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Conversation Secrète (The Conversation - Francis Ford Coppola, 1974)


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Un expert de la surveillance enregistre un couple pour un client privé. Surpris par le caractère anodin de la conversation, il s'interroge sur celle-ci, ainsi sur sa possible signification. Il décide de ne pas livrer le fruit de sa surveillance sans en savoir davantage. La vérité se cache t'elle dans cette simple conversation ? Jusqu'où ses clients sont-ils prêts à aller contre le couple ? Et contre lui ?

L'Amérique des 70's... Coppola... Une Palme d'Or... Le Watergate qui explose au grand jour cette même année... Conversation Secrète est de ces grands films (comme Network !) qui sont injustement oubliés, peu cités et rares sur nos écrans (Conversation Secrète n'est pas édité en DVD en France...). Une réalisation impériale pour un chef d'oeuvre tout en nuance et en subtilité, parano jusqu'à l'os et symptomatique d'une Amérique en pleine crise d'identité, entre le Vietnam et un scandale à venir... Film obsessionnel sorti la même année qu'un autre monument malade (on pense à notre cher Massacre à La Tronçonneuse), Conversation Secrète doit être redécouvert...

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Gatsby Le Magnifique (Jack Clayton, 1974)


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Dans l'entre guerre, à Long island, toute la riche bourgeoisie américaine se retrouve dans les fêtes fastueuses organisées par Jay Gatsby. Nick Carraway, son voisin, va devenir l"ami de cet homme qui intrigue tout le monde, sur lequel le de nombreuses rumeurs circulent, et qui se révélera bien différent du milieu dans lequel sa fortune le positionne... Mais qui est vraiment Gatsby ?Que cherche-t'il  ?

Avec l'arrivée d'un remake (encore un !) par Baz Lhurman, il nous est monté une folle envie de voir (ou revoir pour certains à la rédaction) le Gatsby version 1974... Drame, histoire d'amour et critique sociale à l'image floue (au propre comme au figuré), le film de Jack Clayton nous replonge avec délices dans un pur ciné 70's de studio, et nous fait adroitement découvrir ce "magnifique", tout habillé d'une image très Hamiltonnienne. Critique sociale et amour s'y mélangent, entre fleur bleue et drame cruel, et ce Gatsby 1974 nous offre un délicieux voyage dans le temps. Un double voyage dans le temps, devrions même dire, puisque la riche fresque 30's se double de quelques agréables clichés du ciné US 70's... Petit tour d'horizon...

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La Balade Sauvage (Terence Malick, 1973)


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 Kit vit de petits boulots en petits boulots. Lorsqu'il rencontre Holly, le père de celle-ci ne voit pas du tout d'un bon oeil leur relation amoureuse, presque fusionnelle. Quand Kit vient prendre les affaires de Holly pour partir avec elle, Kit tue son père. Ils s'échappent ensemble, et commence alors une virée amoureuse qui sera aussi une virée meurtrière.

Jusqu'à Tree Of Life, Terence Malick faisait partie, avec Kubrick, de ces réalisateurs aussi adulés que rares, avec seulement 5 films en 40 ans de carrière... (et là, 3 films en cours !).  En réalisant La Balade Sauvage, il signe son premier long métrage, et sa première Oeuvre aussi. Cavale folle et vaine, Ballade Sauvage surprend et étonne encore aujourd'hui...

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Quand la Panthère Rose S'emmèle (The Pink Panther Strikes Again - Blake Edwards, 1976)


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Clouseau est maintenant inspecteur-chef à la place de Charles Dreyfus devenu fou et enfermé dans un asile. Ne vivant qu'avec l'idée de tuer Clouseau, Dreyfus s'échappe et menace d'un rayon mortel chaque pays du globe qui ne l'aiderait pas à anéantir Clouseau. L'inspecteur arrivera t'il à attraper Dreyfus avant qu'il ne détruise le monde ?

La rédaction poursuit son exploration de la série des Panthères Roses, avec ce quatrième épisode. Amis de la finesse, passez notre rubrique... Amateurs de Peter Sellers, le bal est ouvert ! Quand la Panthère Rose S'emmêle est moins drôle que Quand l'Inspecteur S'emmêle (A Shot in The Dark...), mais infiniment plus drôle que le troisième épisode intitulé Le Retour de la Panthère Rose... Faisons ensemble le tour du propriétaire...

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La Vie Privée de Sherlock Holmes (Billy Wilder, 1970)


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50 ans après sa mort, conformément à ses volontés, les écrits du docteur Watson, biographe du grand Sherlock Holmes, sont enfin dévoilées. On y trouve ce que l'histoire ne dit pas sur Holmes, sur l'homme qui se cache derrière ce mythe, notamment au travers du récit d'une enquête restée dans l'ombre du grand public : l'enquête Gabrielle Valladon, le plus grand "échec" de Holmes, qui conduisit Holmes et Watson jusqu'aux bords du Loch Ness...

C'est avec cette enquête, "la plus scandaleuse" (dixit Watson), que Billy Wilder (Témoin à Charge, Certains l'Aiment Chaud ou La Garçonnière) contribue à la liste déjà longue des adaptations du célèbre détective. Bien loin de se suffire de l'écrasant génie du plus grand cerveau de l'Angleterre Victorienne, Wilder invente une nouvelle aventure de toute pièce (une femme amnésique débarque chez Holmes, des nains, le monstre du Loch Ness...) afin de faire apparaître ce que l'oeuvre de Conan Doyle avait omis de décrire : l'homme derrière le détective, avec ses démons et ses failles...

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La Secte des Morts-Vivants (The Devil'sMen / Land of the Minotaur - Costas Karagiannis, 1976)


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Des couples disparaissent mystérieusement dans une petite région de la Grèce et sont offerte en sacrifice par une secte satanique ancestrale. Le père Roche, fait venir son ami Milo de New-york pour tenter d'arrêter la secte sanguinaire...

