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Archive for octobre 2012

Excision (Richard Bates Jr., 2012)


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Une lycéenne perturbée et mal dans sa peau rêve de devenir chirurgienne. Entre sa soeur condamnée par la maladie et le rejet dont est l'objet au lycée, Pauline elle entretient avec soin son animosité envers sa mère... Inexorablement, Pauline se renferme dans son monde.

Malgré son titre provocateur et la présence de quelques acteurs sulfureux comme Traci Lords, Malcolm McDowell ou le réalisateur John Waters, Excision cache derrière son apparence de film de genre à tendance extrême une véritable ambition.

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Le Singe Tueur (The Ape - William Nigh, 1940)


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Un docteur, mis au ban de la société, tente de mettre au point un remède à partir du liquide cephallo rachidien d'êtres vivants pour redonner ses jambes à une femme en fauteuil roulant. Un soir, un gorille s'échappe du zoo en tuant son gardien... Les autres victimes du gorille ont-elles un lien avec le mal-aimé docteur Adrien ?

La rédaction avait envie d'un Boris Karloff, alors nous sommes tombés sur ce très court Singe Tueur de 62 minutes. On s'en doutait un petit peu, mais à l'issu de sa découverte, on comprend assez aisément pourquoi ce film n'a pas rencontré la même destinée qu'un  Frankeinstein ou un King Kong...

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Magic Mike (Steven Soderbergh, 2012)


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En attendant de monter son entreprise, Mike, le soir, est strip-teaser. Sur l'un des petits boulots qu'il exerce la journée, il rencontre le Kid, à qui il va permettre d'entrer dans ce monde nocturne. Quand à Brooke, la soeur du Kid, contrairement à bien des femmes, la vie de Mike est loin de d'être un plus à ses yeux...

A peine Piégée libéré sur les écrans, que Soderbergh enchaîne avec ce portrait de Mike, strip-teaser qui fait rêver toutes les femmes sauf une. Après avoir braqué sa caméra sur les espions (non sans une certaine réussite), c'est donc sur celle du showbizz, du sexe et de l'argent qu'elle se tourne. Nous adorons Soderbergh à la Rédaction, mais nous allions vers Magic Mike un peu à reculons : Erreur ! Une fois de plus le résultat surprend, intéresse, et Magic Mike de Soderbergh va bien au delà de nos attentes.

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Le Carrosse d'Or (Jean Renoir, 1953)


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Au XVIIIème siècle, une troupe de la Commedia dell'arte se produit dans une colonie espagnole d'Amérique du Sud. La belle Camilla, la Colombine de la troupe, est  courtisée par trois hommes : le comédien Felipe, le toréador Ramon et même le vice-roi Ferdinand. Lorsque Ferdinand décide de lui offrir le Carrosse d'or, symbole de la Cour qui attire bien des convoitises, il provoque un scandale à la Cour ainsi que la jalousie des deux autre prétendants.

A l'occasion de sa ressortie en salle le 31 octobre (merci Les Acacias), c'est assis derrière Mathieu Amalric que nous avons eu le bonheur de découvrir Le Carrosse d'Or dans une version magnifiquement restaurée et dans sa version anglaise d'origine. Jean Renoir nous livre un film éblouissant, envoûtante ode à la vie, en jouant avec la limite qui sépare la scène de la vraie vie : la comédie et la Cour sont deux théâtres sur lesquels se jouent des pièces fondamentales.

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DEUXIEME FAUTEUIL : Le Carosse d'Or (Jean Renoir, 1953)


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Dans la vraie vie, les Carrosses dansent !

Doorama ouvre ses pages à sa deuxième plume à propos du Carrosse d'Or... Son nom est Pym, petite main cachée de la rédaction, lui aussi à été hypnotisé par la projection de ce Renoir impérial... Alors voici ses morceaux ramenés de la salle de projection... Juste son avis, son éclairage... A mi chemin entre l'expérience et la critique, voici sa chronique du Carrosse d'Or 


Ainsi donc une comédienne s’essaye aux jeux de l’amour dans un théâtre idéal que propose Renoir, celui de la vraie vie et des vrais gens aux têtes romantiques, graves et éternelles. Or le bonheur ne se trouve que sur la scène !

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Apportez-Moi La Tête d'Alfredo Garcia (Sam Peckinpah, 1974)


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Un parrain mexicain promet 1 million de dollars à qui lui rapportera la tête d'Alfredo Garcia, pour avoir mis sa fille enceinte. Benny, simple musicien dans un piano-bar, part à sa recherche accompagné de sa petite amie, et ex d'Alfredo, Elita. Mais rapporter la tête pour toucher la récompense ne sera pas aussi facile qu'il l'imaginait : Alfredo Garcia est mort et enterré, et Benny est loin d'être le seul à vouloir cette tête...

On entend souvent parler de Apportez-Moi La Tête d'Alfredo Garcia comme l'un des meilleurs film (certains disent LE meilleur) de Sam Peckinpah, et bien que nous lui préférions Croix de Fer ou Les Chiens de Paille, il faut bien reconnaître la formidable efficacité de son scénario et sa fascinante noirceur.


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Sur La Route (Walter Salles, 2012)


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 Sal Paradise veut se consacrer à l'écriture. Lorsqu'après le décès de son père il fait la connaissance de Dean Moriarty, l'amitié est immédiate, fusionnelle. Ils décident de partir ensemble sur la route, avec Marylou, l'amie de Dean, pour aller à la rencontre de la vie, de ses expériences, pour embrasser la liberté et la découverte.

Nous n'avons pas lu ce roman phare de toute une génération, ce roman emblématique de la Beat Génération (wiki !) de Jack Kerouac... Nous n'avons pas ressenti sa liberté et sa modernité, nous n'avons pas vibré sur sa quête de toutes sortes d'expériences, ni n'avons ressenti l'arrivée de l'affranchissement du carcan social, à l'arrivée des Beatnicks, que On The Road portait comme un étendard... Mais après l'adaptation de On The Road par Walter Salles, nous avons l'impression d'avoir touché du doigt et compris ce qu'il représentait. Faute de pouvoir juger la qualité de l'adaptation au cinéma de ce roman, nous avons vu une histoire, des personnages, des idées... et le résultat est là !


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Saint-Ange (Pascal Laugier, 2003)


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A la fin des années 50, Anna débute son emploi qui consiste à nettoyer, avec deux autres employées, l'orphelinat Saint-Ange qui vient de fermer. Mais l'orphelinat n'est peut être pas si vide que ça, et Anna, ne vas pas tarder à chercher la vérité, malgré sa grossesse...

Premier film de Pascal Laugier, à qui l'on doit l'inégal mais dérangeant Martyrs et le récent The Secret, Saint-Ange s'inscrit dans cette aspiration du cinéma français à renouer avec le film de genre.


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Expendables 2 : Unité Spéciale (Simon West, 2012)


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 L'équipe de Barney doit mettre la main sur un boitier secret dans un avion qui s'est crashé. Au cours de la mission, ils sont interceptés, le boitier leur est pris et l'un des leurs est tué froidement. Barney et son équipe n'a alors qu'un seul plan : le traquer, le trouver, le tuer ! Il faudra faire vite car le boitier contient des plans d'accès à une réserve de plutonium...

Expendables 2 Unité Spéciale corrige sensiblement le manque d'action de son prédécesseur et se rapproche un peu plus du gros défouloir espéré. Le revival du muscle 80's se met donc une nouvelle fois en branle, nous perdons Mickey Rourke, mais gagnons Van Damme et Chuck Norris au passage... Simon West, 15 ans après l'amusant mais pauvre Les Ailes de L'enfer, réalise un film "Bim, bam boum, pan t'es mort" qui laisse la rédaction dubitative quant à choisir entre "RAS" ou "rien de neuf" !


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Carambolages (Marcel Bluwal, 1963)


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Entre son mariage avec la fille de son supérieur hiérarchique et sa maîtresse enceinte, sa secrétaire, Paul veut absolument gravir les échelons de la société organisatrice de voyages qui l'emploi. Devant les promotions sans cesse repoussées par le Directeur Général, Paul décide d'accélérer de manière radicale le renouvellement des cadres de l'entreprise.

Cette comédie sur l'ambition professionnelle, malgré son indéniable humour, met bien du temps à atteindre sa vitesse de croisière. Le spectateur devra donc s'armer de patience avant de se laisser emporter dans ce jeu de chaises musicales.

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Le Grand Soir (Benoît Delépine, Gustave Kervern, 2012)


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Jean-Pierre pète les plombs et perd son emploi de vendeur de literie. Il se rapproche alors de son frère, du nom de Not, plus vieux punk à chien d'Europe, qui arpente la zone commerciale dans laquelle il travaillait. Ensemble, ils ont un message à faire passer...

