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L.A. Takedown (Michael Mann, 1989)


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A Los Angeles, le détective Vincent Hanna traque le gang de Patrick McLaren, un braqueur expérimenté. Chacun fait ce qu'il sait faire, chacun sait ce que l'autre doit faire : le braqueur et le policier commencent une partie de chat et de la souris, au détriment de leur vie respective...

Heat... Six ans avant de mettre en image la mythique confrontation Pacino / DeNiro, Michael Mann en réalisait, sur la base du même scénario, une première version pour la télévision : L.A. Takedown. Presque 2 fois plus court que son ainé, on y retrouve cependant tout les ingrédients qui feront de Heat une perle parfaite, un film énorme... L.A. Takedown est bien loin de Heat (pour ne pas dire incomparable), mais même si son intérêt et sa qualité sont faibles, l'exercice est passionnant à regarder... Prototype approximatif dans lequel il est difficile d'entrevoir la noblesse de sa matière, L.A. Takedown en dit pourtant long sur ce qu'à un réalisateur a en tête, sur la gestation d'une oeuvre... Le magnifique Le Solitaire (The Thief) en 1981... le chef d'oeuvre Heat en 95... et au milieu L.A. Takedown, avec encore cette farouche volonté de décrire et comprendre de quoi sont fait les personnages moteurs de l'action, plutôt que de simplement la montrer. Cliquez...

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Tom Horn (William Wiard, 1980)


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Lorsque Tom Horn arrive quelquepart  sa réputation le précède : tueur, pisteur et interprète  il est presque une légende de l'Ouest. C'est pour cela qu'il est engagé par une association d'éleveurs de bétail, afin de faire cesser les vols. Mais devant ses méthodes expéditives, il devient encombrant et se retrouve subitement accusé du meurtre d'un enfant. Le grand Tom Horn a t'il pris son travail trop à coeur où est il prisonnier d'une manipulation des éleveurs ?

Alors que la rédaction se souvient que dans son jeune âge, la télévision proposait plusieurs westerns par semaines (avant de passer aux films policiers, puis aux séries...), nous n'avions pas croisé ce Tom Horn. A la fin des 60's, après que Léone ait presque "tué" le western par overdose de génie, le genre s'était grandement raréfié, s'illustrant dorénavant par à-coups souvent impressionnants (Impitoyable, Open Range, L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford ou l'étonnant Seraphim Falls) Tom Horn voit le jour en 1980, au milieu d'une époque qui ne lui ressemble pas...

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Blow Out (Brian De Palma, 1982)


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Un preneur de son enregistre par hasard un accident de voiture, et sauve une passagère. Le conducteur est mort, il s'agissait d'un gouverneur... Grâce à son enregistrement, Jack Terry découvre qu'il ne s'agit pas d'un accident et décide de révéler au grand jour la vérité.

En pleine décennie d'Or du réalisateur (1975-85), Blow Out n'échappe pas à l'ultra citation et à l'ultra référence d'autres oeuvres cinématographiques dont De Palma abusait alors. Blow Up, Conversation Secrète et Hitchcock, toujours et bien sûr, nourrissent le terrible échec commercial qu'à été Blow Out. 30 ans plus tard, Blow Out tient pourtant largement la route et se redécouvre avec encore plus de plaisirs qu'à l'époque, magnifiquement porté par un Travolta exceptionnel et les tics d'un réalisateur aussi virtuose que pompier...

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Les 4 Justiciers (One Down, Two To Go - Fred Williamson, 1982)


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Parce que le combat sur lequel ils avaient parié était truqué, Chuck et Ralph ne comptent pas se laisser faire et sont bien décidés à récupérer leur dû. Ils font appel à deux amis, J et Cal, ils ne seront pas trop de 4 pour s'attaquer à Mario, membre éminent de la Mafia.

Ca ressemble à un film de Blacksploitation, ça utilise des stars de la Blacksploitation, ça exploite la Blacksploitation, mais Les 4 Justiciers n'est pas tout à fait de la Blacksploitation... Il a simplement raté la période, en plus de rater deux ou trois autres petites choses... Blancs, Blacks, Beurs : découvrons ensemble nos 4 justiciers !

