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Le Chien Des Baskerville (Terence Fisher, 1959)


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Sherlock Holmes investigue pour protéger Sir Hugo, dernier descendant des Baskerville. En effet, comme Charles Baskerville a été retrouvé mort, comme son ancêtre, c'est la Malédiction du chien de l'Enfer qui semble de nouveau menacer les Baskerville Sir Hugo... Sherclok Holmes parviendra-t'il à protéger Sir Hugo de la malédiction ?

Hammer on t'aime ! Il y a quelques films comme ça (avec Jason et les Argonautes par exemple...) qui ont marqués notre enfance... Le Chien des Baskerville, avec son ambiance gothique (normal, c'est la Hammer !) et sa lande désertique fait partie de ceux-là ! Ici, c'est Van Helsing qui protège Dracula, ici pas de monstre assoiffé de sang avant les dernières minutes du film... Ici, on exploitait à merveille ,la frange fantastique de l'univers de Sherlock Holmes dans un film d'aventure au rythme certes vieillissant, mais soutenu !

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Casque d'Or (Jean Becker, 1952)


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Georges Manda fait la connaissance de Marie, Casque d'Or. Entre le menuisier ancien voyou et la fille de joie, c'est le coup de foudre ! Mais le petit-copain de Marie, ne le voit pas comme ça, Félix Leca, le chef de la bande à laquelle il appartient, encore moins ! Georges va tuer un homme au cours d'un duel, et Félix utilisera cet épisode pour obtenir ce qu'il désire : Casque d'Or...

Encore un classique du cinéma français... Encore un de ces films qui offre un Paris populaire, cerné de guinguettes et peuplé de mauvais garçons dont les manières et le parler nous paraîtraient pourtant, aujourd'hui, bien polies ! Casque d'Or, malgré l'époque qu'il décrit, conserve une intemporalité délicieuse et une force dramatique toujours aussi imparable : Amour, carrefour de tous les possibles... Amour, "sac à embrouilles"...

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Histoire de Fantôme Japonais (Tokaido Yotsuya Kaidan, Nobuo Nakagawa, 1959)


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Iémon épouse la fille d'un samouraï et promet de venger son père assassiné, alors qu'il en est en fait le meurtrier. Rapidement, il se lasse d'elle, lui préférant dame Emu, et transforme sa vie en enfer, jusqu'à l'assassiner elle aussi. Le jeune femme, trompée de bout en bout, reviendra le hanter pour trouver vengeance.

Bon... En fait "oui", mais "non"... Plus connu sous le nom de Tokaido Yotsuya Kaidan (non, on déconne...), Histoire de Fantôme Japonais reprend un conte horrifique traditionnel où une femme trahie revient se venger de son assassin. Souvent abordé dans le cinéma japonais ce conte-là se rapproche beaucoup de l'univers de Kwaidan (1965), mais son traitement est bien différent.

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Voici Le Temps Des Assassins (Julien Duvivier, 1956)


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André Chatelin tient un restaurant aux Halles, quand il reçoit un jour la visite de Catherine, la fille de son ex-femme récemment décédée. Il décide de l'aider et la prend sous sa protection, cherchant même à lui faire rencontrer son jeune ami Gérard. Il tombe amoureux de Catherine, mais la jeune fille le brouille avec Gérard et semble bien moins innocente qu'il n'y parait, elle cache des objectifs machiavéliques à son encontre...

Un homme droit et honnête se retrouve confronté à l'immoralité, voici la terrible histoire racontée par Julien Duvivier dans ce film pesant, quelque part à la croisée entre Les Diaboliques et  Thérèse Raquin. Voici Le Temps des Assassins dessine avec une noirceur qui fait froid dans le dos tout ce qui va à l'encontre du courage et des valeurs morales de la France d'alors, il confronte l'innocence à la vénalité, et pour l'occasion lui donne les aspects d'un ange de la mort...

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Si Paris Nous Était Conté (Sacha Guitry, 1955)


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Sacha Guitry raconte l'histoire de Paris à quelques étudiants venu le trouver pour échapper à la lecture chronologique des manuels d'histoire.

Nouvelle incursion dans l'histoire de France, cette fois de notre belle capitale, Si Paris Nous Était Conté reprend la recette utilisée par le Maître dans Si Versailles M'était Conté. C'est donc à une nouvelle "leçon d'histoire buissonnière" que nous convie Sacha Guitry, en réorganisant selon son bon plaisir les faits et les anecdotes historiques qu'il a sélectionné pour nous. Esprit de Guitry est tu là ? La réponse est ici... notre réponse en tout cas !

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Si Versailles M'était Conté (Sacha Guitry, 1953)


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L'histoire du château de Versailles, depuis sa construction sous Louis XIV jusqu'à aujourd'hui, au travers de ses locataires, de ses nombreuses modifications et des anecdotes ou faits historiques qui ont fait sa grandeur et son quotidien.

