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Lawrence d'Arabie (David Lean, 1962)


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Pendant la Première Guerre mondiale, un officier Britanique est envoyé recueillir les intentions du prince Feyçal pendant le conflit avec les Turcs. T.E. Lawrence épouse alors la cause de l'indépendance du peuple Arabe et devient un leader de celle-ci. Mais les visions britanniques, comme celles du prince, ne sont pas aussi claires que celles qui animent l'officier Lawrence...

Des paysages d'une fascinante beauté, un souffle épique rare et un parcours intérieur complexe et contradictoire animent Lawrence d'Arabie... Bien sûr le film de David Lean a marqué l'histoire du cinéma et traversé celle-ci auréolé de 7 oscars, mais il n'y a pas qu'une oeuvre techniquement exceptionnelle et une biographie pleine d'aventure : Lawrence d'Arabie possède un pouvoir hypnotique sur le spectateur. Entre le récit historique et le parcours d'un homme entièrement voué à un idéal, Lawrence d'Arabie est une proposition de 3h30 comme on en voit peu maintenant... Illuminé, fulgurant, grandiose et d'une richesse inépuisable, Lawrence d'Arabie est unique !

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Il Etait Une Fois Dans L'Ouest (Sergio Leone, 1968)


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Une femme récupère les terres de son mari assassiné. Tout désigne les hommes de Cheyenne comme étant les responsables de la tuerie. Mais l'Harmonica n'est pas dupe, c'est Frank qui a fait le coup pour le compte de Morton qui oeuvre pour l'avancée du chemin de fer. Une vengeance, des bandits, des coups de feu, des intérêts financiers... Il était une fois, dans l'ouest...

"Saloperie !". Nous ne voulions que voir sa scène d'introduction, juste les premières minutes, simplement pour voir la beauté offerte par notre Bluray... Mauvaise idée ! Il Etait Une Fois Dans l'Ouest nous a littéralement happé dans ses 2h45. Avec des Casablanca, des Enfants du Paradis, des Hitchcock, ou des Heat pour nous, Il Etait Une Fois Dans l'Ouest est de ces films, ces chefs d'oeuvres, que tout le monde place sur la "best-top-film-list" des grands films éternels, que l'on sait là, et que l'on oublie de "revisiter", les sachant sagement rangés au sommet...  Et puis on retombe dessus, on reprend un "aller-retour" en plein visage, et Il Etait Une Fois Dans l'Ouest nous rappelle violemment qu'il est un chef-d'oeuvre total, absolu et d'une puissance intacte !

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Casablanca (Michal Curtiz, 1942)


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En 1942, alors que les allemands occupent Paris, Casablanca est devenu le point de départ pour les Etats-Unis, vers la Liberté. C'est là que Rick, un homme cynique, ne prenant pas parti quant au conflit, a ouvert son bar, incontournable point de rencontre névralgique de la ville. Avec l'arrivée de Ilsa, son ancien amour, accompagnée d'un chef de la résistance Victor Lazlo, Rick devra choisir entre la neutralité ou son amour pour elle. Une question se pose : Rick est il en possession des visas des deux allemands assassinés, qui pourrait mettre en sureté Lazlo et Ilsa ?

Après Les Enfants du Paradis, voici ce qu'on pourrait qualifier d'autre "meilleur film de tout les temps"... Abusif ? Oui et non, car Casablanca est certes un film de propagande anti-nazi, mais c'est  aussi une puissante histoire d'amour, de Résistance, d'engagement et de sacrifice. Dans cette ville étouffante où cohabitent passeurs, collaborateurs et résistants, Michael Curtiz fabrique un monument du cinéma, à la fois simple et complexe, traversé de personnages souvent ambigus, inoubliables et finalement tellement humains...

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Les Enfants du Paradis (Marcel Carné, 1945)


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Sur le Boulevard du Crime, cohabitent et se croisent Baptiste le mime, Frederick l'acteur, Lacenaire l'assassin, le Comte de Montray et Garance, libre et indépendante, qui fait chavirer les coeurs. Baptiste et Garance tombent amoureux, mais le vie n'écrira pas leur histoire comme ils l'auraient aimé...

