique ou un monstre de perfection, mais simplement qu'il est une bonne comédie, légère et rythmée, et un excellent divertissement. Pour une fois, la comédie française grand public possède de "véritables" morceaux de finesse, et dévoile sans vulgarité, ni calcul, ses charmes et ses attraits. Certainement pas inoubliable, mais ça le fait sans réserves ! 

Procurez-vous Radiostars ou d'autres films de Romain Levy ou avec Clovis Cornillac, Pascal Demolon et Manu Payet

Du Silence et des Ombres (To Kill a Mockingbird, Robert Mulligan, 1962)


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 Dans les 30's, deux enfants sont élevés par leur père, un avocat, après le décès de leur mère. Au travers de leurs jeux d'enfants, et de l'affaire qu'à accepté leur père pour défendre un homme noir accusé du viol d'une blanche, les deux enfants confrontent leur vision du monde avec sa brutale réalité...

2h15 de pur bonheur. C'est à un véritable jeu de rôle que Robert Mulligan (Un été 42) invite le spectateur en faisant surgir en lui la vision d'un monde vu par des enfants (on peut d'ailleurs le rapprocher de Sa Majesté des Mouches). Naïf, mais jamais mièvre, Du Silence et des Ombres, 2 ans après une publication récompensée par un large succès populaire, est devenu un grande oeuvre cinématographique américaine.

Sous la forme du récit de ses souvenirs, la jeune Scout aborde ces années avec son frère, où sa vision de la vie a sans doute été modifiée à jamais. Les enfants qui jouent avec cet inquiétant voisin invisible, ces adultes qui ne semblent pas voir le monde comme eux, Gregory Peck (figure du père idéal) en guide rassurant dans un monde encore en découverte... Voilà la première heure, légère et insouciante, vue par les enfants. Un monde violent et brutal (la crise, la ségrégation...) où la vérité et les bonnes intentions ne triomphent pas toujours, l'étrange haine que les adultes peuvent parfois exprimer... Voilà ce que l'on découvre dans la seconde heure, lorsque l'on se risque dans le monde des adultes en sortant la nuit (aussi dangereux que celui de La Nuit Du Chasseur...), ou bien en assistant au procès que leur père leur avait interdit (froid et dépouillé, aussi intense que Témoin à Charge)

Au travers de leur compréhension du monde, souvent avec les explications d'un père représentant le meilleur des valeurs de la société américaine, Robert Mulligan dessine un monde très loin de ce que les parents enseignent aux enfants. C'est ce contraste qui frappe le spectateur, ce décalage entre la belle image que l'on se forme lorsque l'on est enfant, et le monde tel qu'il est réellement. Constellé de détails aussi doux que justes, Du Silence et des Ombres parvient sans trucs, ni artifices, à embrasser une infinité de thèmes de réflexion. Touche après touche, il décrit le monde qui entoure les enfants, définit sa complexité, lui donne une saveur, une sensation, et sans jamais y apporter de définition précise, parvient a dresser un vaste panorama de ses beautés, lumineuses, mais aussi de ses ombres...

Du Silence et des Ombres est simple, directe, émouvant et fort comme du Capra... Une certaine pureté se dégage du film de Robert Mulligan, il parle des choses sans les nommer, et parvient à les faire ressentir directement par le spectateur. La force évocatrice du Silence et des Ombres est puissante, précise et efficace. Elle amène le spectateur à redécouvrir ce qui l'entoure avec un nouveau regard (celui, oublié, de son enfance), et petit à petit dessine ce vers quoi il tend (en théorie), et ce qu'il à perdu : l'humanisme !

La rédaction a été "sabrée" par l'efficacité, la beauté et la simplicité du Silence et des Ombres. Nous y avons trouvé tout ce que nous attendons d'un film. De l'intelligence à l'émotion, de sa forme (pourtant simple) à son fond, de ses thèmes sociaux à sa poésie, de ses idéaux à ses critiques : Du Silence et des Ombres a été un formidable moment d'abandon, superbement récompensé. Bien sûr qu'on s'exalte un peu... 8 aurait été plus "raisonnable", mais nous aimerions tant vous le faire découvrir... !


Procurez-vous Du Silence et des Ombres ou d'autres films de Robert Mulligan ou avec Gregory Peck ou Robert Duvall

V/H/S (VHS - 6 réalisateurs, 2012)


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6 sketchs : Trois jeunes ramènent deux filles à leur hôtel : les choses vont mal tourner... / Un couple part en week end, une fille frappe à leur porte : les choses vont mal tourner... / Quatre jeunes vont en forêt sur les lieux d'anciens meurtres :  : les choses vont mal tourner... / Quatre jeunes vont à une fête d'halloween, mais la maison qui les attends est vide : les choses vont mal tourner... / Quatre voleurs pénètrent dans une maison pour voler une VHS, et trouvent le propriétaire mort :  les choses vont alors mal tourner... / Sur Skype, un homme tente d'aider sa copine dont l'appartement semble hanté, mais les choses vont mal tourner...