Benoît Delépine et Gustave Kervern, les anciens de Groland, ont maintenant un univers bien à eux, caractérisé par une forme de poésie de la laideur, du fond social et un sens du décalage. Après Aaltra, Louise-Michel ou Mammuth, il signent leur 5ème co-réalisation.

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Le Solitaire (The Thief - Michael Mann, 1981)


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Voleur de haut vol, Frank est à deux doigts d'atteindre son idéal de vie, mais avant de se retirer définitivement, il s'engage sur un dernier coup...

Même si nous avons déjà un pied dans les 80's, et que Michael Mann à déjà dans l'oeil ce gout prononcé pour ce qui  fera de lui l'un des réalisateurs le plus emblématiques de l'esthétique de cette décennie, Le Solitaire, pour la rédaction, c'est tout simplement le dernier grand polar des 70's ! Ciselé comme ces "cailloux" que Frank dérobe, Le Solitaire possède déjà en lui tout ce qui fera de Heat un pur chef d'oeuvre, mais aussi, plus récemment, ce qui a inspiré une autre bombe comme Drive ! Autant le dire simplement : Le Solitaire est un grand film.

Tendu et "viril", impossible de ne pas retrouver un peu de Heat dans Le Solitaire, surtout lorsque l'on découvre la scène ou Frank joue carte sur table autour d'un café, dans un Diner au bord de la route (ha!  cette confrontation mythique Pacino/De Niro...) ; ou bien lorsque Michael Mann s'attaque (déjà) à construire ses personnages par leur vie intime et leurs aspirations personnelles, plutôt que par leur "métier" ou leurs forfaits. Le Solitaire, c'est James Caan (Rollerball, Le Parrain) et la testostérone qu'il dégage n'a d'égal que sa détermination à obtenir une vie rangée ou son professionnalisme. C'est là une des clés des oeuvres de Michael Mann, et ce qui fait souvent la spécificité de son cinéma, il oppose la violence ou l'âpreté apparente de ses personnage avec leur personnalité cachée, et la complète, voire la motive, par le portrait intime d'un homme, ni meilleur, ni plus mauvais qu'un quidam moyen. Il résulte alors dans son cinéma une forme de réalisme et d'émotion qui vient renforcer son sens de l'action et de la tension, permettant ainsi au spectateur de se projeter pleinement dans les mécanismes humains et les enjeux que Mann propose. Le Solitaire, sur ce point est une réussite totale, il est un film intense, touchant et puissant, tant dans son action que dans son personnage, que rien ne peut arrêter une fois lancé, quitte à obtenir une victoire à la Pyrrhus !

Pour sa forme, si l'on sent effectivement cet attrait du réalisateur pour les néons et tout ce qui brille (et qu'il poussera bien plus loin, plus tard dans les 80's), Le Solitaire possède encore la noirceur visuelle des polars 70's. Sa mise en image sobre et cadrée se met déjà en quête d'un esthétisme travaillé (on pense aux nuits de Collatéral) mais rien ne vient évoquer le "clipesque" abusif des 80's que la rédaction à tant de mal à savoir apprécier. Le Solitaire est une réalisation archi-solide et très pure, que même sa toute fin à la limite de la faute de goût visuelle (mais pas scénaristique !) ne parvient pas à entacher.

Souvent (et injustement) oublié, ce polar stylé et stylisé en impose encore aujourd'hui ! Avec tout ce qu'il faut pour balancer le destin de Frank en "pleine gueule" du spectateur, Michael Mann pose avec détermination et grande classe des casses aussi high-tech que physiques et, au delà de l'action, construit un impressionnant portrait de "bon gangster" aussi solide que poignant. Le style de Michael Mann a souvent énervé les critiques, mais il lui permet aussi, selon nous, de faire cette liaison rare entre le polar tendu et le drame. Que ce soit par l'atmosphérique de certains plans "d'ambiance" (Frank et un pêcheur en face d'un coucher de soleil dans Le Solitaire, ou De Niro qui contemple la mer dans son fragile paradis dans Heat) ou bien par l'atmosphérique de ses choix musicaux (l'électronique de Tangerine Dream pour Le Solitaire, les envolées Lisa Gerrard, le groove de Moby, l'émotion d'un Terje Rypdal ou des nappes douces), Michael Mann tempère toujours la violence de ses histoires en l'opposant aux faiblesses ou aux rêves de ses personnages. L'équilibre naît, les récits s'étoffent, les enjeux deviennent cruciaux, les images superbes et le rythme haletant : Michael Mann a ce don de marier dureté et douceur, fiction et vraie vie, il est un réalisateur de la nuance, du contraste et de la rupture de rythmes. Bien avant Heat Michael Mann avait déjà signé un chef d'oeuvre... Un polar prenant, intense et somptueux de très haute volée à redécouvrir de toute urgence.

Procurez-vous Le Solitaire ou d'autres films de Michael Mann ou avec James Caan

Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires (Timur Bekmambetov, 2012)


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Avant d'être le président des Etats Unis que l'on connait, Abraham Lincoln est un chasseur de vampires. Il l'est devenu pour venger la mort de sa mère par l'une de ses créatures, mais c'est en pleine guerre de sécession que ses talents de chasseur de vampires devront s'exprimer, puisque les sudistes sont menés par ses ennemis de toujours : des vampires !

Timur Bekmambetov, c'est le réalisateur de Night Watch et de Wanted (avec sa géniale idée des trajectoires-courbes des balles de revolver), ceux d'entre vous qui ont vu ses films savent donc déjà que l'univers de bonhomme est aussi bordélique et fun que peu convaincant. Avec Abraham Lincoln Chasseur de Vampires, Timur Bekmambetov livre une fois de plus un immense "n'importe-quoi", mais aussi un "divertissement" complètement lâché et débridé.

Son pitch crétin et rigolo donne le ton : un président américain tueur de vampires ! Tout est alors possible dés lors que l'on a accepté cette idée saugrenue, et c'est le signal pour Timur Bekmambetov de laisser libre court à sa créativité, et même si on peut en disccuter, le moins que l'on puisse dire est qu'il n'en manque pas ! Seuls comptent le divertissement à tout pris et le plaisir du spectateur pour son réalisateur. Tous les coups sont donc permis : scène de baston à la hache entre le président et un vampire, en plein jour, au beau milieu de centaines de chevaux sauvages emballés, ou bien encore interminable course d'un train sur un pont en feu qui s'écroule, nos héros livrant bien entendu bataille au beau milieu de cet enfer de feu ! Timur Bekmambetov veut vous en donner pour votre argent, et pour ce faire, voit les choses en grand. Complètement libre, exubérant et entièrement décomplexé Abraham Lincoln Chasseur de Vampires vise le fun et le voyant à tout prix et, il faut bien le reconnaître, atteint brillament, mais partiellement, son objectif.

Hélas ! Si l'ambition est là, si le délire visuel est bien présent, tout ça ne fonctionne pas aussi bien que ça le devrait. On abuse de l'hyper-chorégraphie au ralenti lors des acrobatiques et aériens combat du président à la hache, on force artificiellement le rythme des péripéties et du film avant de sombrer dans une longue partie molle du film et on est tellement pressé d'en mettre plein la vue au spectateur qu'on se plante dans son montage au point d'intégrer une scène entière (pas un simple faux raccord) au mauvais endroit ! Là on vous explique : le président s'est battu, il à l'oeil bien amoché, il guérit, s'entraîne, puis la scène suivante se retrouve de nouveau la gueule amochée comme au premier jour, lors de l'ancêtre du diaporama Powerpoint... On sent bien toute l'énergie et la bonne volonté de son réalisateur, mais le résultat est bien trop brouillon à l'écran pour en oublier toutes ses audaces et maladresses. Du "grand n'importe-quoi" au service du pur divertissement, pourquoi pas, le spectateur est capable d'accepter le concept, mais les limites sont ici largement franchies : le "grand n'importe-quoi" maîtrisé cède sous son propre poids et le "n'importe-quoi" l'emporte sur le grand !