Tout le style et l'esprit de Sacha Guitry se retrouve dès le générique de cette grande fresque. Mais curieusement la fresque concoctée par le maître s'apparente davantage à un catalogue ou une mosaïque qu'à une grande toile. C'est le parti pris de Guitry que de morceler l'histoire de France et l'aborder par ses détails, par moment même par le petit bout de la lorgnette. Sacha Guitry est aux commandes, impossible d'échapper à l'homme et à son théâtre...

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Thérèse Raquin (Marcel Carné, 1953)


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Fille adoptée, en épousant le fils de sa famille d'accueil, Thérèse marquait alors sa reconnaissance, mais son mariage ne lui offre qu'une vie triste et monotone.. Lorsque Camille invite Laurent, un camionneur italien, un amour naît immédiatement . Ils décident de s'enfuir ensemble, mais les choses tournent mal et Laurent tue Camille... La police mènera son enquête et un témoin du crime viendra les faire chanter et mettre leur amour en danger.

Drame sombre et passionnel, adapté du roman de Zola Thérèse Raquin rappelle un peu Les Diaboliques, tourné un an plus tard, avec Simone Signoret encore au centre d'une relation amoureuse meurtrière. Si Thérèse Raquin impose habilement son suspense, il reste cependant loin du fantastique et s'articule autour d'un couple au destin contrarié. Thérèse Raquin, c'est pas Les Enfants du Paradis, mais la tristesse qu'il exprime et l'empathie qu'il fait naître fonctionnent parfaitement.

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Le Carrosse d'Or (Jean Renoir, 1953)


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Au XVIIIème siècle, une troupe de la Commedia dell'arte se produit dans une colonie espagnole d'Amérique du Sud. La belle Camilla, la Colombine de la troupe, est  courtisée par trois hommes : le comédien Felipe, le toréador Ramon et même le vice-roi Ferdinand. Lorsque Ferdinand décide de lui offrir le Carrosse d'or, symbole de la Cour qui attire bien des convoitises, il provoque un scandale à la Cour ainsi que la jalousie des deux autre prétendants.

A l'occasion de sa ressortie en salle le 31 octobre (merci Les Acacias), c'est assis derrière Mathieu Amalric que nous avons eu le bonheur de découvrir Le Carrosse d'Or dans une version magnifiquement restaurée et dans sa version anglaise d'origine. Jean Renoir nous livre un film éblouissant, envoûtante ode à la vie, en jouant avec la limite qui sépare la scène de la vraie vie : la comédie et la Cour sont deux théâtres sur lesquels se jouent des pièces fondamentales.

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DEUXIEME FAUTEUIL : Le Carosse d'Or (Jean Renoir, 1953)


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Dans la vraie vie, les Carrosses dansent !

Doorama ouvre ses pages à sa deuxième plume à propos du Carrosse d'Or... Son nom est Pym, petite main cachée de la rédaction, lui aussi à été hypnotisé par la projection de ce Renoir impérial... Alors voici ses morceaux ramenés de la salle de projection... Juste son avis, son éclairage... A mi chemin entre l'expérience et la critique, voici sa chronique du Carrosse d'Or 


Ainsi donc une comédienne s’essaye aux jeux de l’amour dans un théâtre idéal que propose Renoir, celui de la vraie vie et des vrais gens aux têtes romantiques, graves et éternelles. Or le bonheur ne se trouve que sur la scène !

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Un Américain à Paris (Vincente Minnelli, 1951)


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Installé à Paris, Jerry, un peintre américain, voit enfin sa peinture intéresser une riche mécène. Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, il tombe amoureux de la belle Lise Bouvier... Jerry ne le sais pas encore, mais Lise est en fait déjà fiancée à l'un de ses amis.

La Comédie Musicale américaine trouve ici l'une de ses plus belles réussites (même si la rédaction de Doorama préfère largement Chantons Sous la Pluie...). Cette bluette prend Paris pour écrin, et ajoute à son aura de ville romantique, toute l'énergie de la magie hollywoodienne et la fantaisie des "Musicals". C'est donc au coeur d'un Paris de carte postale (entièrement recréé aux studio MGM) que Vincente Minnelli place son histoire d'amour un peu naïve, et l'utilise comme prétexte à faire naître ses scènes musicales, dont certaines sont aujourd'hui inoubliables.

Que l'on aime ou non le genre de la Comédie Musicale, la musique de Gershwin, la grâce de Gene Kelly et la savoureuse vision du Paris-cliché de Minnelli dégagent ici une énergie et une osmose qui ne peut qu'éblouir. Love Is Here to Stay, I Got Rhythm, 'S Wonderful ou le thème de An American in Paris Ballet sont aujourd'hui devenus des standards incontournables du répertoire Jazz, dont la puissance musicale, illustrée par les images de Minnelli, fait immanquablement naître l'euphorie et donne la banane !