Pour les 100 ans du cinéma, Les Enfants du Paradis avait été élu "meilleurs film de tous les temps"... Rien que ça ! Titre mérité ou non, revoir ses 3h02 donne bien envie d'aller dans de telles extrémités, tant Les Enfants du Paradis vous emporte.

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Psychose (Psycho, Alfred Hitchcock, 1960)


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Marion Crane est chargée de mettre 40 000$ en liquide à la banque, mais au lieu de cela, elle prends la fuite avec l'argent. Sur la route, elle décide de s'arrêter dans un motel ou elle fait la connaissance de Norman Bates, le tenancier qui vit seul avec sa mère...

Formidablement novateur et effrayant lors de sa sortie en salle en 1960, Psychose est une date importante dans le thriller et la manière qu'à un réalisateur d'installer la peur auprès du public. Davantage que pour son histoire, c'est pour la manière dont il est fait que Psychose est un éternel du cinéma.

Alfred Hitchcock ne cesse de jouer avec le spectateur, de le surprendre et de le mener sur de fausses pistes. En tentant de  neutraliser la capacité d'anticipation des spectateurs, et en ne cessant d'anticiper lui même sur celle-ci, Hitchcock a inventé un langage cinématographique à la fois complexe et limpide ("toujours copié, jamais égalé !"...). Psychose commence comme l'histoire d'une femme en fuite, puis effectue subitement un virage à 180°, faisant ainsi basculer le spectateur vers l'horreur, l'immergeant dans le monde de Norman Bates et de sa mère... Le spectateur passe alors du film policier, presque noir, au thriller à suspense : génial twist ! Et puis il y a la musique de Bernard Hermann, génialement stressante... Et la fameuse séquence de la douche, simplement géniale... le second meurtre du film est aussi un trésor technique... Et puis... et puis... Vous avez compris : ne serait-ce que pour cette leçon de cinéma, Psychose rayonne, toujours... !

Modèle de construction et de précision (pour Hitchcock, aucun détail n'est montré par hasard ou simplement là pour "remplir"...), Psychose se regarde non seulement comme une histoire captivante et effrayante, mais aussi comme un laboratoire de techniques cinématographiques, souvent plus rusées et efficaces les une que les autres. Depuis sa sortie, nombre de films ont bien sûr dépassé la tension de Psychose (souvent en s'en inspirant ou en l'imitant d'ailleurs), mais malgré son demi siècle, Psychose demeure pourtant comme neuf, il continue d'être une référence (LA référence ?) du genre qu'il a inventé : le sérial killer !

La rédaction de Doorama n'ira pas plus loin dans les lieux communs sur Psychose... Nous nous contenterons donc de nous étonner de son incroyable jeunesse et de son intelligence de chaque instant. Nous nous contenterons donc de partager notre admiration pour ce film (et pour Hitchcock !) avec ceux qui, comme nous, ne s'en lassent pas, et surtout, pour la plus jeune génération, de sur-recommander sa découverte (nous l'exigerions si nous le pouvions !). Nous nous sentons bien "inutiles" à chroniquer un tel film, mais la rédaction se consolera en pensant que notre enthousiasme aura au moins déclenché chez nos lecteurs l'envie de le revoir (heureux seront alors les possesseurs de Blu-ray !), ou de le découvrir enfin.

Chef d'oeuvre, inusable et éternel, film fondateur, date dans l'histoire du cinéma... Psychose est tout cela !  Psychose fait bien évidement partie de ces films qu'il faut avoir vu, ne serait-ce que pour comprendre les films qui lui succèdent. C'est une oeuvre vivante et imaginative, un film dont la mécanique, précise, ronronne encore au premier jour. Alfred, tu nous manques !