Quand à son contexte historique (avec son sympathique détournement de la guerre de sécession en combat entre nordistes-humains-abolitionnistes et sudistes-vampires-esclavagistes), il accouche principalement d'une reconstitution numérique assez moche et peu crédible. Ce qui nous conduit à penser une fois de plus que le mélange historique-fantastique-numérique est un formidable terreau où la  médiocres aime à s'installer :  Sherlock Holmes : Jeu d'ombres, La Ligue Des Gentlemen Extraordinaires nous le rappellent douloureusement. Si on ne tient compte que de son idée de base, Abraham Lincoln Chasseur de Vampires trouve donc grâce à nos yeux pour sa créativité débridée et sa grande liberté, on peut difficilement lui ôter ça ! En revanche le résultat final est des plus indigeste...  Le blockbuster barré qui nous transforme le noble président barbu en super-héros expert du maniement de la hache et des arts martiaux ne réussit pas, malgré son énergie, à nous faire oublier ses lourdes faiblesses... Derrière toute son énergie se cache un vide abyssal que le prétexte du "pur divertissement" à bien du mal à masquer. Timur Bekmambetov à certainement plein de choses à offrir au cinéma, mais il faut le cadrer le garçon, sinon, il part en vrille... En faisant abstraction de toute considération qualitative, Abraham Lincoln Chasseur de Vampires saura peut être séduire le plus jeune public en quête de baston, les autres n'auront droit qu'à 105 longues minutes de divertissement plus fatigantes que stimulantes. A consommer en cas d'urgence, cerveau et sens critique en veille prolongée  ;-)

Procurez-vous Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires ou d'autres films de Timur Bekmambetov ou avec Benjamin Walker ou Rufus Sewell

Doorama : nos ciné-amis...


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Un petit mot sur nos amis... Nous vous proposons régulièrement des concours sur nos pages, et c'est en grande partie grâce à nos amis de Cinéfriends. Tout ça pour dire qu'en plus d'être un excellent complément aux "gros sites" du marché, Cinéfriends vous propose de très bonnes Actu-ciné, et vous offre aussi la possibilité de mettre en place de sympathiques petits quizz pour vos amis, vos sites ou simplement pour le plaisir de partager vos connaissances avec d'autres internautes.

Allez jeter un oeil, il y a quelques Quizz Ciné particulièrement amusants pour tester vos connaissances de cinéphile ! Ludique et instructif.

Etat Secont (Fearless - Peter Weir, 1993)


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Rescapé d'un crash d'avion, et appelé "le Bon Samaritain" par les médias pour avoir sauvé plusieurs passagers de la mort, Max Klein ne voit plus du tout la vie de la même manière... La disparition totale de ses peurs, son ouverture aux autres, la distance avec sa famille : Max Klein n'est plus le même...

Peter Weir est un cinéaste attaché aux thèmes de la découverte et de l'éveil. Une bonne partie de sa filmographie explore ces thèmes, et en particulier sous l'angle des changements intérieurs de ses personnages (Mosquito Coast, La Dernière Vague, Witness...), Etat Second est un film un peu oublié de sa filmographie qui entre parfaitement dans cette catégorie.

Fearless explore donc les profonds changements de Max Klein, sur sa vision et son appréhension de la vie, qui suivent le crash auquel il a miraculeusement survécu. Sorte de deuxième naissance pour son personnage, celui-ci retrouve sa vie, mais décide d'en redéfinir les priorités et les valeurs. Réflexion sur la valeur des choses, Peter Weir ne se contente pas de décrire simplement une renaissance ou la belle histoire d'un homme devenu meilleur. Il trouble et densifie son film en ajoutant à son récit une approche post-traumatique, psychologique, qui lui donne toute son épaisseur.

Etat second propose le portrait d'une homme neuf, devenu meilleur, certes, mais aussi celui d'un homme aux portes de l'obsession, de la folie, qui se bat pour faire cohabiter ses nouvelles aspirations avec sa vie d'avant. La jolie histoire devient alors une quête intérieure, une recherche de sens dans un monde qui s'en éloignerait. Le traitement de Peter Weir apporte une touche d'étrangeté, presque de fantastique, au travers de la sensation d'invulnérabilité de Max qui, tel un super-pouvoir, le rendra différent de ceux qu'il aide. Pour le spectateur, Etat Second revêt deux visages : celui d'un film où le fantastique n'est jamais très loin, en découvrant Max Klein comme un ange qui apporte la vie, mais aussi celui d'un film sur un homme psychologiquement ébranlé, traumatisé, qui chercherait à retrouver inconsciemment de la mort à laquelle il a échappé. Peter Weir, finement, méticuleusement, mêle ces deux aspect opposés et y ajoute une émotion, simple et forte, qui parcourt chaque scène de son film... Etat Second, entre ciel et enfer, devient alors un film émouvant et touchant, bien plus riche qu'il n'y paraît, sur une prise de conscience, sur la vie et sur la mort !

Surprenant à bien des égards, Etat Second emporte délicatement le spectateur vers une introspection légère, il caresse du bout des doigts des thématiques imposantes, et sans entrer dans de longues démonstrations prétentieuse se contente d'en dessiner les vastes contours. Jeff Bridges campe Max Klein de bien belle manière, lui donnant toute l'ambivalence nécessaire pour balayer son vaste chemin.

Etat Second est un "petit film modeste" réalisé avec une grande énergie. Ambitieux dans ses thèmes et modeste dans son message, il suscite habilement la curiosité du spectateur, et soulève une réelle adhésion de sa part à l'étonnant parcours de Max. Aussi divertissant que stimulant, Etat Second se laisse voir avec un grand plaisir. Son sujet aurait pu donner lieu à un océan de mièvrerie béate, Peter Weir a évité cet écueil avec une sensibilité et une intelligence que l'on ne peut que saluer.

Procurez-vous Etat Second ou d'autres films de Peter Weir ou avec Jeff BridgesIsabella RosselliniTom Hulce ou John Turturro 

CONCOURS : 1 Blu-Ray Dark Shadows à gagner !


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Nous vous parlions le 11 septembre de Dark Shadows sur nos pages... Depuis le 10 octobre, le film est maintenant disponible, pour les retardataires, en DVD et en Blu-Ray.

La rédaction de Doorama est donc très heureuse de vous offrir une chance de gagner 1 combo Blu-ray (oui, on a bien dit blu-ray...) du film de Tim Burton, et comme nous sommes cool, on vous laisse jusqu'au 29 octobre minuit,.

Pour jouer, il suffit de répondre aux 2 questions après le widget officiel du concours, et laisser vos coordonnées complètes (Nom Prénom+ adresse complète ! si vous voulez recevoir votre lot)... Un gagnant sera tiré au sort parmi les bonnes réponses.

Et comme la première question est très, mais alors vraiment très, TRES, difficile, le petit jeu ci-dessous pourra aider les plus démunis...

C'est à vous maintenant ! A vos crocs, partez !

Le concours est maintenant clos !

Le gagnant est Bruno S (93), il a bien trouvé Barnabas et notre position 6 sur notre échelle de l'évolution. Il devra recevoir son lot très bientôt ! Merci à tyous pour vos participations de plus en plus nombreuses.





Procurez-vous Dark Shadows ou d'autres films de Tim Burton ou avec Johnny DeppMichelle Pfeifferou Eva Green

Rosewood Lane (Victor Salva, 2012)


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Sonny Blake, une psychologue qui anime une émission de radio, décide de vivre dans la maison dans laquelle son père est décédé. Le quartier de Rosewood Lane est tranquille  mais tous les habitants semble craindre le jeune livreur de journaux. Sonny va se retrouver harcelée par ce dernier. Le jeune homme, véritablement diabolique, n'est peut être pas étranger à la mort de son père...

A la Rédaction, le nom de Victor Salva nous fait saliver, nous rappelant un tout petit film de monstre, un film hommage particulièrement efficace et énergique : Jeepers Creepers. Mais la foudre ne tombe que rarement deux fois au même endroit, et alors que nous comptions sur le bonhomme pour nous délivrer un traitement de cheval sur un sujet ordinaire, Rosewood Lane ne propose rien d'autre qu'un thriller de harcèlement vaguement teinté de fantastique, bien plus proche la médecine douce que de l'électrochoc.

Reprenant une construction métronomique mainte fois vue sur le sujet (le quotidien... un premier incident mineur... puis un autre, des forces de police sceptiques, puis une montée des épisodes de harcèlement  jusqu'à un dénouement conclu par une ouverture prétexte à une suite...), Rosewood Lane ne parvient à insuffler ni nouveauté, ni originalité dans sa proposition. Lent à atteindre sa vitesse de croisière, peu crédible quand aux comportements de ses personnages, la pauvre Sonny ne sera pas plus chamboulée que cela des agressions qu'elle traversera, le spectateur non plus. La passivité de l'actrice Rose McGowan aura par ailleurs bien du mal à nous convaincre d'une quelconque émotion, puisque l'excès de chirurgie aura définitivement figé ses expression sur "sosie de Michael Jackson avec une bouche bec de canard en bonus" ! Nous sommes méchants, nous assumons, mais la faute de casting est ici évidente et largement pénalisante.