Si Un Américain A Paris rayonne encore malgré son histoire simplissime, c'est en grande partie pour cette "banane" qu'il accroche au visage du spectateur... C'est simple, léger, naïf, coloré, entraînant, chantant et enchantant : la fantaisie et la bonne humeur qu'il dégage ne peuvent que déteindre sur le spectateur ! La magie cinématographique d'Un Américain A Paris fonctionne comme un antidote à la grisaille ambiante, il agit comme un puissant décontractant en faisant jaillir de l'écran un univers où la gaîté et la fraîcheur l'emportent toujours. Un monde où les problèmes ne durent jamais bien longtemps et trouvent toujours une fin heureuse... Le pied, non ?

Le "carton-pâte" de ses décors, le basique de son histoire, son overdose de bon sentiments auraient pu (auraient dû ?) ne pas fonctionner, comme victime de leurs excès, mais c'est le contraire qui se produit dans Un Américain à Paris ! Ca chante, danse, saute, rit, aime, virevolte à un tel point que les images ne semblent plus montrer qu'un feu d'artifice éblouissant ! Son fantasme dansé final en est le bouquet de la mariée. Devant tant d'énergie, une bonne partie de la rédaction à même oublié qu'elle n'"aimait pas beaucoup les comédies musicales"...

Ce sommet de l'entertainment à l'américaine est tout simplement hypnotisant. Que ce soit sa musique, son acteur/danseur, son énergie ou son efficacité : il y a une indéniable perfection dans cette anti-Bohème ! "Cucul la praline" diront les détracteurs du genre... Nous on pense plutôt que cette comédie musicale emblématique est un véritable antidépresseur qui fait un bien fou au moral !

Procurez-vous Un Américain à Paris ou d'autres films de Vincente Minnelli ou avec Gene Kelly ou Leslie Caron

Gas-Oil (Gilles Grangier, 1955)


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Jean Chape est chauffeur-routier. Entre son camion tout neuf, son gagne-pain, et l'institutrice dont il est tombé amoureux, il aborde enfin la vie qu'il souhaite. Mais tout va être remis en question lorsqu'un matin, il écrase un homme. Jean ne le sait pas, mais l'homme était en fait déjà mort ; un gangster abattu par ses complices qui pensent que Jean à récupéré l'argent qu'il leur avait dérobé...

Première de nombreuses collaborations avec Gabin (Archimède le clochardLe Cave se rebiffe ou encore Le Gentleman d'Epsom), Gas-Oil est un "film noir à la française", mais son rythme-diesel, ses valeurs et ses personnages le font aujourd'hui apparaître bien davantage comme un drame, voire une chronique provinciale, que comme un film à intrigue policière.

Si Jean Gabin est effectivement confronté à des gangsters qui le pense en possession de leur argent, cet aspect n'occupe qu'une moitié du film, l'autre n'étant constitué que de la vie quotidienne d'un simple camionneur dans la le Puy de Dome des années 50. Au delà de la sombre affaire qu'il réglera avec ses copains routiers, aujourd'hui bien molle et pas des plus palpitante, l'intérêt de Gas-Oil se concentre davantage sur son portrait d'une profession qui incarne une certaine France d'après-guerre, honnête et travailleuse. Ce qui caractérise Gas-Oil c'est bien plus l'amitié, la solidarité, le courage du travailleur et le "coup de jinjin", qu'un homme traqué par de dangereux malfrats. Gabin n'aspire qu'à vivre avec son institutrice (Jeanne Moreau) et "livrer ses endives à Berthier à 5h" !

Dans Gas-Oil, la France provinciale est tranquille et solidaire. Elle incarne les valeurs nobles du pays, certaines traditions, et les gangsters (des Parisiens !) représenteraient presque la modernité et l'absence de valeurs : la "mauvaise France". La caméra de Gilles Grangier, avec l'aide d'un Gabin impérial, dépeint avec un certain amour des gens simples en les représentant presque comme des Héros des temps modernes... Il faut voir Gabin attaquer sa journée avec son "gros camion" neuf dans lequel il vient de tout investir : c'est quasiment Le Salaire de la Peur ! Grangier représente une France courageuse, encore en train de "résister" , et c'est grâce à ce courage qu'elle mettra en défaite l'envahisseur sans morale ni scrupules. Gas-Oil, c'est un peu la Résistance qui s'auto-organise, sans faire appel à la police, dans une solidarité sans failles.

Aujourd'hui, l'intrique policière de Gas-Oil, peu intense et au rythme bien lent, nous paraît, ici à la Rédaction, devenue bien secondaire. Revoir (ou découvrir) Gas-Oil pour son coté "film noir" risque fort de d'apporter au spectateur quelques déceptions, car Gas-Oil roule à l'ordinaire, pas au super ! En revanche la France que l'on y découvre, séduit par sa "force tranquille", et les valeurs que l'on y découvre semblent encore faire écho  à ce qui a permis à la France de se libérer de l'oppresseur.