Avec les trois titres sous lequel ce film est connu, on ne sait plus trop, s'il s'agit de morts-vivants, de secte ou de minotaure... Ce que l'on sait en revanche c'est que c'est un film fantastique grec, et qu'il y a Peter Cushing et Donald Pleasence... Ajoutez à celà la musique d'un certain Brian Eno, vous savez maintenant pourquoi on a été tenté et presque recompensés !

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Le Retour de la Panthère Rose (Blake Edwards, 1975)


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La Panthère Rose est de nouveau dérobée ! L'inspecteur Clouseau est désigné pour enquêter, tout porte à croire que le voleur est le Fantôme, dont la signature a été retrouvée sur le lieu du vol. Clouseau tente de le localiser par sa femme, en Suisse, alors que le Fantôme est à Lugash et tente de retrouver le voleur qui se fait passer pour lui...

Encore enivré de The Party et de Quand l'Inspecteur s'Emmèle, nous avons prolongé l'expérience Sellers-Edwards avec ce troisième Panthère Rose. Conforme à nos souvenirs ce retour, 10 ans après le précédant "retour", est le premier vrai bémol de la série, maladroit et poussif, même si Clouseau parvient à arracher quelques sourires.

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A Cause d'un Assassinat (The Parallax View - Alan J. Pakula, 1974)


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Des années après l'attentat d'un sénateur, les témoins potentiels semblent être assassinés les uns après les autres. Joseph Frady, un journaliste, mène l'enquête et découvre une mystérieuse entité qu'il tente d'infiltrer : Parallax, une organisation qui "recrute" dans ses rangs des individus instables.

Alan J. Pakula à laissé dans sa carrière nombre de petits thrillers dont il faut retenir Klute, Les Hommes du Président et ce Parallax View.  Ici, c'est autour d'une entité qui organise des meurtres, qu'il nous livre un film de complot plutôt passionnant et délicieusement parano, directement inspiré par l'enquête sur l'assassinat de John Kennedy.

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Apportez-Moi La Tête d'Alfredo Garcia (Sam Peckinpah, 1974)


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Un parrain mexicain promet 1 million de dollars à qui lui rapportera la tête d'Alfredo Garcia, pour avoir mis sa fille enceinte. Benny, simple musicien dans un piano-bar, part à sa recherche accompagné de sa petite amie, et ex d'Alfredo, Elita. Mais rapporter la tête pour toucher la récompense ne sera pas aussi facile qu'il l'imaginait : Alfredo Garcia est mort et enterré, et Benny est loin d'être le seul à vouloir cette tête...

On entend souvent parler de Apportez-Moi La Tête d'Alfredo Garcia comme l'un des meilleurs film (certains disent LE meilleur) de Sam Peckinpah, et bien que nous lui préférions Croix de Fer ou Les Chiens de Paille, il faut bien reconnaître la formidable efficacité de son scénario et sa fascinante noirceur.


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La Riposte de l'Homme-Araignée (Spiderman Strikes Back - Ron Satlof, 1978)


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L'Homme-Araignée doit récupérer une dangereuse bombe au plutonium des mains d'un non moins dangereux malfaiteur. Mais comment réaliser ce nouvel exploit avec une journaliste sans cesse sur le dos et alors que la police vous croit responsable du vol de la bombe ?

C'est la deuxième aventure cinématographique du héros de la Marvel, après l'Homme-Araignée un an plus tôt. Extension de la série télé L'Homme-Araignée, La Riposte de l'Homme-Araignée est en fait un téléfilm, porté sur grand écran, essentiellement constitué de scènes extraites de la série télé en quête de renommée. Place donc au plus grand exploit du super-héros, place à une symphonie d'action et d'effets spéciaux à couper le souffle !

Que dire sinon que La Riposte de l'Homme-Araignée développe avec les années un pouvoir de fascination grandissant ? Que dire devant une industrie télévisuelle/cinématographique aussi peu motivée pour attirer et satisfaire ses spectateurs ? La Riposte de l'Homme-Araignée n'a hélas rien pour sa défense ! Triste tentative publicitaire (et désespérée !) qu'elle est de vendre à tout prix et sans dépenser, si possible, un seul dollars. Bâclé, victime d'un budget que l'on devine aussi microscopique que les délais accordés pour le "mettre en boite", ce "film" (notez, chers lecteurs la présence des guillemets...) parvient à peine à mettre en oeuvre le minimum nécessaire pour exister. Son scénario timbre-poste, bien sûr, mais surtout sa réalisation à peine télévisuelle (mais courant à l'époque...), ne laisseront dans l'océan cinématographique que quelques gouttes de pur bonheur que seuls les accrocs les plus durs aux nanars sauront reconnaître !

Mais arrêtons un moment de tirer sur l'ambulance... Devant un tel degré d'excellence, le fan de nanars saura extraire de cette aventure de l'Homme Araignée quelques croustillantes pattes à se mettre sous la dents... ! A la rédaction nous avons adoré : Le 6ème sens de l'Araignée, avec son arrêt sur image et les yeux qui clignotent en rouge lorsqu'il pressent le danger... Le costume de l'Araignée, mal ajusté... La position de l'Araignée, courant les jambes arquées, toujours les bras en avant, écartés, comme si elle portait un gigantesque ballon invisible... L'héroïne qui propose, lors d'une poursuite en voiture où leur véhicule se retrouve immobilisé "On continue à pieds ?", alors que la voiture des méchants est déjà loin... L'héroïne, malgré ses remarques, pour sa jolie beauté... Les supers-pouvoir de l'Araignée, plus que nécessaires devant 2 pauvres humains sans armes et sachant à peine donner un coup de poing... La finesse de ses dialogues... Ses scènes d'action au rythme infernal, aussi vives qu'un modem 56K... Les effets spéciaux du tonnerre (bien sûr !)... Et surtout, pour finir, nous avons adoré la VF que nous ne pouvons que vous recommander si vous aimez voir les personnages afro-américains doublés par des martiniquais à fort accent, ou plutôt devrions nous dire des "ma'tiniquais à fo'w accent"...