Le seul atout de Rosewood Lane, c'est son jeune méchant à vélo, un simple mineur contre lequel la police est relativement impuissante, sur lequel Victor Salva réussit efficacement à nous faire douter de sa nature humaine. Sa nature incertaine, le pouvoir croissant que le spectateur lui prête trouve ses racines directement dans ce qui caractérisait le Jeepers Creepers... (le face à face final de Rosewood, n'est d'ailleurs pas sans rappeler certaines confrontations motorisées du Jeepers...) Homme ou démon, Salva insuffle fort adroitement un doute, qui s'il entretient la curiosité du spectateur, n'est hélas pas exploité autrement qu'une simple fausse piste, ludique mais tellement artificielle.

Alors que Victor Salva a en main tout ce qu'il faut pour taper dans la fourmilière et jouer avec les codes du film de harcèlement, il semble hésiter à le faire et opte finalement pour une sécurité convenue. Rosewood Lane se contente de glisser une goutte de fantastique sur son personnage, comme pour arguer de l'originalité de son traitement, comme pour se défendre de faire du "déjà fait"... Le fantastique de Rosewood Lane n'est qu'une poudre aux yeux à peine efficace sur le spectateur, utilisée au détriment de ce qui aurait pu sauver le film : travailler son rythme, sa tension et sa surprise !

Rosewood Lane se découvre (se consomme ?) mollement et lorsqu'il nous fait enfin saliver retombe aussitôt. Ses recettes ne fonctionneront que sur les moins aguerris aux thrillers, et par ce qu'elles n'ont pas réussi à mettre en branle redonneront aux autre l'envie de se revoir le Hitcher de Robert Harmon (par exemple) qui, lui, atteignant brillamment ses objectifs. Pour être un peu positif : Rosewood Lane, c'est quand même visible sans être désagréable ! Mais ce qui est désagréable en revanche, c'est de se dire que quitte à voir du déjà vu, on aurait bien mieux investi notre temps à revoir un film que l'on a déjà vu... Une animateur radio harcelée ? Un Frisson dans la Nuit, ou Talk Radio peut être ! Un gamin qui fait peur ? Funny Games peut être !

Procurez-vous Rosewood Lane ou d'autres films de Victor Salva ou avec Rose McGowan ou Ray Wise

Un Américain à Paris (Vincente Minnelli, 1951)


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Installé à Paris, Jerry, un peintre américain, voit enfin sa peinture intéresser une riche mécène. Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, il tombe amoureux de la belle Lise Bouvier... Jerry ne le sais pas encore, mais Lise est en fait déjà fiancée à l'un de ses amis.

La Comédie Musicale américaine trouve ici l'une de ses plus belles réussites (même si la rédaction de Doorama préfère largement Chantons Sous la Pluie...). Cette bluette prend Paris pour écrin, et ajoute à son aura de ville romantique, toute l'énergie de la magie hollywoodienne et la fantaisie des "Musicals". C'est donc au coeur d'un Paris de carte postale (entièrement recréé aux studio MGM) que Vincente Minnelli place son histoire d'amour un peu naïve, et l'utilise comme prétexte à faire naître ses scènes musicales, dont certaines sont aujourd'hui inoubliables.

Que l'on aime ou non le genre de la Comédie Musicale, la musique de Gershwin, la grâce de Gene Kelly et la savoureuse vision du Paris-cliché de Minnelli dégagent ici une énergie et une osmose qui ne peut qu'éblouir. Love Is Here to Stay, I Got Rhythm, 'S Wonderful ou le thème de An American in Paris Ballet sont aujourd'hui devenus des standards incontournables du répertoire Jazz, dont la puissance musicale, illustrée par les images de Minnelli, fait immanquablement naître l'euphorie et donne la banane !

Si Un Américain A Paris rayonne encore malgré son histoire simplissime, c'est en grande partie pour cette "banane" qu'il accroche au visage du spectateur... C'est simple, léger, naïf, coloré, entraînant, chantant et enchantant : la fantaisie et la bonne humeur qu'il dégage ne peuvent que déteindre sur le spectateur ! La magie cinématographique d'Un Américain A Paris fonctionne comme un antidote à la grisaille ambiante, il agit comme un puissant décontractant en faisant jaillir de l'écran un univers où la gaîté et la fraîcheur l'emportent toujours. Un monde où les problèmes ne durent jamais bien longtemps et trouvent toujours une fin heureuse... Le pied, non ?

Le "carton-pâte" de ses décors, le basique de son histoire, son overdose de bon sentiments auraient pu (auraient dû ?) ne pas fonctionner, comme victime de leurs excès, mais c'est le contraire qui se produit dans Un Américain à Paris ! Ca chante, danse, saute, rit, aime, virevolte à un tel point que les images ne semblent plus montrer qu'un feu d'artifice éblouissant ! Son fantasme dansé final en est le bouquet de la mariée. Devant tant d'énergie, une bonne partie de la rédaction à même oublié qu'elle n'"aimait pas beaucoup les comédies musicales"...

Ce sommet de l'entertainment à l'américaine est tout simplement hypnotisant. Que ce soit sa musique, son acteur/danseur, son énergie ou son efficacité : il y a une indéniable perfection dans cette anti-Bohème ! "Cucul la praline" diront les détracteurs du genre... Nous on pense plutôt que cette comédie musicale emblématique est un véritable antidépresseur qui fait un bien fou au moral !

Procurez-vous Un Américain à Paris ou d'autres films de Vincente Minnelli ou avec Gene Kelly ou Leslie Caron

Réveillon Sanglant (Bloody New Year - Norman J. Warren, 1975)


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A la suite d'un naufrage, six amis se retrouvent prisonniers d'une île inhabitée, et trouvent refuge dans un mystérieux hôtel qui arbore ses décorations de noël alors que l'été culmine... Ce n'est que le premier signe étrange que l'île leur réserve, car d'étranges manifestations vont se produire, annonçant l'horreur à s'abattre sur eux...

Les Mutants de la Saint-Sylvestre... Voilà le titre sous lequel à aussi été exploité ce film britannique de Norman J. Warren (Inseminoid), et qui caractérise davantage l'étrangeté de son histoire.

On attend effectivement que les 6 amis se fassent massacrer et ,en bon slasher, Réveillon Sanglant se charge presque honorablement de cette tache. En revanche, à sa manière, le film apporte la surprise là où ne l'attendais pas. Le massacre aura bien lieu, avec son affligeant cortège de situations banales et déjà-vues (la découverte de l'hôtel, la séparation des jeunes, la première victime, l'émergence des 'héros...), mais son réalisateur injecte des éléments paranormaux, des fantômts, des morts-vivants, des failles temporelles, du gore et su survival, le tout dans un curieux mélange de 50's et de 80's...

La réalisation est pathétique, voire ésotérique avec ce plan du couple courrant dans les sous-bois, qui se répète 4 fois, poursuivi par une caméra subjective dont on ignore la nature, le sens et la fonction ; mais le mélange des thèmes parvient étrangement à surprendre le spectateur, faute d'emporter son adhésion au spectacle plutôt fauché qui lui est proposé. Réveillon Sanglant enchaîne les thèmatiques comme les perles, et ressemblerait presque à une première version, un brouillon, du récent Violent Kind !

Malgré la pauvreté qualitative de l'ensemble (à laquelle il faudra ajouter une pitoyable utilisation de son exaspérante musique bien ringarde), Réveillon Sanglant propose son surprenant cocktail de grand n'importe quoi avec un naturel scotchant ! Dû à un budget ultra plancher, la qualité technique est absente de l'écran, mais les raccourcis scénaristiques qu'il déploie lui donne une étrangeté qui, au final, s'avère plutôt sympathique. Guère mieux qu'un bis de drive-in, son interprétation européenne des codes US achèvera de donner à Reveillon Sanglant sa singularité.

"Faute de grives on mange des merles"... puisqu'il n'y pas grand chose au coeur de Réveillon Sanglant, on pourra cependant passer le temps en substituant à la qualité espérée une certaine aptitude à surprendre le spectateur. Ca ressemble à dérushage... on cherche toujours les mutants du titre français... mais on a quand même envie d'aller jusqu'à son final (qui soit dit en passant est moins raté que le reste). Un nanar 80's comme on l'aime qui récompense à sa manière le spectateur !

Procurez-vous Réveillon Sanglant ou d'autres films de Norman J. Warren 

The Theatre Bizarre (7 réalisateurs, 2012)


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6 sketches horrifiques, reliés par un 7ème, en hommage au grand guignol : une histoires de sorcière, de crime passionnel, de haine dans le couple, la mort vue par une enfant, l'addiction à la curiosité et l'excès de gourmandise.

