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Thale (Aleksander Nordaas, 2012)


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Elvis et Léo nettoient les scènes de crime. Sur une scène, il découvrent une jeune femme, tenue cachée dans un sous-sol par la victime... Elvis et Léo découvrent une jeune femme étrange, bavarde et effrayée, en attendant l'arrivée de secours... Pourquoi était-elle maintenue à l'écart du monde ?

C'est la deuxième fois en peu de temps que le Norvège exploite son patrimoine mythologique, après le sympathique The Troll Hunter, et elle nous présente cette fois-ci une "huldra", sorte de fée dans les bois qui revêt l'apparence d'une jolie femme, mais avec une queue de vache. On pensera à un sketch de Kwaïdan, puisque l'huldra peut séduire les humains, se marier avec et combler son époux, à condition qu'il ne parle pas de ce mariage à d'autres... Sinon fin du bonheur !



Visiblement réalisé avec très peu de moyens, Thale met donc en scène une rencontre entre deux humains et une femme qui se révèlera être une créature féerique. Très court (1h17), le développement de Thale lui donne une ressemblance avec un épisode de la Quatrième Dimension, puisqu'il s'intéresse à l'irruption du magique dans la réalité des deux hommes, la rencontre, plutôt qu'à ses éventuels effets et implications futures.

Thale joue davantage la corde sensible que la celle du suspense, et sa musique douce (carillons et lent violoncelle) est là pour vous le rappeler : ce que vous voyez n'est pas une histoire pour faire peur, mais une belle histoire, un conte de fée ! C'est donc ce que nous avons fait, mais si charmante soit Thale,  on a quand même du mal à palpiter ou s'émouvoir sur son histoire. Les éléments fantastiques sont un peu trop rapidement dévoilés pour entretenir suffisamment le mystère, alors que l'ambiance de la découverte du sous-sol suffisait à maintenir le spectateur en éveil... Mais le vrai point faible de Thale réside dans son caractère prévisible, tant les directions de son scénario sont sur-évidentes : découverte de la pièce / de la femme / du caractère magique, puis menace extérieure et dénouement (que l'on pressent heureux... puisque c'est un conte de fées !).

Aleksander Nordaas réalise donc un premier film qui, sans ennuyer, ne parviendra pas à emmener son spectateur bien loin. Ce conte de fée scandinave, malgré sa créature nouvelle pour le public français, une Huldra, n'innovera finalement que bien peu, en s'appuyant sur une mécanique mainte fois vue et revue. Malgré une belle utilisation de la Nature norvégienne, et des forces magiques qu'elle recèle, Thale demeure dans l'anecdotique et souffre de son coté prévisible. Thale n'a rien de foncièrement raté, mais son aspect "faille de la Quatrième Dimension porté sur grand écran" lui ôte une grande partie du souffle féerique et de la surprise qu'il se devait d'acquérir pour combler les spectateurs exigeants que nous sommes. Peut mieux faire...

Procurez-vous Thale ou d'autres films de Aleksander Nordaas 

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