Procurez-vous Psychose ou d'autres films de Alfred Hitchcock ou avec Anthony Perkins ou Janet Leigh

Faux Semblants (Dead Ringers, David Cronenberg, 1988)


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Beverly et Elliot Mantle sont de vrais jumeaux. Brillants gynécologues à la carrière exemplaire, ils partagent absolument tout, la gloire comme les femmes. Lorsque Claire Neveau apparait dans leur vie, et que Beverly en tombe amoureux, la relation fusionnelle entre les deux frères va s'altérer. Mais peut on séparer ce qui est inséparable ?

A notre sens le Cronenberg le plus abouti, à l'image comme pour ses thèmes, Faux Semblants laisse à chacune de ses visions la rédaction de doorama complètement KO. Bien que Crash et History Of Violence soient aussi de ses plus grande réussites, Faux Semblants les surpasse, peut être grâce à la gigantesque performance de Jeremy Irons.

Faux Semblants est un film avec Jeremy irons et Jeremy Irons ! Aucune autre description de peut mieux décrire son incroyable performance à incarner les deux frères et leur donner cette identité distincte, sans aucun artifice. A sa seule présence sur l'écran, le spectateur sait instantanément s'il s'agit de Bev ou de Ely ! L'ébouriffante et parfaite mise en scène de Cronenberg achève le tour de force en mettant deux Jeremy Irons dans un même plan, en travelling, et se donnant la réplique... Aujourd'hui encore les effets spéciaux de Faux Semblants restent invisibles : une performance hallucinante qui renforce incroyablement la force de cette histoire de séparation impossible, quasi shakespearienne ! Il faut se rappeler que nous sommes en 1988, le numérique "balbutie" encore, le résultat de Faux Semblant est alors révolutionnnaire.

L'autre performance de Faux Semblants, c'est son approche psychologique de la relation des deux frères qui vivent comme dans un seul corps. En mélangeant la relation des jumeaux et la symbolique des frères siamois, Cronenberg signe là son avancée la plus profonde dans "l'intérieur" de ses personnages. Il parvient à traiter dans un même temps un seul esprit pour deux corps, mais aussi deux esprit dans un seul corps tant les deux sont indissociables ! Il mélange les approches du corps et de l'esprit (et de fait étend aussi son sujet à la schizophrénie...) puis lui greffe un élément extérieur (un virus ?) qui viendra détruire la l'unité des deux êtres, des deux cellules, des deux esprits. Histoire d'amour à plusieurs dimensions (Bev et Claire, interprétée par une Geneviève Bujold, mais aussi entre les deux frères) et puissant drame psychologique et horrifique (on pensear même au cannibalisme !), Faux Semblants absorbe le spectateur et le fascine autant techniquement, qu'artistiquement et émotionnellement. L'effroi généré sera d'autant plus fort que le contexte médical dans lequel il prend forme est glacial, dépouillé, et que le temps du film la médecine prend des allures bien inquiétantes.

Film d'horreur psychologique ultime, histoire d'amour contrariée tragique ou drame familial aussi puissant que troublant et dérangeant, Faux Semblant est tout cela. Aussi sobre dans son traitement que vertigineux dans sa force, il est à nos yeux un film parfait : effrayant et très (très) émouvant. Un peu à l'image de ses personnages, Faux Semblants est un film qu'il est difficile de décortiquer, tant ses composants sont intimement entremêles, jusqu'à paraître, à nos yeux en tout cas, comme une entité monocellulaire... indissociable... parfaite... Un lent dérèglement dépeint avec méthode et finesse, jusqu'à son abyssal final.
Du grand art, un immense Cronenberg qui se bonifierait presque avec les années...

Procurez-vous Faux Semblants ou d'autres films de David Cronenberg ou avec Jeremy Irons

Blade Runner (Ridley Scott, 1982)


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En 2019, l'homme parvient à fabriquer des androïdes identiques à l'homme : Les Répliquants. Lorsque quelques répliquants s'échappent de leur condition de machines pour vivre parmi nous, et d'autant plus lorsqu'ils ont tués des hommes, on appelle alors un Blade Runner, sorte de détective chargé d'effectuer le "retrait" de ces êtres.