Il faudrait 7 chroniques pour décortiquer ce bouquet de sketches à la qualité et aux ambitions inégales, offert au spectateur comme un hommage au grand-guignol. Au vu du résultat global, le thème apparaîtrait plutôt comme un fourre-tout ou une carte blanche à ses réalisateurs plutôt que comme un véritable fil rouge.

7 courts bien hétérogènes, donc, qui auront bien du mal à convaincre les opposants à ce cinéma de genre, surtout s'ils décrochent avant de rencontrer enfin une vrai qualité, à la moitié du film,  The Theatre Bizarre, dans sa forme finale, ressemblant à un classement, du pire vers le meilleur, de ses segments (ordre ci-dessous). Il faut attendre le 4ème sketch, presque hors sujet, The Accident (la petite fille et la mort...) pour voir du vrai cinéma. Auparavant, le spectateur aura souffert avec une bien faible histoire de sorcière, un anecdotique crime passionnel et le moyennement dérangeant (et peu réussi) épisode de Tom Savini sur un couple uni par la haine. Comme on aime à le répéter souvent, tout ça ne dépasse pas le niveau de distrayants mais faiblards épisodes de la série de la Quatrième Dimension (par ailleurs énorme série), jusqu'à The Accident, qui créée enfin une vrai connexion entre les yeux et l'imaginaire.

Alors que les trois premiers sketchs n'offrent que des visions plus ou moins étriquées du genre horrifique, se réfugiant presque dérrière le genre pour excuser un manque de qualité ou d'ambition, les deux suivants embrassent enfin l'exploitation du potentiel qu'offre l'horreur et entame son exploration. The Accident est poétique et intelligemment élaboré, presque utile, et Vision Stains propose quant à lui, un cocktail riche et brut de curiosité, d'addiction et de sens de la vie (si, si), proche d'Icare version hardcore. C'est ce dernier qui est le point d'orgue de The Theatre Bizarre. Quand à son ultime segment, Sweets, bien qu'à mi chemin entre le faiblard et le grotesque brillant, il parvient cependant à dégager un véritable malaise avec son mix de sucre et de cannibalisme ! Pour le fil rouge dans le théâtre, on ne lui trouvera que l'iconique Udo Kier pour intéresser...

Avec 2 perles et 2 ou 3 bofs, on reste sur notre faim... Il est bien sûr bien difficile dans le genre des films à sketchs d'en trouver un qui soit bon de bout en bout (c'est aussi un peu dans son principe qu'il y en ait pour tout le monde...), mais The Theatre Bizarre est dans sa globalité assez peu excitant, et dans le détail peu solide. Sympathique pour les amateurs hardcore de cinéma d'horreur, la qualité lui échappe trop souvent pour finalement ne pas nuire au genre qu'il adore. Alors qu'il pourrait être une démonstration qu'un genre qui doit encore trop souvent se défendre et se justifier (pas à la rédaction en tout cas !) est aussi fort et vénérable que n'importe quel autre, il propose au contraire un visage propre à prouver les limites du genre. C'est là un effet pervers de The Theatre Bizarre : fait par des pros-horreur, plein de convictions, mais au final contre productif. C'est pas grave, on ne retiendra que ce qu'il y a de bon dans The Theatre Bizarre : The Accident (hélas assez court), Visions Stains et pourquoi pas Sweets.


Les réalisateurs de The Theatre Bizarre : Buddy Giovinazzo, David Gregory, Douglas Buck, Jeremy Kasten, Karim Hussain, Richard Stanley, Tom Savini. Les acteurs de The Theatre Bizarre : André Hennicke, Catriona MacColl, Debbie Rochon, Kaniehtiio Horn, Lena Kleine, Lindsay Goranson, Udo Kier, Virginia Newcomb

THEATRE GUIGNOL de Jeremy Kasten : Une salle de cinéma se transforme en véritable théâtre de pantins sous l’égide d’un automate.
1 - THE MOTHER OF TOADS de Richard Stanley : En France, un couple de vacanciers rencontre une sorcière qui prétend posséder une copie du Necronomicon.
2 - I LOVE YOU de Buddy Giovinazzo : Une femme annonce à son mari qu’elle le quitte.
3 - WET DREAMS de Tom Savini : Une femme blessée se venge de son mari infidèle.
4 - THE ACCIDENT de Douglas Buck : Une mère et sa fille sont témoins d’un accident de la route.
5 - VISION STAINS de Karim Hussain : Une tueuse en série extrait les souvenirs de ses victimes à l’aide d’une seringue.
6 - SWEETS de David Gregory : Un couple obsédé par la bouffe consume son amour. 

Procurez-vous The Theatre Bizarre ou d'autres films en rapport avec Tom Savini ou Udo Kier

L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford (Andrew Dominik, 2007)


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Robert Ford est un membre du gang des frères James. Vouant une admiration au redoutable et notoire à Jesse James, il n'aspire qu'à entrer dans la légende à ses côtés, ou à sa place. Voici le récit des derniers mois de Jesse James et de celui qui assassinat la légende.

Encore un western plein-genre traité avec un style atypique, comme nous les aimons à la Rédaction. D'une beauté visuelle irréprochable et inspirée, L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford (on va écrire AJJ, d'accord ?) est un western psychanalytique et atmosphérique au long cours de plus de 2h30, aussi captivant que fascinant.

Andrew Dominik adopte un rythme lancinant pour nous conter l'histoire de la mort de Jesse James, incarné par un impressionnant et inquiétant Brad Pitt, et entouré d'une bien belle brochette d'acteurs, à commencer par le fragile Casey Affleck (The Killer Inside Me) et l'enorme Sam Shepard (Blackthorn). AJJ déroule une approche sombre d'un Jesse James se sentant cerné et qui s'apprête à préparer sa sortie. Véritable paranoïaque à tendance schizophrène, Jesse James est un homme usé et fatigué par une vie exempte de calme et de sérénité et qui envisage d'y mettre fin, après avoir mis certaines choses en ordre (des accolytes indélicats), quelqu'en soit le moyen : mort incluse.

Au milieu de magnifiques paysages, AJJ  fait planer l'ombre crépusculaire de la fin : fin d'une époque et aussi fin d'une vie devenue trop dure. Andrew Dominik reconstitue admirablement cette sensation d'une tempête qui approche, d'une fin imminente et inéluctable, et malgré la relative rareté de ses scènes violentes, parvient à créer très vive tension, à donner une impression d'électricité dans l'air qui donnent au film une violence palpable et latente. Il construit un Jesse James craint de tous et à qui rien n'échappe, au courant de tout comme par magie, et en lui conférant ainsi des "pouvoirs" suscitera davantage encore l'admiration jalouse et la frustration du jeune Robert Ford. La relation entre ces deux personnages est par ailleurs une merveille de construction, fine et passionnante.

AJJ se déguste autant pour son étonnant mélange de calme et de violence que par sa subtilité dans la construction de ses personnages. Son rythme lent donne à sa tension dramatique tout le temps nécessaire pour grandir, jusqu'à déborder l'image pour venir envahir le spectateur. Devant une réalisation aussi précise et décidée, le spectateur aurait presque l'impression de voir se dérouler devant ses yeux la Grande Histoire, d'assister en directe à la fin d'un mythe, à la fin de la légende.

Envoûtant, superbe et puissant Andrew Dominik livre un film aussi parfait qu'exigeant. Une miniature des plus fines (pour ses personnages ciselés), qui revêt pourtant les apparence d'une grande fresque. On pourra certes lui reprocher sa longueur excessive, mais la Rédaction y a au contraire vu une illustration nécessaire des effets du Temps sur les mythes, de la même manière que l'Histoire se construit lentement et que chaque détail à son importance . Un oeuvre cinématographique ambitieuse, un film passionnant, sombre et imposant : on applaudit des deux mains devant l'intelligence, la conviction et l'intuition de son réalisateur.

Procurez-vous L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford ou d'autres films de Andrew Dominik ou avec Brad PittCasey AffleckSam ShepardSam Rockwell ou Jeremy Renner

Doomsday Book (Kim Jee-Woon & Yim Pil-Sung, 2012)


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3 visions de la fin du monde : "Brave New World" par une épidémie qui décuple la violence et la libido des malades, "Heavenly Creature" par un robot qui découvre l'illumination dans un temple parmi les bouddhistes et "Happy Birthday" par un gigantesque astéroïde-boule-de-billard, commandée sur internet par une petite fille, qui va heurter la planète.

Dans 3 tonalités, très différentes les les unes des des autres, Doomsday Book propose de mettre fin au monde que l'on connait par l'épidémie ou la catastrophe (Brave New World et Happy Birthday de Yim Pil-sung, réalisateur de Hansel et Gretel) ou bien la spiritualité (avec le segment central Heavenly Creature du toujours exigeant et impeccable Kim Jee-Woon, réalisateur de A Bittersweet Life et notre incontournable J'ai Rencontré le Diable auquel nous vouons un culte sans faille...).