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Les Cadavres ne Portent pas de Costard (Dead Men Don't Wear Plaid - Carl Reiner, 1982)


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Quand Julia Forrest vient le voir pour lui demander d'enquêter sur la mort mystérieuse de son père, c'est très vite que Rigby Deardon découvre qu'une conspiration était montée contre lui. Son enquête révèle des listes de noms baptisées les "Amis de Carlotta" ou bien les "Ennemis de Carlotta"... Rigby est bien décidé à aller au bout de l'enquête, ne serait-ce que pour la belle Julia dont il commence à s'amouracher malgré les conseils de Marlowe...

Les Cadavres ne Portent pas de Costard est un bel hommage parodique aux films des 40's, et se compose d'extraits de vieux films (Le Grand Sommeil, Soupçons, Assurance Sur La Mort, Les Tueurs...) intégrés à son montage tout au long de l'enquête. Son rythme est calqué sur les films de détective de cette période et c'est Steve Martin (L'Homme Aux Deux Cerveaux, ou les récents remakes de La Panthère Rose pour les jeunes générations...) qui se colle à la tâche. 30 ans ont passé... Les Cadavres sont-ils toujours dans un état correct ?

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Femmes De Yakuzas (Hideo Gosha, 1986)


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Lorsque un yakuza est en prison, l'activité du clan ne s'arrête pas pour autant. Sa femme assure même le rôle de patronne intérimaire, prenant les intérêts du clan en main durant l'absence de Monsieur... Madame Awatsu règne donc en fine stratège sur un clan de 500 membres, elle dirige tout, de la guerre en cours, au mariage de sa soeur, mais quand cette dernière choisit d'épouser un yakuza du clan adverse, cela ne facilite pas la gestion des affaires courantes...

Hideo Gosha a pondu pléthore de films de genre... Si on retiendra Hikotori, le Châtiment et Goyokin, L'Or du Shogun comme deux perles véritables, il sera peut être plus difficile d'en dire autant de ce Femmes de Yakuzas. Film de genre audacieux et original sur le papier, le résultat final surprend, mais pas pour les meilleures raisons...

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Nomads (John McTiernan, 1986)


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A l'hôpital, avant de mourir sans raisons apparentes, un homme énonce une curieuse phrase en français à la femme docteur qui le soignait ; elle va alors revivre ses derniers jours. Rendu curieux par le comportements atypique d'un petit groupe d'individus, Jean-Charles Pommier, anthropologue récemment installé à L.A., avait en fait découvert que des esprits nomades et maléfiques vivaient parmi nous...

Avant de réaliser Piège de Cristal et Prédator (mais ne pardonnons pas le remake de Rollerball pour autant...) John McTiernan réalisait un premier film sur un anthropologue qui découvre une tribu au beau milieu de notre société : Nomads. Si dans ces 80's voyantes et superficielles, Nomads surprend par son rythme, son thème et sa relative richesse, il est hélas aujourd'hui assez difficile de faire le tri entre ses nombreux défauts et qualités.

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Le Solitaire (The Thief - Michael Mann, 1981)


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Voleur de haut vol, Frank est à deux doigts d'atteindre son idéal de vie, mais avant de se retirer définitivement, il s'engage sur un dernier coup...

Même si nous avons déjà un pied dans les 80's, et que Michael Mann à déjà dans l'oeil ce gout prononcé pour ce qui  fera de lui l'un des réalisateurs le plus emblématiques de l'esthétique de cette décennie, Le Solitaire, pour la rédaction, c'est tout simplement le dernier grand polar des 70's ! Ciselé comme ces "cailloux" que Frank dérobe, Le Solitaire possède déjà en lui tout ce qui fera de Heat un pur chef d'oeuvre, mais aussi, plus récemment, ce qui a inspiré une autre bombe comme Drive ! Autant le dire simplement : Le Solitaire est un grand film.

Tendu et "viril", impossible de ne pas retrouver un peu de Heat dans Le Solitaire, surtout lorsque l'on découvre la scène ou Frank joue carte sur table autour d'un café, dans un Diner au bord de la route (ha!  cette confrontation mythique Pacino/De Niro...) ; ou bien lorsque Michael Mann s'attaque (déjà) à construire ses personnages par leur vie intime et leurs aspirations personnelles, plutôt que par leur "métier" ou leurs forfaits. Le Solitaire, c'est James Caan (Rollerball, Le Parrain) et la testostérone qu'il dégage n'a d'égal que sa détermination à obtenir une vie rangée ou son professionnalisme. C'est là une des clés des oeuvres de Michael Mann, et ce qui fait souvent la spécificité de son cinéma, il oppose la violence ou l'âpreté apparente de ses personnage avec leur personnalité cachée, et la complète, voire la motive, par le portrait intime d'un homme, ni meilleur, ni plus mauvais qu'un quidam moyen. Il résulte alors dans son cinéma une forme de réalisme et d'émotion qui vient renforcer son sens de l'action et de la tension, permettant ainsi au spectateur de se projeter pleinement dans les mécanismes humains et les enjeux que Mann propose. Le Solitaire, sur ce point est une réussite totale, il est un film intense, touchant et puissant, tant dans son action que dans son personnage, que rien ne peut arrêter une fois lancé, quitte à obtenir une victoire à la Pyrrhus !