Second chef-d'oeuvre de SF de Ridley Scott (et chef-d'oeuvre du cinéma de SF tout court !), Blade Runner est l'adaption du roman  Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?de Philip K. Dick qui s'interroge sur la conscience humaine qui la technologie de l'homme pourrait donner à ses créations : des êtres qui agiraient, penseraient et ressentiraient les émotions 100% comme nous mais auxquels les Droits de l'Homme seraient refusés en quelque sorte.

Blade Runner parsème son film de toutes ces questions, patiemment, quand son scénario s'y prête une interrogation fait "pop". Face à la complexité de la thématique, Ridley Scott choisit de nous mener vers la réflexion (si on fabrique un humain, est il humain ? S'il n'est pas humain : et nous ?) par touches successives plutôt que de nous écraser sous sa propre vision. Blade Runner retrouve l'essence même de la SF, plutôt que de simplement "jouer" dans un futur possible avec des projections de notre présent, il aborde les problématiques sous un aspect presque philosophique et réintègre notre réflexion dans notre présent. Nous le disions pour Alien, mais c'est encore le mot "intelligence" qui caractérise le film de Ridley Scott.

E
t puis impossible de ne pas rendre hommage à la gueule de ce film ! Blade Runner proposait il y a 30 ans de cela, une certaine vision du monde de demain : mégalopoles à la Tokyo envahie de messages de consommation, grand écart social, ville en effervescence permanente, technologies pas trop fantaisistes... Aujourd'hui tout cela tient encore parfaitement la route (même si un gros logo Atari fait sourire...). La vision du futur de Blade Runner a incroyablement passé ces 30 années : le film est visuellement cohérent, ambitieux et encore jeune ! C'est l'occasion de rendre hommage aux effets visuels de Douglas Trumbull, hallucinant de beauté et de modernisme. C'est qui Trumbull ? Juste le mec en charge des effets visuels de 2001 l'Odyssée de l'Espace, et Rencontre du Troisième Type ! Un magicien quoi !

E
nfin, pour ceux qui ne l'auraient jamais vu, Blade Runner possède un rythme et un climat très particulier, très fort aussi. Film de SF, il se teinte pourtant d'un traitement de film de détective très 50's, même si cet aspect est gommé dans la version Director's Cut (plus de voix off !), et comme pour retrouver cette ambiance noire et feutrée, Ridley Scott prend son temps pour raconter son histoire (nous laissant par là aussi le temps de réfléchir...), il adopte le rythme lent et tranquile du détective Deckard... (avec son appartement, sorte de bureau-bulle, son whisky, ses souvenirs, la souris qui va avec (Sean Young), ses problèmes...). Et puis il y a Rutger Hauer, calme lui aussi, hypnotisant...

B
lade Runner est un film rare, élaboré avec un soin qui transpire dans chacun de ses plans. Plastiquement superbe, fascinant à regarder et foisonnant de sujets de réflexion, c'est un incontournable du cinéma de science-fiction, un incontournable tout simplement. On aime le répéter à chacune de nos chroniques sur Scott, mais quel énorme faiseur de rêve ce bonhomme !

Procurez-vous Blade Runner ou d'autres films de Ridley Scott ou avec Harrison Ford ou Rutger Hauer

Barry Lyndon (Stanley Kubrick, 1976)


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Au XVIIIème siècle, suivez le parcours de Redmond Barry, simple irlandais sans fortune, jusqu'à la haute bourgeoisie européenne où il se fera appeler Barry Lyndon...

Que dire de Barry Lyndon ? Sinon que l’ascension et la chute de Redmond Barry sont, bien sûr, incroyablement mis en image par le Maître Stanley Kubrick, soucieux de transformer le moindre plan (le moindre !) de son film en tableau du 18ème...

