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L.A. Takedown (Michael Mann, 1989)


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A Los Angeles, le détective Vincent Hanna traque le gang de Patrick McLaren, un braqueur expérimenté. Chacun fait ce qu'il sait faire, chacun sait ce que l'autre doit faire : le braqueur et le policier commencent une partie de chat et de la souris, au détriment de leur vie respective...

Heat... Six ans avant de mettre en image la mythique confrontation Pacino / DeNiro, Michael Mann en réalisait, sur la base du même scénario, une première version pour la télévision : L.A. Takedown. Presque 2 fois plus court que son ainé, on y retrouve cependant tout les ingrédients qui feront de Heat une perle parfaite, un film énorme... L.A. Takedown est bien loin de Heat (pour ne pas dire incomparable), mais même si son intérêt et sa qualité sont faibles, l'exercice est passionnant à regarder... Prototype approximatif dans lequel il est difficile d'entrevoir la noblesse de sa matière, L.A. Takedown en dit pourtant long sur ce qu'à un réalisateur a en tête, sur la gestation d'une oeuvre... Le magnifique Le Solitaire (The Thief) en 1981... le chef d'oeuvre Heat en 95... et au milieu L.A. Takedown, avec encore cette farouche volonté de décrire et comprendre de quoi sont fait les personnages moteurs de l'action, plutôt que de simplement la montrer. Cliquez...

On vous présente L.A. Takedown comme incomparable avec Heat -et c'est vrai-, mais c'est pourtant ce qu'on ne peut pas s'empêcher de faire. Moche, télévisuel, brusqué, parfois limité, mal dégrossi... L.A. Takedown hérite de bien des défauts qui masquent son potentiel, mais c'est pourtant avec un grand plaisir que nous l'avons découvert. A la rédaction, nous vouons une admiration toujours croissante devant son grand frère Heat, et découvrir cette ébauche imparfaite s'avère pourtant des plus passionnante.

Quelquesoit sa piètre qualité, il y a là tout ce qui fait de Heat une immense oeuvre, mais dans le désordre, avec des priorités mal placées, des choix trop rapides... L.A. Takedown possède bien cette fascination de ce qu'il se cache derrière les hommes, il possède déjà cette obsession de l'intimité des personnages, mais peine à le partager avec nous. Plutôt moche avec son look 80's, il dessine déjà les deux blocs qui se partageront le futur Heat... Et sur ce point, il est impressionnant de voir déjà se dessiner Pacino comme l’interprète incontournable du flic : nerveux à souhait.

L'action de L.A. Takedown est bien sobre et peu impressionnante, l'intensité et l'ambiance qui caractérisent Heat y sont absentes, faute de temps et de budget, même si on les devine déjà. Heat du pauvre, L.A. Takedown en devient presque fascinant, tant on sent la personnalité de Mann s'exprimer dans une forme aussi peu "sexy". Même intrigue, même scènes clés, mêmes approche des personnages, et pourtant un gouffre (qui parait infranchissable) les séparent. C'est un fait, L.A. Takedown ne mérite pas franchement que l'on s'y attarde, mais l'exercice d'analyse qu'il propose est des plus intéressants pour le petit cinéphile qui est en vous... L.A. Takedown, paradoxalement, est un étonnant prolongement à la réflexion que Heat peut faire naître en vous, et sur cette question essentielle : "qu'est-ce qui transforme un film, un objet de divertissement issu de l'industrie, en oeuvre artistique majeure ?". On a adoré voir (enfin !) ce mauvais film...

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