Gas-Oil est un film d'hommes et de valeurs, il sent le labeur, un peu la sueur et, curieusement, dégage aussi un certain parfum patriotique... Porté par son regard attentif et bienveillant sur ses "gens simples", ainsi que par les très bons dialogues d'Audiard, le film propose une belle image d’Épinal de la France d'après-guerre qui s'il n'était pas "embrassé" de son coté policier, en aurait fait une très jolie chronique sociale. Vous l'aurez compris, c'est donc sous cet oeil que nous y avons trouvé tout notre plaisir. Maintenant, si vous voulez voir un film noir ou un film policier pur jus, sombre et intense, nous vous recommandons plutôt de ne pas vous aventurer sur cette route là : ici c'est davantage la départementale des clochers et villages, que la rapide autoroute de la modernité !

Procurez-vous Gas-Oil ou d'autres films de Gilles Grangier ou avec Jean Gabin , Jeanne Moreau ou Roger Hanin

La Mort Aux Trousses (North By Northwest, Alfred Hitchcock, 1959)


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George Thornhill est kidnappé par deux hommes, persuadés qu'il est George Kaplan, un espion. Confronté bien malgré lui à une dangereuse organisation. Thornhill cherche alors à retrouver le vrai George Kaplan pour rétablir la vérité, traqué en permanence par l'organisation et la police.

Doorama poursuit sa redécouverte des grands films du Maître Hitchcock avec cette Mort aux Trousses, toujours aussi jeune, drôle et trépidante.

Comme souvent tout l'art du Maître consiste à nous surprendre, à nous choisir avec soin les clés qu'il nous donne, et celles qu'ils nous cache. Le résultat est un film entre aventure, espionnage, comédie et suspense absolument brillant, et comme toujours réglé comme une implacable mécanique de précision. Comme Cary Grant, le spectateur est projeté dans des péripéties trop larges pour lui, comme Cary Grant, il avance en terrain inconnu et, contrairement à Cary Grant, le spectateur vit un petit paradis scénaristique !

Les morceaux de bravoure ne manquent pas (la poursuite par l'avion, la scène finale sur le mont Rushmore...), mais une fois de plus, c'est dans l'inventivité et les détails que le film éblouit ! Ce couple dans un train, sans doute proche de faire l'amour... Pour contourner la censure, ne pouvant montrer les corps au lit, Hitchcock filme alors un langoureux baiser des deux "amants", debout contre la paroi de la cabine... Penchez l'image, remplacez la paroi par un lit, et leurs gestes se transforment alors en étreinte sexuelle, lui dessus, elle dessous, et inversement ! Les yeux ne voient pas grand chose, l'inconscient du spectateur, lui, saura parfaitement de quoi il s'agit. Génialement conçu et orchestré, Hitchcock, une fois de plus, laisse le spectateur tourner les scènes qui ne sont pas à l'écran...

Somptueux visuellement, drôlissime (James Mason et sa remarque sur la non 'sportivité' des vraies balles...!), malin et captivant de bout en bout, La Mort Au Trousse s'enrichit à chacune de ses visions. En plus d'être un véritable blockbuster offrant un divertissement de grande qualité, le spectacle de double d'un indicible jubilation intellectuelle. Cinéma proche de la perfection La Mort aux Trousse fonctionne toujours aussi efficacement, et son influence est encore palpable sur les cinéma actuel. Une référence, un modèle du genre !


Procurez-vous La Mort Aux Trousses ou d'autres films de Alfred Hitchcock ou avec Cary Grant Eva Marie Saint, James Mason ou Martin Landau

La Porte de l'Enfer (Teinosuke Kinugasa, 1953)


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Au XIIème siècle, en protégeant dame Keza lors de l'attaque contre son seigneur, Morito en tombe fou amoureux. Lorsque son seigneur lui offre une récompense pour sa bravoure, Morito demande la main de Keza mais apprend que celle-ci est en fait déjà mariée. La passion de Morito ne cessera pourtant pas de grandir, dépassant bientôt sa raison... 

D'une beauté visuelle à couper le souffle, avec ses couleurs vives et sa remarquable composition d'image, La Porte de L'Enfer a décroché le Grand Prix à Cannes en 1954, alors présidé par Cocteau. Délaissant l'aspect film de samouraï qui ouvre le film, La Porte de l'Enfer s'oriente rapidement vers un drame de la passion, qui trouvera forcément sa conclusion dans la mort.

Fortement imprégné de l'imagerie théâtrale japonaise No et Kabuki, La Porte de l'Enfer s'attache aux souffrances intérieure de ses personnages. Morito, le samouraï modèle, fidèle et courageux, sera aveuglé, jusqu'au bord de la folie, par un amour dévastateur. Kenza sera déchirée entre sa fidélité pour son mari et les pressions et menaces que Morito fait peser sur elle afin d'arriver à ses fins. Tous deux confrontés et tourmentés par une situation peu compatible avec leur condition respective, les solutions qu'ils choisiront seront forcément tragiques. La Porte de l'Enfer est bel et bien un film d'amour !