Pour la rédaction de Doorama, sauter d'un film comme Psychose, ou Du Silence et Des Ombres à un film comme Le Sabre Infernal le présent V/H/S ne nous pose habituellement aucune difficulté, car nous essayons de laisser les films dans leur catégorie respective... Forts de ce constat : Que vaut cette anthologie de 5 sketchs tournés façon found-footage (rappel : films tournés façon films-amateur, ou bien reportages-amateur retrouvés, comme le Projet Blair Witch), reliés par un sixième (le vol de VHS) ?

Si le format court (15-20 minutes par sketch) sied plutôt pas mal à certaines histoires et évite la sensation de longueur dont souffre certains films du genre, l'expérience VHS demeure cependant particulièrement pénible. En question, c'est davantage la forme inhérente au genre qui irrite, que la trame de ces petites histoires, sorte de sous épisodes horrifiques issus des plus mauvais Masters of Horror ou Contes de la Crypte. Les trois jeunes qui ramènent des filles à leur hôtel ou la fête d'halloween sont de loin les meilleurs histoires, mais on ne peut cependant que déplorer le caractère anecdotique de VHS et surtout sa pénible mise en image. Plans illisibles, mouvement erratiques, images voilées, défauts et défaillances technique : VHS est un catalogue des pires images amateurs filmées par les pires vidéastes du monde !

VHS ressemble à un concours de "à qui filmera le moins bien" son trip ou son quotidien. Il accumule les accidents de réalisation et les incidents techniques, comme une tentative désespérée de "crédibiliser" le coté film amateur (et donc leur véracité feinte) de ses historiettes horrifiques. Sa forme visuelle poussive frôle le caricatural, et au final nuit à la construction de ses mini-scénarios. Catalogue des pires stigmates du genre, son énergie désespérée à abîmer toute ressemblance avec un plan réussi, ou avec un quelconque sens de l'image, rend VHS artificiel dans son ambition et le pousse vers les limites du visible. Sa forme poussive le dessert, et au lieu de donner un supplément d'âme ou de peur à ses sketch, VHS tire son idée de base (déjà faible) vers une qualité technique tellement minimale et tellement saturée des pires cliché du genre, qu'elle aspire tout intérêt au projet.

Faible, anecdotique, techniquement pénible, scénaristiquement inutile et maintes fois déjà-vu, VHS ennuie autant qu'il fatigue la rétine. Le genre du found footage s’asphyxie et tourne en rond depuis pas mal de temps déjà, avec VHS il franchit une nouvelle étape vers ce qui ressemblerait presque à une auto-destruction volontaire du genre. La démarche et la réflexion cinématographique qui a vu naître le genre, semble aujourd'hui remplacée par une simple recette de réalisation, réservée à d'apprentis cinéastes davantage en quête de reconnaissance immédiate (le succès de Blair Witch en tête...) que porteur d'une quelconque ambition de faire du cinéma. Vain, usé, inutile et vraiment irritant !

Plus d'infos sur V/H/S (site officiel ici

La Porte de l'Enfer (Teinosuke Kinugasa, 1953)


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Au XIIème siècle, en protégeant dame Keza lors de l'attaque contre son seigneur, Morito en tombe fou amoureux. Lorsque son seigneur lui offre une récompense pour sa bravoure, Morito demande la main de Keza mais apprend que celle-ci est en fait déjà mariée. La passion de Morito ne cessera pourtant pas de grandir, dépassant bientôt sa raison... 

D'une beauté visuelle à couper le souffle, avec ses couleurs vives et sa remarquable composition d'image, La Porte de L'Enfer a décroché le Grand Prix à Cannes en 1954, alors présidé par Cocteau. Délaissant l'aspect film de samouraï qui ouvre le film, La Porte de l'Enfer s'oriente rapidement vers un drame de la passion, qui trouvera forcément sa conclusion dans la mort.

Fortement imprégné de l'imagerie théâtrale japonaise No et Kabuki, La Porte de l'Enfer s'attache aux souffrances intérieure de ses personnages. Morito, le samouraï modèle, fidèle et courageux, sera aveuglé, jusqu'au bord de la folie, par un amour dévastateur. Kenza sera déchirée entre sa fidélité pour son mari et les pressions et menaces que Morito fait peser sur elle afin d'arriver à ses fins. Tous deux confrontés et tourmentés par une situation peu compatible avec leur condition respective, les solutions qu'ils choisiront seront forcément tragiques. La Porte de l'Enfer est bel et bien un film d'amour !

Si ce drame en costume, traversé de sentiments nobles et puissants, à aujourd'hui bien du mal à masquer ses 60 ans, sa puissance dramatique n'est absolument pas émoussée. La Porte de l'Enfer véhicule encore, dans ses habits amidonnés et sa somptueuse mise en scène théâtrale, toute le vitalité nécessaire pour emmener le spectateur vers son final tragique. Saturé d'énergies retenues et absolument somptueux pour l'oeil, La Porte de l'Enfer est à juste titre considéré comme un chef d'oeuvre du cinéma japonais. Même s'il est un peu entravé (à l'image des vêtements de Kenza) par le langage cinématographique de l'époque et ses sources d'inspiration traditionnelles, le film de Teinosuke Kinugasa n'en reste pas moins traversé d'une fort belle intensité dramatique et déploie encore avec force la beauté de ses images. L'amour et l'exotisme l'emporte haut la main sur la naphtaline !

