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La Montagne Sacrée (The Holy Mountain, Alejandro Jodorowsky, 1973)


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Un homme ressemblant au Christ s'introduit dans le repère d'un alchimiste. Avec sept puissants de ce monde, chacun représenté par une planète, ils seront guidés par l'alchimiste pour dérober le secret de l'immortalité aux sages de la Montagne Sacrée.

Difficile tâche que de porter un regard critique sur La Montagne Sacrée, tant le film est un objet cinématographique à part, une création à rapprocher d'une véritable oeuvre d'art, mais aussi un manifeste ésotérique face auquel le non initié se sentira quelque peu désemparé, voire complètement perdu.

La Montagne Sacrée est un film en forme de trip hallucinatoire, constitué s'une succession de scènes saturées d'images et d'idées hautement symboliques. Délire visuel impressionnant et provocant, il peut tout autant se découvrir comme une oeuvre expérimentale d'un artiste multidisciplinaire, ou bien comme une oeuvre philosophico-ésotérique : dans les deux cas, à l'issue de sa vision, seul son créateur, Jodorowsky, sera en possession de toute ses clés et de la complète compréhension de l'oeuvre.

Il faut s'abandonner au film de Jodorowsky pour en profiter pleinement. Comme ses personnages tentent de se séparer de leur corps, le spectateur devra quant à lui se séparer de son esprit cartésien pour que le film livre son impressionnant cocktail de mysticisme et d'hyper-symbolisme, et agisse comme une drogue sur le spectateur. Alors seulement le film exhalera ses vapeurs hypnotiques et immergera le spectateur dans un univers proche d'un rêve, barré à souhait. La Montagne Sacrée ressemble à l'un de ses trips décrits par Carlos Castaneda...

Nudité, sexe, vie et mort ; société, pouvoir et place de l'homme ; religion, alchimie et rites d'initiation : La Montagne Sacrée brasse tous ces thèmes dans une imagerie cinématographique surpuissante. Dans la rue, un homme presque nu aux allures de Christ, transporte, telle sa croix, un mannequin à son image ; il est suivi par une dizaines de femmes habillées en Barbarellas et accompagnées d'un chimpanzé...  Des oiseaux qui s'échappent du coeur d'un cadavre... Un nain sans bras avec un casque qui donne de violents coups de pied sur un mannequin brisé que le sol... Une machine à orgasme actionnée par une rousse dénudée... De la merde transformée en or... L'univers de Jodorowsky s'impose au spectateur avec une force et une énergie qui frise le happening, mais il est impossible de rester impassible devant de telles fulgurances visuelles...

La Montagne Sacrée est tout (nous disons bien "tout") sauf un film facile, il laissera sans doute bien des spectateurs sur le bord du chemin, mais sa forme artistique est impressionnante et le pouvoir de ses images indiscutable. Complètement inclassable, certainement indispensable, difficilement appréhendable et logiquement culte, La Montagne Sacrée est une expérience cinématographique hautement hallucinogène et expérimentale que tout cinéphile se doit de découvrir un jour. C'est un film ultra personnel qui se fout bien  savoir qu'on le consacre ou le critique, c'est un film qui "est", un film qui s'offre à vos yeux et vos sens : une expérience on vous dit ! Nous avons mis 6, nous aurions tout autant pu mettre 10... mais sur un tel film, est ce que ça a vraiment du sens ?

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