Une patine de pauvreté recouvre donc cette aventure, et ce jusque dans ses moindres détails ! Une histoire train-train, un montage plan-plan, des scènes gnan-gnan : de quoi faire un bon film cucul à peine montrable à nos chères têtes blondes. Dans l'absolu La Riposte de l'Homme-Araignée est une pure démonstration de négationnisme cinématographique, mais il est aussi un émerveillement de chaque instant pour l'amateur d'humour décalé et de nanars ! Finalement, elle est pas si mal la franchise de Sam Raimi  ;-)

Procurez-vous Le Riposte de l'Homme-Araignée ou d'autres films de Ron Satlof ou avec Nicholas Hammond

Mais ne Nous Delivrez Pas du Mal (Joël Séria, 1971)


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Anne et Lora n'ont que de 14 ans, mais elles savent déjà qu'elles veulent consacrer leur vie au mal. Elevées dans une pension catholique, les deux adolescentes sont inséparables, et les vacances hors de l'établissement sont l'occasion pour elle de se retrouver et de commettre leurs mauvaises actions...

Premier film de Joël Séria (Les Galettes de Pont Aven), Mais Ne Nous Délivrez Pas Du Mal a bien failli ne jamais voir le jour en raison de son sujet. Malgré le vent de liberté des années 68, ces deux enfants qui découvrent la cruauté en même temps que leur corps, et appliquent leurs journées à une recherche permanente de la mauvaise action (comme d'autre à être un bon chrétien...) ne passait pas si bien que ça auprès des producteurs, et restait un peu trop provocant pour les moeurs de l'époque et, surtout, immoral au yeux de la Religion qui tenta d'empêcher qu'il ne se fasse.

Construit à partir du fait divers qui inspira aussi Créatures Célestes de Peter Jackson, où deux adolescentes tuaient un de leur parent, Mais Ne Nous Delivrez Pas Du Mal, en dépit de son rythme un peu indigeste aujourd'hui, dégage encore sa douce pestilence et son parfum de souffre... Les deux enfants y sont en effet aussi innocentes en apparence, qu'effrayantes à l'intérieur. Elles malmènent l'idiot du village avec leur sexualité naissante, flirtent avec la messe noire, aiment mettre le feux et se délectent à tuer, jour après jour, les oiseaux du jardinier. A l'écran, Joël Séria présente Anne et Lora comme deux charmantes écolières à qui on donnerait le bon dieu sans confession, mais leurs actes inquiètent, et ce mal qui avance sous les traits de l'innocence de l'enfance, construit petit chez le spectateur une véritable sensation de malaise.

Film méconnu, Mais ne Nous Delivrez Pas du Mal, fait partie de ses perles, noires et cachées, du cinéma fantastique. Si son immoralité et son coté blasphématoire ne font plus autant effet aujourd'hui, le film de Séria conserve cependant une certaine poésie et constitue à sa manière, en négatif, une belle approche de l'univers de l'adolescence, avec un traitement de la sexualité particulièrement habile. Joël Séria n'est peut être pas un immense réalisateur, mais son approche de l'enfance, de la sexualité, de la famille et de la religion sont ici traitées en profondeur et Mais ne Nous Delivrez Pas du Mal produit encore son petit effet. Audacieux et provocateur pour l'époque, le film conserve aujourd'hui une aura particulière et, remis dans son contexte, revêt un intérêt cinématographique certain. Son final tragique et théâtrale est encore (sur le plan des idées) une belle claque ! Mais ne Nous Delivrez Pas du Mal à beaucoup vieilli, mais on peut toujours en apprécier son traitement soigné, son audace et son coté vénéneux ! Une curiosité à découvrir, une rareté, ne serait-ce parce qu'il est aujourd'hui inconcevable qu'un film pareil puisse de nouveau se faire ou voir le jour.

Procurez-vous Mais ne Nous Délivrez Pas du Mal ou d'autres films de Joël Séria ou avec Jeanne Goupil

Le Sabre Infernal (The Blade, Chu Yuan, 1976)


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Alors qu'il vient pour le tuer, Fu-Hung-Hsue s'allie à Yen Nan-Fei pour empêcher Maître Yu de dominer le monde des arts martiaux, par les forces du mal, grâce à une arme redoutable : les Plumes de Paon. Ils devront affronter ses 5 champions, Poème, Epée, Luth, Echecs et Peinture avant de le combattre.

Feux de Bengale et galipettes pour ce trépidant Wuxiapian (comprenez film de sabre chinois) made in Hong-Kong par la Shaw Brothers. Quoi que l'on pense de ce cinéma de genre, de sa qualité cinématographique et de sa capacité à plaire aux adultes, Le Sabre Infernal (The Magic Blade, à ne pas confondre avec The Blade de Tsui Hark de 1995), n'en reste pas moins une réussite dans sa catégorie.

Son scénario basique (remettons notre duel à plus tard, nous devons avant empêcher un méchant de régner sur le monde arts martiaux...) est ainsi prétexte à un enchaînement ininterrompu de scènes d'actions ou les deux héros rivalisent d'intelligence, de maîtrise de nobles valeurs... Éternellement dans ce cinéma, le bien combat le mal, ou bien les gentils se battent pour faire triompher la justice, Le Sabre Infernal se distingue cependant de la masse par sa grande inventivité et, c'est suffisamment rare pour le souligner, sa très belle tenue visuelle. C'est donc très agréablement que la rédaction de Doorama s'est abandonnée à cette aventure proche d'un film pour enfants, mais aussi efficace que séduisante.

