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Boule de Feu (Howard Hawks, 1941)


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8 grands érudits partagent, depuis plus de 3 ans déjà, le même logement afin de rédiger une encyclopédie. La lettre S arrive et comporte Slang (argot) et Sexe... C'est dans ce studieux endroit que Sugarpuss, l'amie d'un gangster, va trouver refuge pour fuir la police qui la recherche activement. L'arrivée de la jeune femme va agiter la petite communauté, Beltram Potts, le plus jeune, linguiste, va tomber amoureux Sugarpuss.

Howark Hawks signe ici une comédie infiniment moins rythmée et tonique que L'Impossible Monsieur Bébé, mais son humour ravageur, sa romance et ses 7 espiègles petits vieux parviennent pourtant à faire de Boule de Feu une excellente comédie, très injustement "oubliée" dans la filmo de son réalisateur.


Boule de Feu, c'est un peu Blanche Neige et les 7 nains... pardon, 8 ! Blanche Neige est une chanteuse de Music Hall... Le prince charmant un professeur linguiste... Les Chasseurs qui la traquent, la Police... Les 7 nains sont au nombre de 8, chacun dotés d'une discipline d'érudition comme ceux de Disney l'étaient d'un caractère (Simplet/ Philosophie, Grincheux/Mathématiques, etc.)... La méchante reine, un gangster qui doit épouser la chanteuse pour éviter qu'elle ne puisse être appelée  témoigner contre lui... Et comme de bien entendu, l'arrivée de la belle dans le quotidien studieux et organisé des 8 encyclopédistes (Gary Cooper est le seul jeune), va faire voler en éclat la concentration du petit groupe et porter en son sein la graine de l'amour, mais aussi le monde de la pègre !

Tout ça n'est pas aussi hystérique que nous l'espérions, mais Boule de Feu, en dépit de son incapacité à dépasser une limitation de vitesse bien peu élevée, n'a pourtant eu aucun mal à accrocher la banane à toute la rédaction. Mieux, nous avons été complètement conquis par le rythme casanier de ses petits vieux ! C'est bien évidement par tout un jeu de contrastes que Hawks nous immerge dans cet univers poussiéreux qui va découvrir le grand ménage de printemps (siffler en travaillant ?). La vénérable sagesse des charmants petits-vieux s'oppose à l'impatiente énergie de la jeunesse, le conservatisme s'oppose à la modernité, la savoir éclairé aux sombres projets étriqués des méchants... Inévitablement les deux mondes opposés génèrent des étincelles et les échanges commencent ! La jeunesse envahi le vieux monde, redonnant vigueur à nos vieux érudits, les transformants presque en enfants espiègles et turbulents, et la raison l'emportera sur les dangers de la vie de femme de gangster.

Simplement, sans hâte ni brusquerie, Boule de Feu enclenche sa mécanique ronronnante pour nous faire adhérer à cette romance résolument savoureuse et délicieuse ! La réussite de Boule de Feu se concentre principalement sur la fine équipe d'encyclopédistes, dont l'alchimie à l'image est imparable. Prévisible, voire pantouflarde dans son déroulement, Boule de Feu trouve dans la formation de son improbable couple Gary Cooper/Barbara Stanwyck, et dans ce petit monde qui s'enflamme, tous les éléments nécessaires pour créer le plaisir et l'adhésion du spectateur. Rapidement le charme opère, la mayonnaise prend et la mécanique comique fonctionne à plein. Il ne manque qu'un peu de punch et de rythme pour que Boule De Feu explose réellement. A deux doigts du top, il aurait accédé sans peiner aux sommets de la comédie romantique américaine ! Handicapé par son manque de vélocité, son efficacité sera cependant sans faille si vous êtes préparé à un voyage en car, plutôt qu'en TGV. La critique semble sévère, mais croyez-nous lorsque nous vous disons qu'on ne s'y ennuie pas un seul instant. Pas un chef d'oeuvre, mais un excellent moment habité d'un charme puissant et traversé d'un humour absolument délicieux ! On recommande "chaudement".

Procurez-vous Boule de Feu ou d'autres films de Howard Hawks ou avec Gary Cooper ou Barbara Stanwyck 

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