Yim Pil-sung ouvre et ferme Doomsday Book. Le premier segment  joue la carte de l'horreur en proposant une épidémie qui transforme les mangeurs de viande en zombies, mais comme la fin de monde, ou son commencement ici, n'est pas que violente, il se teinte d'une certaine poésie en y intégrant une histoire d'amour. La pomme (Adam et Eve) sera l’emblème de cet épisode, le plus turbulent et le plus abordable des trois par sa conception "traditionnelle" du "début de la fin". Bien construit et  joliment réalisé, la rédaction s'y est amusé et a bien aimé son "petit peu de finesse" dans son monde des brutes...
Le deuxième segment de Yim Pil-sung conclut Doomsday Book sur une note plus légère, puisque le scénario farfelu d'une la boule de billard qui va exploser notre planète, traite son sujet par l'espoir et l'humour. La rédaction est moins fan de son aspect rigolo et plus anecdotique (la rédaction préfère le sang et la violence, brutes insensibles que nous sommes !), mais Happy Birthday a le mérite et l'intérêt d'aborder la fin du monde en recentrant ses enjeux autours d'une petite famille, plus humain quoi ! Dans chacun des épisodes, Yim Pil-sung fait une place de choix aux médias coréens, et le traitement cruel et critique qu'il leur réserve finit de nous convaincre qu'une bonne fin du monde se doit de balayer une dernière fois pas mal de sujets, ce qu'il fait non sans une certaine réussite en faisant graviter des tas d'élements autour de son sujets principal. Bref "bien" et "bien" les deux segments de Yim Pil-sung

Et au milieu coule une rivière... Kim Jee-Woon prend en charge l'épisode central, avec une classe visuelle folle, en proposant une vision de la fin du monde non pas physique, mais spirituelle. Le monde qui touche à sa fin, pour son réalisateur, n'est pas fait de sang et de la violence, mais son glas sonne quand ce pour quoi nous sommes sur terre est atteint... quand nous devenons à notre tout Créateur... quand un robot découvre l'Illumination que les hommes cherchent tant toute une vie durant ! Religieux, philosophique et spirituel, Heavenly Creature prend le parti de nous faire aborder le concept "fin du monde" par une approche plus large et symbolique. La Rédaction applaudit des deux mains ce choix audacieux (et son résultat visuel diablement élégant), qui même s'il dénote quelque peu de Doomsday Book, lui donne une portée et un intérêt plus large encore.

Loin du fracas et du formatage américain, Doomsday Book donne à voir au spectateur une collection de sketchs particulièrement soignés et plutôt bien réfléchis. Son étonnant morceau central se détache bien au dessus des deux autres, mais la pluralité de ses approches, hétérogène dans ses angles et ses styles, s'avèrent au final assez cohérent avec le fil rouge de la fin du monde, ce qui n'est pas toujours le cas avec les films à sketchs. Techniquement très réussi et plutôt stimulant, Doomsday Book se regarde avec intérêt, et tout particulièrement pour son délicieux morceau de Kim Jee-Woon.

Procurez-vous Doomsday Book ou d'autres films de Kim Jee-Woon ou Yim Pil-sung 

Gas-Oil (Gilles Grangier, 1955)


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Jean Chape est chauffeur-routier. Entre son camion tout neuf, son gagne-pain, et l'institutrice dont il est tombé amoureux, il aborde enfin la vie qu'il souhaite. Mais tout va être remis en question lorsqu'un matin, il écrase un homme. Jean ne le sait pas, mais l'homme était en fait déjà mort ; un gangster abattu par ses complices qui pensent que Jean à récupéré l'argent qu'il leur avait dérobé...

Première de nombreuses collaborations avec Gabin (Archimède le clochardLe Cave se rebiffe ou encore Le Gentleman d'Epsom), Gas-Oil est un "film noir à la française", mais son rythme-diesel, ses valeurs et ses personnages le font aujourd'hui apparaître bien davantage comme un drame, voire une chronique provinciale, que comme un film à intrigue policière.

Si Jean Gabin est effectivement confronté à des gangsters qui le pense en possession de leur argent, cet aspect n'occupe qu'une moitié du film, l'autre n'étant constitué que de la vie quotidienne d'un simple camionneur dans la le Puy de Dome des années 50. Au delà de la sombre affaire qu'il réglera avec ses copains routiers, aujourd'hui bien molle et pas des plus palpitante, l'intérêt de Gas-Oil se concentre davantage sur son portrait d'une profession qui incarne une certaine France d'après-guerre, honnête et travailleuse. Ce qui caractérise Gas-Oil c'est bien plus l'amitié, la solidarité, le courage du travailleur et le "coup de jinjin", qu'un homme traqué par de dangereux malfrats. Gabin n'aspire qu'à vivre avec son institutrice (Jeanne Moreau) et "livrer ses endives à Berthier à 5h" !

Dans Gas-Oil, la France provinciale est tranquille et solidaire. Elle incarne les valeurs nobles du pays, certaines traditions, et les gangsters (des Parisiens !) représenteraient presque la modernité et l'absence de valeurs : la "mauvaise France". La caméra de Gilles Grangier, avec l'aide d'un Gabin impérial, dépeint avec un certain amour des gens simples en les représentant presque comme des Héros des temps modernes... Il faut voir Gabin attaquer sa journée avec son "gros camion" neuf dans lequel il vient de tout investir : c'est quasiment Le Salaire de la Peur ! Grangier représente une France courageuse, encore en train de "résister" , et c'est grâce à ce courage qu'elle mettra en défaite l'envahisseur sans morale ni scrupules. Gas-Oil, c'est un peu la Résistance qui s'auto-organise, sans faire appel à la police, dans une solidarité sans failles.

Aujourd'hui, l'intrique policière de Gas-Oil, peu intense et au rythme bien lent, nous paraît, ici à la Rédaction, devenue bien secondaire. Revoir (ou découvrir) Gas-Oil pour son coté "film noir" risque fort de d'apporter au spectateur quelques déceptions, car Gas-Oil roule à l'ordinaire, pas au super ! En revanche la France que l'on y découvre, séduit par sa "force tranquille", et les valeurs que l'on y découvre semblent encore faire écho  à ce qui a permis à la France de se libérer de l'oppresseur.

Gas-Oil est un film d'hommes et de valeurs, il sent le labeur, un peu la sueur et, curieusement, dégage aussi un certain parfum patriotique... Porté par son regard attentif et bienveillant sur ses "gens simples", ainsi que par les très bons dialogues d'Audiard, le film propose une belle image d’Épinal de la France d'après-guerre qui s'il n'était pas "embrassé" de son coté policier, en aurait fait une très jolie chronique sociale. Vous l'aurez compris, c'est donc sous cet oeil que nous y avons trouvé tout notre plaisir. Maintenant, si vous voulez voir un film noir ou un film policier pur jus, sombre et intense, nous vous recommandons plutôt de ne pas vous aventurer sur cette route là : ici c'est davantage la départementale des clochers et villages, que la rapide autoroute de la modernité !

Procurez-vous Gas-Oil ou d'autres films de Gilles Grangier ou avec Jean Gabin , Jeanne Moreau ou Roger Hanin

Moonrise Kingdom (Wes Anderson, 2012)


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Sam, un scout kaki, et Suzy sont tous deux considérés comme des "enfants à problèmes" par les adultes. Sur une île de la Nouvelle-Angleterre, en 1965, ils tombent amoureux et décident de fuguer ensemble. Les adultes partent à leur recherche alors qu'une grande tempête s'approche de l'île...

Wes Anderson porte la bienveillance de sa  caméra sur la délicate histoire d'amour de deux enfants de 12 ans. Une fois de plus, il renoue avec une certaine nostalgie en plaçant son récit au milieu des 60's (on se souvient de La Famille Tenenbaum situé dans les 70's). Et toujours fidèle à lui même, il livre un film coloré, saturé de détails visuels et aux cadrages... comment dire... "hyper-cadrés" ! Moonrise Kingdom ressemble au final à un mix entre La Famille Tenenbaum et Le Fantastique Mr. Fox, mais malgré son univers très familier et parfaitement reconnaissable, parvient à surprendre et émouvoir le spectateur.