Barry Lyndon, en plus d'être un film visuellement parfait et éblouissant (si, si!) est avant tout une peinture cruelle de la société et des hommes. Derrière le calme de ses images et l'ordonnancement de que l'on y voit, derrière les somptueux paysages naturalistes et sereins de Kubrick se cache en fait violence et cruauté, de celle que l'on croise dans la Nature.

Le narrateur annonce systématiquement ce à quoi le spectateur va assister : les revers, la bonne fortune, les embuches, le renouveau, etc... Aussi invariablement que les saisons se suivent, aussi prévisible qu'un cycle de vie animal, les échecs et les réussites de Redmond Barry s'accumulent à l'écran, et qu'importe qu'il les ait méritées ou non, puisque au final c'est la Nature qui décidera lui, de son sort, de son destin.

Si l'histoire de Barry Lyndon est bien celle d'un homme et de son ascension, puis de sa chute dans la société, sous la caméra de Kubrick, elle devient un objet d'observation aussi méticuleusement observée qu'une souris de labo. Kubrick observe le destin de Redmond, presque avec amusement, il lui lance un regard cynique, et ne s'y attache jamais puisqu'il est d'ores et déjà perdu. 

 Kubrick, avec Barry Lyndon, transforme le parcours de vie d'un homme en simple anecdote ancrée dans la vieille Europe. Il transforme aussi son film en un bouillonnement d'aller retours entre la Nature et la nature des hommes (pauvre Barry Lyndon qui ne maîtrise pas grand chose de sa propre vie...).

Barry Lyndon est un film immense (à l'image de la filmo de Kubrick), un film parfait (tel un grand monolithe...), un chef d'oeuvre dont chaque nouvelle vision recèle une nouvelle interprétation*...



* voire même, comme c'était le cas pour la rédaction de Doorama lors de son dernier visionnage, à celle d'un documentaire animalier ! (avouez qu'on ne vous l'avez jamais faîte celle là !)

Quand la Ville Dort (Asphalt Jungle, John Huston, 1950)


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Des truands, un casse et la police... Pur joyaux du film noir portant en lui l'essence même du genre, Quand la Ville Dort submerge littéralement par sa profondeur et sa force.

Sous des habits noirs intense le film dégage pourtant une lumière intacte. Les personnages voués à une fin tragique dès les premières images, emportent notre sympathie, car ils ne sont que des "petits" en quête d'une part du gâteau, pour aller au bout de leurs rêves... Le scénario, simple mais ciselé, est un incroyable écrin destiné à mettre en avant les finesses de ces personnages pourtant stéréotypés (peut être parce qu'ils ont tant été repris par la suite ?)... Asphalt Jungle demeure aujourd'hui incroyablement moderne, fort et efficace.

Tout est perfection dans Quand la Ville Dort... John Huston nous livre ici une imparable leçon de réalisation, son image hyper contrastée appuie le force du scénario, son scénario est un modèle de lisibilité et de richesse. Malgré ses 60 ans il demeure une référence (LA référence ?) du film noir, un film dont le beauté formelle n'a d'égal que sa force narrative.

Difficile donc de trouver la moindre "faiblesse" à The Asphalt Jungle. Quand à sa fulgurante fin, elle résonne longtemps dans notre tête par sa transcendante beauté, et trouve régulièrement écho chez nos réalisateurs actuels (Eastwood, Scott...).
Asphalt Jungle est éternel, immuable. 

Apocalypse Now redux (Francis Ford Coppola, 1979, 2001)


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Que dire devant ce bloc de force et d'énergie ? Apocalypse Now demeure un condensé de génie et de folie, tant dans sa propre conception que dans son propos. Dense, riche et complexe, il y a en Apocalypse Now une expérience psychologique et sensorielle qui ne peut que laisser le spectateur admiratif et troublé après sa vision.

C'est un film labyrinthique, dont chaque nouvelle lecture ouvre de nouvelles interprétations, de nouvelles sensations. Son impressionnante perfection génère paradoxalement une impression d'inabouti, tant on ne peux arriver à l'appréhender dans son intégralité. Un de ces monuments du cinéma dont on se dit qu'ils sont trop rares aujourd'hui, de ceux que l'on redécouvre perpétuellement.

