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Carambolages (Marcel Bluwal, 1963)


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Entre son mariage avec la fille de son supérieur hiérarchique et sa maîtresse enceinte, sa secrétaire, Paul veut absolument gravir les échelons de la société organisatrice de voyages qui l'emploi. Devant les promotions sans cesse repoussées par le Directeur Général, Paul décide d'accélérer de manière radicale le renouvellement des cadres de l'entreprise.

Cette comédie sur l'ambition professionnelle, malgré son indéniable humour, met bien du temps à atteindre sa vitesse de croisière. Le spectateur devra donc s'armer de patience avant de se laisser emporter dans ce jeu de chaises musicales.

Si Carambolages s'ouvre avec un amusant avertissement indiquant qu'il n'est pas un film à charge contre le patronnât ou la police,  l'humour qu'il développe ne laisse pourtant planer aucun doute sur ses cibles, et sur ce point fait plutôt mouche. Que ce soit De Funès en affreux patron ingrat ou Serrault en flic ancien collabo, Carambolages dégage une sympathie qui ne son âge ne saurait démentir. Le scénario de Pierre Tchernia trouve dans cette société des Champs-Elysées une inépuisable source d'inspiration en situations de toutes sortes (l'ascension professionnelle, la double vie, la publicité, la hiérarchie dans l'entreprise...), mais c'est surtout, une fois de plus, sous la plume de Michel Audiard que Carambolages trouve son énergie. Souvent grinçant ses dialogues vifs et dynamiques s'avèrent pour certains particulièrement savoureux.

Si Carambolages a donc quelques atouts dans sa poche, il est hélas sérieusement plombé par un manque de rythme particulièrement handicapant. Plus que laborieux à présenter son jeune employé et ses besoins pécuniaires, ainsi qu'à lui opposer l'immobilisme de son patron, Carambolages devra attendre sa deuxième moitié pour mélanger enfin ses différents ingrédients et accélérer enfin son rythme. Auparavant, sa réalisation pataude aura pris soin de faire retomber bien des gags et transformer la légèreté de l'ensemble en sage attente. Seules certaines répliques récompenseront la patience du spectateur, certaines même presque invisibles comme cette annonce proposant un voyage en Russie en car, avec 10 jours de car, 1 jour sur place et 10 jours de cars... (on aurait bien aimé que ce vent de folie habite davantage ses personnages !).

En dépit de son laborieux démarrage (plus de la moitié quand même...), Carambolages demeure sympathique, ne serait-ce que pour son agréable casting (avec un courte apparition de Alain Delon vers la fin...). Il faudra attendre son dernier tiers pour sentir un peu de vie dans tout ça et trouver enfin ce petit coté léger et populaire, avec un soupçon de cruauté sur ces personnages, qui en font un divertissement d'époque tout à fait correct. Carambolages n'est qu'un gentil divertissement d'époque, rigolo, non dépourvu de charme, ni d'humour, mais que la route est longue avant que les zygomatiques se relâchent enfin ! A revoir pour les nostalgiques, mais à condition d'avoir un oeil bienveillant.

Procurez-vous Carambolages ou d'autres films de Marcel Bluwal ou avec Jean Claude BrialyLouis de FunèsMichel SerraultSophie Daumier ou Alain Delon

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