Si ce drame en costume, traversé de sentiments nobles et puissants, à aujourd'hui bien du mal à masquer ses 60 ans, sa puissance dramatique n'est absolument pas émoussée. La Porte de l'Enfer véhicule encore, dans ses habits amidonnés et sa somptueuse mise en scène théâtrale, toute le vitalité nécessaire pour emmener le spectateur vers son final tragique. Saturé d'énergies retenues et absolument somptueux pour l'oeil, La Porte de l'Enfer est à juste titre considéré comme un chef d'oeuvre du cinéma japonais. Même s'il est un peu entravé (à l'image des vêtements de Kenza) par le langage cinématographique de l'époque et ses sources d'inspiration traditionnelles, le film de Teinosuke Kinugasa n'en reste pas moins traversé d'une fort belle intensité dramatique et déploie encore avec force la beauté de ses images. L'amour et l'exotisme l'emporte haut la main sur la naphtaline !

Procurez-vous La Porte de l'Enfer ou d'autres films de Teinosuke Kinugasa

La Main Au Collet (To Catch A Thief, Alfred Hitchcock, 1955)


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Le Chat, cambrioleur de haut vol à la retraite dans le sud de la France, voit de nouveau son nom étalé dans les journaux et la police le rechercher. Afin de s'innocenter, il décide de capturer celui qui se fait passer pour lui en se rapprochant des riches propriétaires de bijoux. Il fait la connaissance de la fille de l'une d'elle, la belle France, qui le soupçonne rapidement d'être le Chat.

Bien que La Main Au Collet ne fasse pas partie de nos Hitchcock préférés, le visionnage d'un film du Maître apporte toujours un immense plaisir. Un Hitchcock, nous fait toujours nous sentir "intelligents", tant sa mise en scène riche, audacieuse et inventive surprends et séduit à chaque fois. Entre comédie et enquête, ce jeu du chat et de la souris entre voleurs, mais aussi dans le couple Cary Grant/ Grace Kelly, trouve son écrin dans une French Rivieira glamour et luxuriante.

Axé sur l'inoubliable couple (le plus beau qu'Hitchcock ait jamais mis à l'écran ?) bien plus que sur le suspense et les vols, La Main Au Collet trouve son véritable intérêt dans la mise en scène que déploie Hitchcock pour mettre en image la séduction et les désirs de couple. Grace Kelly, beauté immortelle, tente d'attraper un Chat qui semble vouloir choisir son moment, augmentant de fait les attentes. La sublime séduction devant un feu d'artifice, explosions de désirs à peine suggérée, est tout bonnement aussi drôle que superbe.

La Main Au Collet est un Hitchcock "détendu", tranquille (des vacances en France ?) et terriblement glamour. la mise en scène millimétrée de Hitchcock, dépourvu de toute approximation, s'épanouie dans les palaces, les belles villas et sous le soleil méditerranéen, magnifiés par un Vistavision aussi vif qu'agréable à l'oeil. Le charme 50's opère à plein, avec ces fabuleux plans en studios sur des arrières plans filmés (la poursuite en voiture et ses mouvements appuyés, par ailleurs tragiquement évocatrice du décès futur de l'actrice...). Même si La Main Au Collet n'est ni le meilleur Hitchcock, ni le plus trépidant, son langage et le couple qu'il met à l'image ne peuvent que réjouir au plus haut degré le spectateur. Une formidable leçon de cinéma, ludique et légère, dont les visions successives n'arrivent pas à faire naître la moindre usure chez le cinéphile : un classique, ni plus ni moins.

NDLR : et juste pour le plaisir, ce que la rédaction considère comme l'une des plus belles apparition de toute l'histoire du cinéma...  Le baiser, thème cher à Hitchcock, de Fenêtre sur Cour, avec l'ange Grace Kelly.
(Voir la filmographie d'Alfred Hitchcock chez nos amis de cinéfriends.com)


Procurez-vous La Main Au Collet ou d'autres films de Alfred Hitchcock ou avec Cary GrantGrace Kelly ou Charles Vanel

Le Baiser du Tueur (Killer's Kiss, Stanley Kubrick, 1954)


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Davy est un boxeur sans avenir. Un soir, il aide sa voisine, Gloria, et entame une histoire avec elle. Mais pour que sa vie s'améliore enfin, il doit la tirer des griffes de son patron, un petit caïd, qui semble décidé à ne pas la laisser partir.

Premier film noir de Stanley Kubrick, avant l'Ultime Razzia, Killer's Kiss laisse déjà apparaitre toute la singularité de Kubrick et la force de son langage cinématographique. Si l'histoire de Killer's Kiss n'a rien d'exceptionnelle, c'est son traitement visuel et sa réalisation qui retiennent l'attention.