Procurez-vous La Porte de l'Enfer ou d'autres films de Teinosuke Kinugasa

Le Sabre Infernal (The Blade, Chu Yuan, 1976)


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Alors qu'il vient pour le tuer, Fu-Hung-Hsue s'allie à Yen Nan-Fei pour empêcher Maître Yu de dominer le monde des arts martiaux, par les forces du mal, grâce à une arme redoutable : les Plumes de Paon. Ils devront affronter ses 5 champions, Poème, Epée, Luth, Echecs et Peinture avant de le combattre.

Feux de Bengale et galipettes pour ce trépidant Wuxiapian (comprenez film de sabre chinois) made in Hong-Kong par la Shaw Brothers. Quoi que l'on pense de ce cinéma de genre, de sa qualité cinématographique et de sa capacité à plaire aux adultes, Le Sabre Infernal (The Magic Blade, à ne pas confondre avec The Blade de Tsui Hark de 1995), n'en reste pas moins une réussite dans sa catégorie.

Son scénario basique (remettons notre duel à plus tard, nous devons avant empêcher un méchant de régner sur le monde arts martiaux...) est ainsi prétexte à un enchaînement ininterrompu de scènes d'actions ou les deux héros rivalisent d'intelligence, de maîtrise de nobles valeurs... Éternellement dans ce cinéma, le bien combat le mal, ou bien les gentils se battent pour faire triompher la justice, Le Sabre Infernal se distingue cependant de la masse par sa grande inventivité et, c'est suffisamment rare pour le souligner, sa très belle tenue visuelle. C'est donc très agréablement que la rédaction de Doorama s'est abandonnée à cette aventure proche d'un film pour enfants, mais aussi efficace que séduisante.

A Doorama, on pense souvent (à tort !) que ce cinéma chinois d'arts martiaux est un peu puéril et stérile, mais à mieux y regarder, La Shaw Brothers ne fait qu'explorer (jusqu'à épuisement) un genre riche de thèmes et de variations, exactement comme le faisait la Hammer avec le film d'Horreur. Une fois ce petit exercice de mise au point effectué, et les repères posés, les films de la Shaw Brothers révèlent alors leurs trésors : originalité, inventivité, jeux sur les codes et recherche permanente de sang nouveau dans le seul objectif du divertissement total. A ce titre, et faute d'être bluffé par son scénario, Le Sabre Infernal impose ses morceaux de bravoures, au premier comme au second degré, comme sa géniale scène d'échec, où ses personnages remplace les pions, ou bien son héros qui, tellement fort qu'il est, avait anticipé de déplacer ses 7 points vitaux pour contrer son adversaire !

Grand défouloir coloré, fantaisiste et virevoltant, Le Sabre Infernal utilise à merveille les codes du genre et parvient à hisser ses composants enfantins (à première vue, en tous cas) en véritables jeux pour adultes, à condition, une fois de plus, d'accepter les règles de ce type de cinéma. Nous continuons de considérer (à tort !) le Chambara comme cinématographiquement plus riche et mature que le Wuxiapian (particulièrement dans les 50's et 60's), mais ce cinéma là a pourtant tout ce qu'il faut pour satisfaire le cinéphile : un langage, des codes et du rêve ! Kitch et jouissif !

Procurez-vous Le Sabre Infernal ou d'autres films de Chu Yuan ou avec Acteur

La Main Au Collet (To Catch A Thief, Alfred Hitchcock, 1955)


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Le Chat, cambrioleur de haut vol à la retraite dans le sud de la France, voit de nouveau son nom étalé dans les journaux et la police le rechercher. Afin de s'innocenter, il décide de capturer celui qui se fait passer pour lui en se rapprochant des riches propriétaires de bijoux. Il fait la connaissance de la fille de l'une d'elle, la belle France, qui le soupçonne rapidement d'être le Chat.

Bien que La Main Au Collet ne fasse pas partie de nos Hitchcock préférés, le visionnage d'un film du Maître apporte toujours un immense plaisir. Un Hitchcock, nous fait toujours nous sentir "intelligents", tant sa mise en scène riche, audacieuse et inventive surprends et séduit à chaque fois. Entre comédie et enquête, ce jeu du chat et de la souris entre voleurs, mais aussi dans le couple Cary Grant/ Grace Kelly, trouve son écrin dans une French Rivieira glamour et luxuriante.

Axé sur l'inoubliable couple (le plus beau qu'Hitchcock ait jamais mis à l'écran ?) bien plus que sur le suspense et les vols, La Main Au Collet trouve son véritable intérêt dans la mise en scène que déploie Hitchcock pour mettre en image la séduction et les désirs de couple. Grace Kelly, beauté immortelle, tente d'attraper un Chat qui semble vouloir choisir son moment, augmentant de fait les attentes. La sublime séduction devant un feu d'artifice, explosions de désirs à peine suggérée, est tout bonnement aussi drôle que superbe.