Pour sa forme, si l'on sent effectivement cet attrait du réalisateur pour les néons et tout ce qui brille (et qu'il poussera bien plus loin, plus tard dans les 80's), Le Solitaire possède encore la noirceur visuelle des polars 70's. Sa mise en image sobre et cadrée se met déjà en quête d'un esthétisme travaillé (on pense aux nuits de Collatéral) mais rien ne vient évoquer le "clipesque" abusif des 80's que la rédaction à tant de mal à savoir apprécier. Le Solitaire est une réalisation archi-solide et très pure, que même sa toute fin à la limite de la faute de goût visuelle (mais pas scénaristique !) ne parvient pas à entacher.

Souvent (et injustement) oublié, ce polar stylé et stylisé en impose encore aujourd'hui ! Avec tout ce qu'il faut pour balancer le destin de Frank en "pleine gueule" du spectateur, Michael Mann pose avec détermination et grande classe des casses aussi high-tech que physiques et, au delà de l'action, construit un impressionnant portrait de "bon gangster" aussi solide que poignant. Le style de Michael Mann a souvent énervé les critiques, mais il lui permet aussi, selon nous, de faire cette liaison rare entre le polar tendu et le drame. Que ce soit par l'atmosphérique de certains plans "d'ambiance" (Frank et un pêcheur en face d'un coucher de soleil dans Le Solitaire, ou De Niro qui contemple la mer dans son fragile paradis dans Heat) ou bien par l'atmosphérique de ses choix musicaux (l'électronique de Tangerine Dream pour Le Solitaire, les envolées Lisa Gerrard, le groove de Moby, l'émotion d'un Terje Rypdal ou des nappes douces), Michael Mann tempère toujours la violence de ses histoires en l'opposant aux faiblesses ou aux rêves de ses personnages. L'équilibre naît, les récits s'étoffent, les enjeux deviennent cruciaux, les images superbes et le rythme haletant : Michael Mann a ce don de marier dureté et douceur, fiction et vraie vie, il est un réalisateur de la nuance, du contraste et de la rupture de rythmes. Bien avant Heat Michael Mann avait déjà signé un chef d'oeuvre... Un polar prenant, intense et somptueux de très haute volée à redécouvrir de toute urgence.

Procurez-vous Le Solitaire ou d'autres films de Michael Mann ou avec James Caan

Réveillon Sanglant (Bloody New Year - Norman J. Warren, 1975)


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A la suite d'un naufrage, six amis se retrouvent prisonniers d'une île inhabitée, et trouvent refuge dans un mystérieux hôtel qui arbore ses décorations de noël alors que l'été culmine... Ce n'est que le premier signe étrange que l'île leur réserve, car d'étranges manifestations vont se produire, annonçant l'horreur à s'abattre sur eux...

Les Mutants de la Saint-Sylvestre... Voilà le titre sous lequel à aussi été exploité ce film britannique de Norman J. Warren (Inseminoid), et qui caractérise davantage l'étrangeté de son histoire.

On attend effectivement que les 6 amis se fassent massacrer et ,en bon slasher, Réveillon Sanglant se charge presque honorablement de cette tache. En revanche, à sa manière, le film apporte la surprise là où ne l'attendais pas. Le massacre aura bien lieu, avec son affligeant cortège de situations banales et déjà-vues (la découverte de l'hôtel, la séparation des jeunes, la première victime, l'émergence des 'héros...), mais son réalisateur injecte des éléments paranormaux, des fantômts, des morts-vivants, des failles temporelles, du gore et su survival, le tout dans un curieux mélange de 50's et de 80's...