A Doorama, on pense souvent (à tort !) que ce cinéma chinois d'arts martiaux est un peu puéril et stérile, mais à mieux y regarder, La Shaw Brothers ne fait qu'explorer (jusqu'à épuisement) un genre riche de thèmes et de variations, exactement comme le faisait la Hammer avec le film d'Horreur. Une fois ce petit exercice de mise au point effectué, et les repères posés, les films de la Shaw Brothers révèlent alors leurs trésors : originalité, inventivité, jeux sur les codes et recherche permanente de sang nouveau dans le seul objectif du divertissement total. A ce titre, et faute d'être bluffé par son scénario, Le Sabre Infernal impose ses morceaux de bravoures, au premier comme au second degré, comme sa géniale scène d'échec, où ses personnages remplace les pions, ou bien son héros qui, tellement fort qu'il est, avait anticipé de déplacer ses 7 points vitaux pour contrer son adversaire !

Grand défouloir coloré, fantaisiste et virevoltant, Le Sabre Infernal utilise à merveille les codes du genre et parvient à hisser ses composants enfantins (à première vue, en tous cas) en véritables jeux pour adultes, à condition, une fois de plus, d'accepter les règles de ce type de cinéma. Nous continuons de considérer (à tort !) le Chambara comme cinématographiquement plus riche et mature que le Wuxiapian (particulièrement dans les 50's et 60's), mais ce cinéma là a pourtant tout ce qu'il faut pour satisfaire le cinéphile : un langage, des codes et du rêve ! Kitch et jouissif !

Procurez-vous Le Sabre Infernal ou d'autres films de Chu Yuan ou avec Acteur

L'Hôtel de la Plage (Michel Lang, 1978)


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Bretagne, Finistère, Locquirec, Hôtel de la Plage... Comme chaque été dans ce joli coin de la Bretagne, les habitués viennent passer leurs vacances, en quête de détente, de rencontres, d' "aventure"s pour les plus vieux, ou d'un premier amour pour les plus jeunes...

Submergé sous Un Eté de Porcelaine de Mort Shuman, L'Hôtel de la Plage divise la rédaction de Doorama... Après avoir, bien entendu, remis le film dans son contexte (et Wikipedia nous informe qu'il se place 10ème au box office cette année là !), on découvre un film aussi agaçant qu'agréable à regarder.

Film choral sur la petite vie dans un hôtel d'une charmante station balnéaire, L'Hôtel de la Plage ne brille pas par ses qualités cinématographiques ou sa force narrative. Simple succession de petites scénettes où adultes, adolescents et enfants se confrontent à l'Amour, on suit cette galerie de personnages un peu passivement, sans but, un peu comme un Plus Belle La Vie qui peut indifféremment durer 5 minutes ou 2 heures. Autant dire que dans le genre "on a rien à vous raconter, juste à vous montrer", il n'est pas difficile de trouver plus réussi. Infidélités, premiers amours, premiers émois, français moyens, vacances en familles, plages, parties de pêche, concours local de chansons, coquillages et crustacés... L'Hôtel de la Plage accumule les cartes postales, sans grand talent, ni but, sinon que de simplement évoquer.

Mais à force de "rien" où d'anodin, sa vision, aujourd'hui, dégage un très agréable petit parfum de madeleine ! En moyenne, la rédaction de Doorama avait 8 ans à la sortie du film, et comme les personnages du film, passait elle aussi leurs vacances en famille et en Bretagne. Et c'est bien là que l'Hôtel de la Plage trouve un supplément de vie : dans son regard simple, quasi documentaire, sur le quotidien des vacanciers 70's. Détail après détail, Michel Lang parvient à nous rappeler, tel des instantanés, des sensation de ces années là, très claires, attachantes et fortes. Mais si le charme fonctionne bel et bien aujourd'hui, plus de 30 ans plus tard, et que l'Hôtel de la Plage parvient à séduire grandement par la nostalgie qu'il dégage, on se demande quand même quel intérêt il pouvait bien avoir lors de sa sortie. Insignifiant hier, selon nous, il apparaît tout à fait attachant aujourd'hui, pourvu qu'on l'aborde comme un témoignage tendre de ces années là.

S'il contenait un but, une direction, ou une réelle intention de son auteur (ce dont nous doutons), s'il démontrait une finesse psychologique plus apte à représenter son époque, nous le rapprocherions volontiers des Galettes de Pont-Aven, ou même du Chaud Lapin de Pascal Thomas, pour le ranger dans la catégorie des chroniques attachantes, douces et tendres. Mais au lieu de cela l'Hôtel de la Plage trouble le spectateur en le confrontant à une dimension affective et nostalgique palpable et, dans un même temps, en lui donnant l'impression de consommer passivement du AB production... Un petit mystère donc qui réveille bien des souvenirs, et même un certain plaisir, alors que son ambition initiale et sa simplicité semblait le condamner à l'anecdotique et à l'oubli, tant il ne devait vivre que le temps d'un été...

L'Hôtel de la Plage se regarde comme une photo à peine réussie, mais que l'on ne veut pas jeter. Un film aussi peu indispensable qu'il peut se révéler (très) attachant, mais qui l'air de rien, en dit cependant long sur les moeurs et la France en K-way de l'époque ! A voir avec l'oeil de l'anthropologue plutôt que celui du cinéphile...

Procurez-vous L'Hôtel de la Plage ou d'autres films de Michel Lang ou avec Guy MarchandDaniel Ceccaldi, ou Anne Parillaud

La Clepsydre (Wojciech Has, 1973)


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Jozef se rend au sanatorium ou est soigné son père. Arrivé dans un établissement qui semble à l'abandon, il pousse diverses portes et commence un voyage dans ses souvenirs, avec son père, sa mère et lui même.