La Main Au Collet est un Hitchcock "détendu", tranquille (des vacances en France ?) et terriblement glamour. la mise en scène millimétrée de Hitchcock, dépourvu de toute approximation, s'épanouie dans les palaces, les belles villas et sous le soleil méditerranéen, magnifiés par un Vistavision aussi vif qu'agréable à l'oeil. Le charme 50's opère à plein, avec ces fabuleux plans en studios sur des arrières plans filmés (la poursuite en voiture et ses mouvements appuyés, par ailleurs tragiquement évocatrice du décès futur de l'actrice...). Même si La Main Au Collet n'est ni le meilleur Hitchcock, ni le plus trépidant, son langage et le couple qu'il met à l'image ne peuvent que réjouir au plus haut degré le spectateur. Une formidable leçon de cinéma, ludique et légère, dont les visions successives n'arrivent pas à faire naître la moindre usure chez le cinéphile : un classique, ni plus ni moins.

NDLR : et juste pour le plaisir, ce que la rédaction considère comme l'une des plus belles apparition de toute l'histoire du cinéma...  Le baiser, thème cher à Hitchcock, de Fenêtre sur Cour, avec l'ange Grace Kelly.
(Voir la filmographie d'Alfred Hitchcock chez nos amis de cinéfriends.com)


Procurez-vous La Main Au Collet ou d'autres films de Alfred Hitchcock ou avec Cary GrantGrace Kelly ou Charles Vanel

CONCOURS : 2 DVD Radiostars à gagner !


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Radiostars sort en DVD...

Réalisé par : Romain Lévy
Avec : Manu Payet, Clovis Cornillac, Douglas Attal, Pascal Demolon, Benjamin Lavernhe, Côme Levin, Zita Hanrot
Comédie
Sortie DVD le 12 septembre 2012

Synopsis : 
En plein échec professionnel et sentimental, Ben, qui se rêvait comique à New York, est de retour à Paris. Il rencontre Alex, présentateur-vedette du Breakfast-club, le Morning star de la radio. Avec Cyril, un quadra mal assumé, et Arnold, le leader charismatique de la bande, ils font la pluie et le beau temps sur Blast FM. Très vite Ben est engagé : il écrira pour eux. Alors qu’il a à peine rejoint l’équipe, un raz-de-marée frappe de plein fouet la station : l’audience du Breakfast est en chute libre. C’est en bus qu’ils sillonneront les routes de France pour rencontrer et reconquérir leur public. Pour ces Parisiens arrogants, de ce road trip radiophonique naîtra un véritable parcours initiatique qui bousculera leurs certitudes.


A l'occasion de la sortie du DVD de Radiostars le 12 septembre, la rédaction de Doorama.com, en partenariat avec  Cinéfriends.com, vous donne l'occasion de participer au Jeu Concours Radiostars et de gagner l'un des 2 DVD mis en jeu pour l'occasion.

our jouer, il suffit de répondre aux 2 questions (seulement !) ci-dessous et laisser ses coordonnées complètes (pour envoyer les places aux gagnants)... Vous avez jusqu'au 23 septembre pour tenter votre chance, les gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses.

Notre concours est fini ! Voici le nom des 2 gagnants tirés au sort parmis ceux qui ont bien répondu aux questions... (la radio est Blast FM, et Manu Payet a été sur NRJ).
Ils recevront très bientôt leur DVD de Radiostars ! Bravo et bon film
  • Lucas B à Faugères (34)
  • Véronique T à Le Passage (47)


Règlement : 
  • Les Gagnants seront avertis pas emails et pourront voir leur nom publié (mais masqués, ex. : Jean D. (Nantes)) sur le site.
  • Une seule participation par personne, par e-mail et par foyer est autorisée. En cas contraire, flagrant ou douteux, (participations multiples, bulletins à coordonnées identiques, erronées ou incomplètes), la Rédaction de doorama.com annulera la participation.
  • Jeu ouvert à la France Métropolitaine jusqu'au 23septembre 2012 inclus. Les réponses reçues après cette date limite ne seront pas valides et ne seront pas comptées dans le nombre total de participations.
  • doorama.com s'engage à ne pas communiquer votre adresse email ou postale à l'exception des organisateurs du concours (distributeurs et éditeurs) afin que vous puissiez recevoir les lots.
  • doorama.com n’est pas responsable des envois postaux des lots et de son acheminement.

Aux Yeux de Tous (Cédric Jimenez, 2011)


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Un attentat dans une gare parisienne met la police en échec : aucune image de vidéo-surveillance n'étant disponible. Mais un hacker met la main sur des bandes qui identifient les poseurs de bombe. Il décide de mener son enquête, à distance, à l'aide du réseau de télésurveillance de la ville pour identifier les commanditaires.

Première réalisation, audacieuse et ambitieuse, de Cédric Jimenez, Aux Yeux De Tous propose au spectateur une enquête le cul sur une chaise ! Entendez par là qu'un hacker de génie utilisera ses compétences de hacker pour utiliser tous les moyens de télésurveillance disponibles (publics comme privés : caméras, webcams, mobiles, etc...) afin de de traquer et identifier les terroristes. Le film de Cédric Jimenez alterne alors une modeste chambre et une myriades de plans de vidéo-surveillance.