La réalisation est pathétique, voire ésotérique avec ce plan du couple courrant dans les sous-bois, qui se répète 4 fois, poursuivi par une caméra subjective dont on ignore la nature, le sens et la fonction ; mais le mélange des thèmes parvient étrangement à surprendre le spectateur, faute d'emporter son adhésion au spectacle plutôt fauché qui lui est proposé. Réveillon Sanglant enchaîne les thèmatiques comme les perles, et ressemblerait presque à une première version, un brouillon, du récent Violent Kind !

Malgré la pauvreté qualitative de l'ensemble (à laquelle il faudra ajouter une pitoyable utilisation de son exaspérante musique bien ringarde), Réveillon Sanglant propose son surprenant cocktail de grand n'importe quoi avec un naturel scotchant ! Dû à un budget ultra plancher, la qualité technique est absente de l'écran, mais les raccourcis scénaristiques qu'il déploie lui donne une étrangeté qui, au final, s'avère plutôt sympathique. Guère mieux qu'un bis de drive-in, son interprétation européenne des codes US achèvera de donner à Reveillon Sanglant sa singularité.

"Faute de grives on mange des merles"... puisqu'il n'y pas grand chose au coeur de Réveillon Sanglant, on pourra cependant passer le temps en substituant à la qualité espérée une certaine aptitude à surprendre le spectateur. Ca ressemble à dérushage... on cherche toujours les mutants du titre français... mais on a quand même envie d'aller jusqu'à son final (qui soit dit en passant est moins raté que le reste). Un nanar 80's comme on l'aime qui récompense à sa manière le spectateur !

Procurez-vous Réveillon Sanglant ou d'autres films de Norman J. Warren 

Faux Semblants (Dead Ringers, David Cronenberg, 1988)


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Beverly et Elliot Mantle sont de vrais jumeaux. Brillants gynécologues à la carrière exemplaire, ils partagent absolument tout, la gloire comme les femmes. Lorsque Claire Neveau apparait dans leur vie, et que Beverly en tombe amoureux, la relation fusionnelle entre les deux frères va s'altérer. Mais peut on séparer ce qui est inséparable ?

A notre sens le Cronenberg le plus abouti, à l'image comme pour ses thèmes, Faux Semblants laisse à chacune de ses visions la rédaction de doorama complètement KO. Bien que Crash et History Of Violence soient aussi de ses plus grande réussites, Faux Semblants les surpasse, peut être grâce à la gigantesque performance de Jeremy Irons.

Faux Semblants est un film avec Jeremy irons et Jeremy Irons ! Aucune autre description de peut mieux décrire son incroyable performance à incarner les deux frères et leur donner cette identité distincte, sans aucun artifice. A sa seule présence sur l'écran, le spectateur sait instantanément s'il s'agit de Bev ou de Ely ! L'ébouriffante et parfaite mise en scène de Cronenberg achève le tour de force en mettant deux Jeremy Irons dans un même plan, en travelling, et se donnant la réplique... Aujourd'hui encore les effets spéciaux de Faux Semblants restent invisibles : une performance hallucinante qui renforce incroyablement la force de cette histoire de séparation impossible, quasi shakespearienne ! Il faut se rappeler que nous sommes en 1988, le numérique "balbutie" encore, le résultat de Faux Semblant est alors révolutionnnaire.

L'autre performance de Faux Semblants, c'est son approche psychologique de la relation des deux frères qui vivent comme dans un seul corps. En mélangeant la relation des jumeaux et la symbolique des frères siamois, Cronenberg signe là son avancée la plus profonde dans "l'intérieur" de ses personnages. Il parvient à traiter dans un même temps un seul esprit pour deux corps, mais aussi deux esprit dans un seul corps tant les deux sont indissociables ! Il mélange les approches du corps et de l'esprit (et de fait étend aussi son sujet à la schizophrénie...) puis lui greffe un élément extérieur (un virus ?) qui viendra détruire la l'unité des deux êtres, des deux cellules, des deux esprits. Histoire d'amour à plusieurs dimensions (Bev et Claire, interprétée par une Geneviève Bujold, mais aussi entre les deux frères) et puissant drame psychologique et horrifique (on pensear même au cannibalisme !), Faux Semblants absorbe le spectateur et le fascine autant techniquement, qu'artistiquement et émotionnellement. L'effroi généré sera d'autant plus fort que le contexte médical dans lequel il prend forme est glacial, dépouillé, et que le temps du film la médecine prend des allures bien inquiétantes.