Le réalisateur polonais Wojciech Has, auteur du Manuscrit Trouvé à Saragosse, à reçu le Prix Spécial du Jury à Cannes en 1973 pour son étonnant et atypique film. La Clepsydre est un film exigeant avec le spectateur. Visuellement éblouissant il est dépourvu de trame narrative conventionnelle, et se présente comme une succession de scènes très symboliques et poétiques presque indépendantes les unes des autres.

La Clepsydre a largement divisé la rédaction de Doorama. Si nous sommes unanimes pour saluer l'incroyable forme visuelle (et intellectuelle aussi) du film, nous sommes davantage partagé quand à son impact : fascination pour certains, ennuis pour d'autres ! La Clepsydre est construit sans notion d'espace, ni de temps. Son personnage erre d'une pièce à l'autre, chaque pièce évoquant un souvenir qu'il faudra décrypter pour le spectateur. Ses dialogues, souvent simples fragments d'idées, sans début ni fin, n'aideront pas non plus le spectateur à y voir plus clair. La Clepsydre est conçu comme un rêve, il semble incohérent, décousu, sans suite logique apparente... Une minute semble durer une heure, un an une minute... Ses décors troublent davantage encore notre perception...  Wojciech Has nous immerge dans l'esprit de Jozef, l'expérience est difficile mais bel et bien maîtrisée et réussie.

La Clepsydre possède la temporalité et l'étrangeté de l'univers de David Lynch, il respire la poésie, la vie et l’exubérance de Fellini, et son incroyable esthétique picturale ne trouve de comparaison que dans les oeuvres que Peter Greenaway (de formation Beaux-Arts, comme Wojciech Has) les plus chargées et graphiques, comme Prospero's Book ou Le Cuisinier, le Voleur, sa Femme et son Amant ! Des pièces remplies de toiles d'araignées, de feuilles mortes et d'objets hétéroclites, de lierre dans les murs, une végétation omniprésente dans des intérieurs qui semblent être des extérieurs, des villages au sous sol d'un bâtiment, des jardins d'hiver habités d'hommes historiques, des soldats noirs armés de baïonnettes, des éléphants et un contrôleur de trains aveugle en guise de guide pour le voyage intérieur de Josef... Voilà l'incroyable univers proposé par la Clepsydre !

L'impressionnant voyage intérieur de Josef, hyper symbolique, sans temps ni espace, risque de laisser nombre de spectateurs sur le bord de la route, mais si on accepte de s'abandonner à l'univers de Wojciech Has, La Clepsydre frôle alors le chef d'oeuvre absolu. Puissante errance onirique, fascinante, aux images surchargées et au déroulement irréel, La Clepsydre est un film rare et unique. Mais malgré sa force et sa fulgurance, son rythme et sa structure n'ont cependant pas réussi à nous maintenir captif de son univers (trop) exigeant sur l'ensemble de sa longueur. Une oeuvre difficile, à réserver à un public averti et préparé.

Procurez-vous La Clepsydre ou d'autres films de Wojciech Has 

L'Empreinte De Dracula (El Retorno de Walpurgis, Carlos Aured, 1973)


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Au moyen-âge, la famille Waldemar se voit maudite jusqu'à son extinction. Des siècles plus tard, Waldemar Daninsky, subit les effet de la terrible malédiction, et se transforme en loup-garou lors des nuits de pleine lune.

Curieusement, L'Empreinte De Dracula reste cité lorsque l'on parle de cinéma fantastique européen. Son origine espagnole lui confère sans doute sa spécificité et sa différence de style avec les productions anglaise de dame Hammer que nous affectionnons tant. El Retorno de Walpurgis, est donc la suite de La Noche de Walpurgis (La Furie Des Vampires) qui relate elle aussi une histoire de loup-garou, Waldemar, et non une histoire de vampires comme le suggère les titres français.

On a eu du mal... L'Empreinte De Dracula a beau faire son maximum pour soigner sa mise en scène et ne rien laisser échapper au spectateur de son scénario, il reste désespérément plat, sans aucun rythme ni tension, et sa mise en image ressemble davantage aux scènes de transition d'un porno qu'au gothique flamboyant et coloré des films de la Hammer... Ainsi son réalisateur nous raconte tout (mais alors tout !) pour qu'on comprenne bien ce qui se passe et ce qui va venir, jusqu'au ridicule ! Allez, on vous en donne un exemple (on résume, mais l'idée est là) : un promeneur passe devant le comte, assis pensif dans les bois, il dit "Bonjour, comte, Je me promène seul pour aller (...) où vient de s'installer (...) qui est ici pour (...) et qui m'a demandé de (...). Pourvu qu'ils ne rencontre pas le fou ce soir (...)"  - à cela le comte répond "d'accord", et fin de la scène... Vous l'avez compris L'Empreinte De Dracula est lent, mou, long et long encore !

Déjà laborieux à dérouler son intrigue, L'Empreinte De Dracula insiste par ailleurs lourdement sur l'aspect romantique de l'histoire d'amour de Waldemar avec sa belle, romance que la malédiction viendra briser sans pour effleurer, ne serait-ce qu'un poil, le coeur du spectateur. Quand à son loup-garou, il faudra vous préparer davantage à voir un méchant Ewok qu'à une bête dangereuse... Bien loin de la créativité d'un Jess Franco, L'Empreinte De Dracula est un film timide qui même s'il n'est pas dénué de tout charme vintage, peine à susciter l'intérêt par son rythme désespérément plan-plan et fastidieux. Et l'ajout de courts plans sanglants et de son érotisme franc ( nous avons dénombré 6 seins et 2 intimités...) ne relèveront pas sa fade saveur.