Enquête atypique et passionnante (sur le papier en tout cas) au regard de la technologie qui nous entoure et, potentiellement, nous épie, Aux Yeux de Tous est à bien des égards soigné et fort bien conçu. De la caméra du métro à celle du carrefour, de notre petite webcam au réseau de surveillance du parking, Cédric Jimenez exploite non sans habilité cette omniprésence des yeux et oreilles technologiques, et la place dans les mains d'un Anonymous_26, au nom de la vérité et de la justice... Techniquement, on pourra voir dans Aux yeux de Tous une très intéressante prolongation du concept des films Lost Footage ou Found footage (Apolo 18, Apartment 143, Grave Encounters...) qui pullulent dans le genre fantastique.

Mais si bien pensés soient les "trucs" développés pour assurer la continuité du scénario, le rythme et l'intensité de son enquête, Aux Yeux De Tous peine quand même à convaincre. Rapidement, le petit génie est un peu "too much", et même si la démonstration du réalisateur est intéressante sur la big-brotherisation, elle tourne à l'hyper démonstratif avec la facilité et l'hyper maîtrise des petits doigts de notre apprenti enquêteur... : trop simple, trop facile, la crédibilité en prend un coup ! Et plus gênant encore, cette distance imposée avec les personnages, inlassablement, par écran interposé, empêche toute empathie avec ses personnages, quels qu'ils soient. C'est là peut être aussi une volonté de son réalisateur, mais il en résulte un vide émotionnel qui nuit au film et aux enjeux de ses personnages. Enfin la musique, maladroitement exploitée, ne se fait entendre que pour imprimer un rythme artificiel lorsque les images viennent à en manquer...

On salue donc ce premier film de Cédric Jimenez comme une très belle idée, doublée d'un riche potentiel, mais hélas, il souffre de sa réalisation trop "limitée", se heurtant à ce qui ressemble à un seuil de compétence (malgré son inventivité et ses indéniables qualités !) au regard de l’exigence de son scénario. Aux Yeux des Autres marque quelques points, c'est sûr, mais on reste sur sa faim devant une maîtrise insuffisante, une intensité en dents de scie et son rythme souvent artificiel. Pas mal, mais peut mieux faire !

Procurez-vous Aux Yeux de Tous ou d'autres films de Cédric Jimenez ou avec Olivier Barthelemy ou Mélanie Doutey

The Shrine (Jon Knautz, 2010)


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Une journaliste entraîne deux amis dans un village reculé de la Pologne, pour faire un article sur de mystérieuses disparitions. Sur place, ils découvrent un étrange brouillard dans les bois, puis confrontés à l'hostilités des villageois découvrent que ceux-ci semble pratiquer des sacrifices humains... Mais au nom de qui ?

The Shrine est un de ces petits films d'horreur qui n'atteignent jamais le grand écran, et qui, bouclés avec deux francs six sous, tiennent pourtant la dragée haute à bien des concurrents. De ces bonnes surprises qui récompensent les cinéphiles boulimiques de leur curiosité.

Dans l'absolu, rien de bien original, ni de révolutionnaire, dans cette histoire qui commence sur les traces de Hostel, pour ensuite flirter brièvement avec Wake Wood puis ensuite l'Exorciste, mais après un début qui laisse présager le pire, The Shrine accélère gentiment, rajoute quelques ingrédients inattendus, et en mélangeant divers thèmes parvient à construire une belle intensité pour les amateurs du genre.

Même si l'accumulation de ses ingrédients horrifiques reste un amalgame fragile et perfectible, The Shrine parvient aisément à maintenir l'attention du spectateur, en brouillant les cartes et maintenant le mystère entier sur ce qui se passe vraiment dans le petit village, jusqu'à sa scène finale.

C'est simple, plutôt bien foutu, réalisé avec conviction (faute de qualité !) et surtout plein d'énergie. Avec des films comme Blood Creek (souvent durement égratigné par la critique), Les Ruines, ou encore Pandorum, The Shrine se révèle être contre toute attente efficace et rondement mené, un agréable petit film d'horreur, délicatement nimbé d'un parfum païen, qui rempli idéalement les envies de l'amateur de films de genre. Même si l'aventure ne restera pas gravée à jamais dans nos mémoires, The Shrine est tout à fait honorable, fabriqué avec un plaisir palpable, et apparaît, dans sa catégorie, comme une gourmandise à découvrir sans réserves. Alors, bien sûr, The Shrine ne bluffera personne, mais en plus de se regarder sans déplaisir, il saura aussi surprendre. Petite réussite modeste, The Shrine à mis toute la rédaction d'accord  : "ok, ça le fait !".

Procurez-vous The Shrine ou d'autres films de Jon Knautz 

Achille et la Tortue (Takeshi Kitano, 2008)


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Depuis son enfance, Machisu peint, encouragé par ses proches. A la mort de ses parents il continue de peindre. En grandissant, et tout au long de sa vie, il peint. Il peindra tout, tout le temps, et poursuit avec une détermination aveugle son rêve de devenir un peintre reconnu.  