Film d'horreur psychologique ultime, histoire d'amour contrariée tragique ou drame familial aussi puissant que troublant et dérangeant, Faux Semblant est tout cela. Aussi sobre dans son traitement que vertigineux dans sa force, il est à nos yeux un film parfait : effrayant et très (très) émouvant. Un peu à l'image de ses personnages, Faux Semblants est un film qu'il est difficile de décortiquer, tant ses composants sont intimement entremêles, jusqu'à paraître, à nos yeux en tout cas, comme une entité monocellulaire... indissociable... parfaite... Un lent dérèglement dépeint avec méthode et finesse, jusqu'à son abyssal final.
Du grand art, un immense Cronenberg qui se bonifierait presque avec les années...

Procurez-vous Faux Semblants ou d'autres films de David Cronenberg ou avec Jeremy Irons

Black Rain (Ridley Scott, 1989)


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Nick Conklin et son collègue sont chargés d'escorter Sato, un meurtrier, pour le remettre aux autorités japonaises. A l'aéroport d'Osaka leur prisonnier leur échappe. Dans ce pays où ils ne connaissent rien, ils vont tenter de récupérer Sato.

Entre Traquée et Thelma & Louise, Ridley Scott retrouve les décors saturés de néons et les rues bondées qui l'avaient inspiré pour son  Blade Runner, dans ce thriller japonisant et esthétique. Cette confrontation de style entre les méthodes d'un policier new-yorkais fonceur et tête-brûlée et la discipline japonaise débouchera, bien sûr, sur une meilleure compréhension de l'autre culture.

Scott s'appuie donc sur la différence de culture pour donner un peu de relief à un scénario bien connu, et habille son film de tout son savoir-faire visuel pour lui donner une apparence élégante, voire tendance. Black Rain arrive après Top Gun et l'Arme Fatale, et ça se sent ! Comme une réponse visuelle au Flic de Beverly Hills 2 de son frérot Tony Scott, Black Rain est tape à loeil, comme le Mel Gibson de l'Arme Fatale il met en scène un flic obstiné, très moto-ray-ban-brushing, parfait prototype du héros 80's ! Si Black Rain était très "beau" lors de sa sortie, il est aujourd'hui marqué du fer rouge des années 80's, et c'est une impression de superficiel qui se dégage de sa vision.

Au delà de son look esthétisant (soigné et réussi, mais énervant), c'est la transposition de son enquête ordinaire au japon, avec toutes ses différences culturelles, qui donne à Black Rain sa personnalité. Hélas, nous sommes bien loin de la finesse et de l'intensité du génial Yakuza de Sidney Lumet (avec Robert Mitchum, 1975) et Black Rain ne fait qu'effleurer cet aspect culturel, l'utilisant davantage comme un simple élément de décor que comme un réel moteur de son scénario. Ken Takakura, qui assiste nos flics dans le film de Scott était d'ailleurs celui qui donnait la réplique à Robert Mitchum dans Yakuza ; il tenait ce rôle  de "traducteur culturel", fonction bien discrète dans Black Rain... Nos deux flics sont certes perdus dans la société japonaise (avec leurs armes confisquées), mais malgré leur assistant local, ils apprendront finalement bien peu de leur séjour à Osaka...

Reflet de son époque, superficielle et très "m'as tu vu", Black Rain est certes un peu au dessus des productions du moment, mais son manque d'action, la prévisibilité de son scénar et la sous utilisation de l'environnement japonais ne lui permettent pas d'exprimer son plein potentiel. Film mineur dans la belle filmo de Ridley Scott, Black Rain n'est plus aussi jeune et séduisant qu'en 1989, et sa réalisation pourtant au top alors apparaît aujourd'hui bien plate (preuves de la pauvreté et de l'éphémère de ces années ?).
Sa vision aujourd'hui n'est pas désagréable, mais elle laisse apparaître un thriller un peu mou, mené par un Michael Douglas à la limite de l'exaspérant, et au thème plutôt mal exploité.
Certains films donnent envie d'en revoir d'autres : contents d'avoir revu Black Rain, mais grandement insatisfaits, nous brûlons d'envie de redécouvrir le Yakuza de Lumet... Voilà bien là le meilleur atout de Black Rain !

Procurez-vous Black Rain ou d'autres films de Ridley Scott ou avec Michael Douglas ou Andy Garcia