Pourtant gros consommateur de petits films de genre, la rédaction de Doorama a eu toutes les peines du monde à comprendre l'aura qui entoure encore ce second Waldemar. Soit nous sommes passés complètement à coté, soit nous devons réviser notre fantastique espagnol des 70's. L'Empreinte De Dracula à beau dégager un parfum et une personnalité qui lui est propre, il ne laissera chez nous aucune autre trace que les lignes que nous vous proposons ici. Vade Retro méchant Ewok !

Procurez-vous L'Empreinte De Dracula ou d'autres films de Carlos Aured ou avec Paul Naschy

Network, Main Basse sur la T.V. (Sidney Lumet, 1976)


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Après 11 ans de loyaux service, un animateur télé en perte d'audience est remercié. Lors de son dernier show, il lâche ses vérités et menace de se suicider en direct. Devant l'audimat suscité par l'animateur, la chaîne décide de le réengager et crée une émission pour "le nouveau prophète" des spectateurs et la nouvelle "poule aux oeufs d'or" du conseil d'administration de la chaîne...

Pamphlet extrêmement violent et critique contre la télévision, Network apparaît aujourd'hui comme une oeuvre prophétique et visionnaire, dont l'inquiétant message s'étend maintenant non seulement à tous les médias, mais aussi à l'ensemble de l'économie. Acide et cynique, il est un film dont la force et la pertinence ne cesse de se bonifier au fil des ans.

En décrivant une télévision prête à tout pour satisfaire aux exigences de rentabilité du groupe qui la détient, Network Main Basse sur la T.V. dénonce un système économique violent et aveugle, mu par la seule notion du profit, dénuée de toute éthique et responsabilité... En décrivant un système économique prêt à tout pour engranger les dollars, Network Main Basse sur la T.V. dénonce une télévision en perte totale d'éthique, soumise à la seule loi de l'Audimat, livrant des programmes toujours plus creux, toujours plus dangereux.... Le cercle est bouclé ! Network Main Basse sur la T.V. dénonce un système devenu fou, prisonnier d'une spirale infernale : plus les programmes se vident de sens et de qualité, plus l'audimat monte (et donc les dollars !)... plus l'audimat monte, plus les programmes se vident de sens...

Formidablement interprété par un quatuor d'acteurs chacun meilleur que l'autre, Sidney Lumet dresse d'une manière très Altmannienne, une impressionnante et terrifiante galerie de portraits : une directrice des programmes sans morale ni limites, un financier aux dents longues étranger à la télévision et voué au chiffre, un animateur à moitié fou et un ancien directeur de programme devenu un vestige du passé. Network Main Basse sur la T.V. dépeint une société dans laquelle les entreprises sont enivrées par l'argent et les téléspectateurs rendus accrocs au sensationnel, il soulève des questions fondamentales avec une rare pertinence et, en 1976, nous invitait déjà à nous arrêter un instant pour nous interroger...

Passionnant de bout en bout, parsemé d'un humour aussi drôle que moqueur, réalisé de main de maître par un Sidney Lumet (une fois de plus) en état de grâce, Network Main Basse sur la T.V. est un coup de poing au cerveau ! Percutant, vivant, intelligent, émouvant et véritablement prophétique, c'est un film brillant que l'on s'approprie sans réserve. Même si ses messages sont parfois un peu trop "démonstratifs", Network est une oeuvre impressionnante dont le coté farce lors de sa sortie, à la limite du grotesque, a aujourd'hui totalement disparu au profit d'une critique qui n'est que trop juste. Le cauchemar est devenu réalité ?

Procurez-vous Network, Main Basse sur la Télévision ou d'autres films de Sidney Lumet ou avec Faye Dunaway, William HoldenRobert Duvall ou Peter Finch

La Légende des 7 Vampires d'Or (Roy Ward Baker, 1974)


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En Chine, au cours de ses conférences sur le vampirisme, Le Professeur Van Helsing est abordé par un homme qui vient lui demander de libérer son village qui vit sous la terreur de 7 vampires. Une expédition se met en place, sous la protection de 7 frères experts en arts martiaux, pour libérer le village du terrible  Kah, derrière lequel se cache en fait le comte Dracula.

Quand la Hammer, studio anglais spécialisé dans le fantastique, rencontre la Shaw Brothers, studio chinpois spécialisé dans les arts martiaux, cela donne une rocambolesque histoire de Dracula qui exerce son règne maléfique sur un petit village isolé grâce à 7 vampires et leur armée de spectres, que Van Helsing viendra combattre, assisté de 7 experts en arts martiaux, d'une riche aventurière et de son fils ! Que du bonheur, donc...

Christopher Lee avait refusé d'incarner de nouveau le mythique comte (après le psychédélique et savoureux Dracula Vit Toujours à Londres qui fut un échec), il est donc ici substitué par un ersatz, ce qui a finalement fort peu d'importance puisqu'il n'intervient que dans deux scènes, en ouverture et en fermeture du film, pour garantir la cohérence de la fusion entre le film d'arts martiaux avec celui du fantastique... Tentative un peu désespérée de retrouver un public en pleine désertion, La Hammer se devait de se renouveler. Toute qualité cinématographique est bien entendu absente des 7 Vampires d'Or, mais là n'est pas l'enjeux de ce film de genre(s) qui se contente de livrer une suite de péripéties, entre aventure, horreur et kung-fu, apte à séduire le spectateur.

Exotique, basique et délicieusement bâtard, on découvre Les 7 Vampires d'Or comme un enfant un film de cow-boys : sans aucune autre exigence que celle de voir dles scènes qui confrontent les gentils cow-boys aux méchants indiens. Faute de peur ou de suspense on s'accroche avec bonheur à un Dracula aux allures de vieux sage chinois (si, si ! ils l'ont fait !), on découvre avec joie les 7 vampires cachés derrière un masque en or qui masque lui même un vague maquillage d'étudiant (fait de boue et de kleenex humectés ?), et on adore son armée de morts-vivants qui sautillent (dansent ?) sur une musique frénétique... Faute de scènes de bataille crédible et convaincante, on se délectera du cabotinage de Peter Cushing et de la merveilleuse plastique de l'organisatrice de l'expédition, Julie Ege, ancienne miss norvège...