Il y a le Takeshi Kitano de Hana-Bi et Violent Cop, yakuza, cynique, violent et blasé ; il y a aussi le Takeshi Kitano de A Scene At The Sea ou l'Eté De Kikujiro, placide observateur des petites choses de la vie, à l'humour malicieux et empli de poésie et de délicatesse. Achille et la Tortue est donc de cette deuxième catégorie.

Au travers de trois périodes de la vie de Machisu, Kitano dresse le portrait d'une passion obsédante et dévorante, d'une quête acharnée de reconnaissance par et pour l'art seul, d'une passion aussi indispensable et fondatrice pour son personnage que destructrice dans sa vie et son être. Touchant et d'une grande délicatesse, la vie d'artiste de Machisu vue par Kitano, est un chemin de croix qui tait son nom, un chemin difficile et ingrat qui dégage aussi un comique aussi discret qu'efficace. Les différentes périodes picturales de Machisu sont un véritable régal, et l'action-painting vous arrachera sans doute un fou rire intérieur gêné. Tentative après tentative pour trouver son style, Machisu dessine, petit à petit, le ridicule de sa quête, et Kitano remplace progressivement le feu initial par le pathétique d'un homme qui n'atteindra jamais son objectif, tel Achille qui ne rattrapera jamais la tortue malgré son talent...

La mise en scène de Kitano est des plus brillante et réussie, elle passe avec une grande économie de moyens, une émotion véritable et forte. Avec un langage cinématographique, faussement simple, atypique et tellement personnel, Kitano cisèle ses détails et joue des contrastes pour éclairer le spectateur sur ce qu'il découvre. Sous les apparences d'une belle histoire, drôle, touchante et poétique, Kitano met en image une vie ratée, mal vécue et régulièrement marquée par la mort. Achille et la Tortue est au final empli de mélancolie, d'une grande tristesse et d'une immense amertume.

C'est cette capacité qu' a Achille et la Tortue de décrire le triste avec le drôle, de faire apparaître l'ombre derrière la lumière, qui donne au film sa force et sa beauté. Plutôt que de montrer le parcours d'un peintre raté de l'extérieur, Kitano le fait de l'intérieur, en nous communiquant le rêve de son personnage, en n'abordant que l'ambition initiale, pure et entière, jusqu'à en démonter, et nous démontrer, ses mécanismes presque pervers. Kitano aborde l'art par son créateur et non son public, évoquant immanquablement son propre parcours (Kitano, comme Woody Allen est il mieux compris en dehors de son pays que chez lui ?).

Subtil et drôlissime, Achille et la Tortue nous donnerait presque honte de rire du destin de Machisu. Une fois de plus Kitano use à plein de son image et des procédés du clown-triste, il crée l'émotion chez le spectateur en faisant naître dans un même temps rire et larmes. Kitano signe ici un film sur le fil du rasoir, doux-amer, qui vous emmène vers une bien belle expérience, aussi belle dans sa forme que riche de réflexion et d'émotion. Il y a bien un style Kitano (qui en doutait ?), il est ici rayonnant : Achille et la Tortue illumine l'écran et agit sur le spectateur les premiers rayons de soleil du printemps. On adore Kitano, on adore son cinéma, on adore ses silences, son coté Droopy : bref, on adore quand on nous raconte une histoire comme ça !


Procurez-vous Achille et la Tortue ou d'autres films de ou avec Takeshi Kitano

CONCOURS : 10 places de cinéma à gagner pour The We And The I de Michel Gondry !


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The we and the I sort ce mois-ci dans les salles. Un nouveau Michel Gondry est toujours un petit évênement !

Réalisé par : Michel Gondry
Avec : Michael Brodie, Teresa Lynn, Laidychen Carrasco, Raymond Delgado, Jonathan Ortiz, Jonathan Worrell, Alex Barrios, Meghan "Niomi" Murphy
Comédie Dramatique
Sortie le : 12 septembre 2012

Synopsis :
C'est la fin de l'année. Les élèves d’un lycée du Bronx grimpent dans le même bus pour un dernier trajet ensemble avant l’été. Le groupe d'adolescents bruyants et exubérants, avec ses bizuteurs, ses victimes, ses amoureux… évolue et se transforme au fur et à mesure que le bus se vide. Les relations deviennent alors plus intimes et nous révèlent les facettes cachées de leur personnalité…


A l'occasion de sa sortie le 12 septembre, la rédaction de Doorama.com, en partenariat avec  Cinéfriends.com, vous donne l'occasion de participer au Jeu Concours The We And The I et de gagner 5x2 places, valables dans tous les cinémas.

Pour jouer, il suffit de répondre aux 3 questions (faciles !) ci-dessous et laisser ses coordonnées complètes (pour envoyer les places aux gagnants)... Vous avez jusqu'au 16 septembre (allez 17 septembre midi !) pour tenter votre chance, les gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses.

Le Concours est maintenant clos !
Les gagnants sont :


  • Laurent R. - 33 Bordeaux
  • Kie L. - 75 Paris
  • Daniel S-A. - 95 Andilly
  • Philippe H. - 69 Lyon
  • Valérie C. - 62 Arques
Michel Gondry est un Français (cocorico !), il n'a PAS réalisé Dans La Peau De John Malkovitch et a réalisé quelques clips pour Björk...