Les heureux possesseurs de Blu Ray ne pourront que s'extasier devant l'incroyable image proposée par le support, permettant d'insister sur le coté psychédélique du film, lui rendant ainsi son insolente jeunesse et sa vitalité intacte.
Qu'il est bon de s'abandonner à ce point...

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Drive (Nicolas Winding Refn, 2011)


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Fascinant, envoutant et sensuel (si, si!), Drive est une mise en scène en état de grâce, un film incroyablement réussi et passionnant. Ryan Gosling donnerait presque envie d'abandonner son hétérosexualité tant il donne humanité à son personnage, pourtant sans presque rien en dévoiler (comme le faisait dejà le "Guerrier Silencieux", du même Nicolas Winding Refn, lui aussi sans passé, sorti de nulle part, tel le Pale Rider...).

Drive est un diamant aux multiples facettes, chacune d'elles hissant le film à coté de nos plus jouissifs souvenirs de Cinéma.

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Hara Kiri (Seppuku, Masaki Kobayashi, 1962)


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Un ronin demande à faire Seppuku dans le palais du shogun. Avant d'effectuer le rituel, il va raconter son histoire.

Là encore énorme film de sabre (paradoxalement avec assez peu de scènes de combat...) dans lequel la modernité transpire de bout en bout, que ce soit sur le fabuleux déroulement de son scénario (on commence à l'aube du dénouement, les flashback éclaireront ce qui précède...) ou sur la manière dont un système s'étouffe sous ses propres contradictions et son entêtement à regarder derrière lui...

Et comme souvent pour le cinéma japonais de cette période, la forme y est absolument éblouissante !

Curieusement Hara Kiri se prête à merveille à illustrer notre europe qui s'accroche coûte que coûte à ses dogmes plutôt que de les remettre en question, mais c'est là une réflexion très personnelle de la rédaction ;-)

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13 assassins (Takashi Miike, 2011)


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Enorme relecture du classique de Eichi Kudo "13 Tueurs" (1963) par un Takashi Miike absolument méconnaissable.
13 assassins déroule magistralement ses 2h20.

La première moitié dénuée de toute action, est dédiée à la l'élaboration d'une mission suicide et au rassemblement de l'équipe qui l’exécutera. La seconde partie (durant plus d'1h !) est une titanesque bataille au cours de laquelle se libère, tel un élastique, toute l'énergie accumulée précédemment.

13 assassins est visuellement splendide et retrouve ce rythme si particulier des Chambara 60's. Quand à Miike, il adopte un style hyper classique, sage (?), que l'on ne lui connaissait pas, sans rien perdre de sa créativité et de son audace.

Là où moult remakes sont de "Grand(s) Attentat(s)", celui de Miike est du Grand Art !
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The American (Anton Corbijn, 2010)


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Un tueur à gage veut mettre fin à son activité. Tout le monde ne semble pas partager cette décision...


Visuellement magnifique, The American, sous son rythme lent cache en fait une parano qui envahi chaque plan. Quand un cinéaste maîtrise si bien image, lumière, cadrage et montage, peu de mots sont utilisés pour décrire ce que ressent le personnage et nous faire partager ce qu'il ressent.

La présence animale du George ajoute la touche finale pour qu'on comprenne toute la difficulté d'avancer sa retraite si on veut en profiter vivant, il nous fait toucher du doigt ce que ressent un grand félin acculé qui voit le piège s'avancer sur lui.

Chaque scène, chaque plan nous enferme dans l'esprit du personnage. Anton Corbijn nous avait donné un Control parfaitement réussi, son American frôle le chef d'oeuvre !

Pas de "vous avez vu là ?", ni aucun "Regardez !" n'est imposé au spectateur. On suit The American libre d'en interpréter chaque morceau à sa guise. Libre ? Quelle illusion ! Car en fait The American vous hypnotise rapidement à votre insu pour vous guider exactement où Corbijn le veux.

