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Promise Land (Gus Van Sant, 2013)


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Global, une compagnie d'exploitation de gaz de schiste, envoie Steve Butler démarcher les habitants d'une petite ville américaine "qui repose sur des millions". Plein de promesses, mais aussi de sincérité, Steve va pourtant se heurter à la méfiance des citoyens, avec l'arrivée d'un militant écologiste qui dénonce les pratiques et les dangers de Global. Steve va peut-être arriver à un stade où lui aussi va douter...

Gus Van Sant est un cinéaste intéressant, à la fois esthète et ambitieux, il construit petit à petit une filmographie variée, et globalement de qualité. Du calibré Will Hunting, au minimaliste Last Days, en passant par Elephant ou Gerry, Van Sant s'intéresse à la dimension humaine de ses personnages. Promised Land va dans cette direction en proposant autour d'un sujet d'actualité (le gaz de schiste) de dresser un portrait tout en nuance d'un "acheteur de ressources" à la solde d'une multinationale. "A la solde" ? C'est bien là que Promised Land est intéressant puisqu'il extrait d'un profil souvent critiqué pour ses méthodes et son absence de valeurs, des qualités humaines. Humaniste et plein d'espoir le dernier Van Sant ?

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Les Bêtes du Sud Sauvage (Beasts of the Southern Wild - Benh Zeitlin, 2012)


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Dans les bayous de la Louisiane, Hushpuppy, 6 ans, vit seule avec son père, non loin d'une petite communauté d'exclus et de marginaux, loin des valeurs de la société. Partageant son quotidien avec les animaux et subvenant à ses besoins avec ce que la nature lui donne, la vie de Hushpuppy bascule quand son père tombe malade et qu'un dérèglement climatique approche...

Les Bêtes du Sud Sauvage n'a rien d'un conte fée magique ou d'un univers fantastique peuplé de créatures merveilleuses. Bien au contraire ! La magie et le fantastique sont bien au rendez-vous, mais c'est principalement parce que c'est par les yeux d'un enfant que nous est racontée cette belle histoire, cette triste histoire malheureusement trop réelle...

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Océans (Jacques Perrin, Jacques Cluzaud, 2009)


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Dans un futur plus ou moins proche, un grand père se demande comment il pourrait faire comprendre à son petit-fils ce qu'était cet Océan que les hommes ont abîmés au point de le vider de sa vie... Voir ses merveilles suffirait à appréhender sa beauté...

Après Le Peuple Singe (en tant que producteur), Mikrocosmos (sur les insectes...) et Le Peuple Migrateur (les oiseaux...), Jacques Perrin poursuit son exploration des merveilles de la Nature, cette fois dans l'élément liquide.

C'est bien sûr en grande partie la technologie qui donne à Océans son pouvoir d'émerveillement sur le spectateur, mais pas seulement... Ses images, impressionnantes de beauté, coupent littéralement le souffle du spectateur, le mettant presque en situation d'apnée pour mieux pénétrer dans cet océan, mais au delà de sa "simple" beauté esthétique, c'est aussi par le sens de ces images que Océans nous touche !

L'accumulation d'images incroyables, souvent jamais vues (en tout cas de cette manière là !), laisse après leur vision une réelle adhésion au message de Jacques Perrin sur la nécessité, l'urgence, de préserver ce patrimoine naturel. Le message écologique, qui trouve depuis quelques années dans le cinéma un puissant allié, est ici transmis au spectateur sans tentative de le culpabiliser ou de le convaincre à tout prix. Jacques Perrin utilise pour seul argument ce que l'on pourrait résumer par "Regardez ! C'est si beau, si parfait, si énorme qu'il est évident que ça doit rester comme ça l'a toujours été", sa profession de foi, presque comme une prière religieuse...