Bravo aux gagnants ;-)


Règlement : 
  • Les Gagnants seront avertis pas emails et pourront voir leur nom publié (mais masqués, ex. : Jean D. (Nantes)) sur le site.
  • Une seule participation par personne, par e-mail et par foyer est autorisée. En cas contraire, flagrant ou douteux, (participations multiples, bulletins à coordonnées identiques, erronées ou incomplètes), la Rédaction de doorama.com annulera la participation.
  • Jeu ouvert à la France Métropolitaine jusqu’au 16 septembre 2012 inclus. Les réponses reçues après cette date limite ne seront pas valides et ne seront pas comptées dans le nombre total de participations.
  • doorama.com s'engage à ne pas communiquer votre adresse email ou postale à l'exception des organisateurs du concours (distributeurs et éditeurs) afin que vous puissiez recevoir les lots.
  • doorama.com n’est pas responsable des envois postaux des lots et de son acheminement.



Blood Creek (Joel Schumacher, 2009)


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Pendant la Seconde Guerre mondiale, des Nazis étaient envoyés de part le monde pour préparer leur règne. De nos jours deux frères se rapprochent d'une ferme où l'un de ces officiers avait séjourné. Armés, ils planifient une vengeance... mais pour quelle raison ? Contre qui ? Contre quoi ?

Blood Creek à très certainement bien plus de défauts que de qualités, et à commencer par son réalisateur, Joel Schumacher, dont les réussites sont aussi rares (Tigerland, et pourquoi pas Phone Game ou l'Expérience Interdite ?) que Batman & Robin ou Batman Forever sont raffinés et de bon goût.

On pourra ainsi principalement reprocher à Blood Creek son rythme en dents de scie et certaines accélérations du films qui lui donnent un coté "pas fini", de non abouti, voire bâclé. En revanche, Schumacher nous a trouvé un chouette scénar rigolo, plein de choses que nous adorons dans le ciné de genre. Programme : une vengeance dont le motif n'est révélé que tardivement (après l'entrée en action), des méchant nazis en quête de pouvoir et d'immortalité, du vampirisme, un démon à la Jeepers Creepers  et de l'occultisme !

Si l'on pardonne à Blood Creek ses "trous" et son hétérogénéité, il laisse alors apparaître un petit film d'horreur nerveux et (finalement) plutôt original. Entièrement pulsé par son action et l'urgence, tout s'enchaîne rapidement, souvent avant que l'on comprenne les motivations de ses personnages. Blood Creek impose ainsi un rythme à 100 à l'heure (même si la machine frôle souvent le ridicule et cale à plusieurs reprises...) et tente de ne jamais laisser respirer le spectateur... Si bien des aspects sont maladroitement exploités, on adore ses chevaux fous aux yeux blancs, la silhouette cuir-SS-anazie de notre Michael Fassbender (oui, c'est lui le méchant), les étapes de transformations et l'idée de la famille à la fois otage et gardienne.

Blood Creek revêt donc les beaux habits du petit film d'horreur, à la fois basique et original dans nombre de ses détails. Il déçoit certes sur la tenue de son ensemble, mais reste fait avec une modestie très appréciable et une énergie bien réelle. Alors c'est sûr le compte n'y est pas, mais les amateurs apprécieront certainement son climat occulte particulièrement réussi, ses images maléfiques et, finalement, la sincérité du projet dans son ensemble. Ca bouge, ça surprend, ça intrigue, c'est saignant, nerveux et imaginatif : devant la bonne surprise, toute la rédaction à décidé de mettre de coté les faiblesses techniques et artistiques de Blood Creek pour ne le juger que sur ces propositions scénaristiques, basiques mais suffisamment rares, originales et terriblement sympathiques.
Un petit film fun et décomplexé, objectivement moyen, mais qui nous a fait grand bien !

Procurez-vous Blood Creek ou d'autres films de Joel Schumacher ou avec Dominic Purcell

H (Jong-hyuk Lee, 2002)


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D'atroces meurtres de femmes sont commis, identiques en tout point aux 6 meurtres de Shin Hyun, déjà emprisonné et condamné à mort. Le détective Kang décide interroger Shin Hyun pour tenter d'enrayer la macabre répétition.... Mais une curieuse relation s'installe lors de ces rencontres.

Dans l'absolu, H n'a rien de foncièrement raté ou honteux, et le climat glauque dont le cinéma coréen s'empare généralement pour donner corps à ce type de thriller, est bien présent dans ce film de serial killer. Hélas, H, aussi intitulé H - Hypnosis, échoue cruellement à rendre son scénario solide et crédible.

H déroule un scénario largement inspiré par la relation flic-tueur de Le Silence des Agneaux, et nous emballe le tout à la manière d'un Seven, cherchant à reproduire la noirceur et la tension dramatique des deux grands succès... Le détective met effectivement le doigt dans un engrenage qui lui sera fatal, les crimes sont effectivement horribles, mais au lieu d'effrayer le spectateur en augmentant jusqu'à l'étouffement la tension psychologique, H accumule maladroitement les "trucs" scénaristiques, sans savoir-faire ni inspiration. la réalisation de H, affublée de ses deux acteurs, cabotins et bien peu charismatiques, tourne à la catastrophe et sa psychologie basique tourne au grotesque... Tout cela nous rappelle l'affligeant et guignolesque The Murderer (le film hong-kongais), au lieu de tendre vers le The Murderer coréen, de Hong-Jin Na.

