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Tom Horn (William Wiard, 1980)


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Lorsque Tom Horn arrive quelquepart  sa réputation le précède : tueur, pisteur et interprète  il est presque une légende de l'Ouest. C'est pour cela qu'il est engagé par une association d'éleveurs de bétail, afin de faire cesser les vols. Mais devant ses méthodes expéditives, il devient encombrant et se retrouve subitement accusé du meurtre d'un enfant. Le grand Tom Horn a t'il pris son travail trop à coeur où est il prisonnier d'une manipulation des éleveurs ?

Alors que la rédaction se souvient que dans son jeune âge, la télévision proposait plusieurs westerns par semaines (avant de passer aux films policiers, puis aux séries...), nous n'avions pas croisé ce Tom Horn. A la fin des 60's, après que Léone ait presque "tué" le western par overdose de génie, le genre s'était grandement raréfié, s'illustrant dorénavant par à-coups souvent impressionnants (Impitoyable, Open Range, L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford ou l'étonnant Seraphim Falls) Tom Horn voit le jour en 1980, au milieu d'une époque qui ne lui ressemble pas...

Comme nombre de ses confrères post-Léone, Tom Horn prend place à l'aube de la fin du grand Ouest. Steve McQueen y incarne un cow-boy dont l'existence est appelée à disparaitre, une race en voie d'extinction devant une modernité qui comble progressivement tout espace de libertés. A priori exactement ce que nous aimons dans le western "moderne", Tom Horn butte pourtant à nos yeux sur bien des points... Son rythme, d'abord, hésite entre action pure et portrait nostalgique... Sa réalisation, peu inspirée, peine à lui insuffler du souffle et de la grandeur... Son écriture, enfin, met difficilement ses thématiques en valeur et semble davantage chercher un angle d'attaque que réellement s'engouffrer dans une direction définie.

Loin d'être ennuyeux ou raté, Tom Horn nous paraît simplement maladroit. Alors que la nouvelle modernité du genre Western trouve son inspiration dans la minéralité de ses valeurs, travaillant, comme un retour aux sources, à sans cesse remettre sa modernité en avant, Tom Horn semble choisir le contre-pied et au contraire imposer le passé à la modernité. Son héros ne s'interroge que peu sur les changements qui l'entourent, au mieux les regarde-t'il avec mépris, s'accrochant à ses origines et refusant d'y céder. Mais curieusement, avec cette cool-attitude naturellement campée par un McQueen résigné, on semble lire davantage l'affirmation personnelle de l'homme moderne des 80's que celle de la défense de valeurs dépassées. Tom Horn s'épanouit loin de son propos scénaristique, loin du coeur du genre et de l'hommage à celui-ci, il trouve son identité en plaçant des éléments cinématographiques très contemporains (comme ceux issus du cinéma policier) dans un décor du Western. Ça donne un film plutôt agréable, mais l'âme du Western ne trouve sa véritable expression que dans la privation des grands espaces que ressent Tom Horn derrière ses barreaux, et non sur l'ensemble du film.

Malgré ses apparences de Western classique et pur jus, Tom Horn est quelque part déconnecté de ses origines. Comme en marge du genre malgré son allure, ses thèmes et ses codes, il nous a laissé une impression de Canada Dry ("ça ressemble à de l'alcool, ça a la couleur de l'alcool... Mais..."). Alors que Des Hommes Sans Loi n'est pas un "vrai" western, mais qu'il en revêt pourtant tous les oripeaux, ou que le très atypique Blackthorn s'éloigne des codes classiques sans abandonner un instant son essence, Tom Horn trouve son titre de western atypique en faisant exactement le chemin inverse : coller à l'image mais fuir l'esprit. Toute la rédaction à focalisé sur cet aspect, pourtant tenu, presque imperceptible, de Tom Horn mais  couplé à sa molle et peu audacieuse réalisation (la fabrication de Tom Horn était semble-t'il chaotique... Wiard, qui vient de la télé, a récupéré le bébé on ne sait trop comment...), le film de William Wiard perd de la noblesse qu'il prétend pourtant porter en lui. On aime assez Tom Horn, mais son positionnement dans le western n'est qu'un "truc" finalement pas très utile. Le résultat est certes agréable et atypique (on adore sa fin résignée...), mais il plane comme un soupçon de manque de sincérité, comme un parfum d'opportunisme sur l'avant-dernier film de notre Steeve... "il y a quelque chose de pourri au royaume du western"... :-)

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