Ah que c'est beau le cinéma quand on nous parle comme ça !


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J'ai Rencontré le Diable (I Saw the Devil, Kim Jee-Woon, 2010)


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Je suis un agent secret. Ma fiancé est la nouvelle victime d'un taré qui l'a massacrée. Je vais le traquer, le retrouver et lui infliger chaque souffrance qu'elle à dû subir.


Ah ces coréens quand ils s'y mettent ! Encore un film de vengeance, encore l'acteur de Old Boy et de nouveau celui de A Bittersweet Life (tous deux absolument excellents !). Tout ça sous la houlette de celui qui nous avait déjà apporté le fort élégant A Bittersweet Life : Kim Jee-Woon.

Si nous rassemblons nos souvenirs, et après la vision de cette petite bombe, nous sommes maintenant persuadé que la Corée est un très beau pays, certes, mais peuplée en grande majorité de détraqués dont la détermination n'a d'égal que le sadisme et la cruauté.

On trouvera bien sûr à reprocher à I Saw The Devil sur ses excès ou sa psychologie, mais il sera difficile de lui reprocher son esthétisme et surtout son étonnant déroulement. 2h27 étouffantes et déroutantes, sans aucune pause pour souffler. Il faut avoir le coeur bien accroché pour suivre cette vengeance jusqu'à son terme, et on appréciera particulièrement la première confrontation entre nos deux personnages. A 45 minutes, on assiste à une véritable scène finale et on se dit que ce Devil est passé à une vitesse fulgurante ! On regarde alors sa montre et on se demande vraiment ce qui nous attend pendant encore plus d'une 1h30...
C'est sans doute là que se situe la force du film. Nous emmener toujours plus loin et nous surprendre à chaque changement de vitesse du scénario.

Avec Memories of Murders et The Chaser, I Saw The Devil casse les codes habituels du genre grâce à des personnages aux comportements atypiques ou des situations légèrement en décalage avec ce que nous avons déjà vu.

A voir tout particulièrement : la scène du taxi avec son incroyable 180° dans l'habitacle !


 
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The Wire (Sur écoute, 5 saisons, 2002)


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Baltimore... La police tente de faire ce pour quoi elle est payée : faire tomber les réseaux de la drogue, arrêter les criminels.

Ceux qui connaissent peuvent passer leur chemin ou bien passer aux commentaire pour descendre la note... Pour les autres : que dire de nouveau sur cette énorme série The Wire ? "Documentaire", "ambitieux", "passionnant", "réussi"... Durant 5 saisons on suit les investigations de la police de Baltimore pour faire cesser le trafic de drogue. Mais ce grand classique du chat et de la souris, n'est finalement qu'un prétexte pour dresser une radiographie détaillée de la société et de ses fonctionnements (dysfonctionnements ?).

Les personnages, pourtant au premier plan, s'estompent au fil des épisodes pour permettre la mise au point sur le second plan. Et quelle richesse dans ce décor : institution policière, économie parallèle, ambitions personnelles, pauvreté, urbanisme, communautarisme, politiques publiques, politique tout court, exclusion, média, éducation, justice... Sans jamais prendre parti, les scénaristes posent un regard détaché et "médical" sur les composants de notre société, pointant tantôt les bonnes volontés individuelles ou les objectifs d'un Etat bienveillant, tantôt les échecs et la contre-productivité (humains ou systémiques). La fascination du grain de sable ?

Ici, c'est presque à un anti The Shield qu'on a à faire... Là où les flics de Los Angeles pouvaient boucler 3 enquête par épisode, ceux de The Wire en mettent 12 ne serait-ce que pour glaner les quelques preuves qui serviront de base à l'ouverture d'une enquête !

The Wire observe la société, passionne le spectateur, réfléchit et fait réfléchir. The Wire est une grande réussite, un immense morceau de télévision.


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