Véritable maniaque des images à composition géométriques et des travellings latéraux et verticaux, Wes Anderson conserve le style qu'on lui connait, et continue de transformer la réalité en miniatures un peu figées et artificielles... Mais ne vous y trompez pas, le style Anderson à un but bien précis : forcer l'observation du spectateur en transformant son film en livre d'images (de ceux que les enfants peuvent regarder des heures...). Même si rien ne change beaucoup, la méthode s'avère toujours aussi efficace et Moonrise Kingdom dégage le délicieux parfum des jolies histoires d'antan, et la simplicité des histoires pour enfants. Le décalage fonctionne à plein entre son apparence presque enfantine et la maturité de ses thèmes, et une fois de plus un univers se forme et finit par atteindre son but : construire une belle histoire, un "conte pour adultes" simple mais pas simpliste, naïf mais pas neuneu.

Cette avalanche d'effets et de style travaille à plein pour mettre en valeur l'histoire d'amour de Moonrise Kingdom. Autour de ces deux gamins amoureux et de leur joli projet d'être ensemble, le film fait graviter le monde grave et compliqué des adultes. Cette apparence naïve et enfantine que donne Anderson à son film nous permet de retrouver, comme par magie, une simplicité de lecture de son histoire et ressentir toute la beauté celle-ci, comme débarrassé de nos interprétations d'adultes. Sam et Suzy vivent une histoire d'amour aussi importante et vitale que des adultes le feraient. Wes Anderson, sans aucune autre volonté ou message, nous permet d'en percevoir la touchante beauté. On oublie alors son style, ses acteurs (pourtant excellents) et nos filtres intellectuels s'estompent, on s'abandonne alors complètement aux personnages et à leur psychologie.

Wes Anderson, on aime ou on aime pas ! Moonrise Kingdom n'échappera certainement pas à cette règle... A la Rédaction, on adore ! Tout est dit... Maintenant il ne nous reste plus qu'à vous dire comment la délicatesse, le décalage et la drôlerie donne à ce Moonrise Kingdom toute sa qualité et sa générosité. Nous avons été séduit par ses "coup de foudres" qui tombent sur des enfants... Nous avons adoré ses adultes équipés d'oeillères qui considèrent le naturel et la normalité du comportement de Sam & Sally comme des "difficultés"... Ses scouts bêtes et méchants, ses petits animaux qui nous observent, ses batailles sanglantes, ses enfants adultes, etc... etc... Alors c'est sûr, ce n'est pas avec Moonrise Kingdom qu'Anderson nous donnera de la nouveauté stylistique, mais en regard du plaisir et de la poésie qu'il nous offre encore cette fois-ci, nous attendrons encore tout le temps qu'il faudra, patiemment, sagement et avec un large sourire aux lèvres.

Procurez-vous Moonrise Kingdom ou d'autres films de Wes Anderson ou avec Bill MurrayEdward NortonBruce WillisTilda Swinton ou Frances McDormand  

La Riposte de l'Homme-Araignée (Spiderman Strikes Back - Ron Satlof, 1978)


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L'Homme-Araignée doit récupérer une dangereuse bombe au plutonium des mains d'un non moins dangereux malfaiteur. Mais comment réaliser ce nouvel exploit avec une journaliste sans cesse sur le dos et alors que la police vous croit responsable du vol de la bombe ?

C'est la deuxième aventure cinématographique du héros de la Marvel, après l'Homme-Araignée un an plus tôt. Extension de la série télé L'Homme-Araignée, La Riposte de l'Homme-Araignée est en fait un téléfilm, porté sur grand écran, essentiellement constitué de scènes extraites de la série télé en quête de renommée. Place donc au plus grand exploit du super-héros, place à une symphonie d'action et d'effets spéciaux à couper le souffle !

Que dire sinon que La Riposte de l'Homme-Araignée développe avec les années un pouvoir de fascination grandissant ? Que dire devant une industrie télévisuelle/cinématographique aussi peu motivée pour attirer et satisfaire ses spectateurs ? La Riposte de l'Homme-Araignée n'a hélas rien pour sa défense ! Triste tentative publicitaire (et désespérée !) qu'elle est de vendre à tout prix et sans dépenser, si possible, un seul dollars. Bâclé, victime d'un budget que l'on devine aussi microscopique que les délais accordés pour le "mettre en boite", ce "film" (notez, chers lecteurs la présence des guillemets...) parvient à peine à mettre en oeuvre le minimum nécessaire pour exister. Son scénario timbre-poste, bien sûr, mais surtout sa réalisation à peine télévisuelle (mais courant à l'époque...), ne laisseront dans l'océan cinématographique que quelques gouttes de pur bonheur que seuls les accrocs les plus durs aux nanars sauront reconnaître !

Mais arrêtons un moment de tirer sur l'ambulance... Devant un tel degré d'excellence, le fan de nanars saura extraire de cette aventure de l'Homme Araignée quelques croustillantes pattes à se mettre sous la dents... ! A la rédaction nous avons adoré : Le 6ème sens de l'Araignée, avec son arrêt sur image et les yeux qui clignotent en rouge lorsqu'il pressent le danger... Le costume de l'Araignée, mal ajusté... La position de l'Araignée, courant les jambes arquées, toujours les bras en avant, écartés, comme si elle portait un gigantesque ballon invisible... L'héroïne qui propose, lors d'une poursuite en voiture où leur véhicule se retrouve immobilisé "On continue à pieds ?", alors que la voiture des méchants est déjà loin... L'héroïne, malgré ses remarques, pour sa jolie beauté... Les supers-pouvoir de l'Araignée, plus que nécessaires devant 2 pauvres humains sans armes et sachant à peine donner un coup de poing... La finesse de ses dialogues... Ses scènes d'action au rythme infernal, aussi vives qu'un modem 56K... Les effets spéciaux du tonnerre (bien sûr !)... Et surtout, pour finir, nous avons adoré la VF que nous ne pouvons que vous recommander si vous aimez voir les personnages afro-américains doublés par des martiniquais à fort accent, ou plutôt devrions nous dire des "ma'tiniquais à fo'w accent"...

Une patine de pauvreté recouvre donc cette aventure, et ce jusque dans ses moindres détails ! Une histoire train-train, un montage plan-plan, des scènes gnan-gnan : de quoi faire un bon film cucul à peine montrable à nos chères têtes blondes. Dans l'absolu La Riposte de l'Homme-Araignée est une pure démonstration de négationnisme cinématographique, mais il est aussi un émerveillement de chaque instant pour l'amateur d'humour décalé et de nanars ! Finalement, elle est pas si mal la franchise de Sam Raimi  ;-)

Procurez-vous Le Riposte de l'Homme-Araignée ou d'autres films de Ron Satlof ou avec Nicholas Hammond

La Désintégration (Philippe Faucon, 2012)


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Le parcours de trois jeunes adultes, d'origine arabe, dans une cité du nord de la France, qui se sentent exclus de la société dans laquelle ils vivent. Leur rencontre avec le charismatique Djamel, un rabatteur islamiste, va déplacer et fausser leurs repères.

Si l'on songe que La Désintégration est sorti 1 mois avant l'épisode Mohammed Merah (et donc conçu et pensé bien en amont), il faudra alors lui reconnaître bien des qualités. Sujet particulièrement délicat que celui de l'identité et de la sensation d'appartenance à un groupe (qu'il soit social, religieux, ethnique ou autre), Philippe Faucon aura au moins eu le mérite de l'aborder avec une réelle ambition d'impartialité sur son contenu critique.

En adoptant une mise en image sobre, exempte d'effets de styles et d'artifices dramatiques, Philippe Faucon concentre toute son énergie sur sa proposition de lecture d'une des problématiques de notre société : la montée de l'islamisme. Il tente de dépassionner au maximum ses arguments et se concentre sur un certain point d'équilibre, d'impartialité, en soumettant au spectateur une imposante collection de "pour" et de "contre", sans chercher pour autant à imposer de bouc émissaire.

La Désintégration ressemble davantage à une invitation au débat qu'à une proposition de lecture finalisée. Comme une évidence ou une urgence à "appeler un chat un chat", il expose une vision des responsabilités, et celle-ci fait mal ! Racisme et rejet(s) des deux cotés... Déséquilibre des chances... Cercle vicieux entre causes d'exclusions et effets de celles-ci... La Désintégration ne cherche pas à imposer une vision, sa vision, il utilise simplement le cinéma pour analyser une problématique sociale. Il utilise sa capacité à concentrer en son cadre des éléments choisis, et à l'aide de comédiens solides et justes (le petit frère Debbouze et le rabatteur sont absolument superbes !) semble se proposer comme un outil d'aide à la décision ou une ouverture au dialogue.