Nous sommes bien dans un film noir, les toutes premières images de Killer's Kiss ne laisse aucune ambiguïté : un homme s'est attiré des ennuis. C'est sous la forme d'un long flashback que le spectateur découvrira que Gloria en est à la base, puisque c'est à cause d'elle que Davy devra affronter Rapallo, tel un ultime combat. Au travers d'une narration alternant voix off et longues séquences très peu dialoguées, Kubrick impose déjà un sens impressionnant de l'image et des symboles qu'elle contient (la première scène dans la chambre annonce ce qui attend le personnage par ses seuls arrières plan : un long couteau au mur et une femme de l'autre coté de la cour... Mort et amour !).

Mais c'est véritablement dans sa mise en scène que Killer's Kiss surprend, en renforçant de multiples manières l'aspect Noir de son histoire, en commençant par le choix de noirs profonds et tranchés, simplement magnifiques. Que ce soit lors du combat de boxe, du meurtre dans une ruelle, du passage à tabac ou dans son affrontement final (contre un adversaire à la hache !), Kubrick innove, expérimente même, en choisissant une mise en scène inspirée et originale, qui surprend régulièrement le spectateur par sa violence suggérée (le héros poursuivi, chassé serait plus juste, sur les toits en plan large) ou montrée (le combat de boxe qui n'a rien à envier à ceux de Raging Bull).

Ce Baiser du Tueurs possède un rythme et une forme bien différents des films noirs de cette époque. S'il en reprend effectivement les codes (le loser, la blonde, la pègre, les emmerdes...), il s'accorde une grande liberté de traitement (jusque dans sa fin, proche du happy end, aux antipodes de Quand La Ville Dort...) et  tente en permanence de proposer une nouvelle lecture de ceux-ci. Killer's Kiss n'est pas un "grand Film Noir" par son histoire ou ses thèmes, mais il l'est en revanche par sa réalisation, qui expose magistralement la nature de ses personnages et la violence des situations auxquelles ils sont confrontés. Nous n'avons pas là l'un des classiques du film noir, mais plutôt l'acte de naissance d'un cinéaste unique et immense. Une réalisation majeure sur un film "mineur" (et là, Doorama vient de perdre 50 lecteurs !).

Procurez-vous Le Baiser du Tueur ou d'autres films de Stanley Kubrick

Témoin A Charge (Witness for the Prosecution, Billy Wilder, 1957)


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Un avocat en convalescence accepte de défendre un homme accusé d'un crime, alors que tout l'accuse. Mais lors du procès le témoignage de son épouse va bouleverser l'issue du procès.

Le film de procès est un genre à part entière à Hollywood. Avec Témoin à Charge, il trouve l'un de ses plus beau fleurons, à ranger pas si loin du puissant 12 Hommes en Colère réalisé la même année. Comme ce dernier, Témoin à Charge est une adaptation d'une pièce de théâtre (ici d'Agatha Christie), mais son réalisateur est bien moins solennel, puisque c'est l'homme de Certains l'Aiment Chaud, 7 Ans de Réflexion ou encore La Garconnière qui s'y colle : l'alerte Billy Wilder.

Mis en scène de main de maître, la très forte tension dramatique de Témoin à Charge (avec ses multiples rebondissements) se teinte avec Billy Wilder d'une once d'humour, concentrée autour du caractère de l'avocat et son infirmière. Grâce au personnage haut en couleur de cet avocat un peu filou, joué par un Charles Laughton croustillant et malicieux, Billy Wilder parvient à compenser une mise en scène un poil théâtrale (quasi en hui-clos), par une certaine souplesse, un coté plus "rond", plus léger, qui contraste harmonieusement avec la rigueur d'une cour de justice londonienne.

Passionnant jusqu'à son final aussi mouvementé qu'inattendu (les producteurs, comme dans Les Diaboliques nous invitent à ne pas vous raconter la fin... et pour cause !) Témoin à Charge possède une classe et une efficacité merveilleusement conservées aujourd'hui encore. Son jeu de chat et la souris entre vérité et mensonge, mais aussi entre son avocat et ses interlocuteurs (justice comme clients) transforme ce procès en une méticuleuse quête de la vérité, pleine de rebondissements et tout en tension. 

Mis en scène au cordeau, acteurs de légende (Tyrone Power, Marlène Dietrich impériale) et rythme fluide, Témoin à Charge est un peu de ces films intemporels (son sujet peut être) qui fonctionne à chaque vision. Pas le plus drôle des Wilder (c'est pas son but !), mais un film brillamment réussi dont les deux heures semblent n'en faire qu'une, tant la mécanique "Agatha Christien" joue à plein. Un film de procès à la mécanique fine et imparable : absolument savoureux.