Mauvais film fantastique et mauvais film d'arts martiaux, La Légende des 7 Vampires d'Or se révèle pourtant un délicieux cocktail pour tout amoureux du ciné de genre, de la Hammer ou de la Shaw Brothers. Une véritable curiosité qui parvient à dégager dans un même temps le charme surané de la Hammer et la parfum un peu kitch de la Shaw Brothers. Pour la rédaction de Doorama, La Légende des 7 Vampires d'Or était un souvenir d'enfance, le revoir aujourd'hui a été l'occasion de confirmer qu'il est un film certes médiocre, mais unique en son genre et parfaitement jouissif à découvrir. Pour amateurs seulement, mais indispensable !

Procurez-vous La Légende des 7 Vampires d'Or ou d'autres films de Roy Ward Baker ou avec Peter Cushing

Les Dents De La Mer (Jaws, Steven Spielberg, 1975)


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Dans la petite station balnéaire d'Amity, un grand requin blanc commet plusieurs attaques mortelles, semant la panique auprès des estivants et des autorités de la ville qui voient leur saison s'effondrer. Le Shérif de la ville s'attache les services d'un spécialiste des requins et d'un pêcheur expérimenté, Quint, pour repérer et tuer l'animal.

Peu fans de Steven Spielberg, la rédaction de Doorama ne peut que s'incliner respectueusement devant un cinéma comme celui des Dents De La Mer. Avec ce film, on peu effectivement parler du génie de son réalisateur au regard de l'intelligence et de la maîtrise de sa réalisation.

Avec une animal qui existe vraiment, un simple prédateur présent dans nos mers, Spielberg parvient à créer un suspense éprouvant et installe à l'image une peur crédible et réelle pour chaque spectateur. Au beau milieu d'un petit paradis de vacanciers, il invite un prédateur ultime, une parfaite machine à tuer, qui terrorisera finalement bien plus qu'un tueur masqué ou un déséquilibré avec un couteau. Le coup de génie de Spielberg, c'est que le "monstre" de son film existe vraiment pour le spectateur, et il exploite cette idée de la plus belle des manières possible, transformant un simple requin en monstre implacable, calculateur et meurtrier (ce que les requins vivant aujourd'hui reprochent encore à Spielberg, en attendant qu'il vienne nager à quelques mètres de leur nageoires, juste histoire de le lui faire comprendre...).

Loin d'une certaine naïveté qui caractérisera le Spielberg des années 80, Les Dents De La Mer est un petit chef d'oeuvre d'efficacité, sans temps morts ni concessions, dans lequel Spielberg n'hésite pas à malmener le spectateur, ne reculant pas à montrer la mort, allant même jusqu'à l'illustrer abondamment de sang et sacrifier un enfant ! Avec un sens de l'image et de la mise en scène absolument bluffant, Spielberg signe un film de terreur parfait, abordant avec autant de soin sa trame dramatique et ses personnages que ses scènes d'action. Son écriture équilibrée et son timing idéal, sont perçues aujourd'hui comme le coup de départ du "Blockbuster", nous on y voit aussi une étape importante pour une gestion minimaliste et optimisée de la peur à l'image (même si Spielberg devait inventer pour "faire avec" un requin mécanique souvent en panne...) qui enfantera plus tard de Alien.

En plus de pouvoir se voir et revoir sans usure pour sa simple histoire ou son rythme, Les Dents De La Mer est une énorme leçon de cinéma ou chaque plan, chaque cadrage, se charge de sens et place le spectateur en condition pour ce qui va suivre. En 1975, nous avons découvert une manière de faire du cinéma, et près de 40 ans plus tard on s'étonne toujours de son intelligence et de son efficacité (et pour les amateurs, l'édition blu-ray propose le film dans des conditions absolument jamais vues : un régal). Si nous n'étions pas aussi anti-Spielberg, nous aurions mis sans hésiter un 10 au poisson !

Procurez-vous Les Dents De La Mer ou d'autres films de Steven Spielberg ou avec Roy ScheiderRichard Dreyfussavec Robert Shaw

Hamburger Film Sandwich (Kentucky Fried Movie, John Landis, 1977)


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Film à sketches proposant : des bandes annonces (dont, Catholic High School Girls in Trouble), des émissions détournées, des fausses pub et de courtes histoires humoristiques.

Une référence ! Seconde réalisation de par John Landis après Schlock, (et 4 ans avant son chef d'oeuvre Le Loup Garou De Londres !) Hamburger Film Sandwich est aussi la naissance cinématographique des ZAZ (Zucker- Abrahams-Zucker, auteurs des Y'a t'il un Pilote dans l'Avion, Hot Shots et autres Y'a t'il... ).

Accumulation effrénée d'humour délirant, débridé, débile, parodique, incontrôlé (proposant le meilleur comme le pire, le très drôle comme le pitoyable...), Hamburger Film Sandwich établit un style comique qui a influencé toute une génération de comiques et marqué les 80s. Les Nuls lui rendaient régulièrement hommage (notamment en diffusant la série des ZA,Z Nacked Gun, dans leur Nuit La Plus Nulle ou en reprenant la Carioca, qui ouvre Hamburger, dans le film dans La Cité De La Peur), les Inconnus venaient y voler certains de leurs meilleurs gags (le chercheur de danger à Barbès qui crie "rentrez chez vous les noirs et les bougnouls"...).