Documentaire aux images fascinantes, hypnotisantes, certes, Océans ne manquera cependant pas de "références cinématographiques" : La transhumance des araignées de mer surpasse les plus impressionnants combats de 300... Certains habitants des profondeurs semblent avoir inspiré la créature de Alien... d'autres semblent sorties de l'univers de Hayao Miyazaki (Mon Voisin Totoro)... certaines semblent plus violentes et létales que les hordes de Starship Troopers... Quant au poisson-pierre, à l'allure grotesque, il s’avérera un chasseur plus redoutable encore que le Predator de Mc Tiernan ! Océans nous donne à voir la Nature dans ce qu'elle a de plus beau, de plus noble, et nous oblige à accepter humblement sa perfection, sa supériorité même ?

Océans, pour parfaire ses atouts, aura de plus la générosité de se faire discret quand à ses commentaires... Il est vrai que la majorité de ses scènes et ses images parlent (et fort !) d'elles-mêmes, le spectateur peut alors s'abandonner complètement à leur beauté contemplative... Si la pertinence des commentaires n'a d'égal que leur rareté, le spectateur n'échappera cependant pas à notre Bruno Coulais national, tantôt envahissant, tantôt en mode inspiration minimale, mais rien de grave cependant.

Océans est un opéra visuel à l'esthétique somptueuse. Contemplatif et pédagogique, il est un autant un plaisir visuel qu'intellectuel, et ce grâce à une liberté et une subtilité que l'on aurait aimé voir dans le magnifique Home de Yann Arthus-Bertrand. Ce documentaire est une merveilleuse réussite : "le poids des mots, le choc des images", mais sans les mots... :-)

Procurez-vous Océans ou d'autres films de Jacques Perrin, Jacques Cluzaud ou avec Jacques Perrin

La Derrnière Vague (The Last Wave, Peter Weir, 1977)


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Alors que l'Australie subit de curieux troubles météorologiques, à Sydney, un avocat, doit assurer la protection d'un groupe d'aborigènes impliqués dans un homicide. Par le biais de curieux rêves prémonitoires, il va rapidement s'interroger sur l'hypothèse d'un meurtre tribal ainsi que son propre rôle.

Sauf surprise, les plus grands films de Peter Weir sont derrière lui (Witness, Hanging Rock, le Cercle des Poètes Disparus, The Truman Show pour certains) la Dernière Vague en fait partie.

Sur fond d'enquête initiatique et de quête identitaire, La Dernière Vague possède bien des qualités. Sur un scénario ambitieux (fin du monde, cultures ancestrale, parcours initiatique, cause aborigène, rêves prophétiques, etc...) Peter Weir distille un puissant climat de mystère, il développe adroitement les nombreuses facettes de son film pour lui donner une richesse certaine et construire une dimension fantastique complexe et passionnante.

Porté par un Richard Chamberlain excellent (la preuve existe dans ce film), La Dernière Vague propose un étonnant parcours, du film catastrophe à celui de film fantastique, qui s'appuie sur une habile utilisation de thèmes de réflexion comme la cohabitation des cultures, les croyances de nos sociétés et même l'écologie, en filigrane, au travers d"une apocalypse à venir, à laquelle une société demeure sourde à ses symptômes (grêle, pluie noire...).

Paradoxalement, c'est cette même richesse thématique qui viendra troubler le spectateur, puisque aucune clé ne lui étant livré, il se retrouvera seul avec tout ce beau matériaux sans réel notice de montage. La Dernière Vague est une lente prise de conscience, une quête de vérité et d'identité, nimbé d'un impressionnant climat de mystère particulièrement réussi (notamment par l'utilisation de l'Ere des Rêves aborigène - Dreamtime).

Si, à l'image de la météo tout n'est pas toujours clair, il demeure aujourd'hui un film terriblement intriguant qu'il convient de (re)découvrir malgré ses quelques rides (de sagesse) superficielles.
Il réveillera aussi chez certain l'envie de revoir un Wolfen ou bien un Nomads...