Procurez-vous Témoin A Charge ou d'autres films de Billy Wilder ou avec Charles Laughton ou Marlene Dietrich

Sayonara (Joshua Logan, 1957)


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En pleine guerre de Corée, un officier américain est affecté à la base de Kobe, au Japon. Au travers du mariage d'un de ses hommes, il va découvrir la culture japonaise et va lui aussi tomber amoureux d'une actrice japonaise, et braver la farouche opposition aveugle de sa hiérarchie contre ces amours mixtes.

Hollywood dans toute sa puissance et sa majesté, et Hollywood dans tout ce qu'il a de plus "petit". Voici notre délicate position sur le Sayonara de Joshua Logan (Picnic), flamboyant mélange de drame, de romance et d'exotisme mais aussi, ouvrons les yeux, marqué des sceaux du ridicule et de la caricature.

Pur produit de studio basé sur un roman à succès, Sayonara utilise la guerre de corée comme toile de fond pour délivrer un message de fraternité et d'amour. Délicieusement naïf, mais indécrottablement impérialiste (même si c'est à dessein, Marlon Brando ressemble à s'y méprendre au Jean Dujardin de OSS 117 Rio ne Répond Plus... fous rires garantis pour son personnage de "Yankee Crétin" qui n'a rien à envier aux lapins du même nom...), Hollywood déploie toute l'artillerie lourde pour satisfaire les besoins du peuple : clichés, cartes postales, stéréotypes, raccourcis psychologiques, violons et eau de rose sont donc au programme, le tout bien platement mis en scène ! Nous aurons même droit à un Ricardo Montalban (l'hôte de la série l'Ile Fantastique) inoubliable en faux-japonais aux yeux tirés !

Malgré toutes ses tares, Sayonara déploie un charme fou : de celui de ces grandes et belles romances, un peu mièvres, qui résistent au destin (à la Autant en Emporte le Vent). Sayonara a beau démarrer laborieusement et accumuler les images d’Épinal, il finit par vous avoir à l'usure, et son coté Harlequin teinté d'exotisme de pacotille, parvient finalement à s'estomper pour laisser enfin transparaître ses belles intentions et sa nature généreuse.

Complètement désuet aujourd'hui, très proche du kitch (caricature sera le maître-mot !), Sayonara témoigne pourtant de la puissance de cette machine à rêves qu'était Hollywood (MGM, ici). Malgré son pachydermisme éhonté (Brando en fait des tonnes... le film enchaîne les lieux communs aussi vite que feu mon chat ses croquettes...) Sayonara satisfera et plaira absolument à tous les publics. Les cinéphiles (bien sûr) pour son intérêt "historique" ce qu'il témoigne de son époque, les amateurs de romance (l'histoire secondaire de l'officier Kelly avec Katsumi est réellement belle et émouvante), et les amateurs de comédie seront eux-aussi tout autant emballés par son involontaire coté parodique, façon Le Grand Détournement (surtout s'ils le voient en VF, véritable source de grands moments comiques !).

A la rédaction, vous l'avez peut-être remarqué, nous entretenons un rapport tout particulier avec le Japon, et bien qu' "hérétique" sur bien des points, Sayonara à réussi, contre toute attente, à nous tirer des larmes de rires, mais aussi, et c'est un fait, des larmes d'émotions. Une "vieillerie", certes, mais Sayonara est tout ce que l'on veut, sauf une perte de temps. A découvrir !

Procurez-vous d'autres films avec Marlon Brando ou de Josua Logan

Les Diaboliques (Henri-Georges Clouzot, 1954)


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Dans un pensionnat, une directrice se rapproche de la maîtresse de son mari, le haïssant toute deux, elle décident de le supprimer. Mais leur plan diabolique n'avaient pas prévu la disparition du corps, et encore moins ce qui suivra !

Véritable travail d'orfèvre habité par un quatuor d'acteurs impeccables (Simone Signoret et Charles Vanel [véritable fantôme diabolique]- en tête !), Les Diabolique est un "film jalon", une partition exécutée de main de maître par un immense Henri-Georges Clouzot.

Dosage idéal de suspense, de mystère et de tension, Les Diaboliques installe sans artifices un climat pesant, à l'image de sa pension en décrépitude, chacun de ses quatre personnages témoignera de part sombre. Clouzot bouleverse tous les codes, remplaçant le traditionnel trio  mari-maîtresse assassins de l'épouse par épouse-maitresse contre le mari (installant ainsi une relation inédite, immorale...), et faisant évoluer son intrigue du complot, vers l'enquête inversée (et en cela, on pourrait faire des Diaboliques un excellent Colombo :-) puis vers le fantastique (mais respectons l'encart final du film indiquant : "Ne soyez pas DIABOLIQUES ! Ne racontez pas la fin !", et n'en disons donc pas plus.).