Artificiel de bout en bout, croulant sous des ellipses bancales et déstabilisantes, et affublé de rebondissements aussi peu crédibles que sortis de nulle part, H exaspère par le pillage éhonté de ses modèles et apparaît au final comme un maladroit travail de copiste. Sa scène finale sur la plage (seul morceau du film élégamment mis en image) s'inspire de la vertigineuse chute dramatique de Seven, mais intervenant après une cascade presque risible de "découvertes", frôle le ridicule et achève lourdement une intrigue dejà clôturée. Un twist inutile pour un film qui ne fonctionnera qu'auprès des spectateurs vierge de tout thriller.

Avec H, Jong-hyuk Lee nous a concocté une préparation qui ne soulagera pas nos démangeaisons de cinéphiles curieux ! Toute la rédaction de Doorama a bien conscience que cette dernière figure était inutile, mais nous la trouvons cependant à la hauteur du film  ;-)  Passez votre chemin.

Procurez-vous H ou d'autres films de Jong-hyuk Lee

L'Hôtel de la Plage (Michel Lang, 1978)


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Bretagne, Finistère, Locquirec, Hôtel de la Plage... Comme chaque été dans ce joli coin de la Bretagne, les habitués viennent passer leurs vacances, en quête de détente, de rencontres, d' "aventure"s pour les plus vieux, ou d'un premier amour pour les plus jeunes...

Submergé sous Un Eté de Porcelaine de Mort Shuman, L'Hôtel de la Plage divise la rédaction de Doorama... Après avoir, bien entendu, remis le film dans son contexte (et Wikipedia nous informe qu'il se place 10ème au box office cette année là !), on découvre un film aussi agaçant qu'agréable à regarder.

Film choral sur la petite vie dans un hôtel d'une charmante station balnéaire, L'Hôtel de la Plage ne brille pas par ses qualités cinématographiques ou sa force narrative. Simple succession de petites scénettes où adultes, adolescents et enfants se confrontent à l'Amour, on suit cette galerie de personnages un peu passivement, sans but, un peu comme un Plus Belle La Vie qui peut indifféremment durer 5 minutes ou 2 heures. Autant dire que dans le genre "on a rien à vous raconter, juste à vous montrer", il n'est pas difficile de trouver plus réussi. Infidélités, premiers amours, premiers émois, français moyens, vacances en familles, plages, parties de pêche, concours local de chansons, coquillages et crustacés... L'Hôtel de la Plage accumule les cartes postales, sans grand talent, ni but, sinon que de simplement évoquer.

Mais à force de "rien" où d'anodin, sa vision, aujourd'hui, dégage un très agréable petit parfum de madeleine ! En moyenne, la rédaction de Doorama avait 8 ans à la sortie du film, et comme les personnages du film, passait elle aussi leurs vacances en famille et en Bretagne. Et c'est bien là que l'Hôtel de la Plage trouve un supplément de vie : dans son regard simple, quasi documentaire, sur le quotidien des vacanciers 70's. Détail après détail, Michel Lang parvient à nous rappeler, tel des instantanés, des sensation de ces années là, très claires, attachantes et fortes. Mais si le charme fonctionne bel et bien aujourd'hui, plus de 30 ans plus tard, et que l'Hôtel de la Plage parvient à séduire grandement par la nostalgie qu'il dégage, on se demande quand même quel intérêt il pouvait bien avoir lors de sa sortie. Insignifiant hier, selon nous, il apparaît tout à fait attachant aujourd'hui, pourvu qu'on l'aborde comme un témoignage tendre de ces années là.

S'il contenait un but, une direction, ou une réelle intention de son auteur (ce dont nous doutons), s'il démontrait une finesse psychologique plus apte à représenter son époque, nous le rapprocherions volontiers des Galettes de Pont-Aven, ou même du Chaud Lapin de Pascal Thomas, pour le ranger dans la catégorie des chroniques attachantes, douces et tendres. Mais au lieu de cela l'Hôtel de la Plage trouble le spectateur en le confrontant à une dimension affective et nostalgique palpable et, dans un même temps, en lui donnant l'impression de consommer passivement du AB production... Un petit mystère donc qui réveille bien des souvenirs, et même un certain plaisir, alors que son ambition initiale et sa simplicité semblait le condamner à l'anecdotique et à l'oubli, tant il ne devait vivre que le temps d'un été...

L'Hôtel de la Plage se regarde comme une photo à peine réussie, mais que l'on ne veut pas jeter. Un film aussi peu indispensable qu'il peut se révéler (très) attachant, mais qui l'air de rien, en dit cependant long sur les moeurs et la France en K-way de l'époque ! A voir avec l'oeil de l'anthropologue plutôt que celui du cinéphile...

Procurez-vous L'Hôtel de la Plage ou d'autres films de Michel Lang ou avec Guy MarchandDaniel Ceccaldi, ou Anne Parillaud