Si aujourd'hui l'humour de Hamburger Film Sandwich semble souvent bien fatiqué, toute la rédaction de Doorama se prosterne devant cet état d'esprit, d'une liberté folle, qui ne se refusait absolument rien (et nous disons bien rien : gros seins et godemichets offerts !). A la recherche permanente du délire le plus total, l'humour des ZAZ et de Landis est à la fois potache, référentiel, visionnaire, imprévisible, vulgaire, fin, visuel (au premier plan, et souvent en arrière plan, aussi, par ses "détails" tueurs), et explore toutes les dimensions comiques du premier jusqu'au septième degré... Là réside la force de cet humour : ses auteurs ne reculent devant rien, ils donnent ainsi à Hamburger Film Sandwich la capacité de faire rire (immanquablement, ne serait-ce qu'une seule fois dans le film) absolument chaque spectateur.

Souvent loin de toute finesse, ce délire foutraque (et certes fatiguant) recèle des trésors d'humour et d'inventivité. En véritables explorateurs des domaines du possible pour donner vie à un gag (si "con" et absurde soit-il), les ZAZ ont créé un courant comique surpuissant et irrévérencieux qui vécut son age d'or sur une courte décennie. Daté et usé, Hamburger Film Sandwich (qui donna une suite -le chant du cygne- Amazon Women On The Moon en 1988, rebaptisé Cheeseburger Film Sandwich en France) possède néanmoins l'immense qualité de pouvoir être vu et revu jusqu'à l'usure, tant il recèle de gags que ses degrés et couches d'humour superposées masquent lors d'une vision unique.

Hamburger Film Sandwich a tout du film "bas de gamme" et jetable, cependant nous pensons et assumons, ici à la rédaction de Doorama, qu'il est à considérer comme un jalon de l'évolution de l'humour au cinéma. Même si la qualité cinématographique n'est pas au rendez-vous et qu'il annonce une certaine forme d'humour télévisuelle (voire industrielle), il demeure un film culte, de ces films qui ne ressemblent à aucun autre (tout au moins lors de leur sortie en salle) et créent la nouveauté, la surprise et instaurent de nouveaux standards. Nous en sommes persuadés : il y avait du génie là dedans !

Une inoubliable curiosité à découvrir (ne serait-ce que pour remettre certaines pendules à l'heure...), aujourd'hui simple témoin de son temps, à laquelle toute la rédaction décerne un généreux 8, tel un Oscar d'honneur...

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Le Mystère Andromède (The Andromeda Strain, Robert Wise, 1971)


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Un satellite américain porteur d'un mystérieux décime les habitants du village dans lequel il est tombé. Face cette menace encore inconnue, un petit groupe de scientifique étudie le virus afin de comprendre son fonctionnement et d'empêcher sa propagation.

Film de science fiction au rythme lent et documentaire basé sur une histoire de Michael Crichton (Jurassic Park), Le Mystère Andromède s'attaque à la démarche scientifique de l'observation et de la compréhension d'une forme virale jusqu'alors inconnue.

Loin de l'action et exempt de toute forme de spectaculaire, Robert Wise (le généralissime La Maison du Diable) choisit un angle quasi documentaire et nous immerge dans un minutieuse mécanique de suspense, basée sur une enquête scientifique effectuée pas à pas. C'est le réalisme et la crédibilité qui guide Le Mystère Andromède. Tout est fait pour rester au plus proche de d'une situation réelle, que ce soit sur le plan technologique, mais aussi sur le plan humain puisque le scénario suivra le rythme des déductions intellectuelle des scientifiques.

Malgré les technologies futuristes montrées dans le film (et pas mal ont vu effectivement le jour entre 1971 et maintenant...) Le Mystère Andromède se rapproche finalement davantage du film scientifique que du film de science-fiction. Si son rythme vieillissant et daté (de nombreuses scènes s'attachent au respect des protocoles scientifiques, et ce n'est pas toujours des plus excitant !) rendent sa vision, aujourd'hui bien peu excitante, le film demeure cependant captivant. Au delà de l'observation de la technologie mise en oeuvre face à un ennemi invisible, Le Mystère Andromède s'attache à décortiquer les étapes intellectuelles humaines pour appréhender l'inconnu ; et même en roulant au pas, cet aspect du Mystère Andromède fascine en montrant le meilleur du potentiel de l'homme, mais aussi ses faiblesses (les erreurs ou "oublis" dans la conception des protocoles à de quoi faire frémir...). Enfin, on notera aussi un intéressant traitement  paranoïaque de son sujet (puisqu'il aborde en toile de fond les questions d'armes bactériologiques et de mensonge d'état !) qui participe à créer une ambiance tendue, voire oppressante.

Visuellement très marqué 70's (malgré le travail de Douglas Trumble sur les décors et le matériel scientifique de pointe) et souffrant d'un rythme qui condamnerait tout film actuel l'adoptant à l'oubli immédiat, Le Mystère Andromède reste un excellent film de science-fiction, certes "à l'ancienne", mais intriguant et inquiétant. Par certains aspects il donne l'impression de vouloir informer, éduquer et rassurer le public d'alors sur la capacité du gouvernement américain à pouvoir gérer une telle crise, et sa réalisation joue d'ailleurs à fond cette carte du réalisme documentaire. Sa réalisation et son traitement science-fiction sont d'une sobriété qui, à notre avis, manque cruellement au cinéma de science fiction d'aujourd'hui. A condition que l'on accepte sa forme, Le Mystère Andromède se révèle être un film de science-fiction aussi passionnant qu'effrayant. Un film qui a beaucoup vieillit, peut être, mais aussi une très belle réalisation (notamment une très habile utilisation des splits screens !) et surtout une vraie démarche intellectuelle et cinématographique habitent Le Mystère Andromède. On trouve ça excellent, passionnant et bien flippant !


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