Le final des Diaboliques apparaitra peut être trop vite aux amateurs de thrillers US aux twists échevelés (qui pour beaucoup doivent leur inspiration à des oeuvres comme celle-ci), mais pour peu qu'on ne le devine pas (ou qu'on l'oublie), la mécanique de Clouzot, absolument diabolique d'efficacité et de maîtrise, ne laissera aucun répit au spectateur jusqu'à sa terrifiante scène de clôture.

Parfaitement positionné entre le film noir dense, le suspense hitchcockien et le thriller fantastique, Les Diaboliques surprend par la faculté qu'il a de passer les années en conservant intacte toute son efficacité. Sa réalisation et son rythme fluide laissent se développer un climat oppressant, sans jamais forcer le pas ou user d'effets (à l'exception de la scène de la morgue ou le temps suspend son vol et nous notre souffle à l'idée de connaître la vérité...). Sa finesse et sa richesse renvoie bien des thrillers actuels à l'époque du sérial !
Un scénario en béton au service d'une intrigue passionnante et toujours zéro rides pour ce petit chef-d'oeuvre de virtuosité, d'intelligence et de plaisir : tous simplement diabolique ! (il fallait bien le placer...)

SPOILER (cliquez pour afficher) : On peut se demander si Charles Vanel n'est finalement pas le seul "véritable" fantôme de l'histoire, tant ses apparitions le sont aussi (La morgue, la nuit dans la chambre et son apparition finale).  
Procurez-vous Les Diaboliques ou d'autres films de Henri-Georges Clouzot

Johnny Guitar (Nocholas Ray, 1955)


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 Johnny Guitar est embauchée pour protéger les affaires de Vienna, avant l'arrivée du chemin de fer, contre les propriétaires envieux de sa position. La situation deviendra explosive entre Emma qui veut se venger de Vienna, et Dancing Kid jaloux de l'amour entre Vienna et Johnny Guitar, dit Johnny Logan, tireur réputé...

Considéré comme un chef d'oeuvre, le film de Nicholas Ray, partage entre son classicisme effréné et sa modernité totale. Johnny Guitar est visuellement aussi daté et rythmé que l'était le cinéma muet (son découpage, ses situations, ses plans...) et utilise les codes les plus traditionnels du western, mais, derrière ses apparences désuètes fait souffler une modernité révolutionnaire, notamment en mettant au premier plan la rivalité totale des deux femmes (le personnage de Johnny discrètement relégué au second plan). Crawford et Hayden y forment, dans ce qu'il est convenu d'appeler un western féministe, un de ces couples forts du cinéma américain.

Réellement déconcertant sur sa forme, le film de Nicholas Ray déconcerte tout autant (mais dans l'autre direction !) quand à sa  maîtrise et la force qu'il dégage dans l'utilisation des thèmes et éléments qu'il véhicule : les premiers pionniers hostiles à l'arrivée de la modernité, l'histoire d'amour difficile, le repère caché, la haine aveugle d' Emma...

Johnny Guitar est un western parsemé de moments quasi mythiques, qui se regarde aujourd'hui comme une oeuvre écartelée entre son fond et sa forme. Peut être ardu à découvrir pour ceux qui ne seraient pas branchés "classiques", mais véritable "bloc cinématographique" qui pourra être vu et revu sans sans s'user.

Mother India (Mehboob Khan, 1957)


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Pour le mariage de Radha, sa belle mère a hypothéqué les terres familiales auprès de Sukhilala, l'usurier du village. Celui-ci entrainera le couple et leurs enfants dans la pauvreté la plus absolue. Radha devra affronter chaque épreuve et faire face à un destin plus que sombre.

Mother India est une grande fresque du cinéma Boolywood, et une date importante du cinéma indien. Il décrit la vie d'une femme, de son mariage jusqu'au crépuscule de sa vie, qui doit faire face à un véritable chemin de croix, constellé de malheurs, privations et désillusions, et rester droite devant les injustices des hommes.

Pouvant être vu comme un catalogue quasi-exhaustif des saloperies que la vie peut vous faire, il véhicule des valeurs fondatrice de l'Inde : la terre, la famille, la nature. Dans le milieu paysan, il aborde le pauvre face au riche, le bonheur et l'injustice, et établit un parallèle entre l'Inde en tant que "patrie", la mère indienne et Mère Nature au travers de la terre nourricière.

Mother India est un film sur le courage et l'honneur, au travers de l'enfer que vit son personnage, il est une ôde aux valeurs indiennes. Derrière la fresque naturaliste et la noblesse de son histoire se cache un portrait noble et fier (patriotique ?) du Peuple Indien, en prenant grand soin de ne pas trop l'appuyer sur la religion.

Un film de plus de 50 ans (mais en technicolor !), de presque 3heures, avec ses numéros de danse et de chansons, sans effets spéciaux et en langue indienne : beaucoup ne tenteront pas l'aventure...
...et c'est bien dommage, car Mother India est un bloc d'humanité, de vie, qui force le respect, un film qui ne peut cacher ses rides, mais dont le message universel demeure intact, immaculé !