En fonction de camp où l'on estime se trouver ("gaulois" ou "sale arabe", mais on pourra aussi choir une troisième voie plus salvatrice...), on pourra bien sûr lire La Désintégration dans un  sens ou dans l'autre, comme une arme à double tranchant, arme dans les deux cas, désignant des coupables absolus au mépris de la complexité des fautes... Ce n'est pourtant pas l'ambition de La Désintégration ! Compter les points n'est pas sa finalité, La Désintégration propose au contraire d'arrêter la distribution des rôles et appelle à prendre du recul.

Approche enrichissante d'un sujet complexe, Philippe Faucon utilise le cinéma comme une arme pédagogique, il utilise son pouvoir narratif pour lancer un appel au calme, un appel à la responsabilité et au "vivre ensemble". Faute de trouver LA solution à l'islamisme en France, La Désintégration donne à ses images, à son propos, l'intelligence nécessaire pour analyser et mieux appréhender le monde qui nous entoure. A la limite d'un "cinéma citoyen", la rédaction de Doorama voit dans la Désintégration une invitation à la tolérance, formidablement emballé sous la forme d'une chronique sociale captivante, aussi dérangeante qu'utile. Philippe Faucon à réussi son pari : nous "mettre le nez dans la m..." sans désigner de coupable. Ce n'est pas la panacée, mais on évite avec talent la moralisation et le politiquement correct grâce à une sobriété documentaire puissante et habile : un cinéma imparfait par nature, frustrant même, mais à l'issue duquel on se sent moins bête. Proposition validée !

Procurez-vous La Désintégration ou d'autres films de Philippe Faucon ou avec Rashid Debbouze ou Yassine Azzouz

Arsenic et Vieilles Dentelles (Frank Capra, 1944)


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Mortimer Brewster vient juste de marier. Mais lorsqu'il vient annoncer la bonne nouvelle à ses deux tantes, d'adorables vieilles dames adorées de tout le quartier pour leur grandeur d'âme, il découvre qu'une de leurs bonnes actions consiste à tuer de vieux messieurs...

Arsenic Et Vieilles Dentelles est une expérience que l'on peut qualifier d'épuisante ! Frank Capra, en adaptant une pièce de Broadway, signe un monument de la comédie américaine, et enchaîne deux heures durant, les situations les plus folles et les rebondissements les plus rocambolesques, le tout  noyé dans un humour noir, souvent teinté de burlesque. Réalisé à la manière d'un quasi hui-clos (puisque l'action se déroule presque intégralement dans le salon des deux adorables tantes) Arsenic et Vieilles Dentelles est un modèle du genre.

En plus de son scénario en or, le plus gros atout de Arsenic et Vieilles Dentelles est, bien entendu, un Cary Grant plus drôle que jamais, qui saute, virevolte, grimace et en fait des tonnes ! Au milieu des péripéties qu'il traverse, son personnage dérive lentement de la légère fébrilité (le mariage...) vers une frénésie nerveuse, proche de la folie qui semble habiter toute la famille Brewster... Cadavres cachés, invités surprises, vin empoisonné, frère meurtrier-psychopathe, cave transformée en cimetière, jeune épouse à combler et un Président Roosevelt qui joue du clairon et sonne la charge dans l'escalier, ne sont que quelques unes des irrésistibles, et souvent hilarantes, situations qu'il doit affronter.

En dépit de son aspect très théâtrale, Frank Capra insuffle une vitalité sans faille à sa mise en scène (la séquence dans le salon du transport de Mr. Hopkins, dans une quasi obscurité, est tout simplement "lumineuse"...). Perpétuellement balayée par un vent de folie, Arsenic Et Vieille Dentelles parvient à maintenir un rythme constant en empilant les situations comiques et en les faisant s'entrechoquer dans un humour aussi noir que débridé ! Du bonheur, rien que du bonheur...

Véritable concentré d'humour, Arsenic Et Vieille Dentelles est, pour la rédaction de Doorama, l'une des comédies américaines les plus drôles jamais réalisées. En compilant nos souvenirs, nous avons bien du mal à trouver un autre titre qui propose aussi intensément et efficacement son génie comique, et ce sans jamais faiblir, durant près de deux heure : on vous le dit, c'en est presque épuisant ! Du haut de ses (presque) 70 printemps,  Arsenic Et Vieille Dentelles tient plus qu'aisément la "dragée haute" devant nombre de ses compétitrices. Un modèle, un incontournable jalon de la comédie américaine : un chef d'oeuvre, ni plus, ni moins.

Procurez-vous Arsenic et Vieilles Dentelles ou d'autres films de Frank Capra ou avec Cary GrantPeter Lorre 

Blackthorn (Mateo Gil, 2011)


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Alors que tous le croient mort, Butch Cassidy vit retiré en Bolivie depuis 20 ans sous le nom de James Blackthorn. Las de sa vie d'éleveur de chevaux, il prépare son retour chez lui aux Etats-Unis, mais sa rencontre avec Eduardo va bouleverser ses projets et l'entraîner dans une dernière chevauchée.

C'est sans doute la rareté du genre sur les écrans et son allure atypique qui nous ont emballé dans ce Western élégant et crépusculaire. Au travers de cette retraite imaginaire du grand bandit américain, on retrouve dans Blackthorn toute la distance nécessaire pour aborder les codes et la mythologie de "feu le genre western" avec l'amertume, le désenchantement et le coté sombre déjà abordé par Eastwood dans Impitoyable. Blackthorn, est un western lent et nostalgique qui explore le Mythe, avec comme principaux atouts Sam Sheppard et les sublimes et étranges paysages de l'Amérique du Sud.

Sam Sheppard a tourné le dos à son tumultueux passé et aspire maintenant à retrouver ses racines et sa famille, mais sa légende se rappellera à lui, comme s'il lui était interdit de d'effacer sa vie d'avant malgré une certaine rédemption. Blackthorn c'est l'aspiration à redevenir un homme ordinaire qui est refusée à un mythe : un homme condamné au passé, malgré la noblesse de ses valeurs retrouvées. Mateo Gil s'attaque avec une grande sobriété à ce parcours rédemptoire et en abordant la fin d'un mythe (Butch Cassidy quand même !) parvient à le ressusciter. Sans parvenir toutefois à atteindre la qualité d'Impitoyable, tout est là, et son réalisateur s'approprie les thèmes eastwoodiens pour en livrer une bien belle interprétation, nostalgique et personnelle.

Ses somptueux décors donnent aussi à Blackthorn une réelle identité, ils impriment un rythme très particulier sur l'histoire et agissent directement sur les personnages. Que ce soit les hauts plateaux salés où l'air se fait rare et les poursuites lentes, ou ses montagnes hostiles, ils plongent les personnages dans d'immenses (et magnifiques !) déserts naturels et, en les isolant, les confrontent et les renvoient à eux même, les forcent à l'introspection. Blackthorn est un plaisir rétinien mû par une utilisation de la nature non sans rappeler celle d'un Lawrence d'Arabie. Blackthorn parvient à construire un western intimiste et lent, à échelle humaine, sans pour autant omettre le souffle et la grandeur de ses prédécesseurs (La Horde Sauvage).

Que ce soit son rythme atypique, ses décors à couper le souffle ou son cocktail équilibré de thématiques fortes (les racines, le mal du pays, la filliation, l'amitié, la rédemption...), Blackthorn surprend le spectateur de bout en bout. Sans jamais se prétendre un "grand western", il en prend pourtant tout les attributs et les met au service d'une histoire, belle, simple et forte. Cette manière de faire un vrai-faux western n'est pas sans rappeler le superbe 3 Enterrements ou L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford... Des westerns pur jus traités dans un style presque extérieur au genre. Et si Blackthorn s'encombre effectivement de flashs-backs qui brisent un peu son pouvoir hypnotisant, la Rédaction à été séduite par son équilibre entre sincérité, grandeur et minimalisme.

Concernant la note de la rédaction, 7 aurait été plus juste, mais devant le plaisir de sa découverte (qui supportera modestement, il est vrai, l'analyse) et son étonnante action retenue (mais captivante), nous avons préféré lui donner un "bonus", afin de vous donner envie de le découvrir vous-aussi. Que l'on adhère ou non au propos et à la forme de Blackthorn (et des raisons de na pas l'aimer, il y en a !), nous pensons que Blackthorn est un film maîtrisé, qui réussit à marier harmonieusement classicisme, modernité, originalité et plaisir (des qualités que nous prêtons au sublime Agora, pour lequel Mateo Gil avait écrit le scénario...). Pas un chef d'oeuvre, mais un film simple, solide et réussi, presque parfait en son genre au vu de ses ambitions et du plaisir qu'il procure : du cinéma, du vrai, comme on aime !

Procurez-vous Blackthorn ou d'autres films de Mateo Gil ou avec Sam Shepard, Eduardo Noriega, Nikolaj Coster-Waldaut ou Stephen Rea