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Série Noire Pour Une Nuit Blanche (Into The Night, John Landis, 1985)


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Les insomnies de Ed le mènent un soir à l'aéroport, là, il sauve une inconnue, de quatre tueurs iraniens particulièrement déterminés. Diana s'est mise dans une situation délicate. Il décide de l'aider, ils entament alors alors un long et dangereux périple dans Los Angeles pour tenter de résoudre ses problèmes.

John Landis (Hamburger Film SandwichLes Blues Brothers et l'un de nos films culte Le Loup Garou De Londres -ben oui !-) est à nos yeux un réalisateur "sympa". A redécouvrir cette petite comédie policière oubliée (à juste titre), et malgré ses défauts, nous n'aurons pas changé d'avis. Bien ancré dans les 80's, Série Noire Pour Une Nuit Blanche, encombré de son rythme un peu mou et son genre hésitant, fonctionne difficilement aujourd'hui, mais il n'est cependant ni dénué de charmes ni de quelques qualités. 

Même si Série Noire Pour Une Nuit Blanche se veut une dérive nocturne insomniaque, il peine largement à trouver son rythme. Cette "folle nuit mouvementée" apparaît aujourd'hui bien timide, sa comédie est trop discrète, ses péripéties peu intenses, et on passe un temps impressionnant à suivre les personnages arriver en voiture sur les lieux d'une scène, puis la quitter. Peu trépidante, l'aventure de Landis ne décolle que rarement et, sans pour autant nous ennuyer, a bien du mal à nous emmener dans le cauchemar que les personnages sont sensés vivre. Comme son personnage en manque de sommeil, Série Noire Pour Une Nuit Blanche est dans l'ensemble plutôt fatigué lui aussi.

Mais quelques moments nous récompenserons cependant de sa vision. D'abord retrouver un produit 80's, typique mais sans ses excès (le divertissement n'est pas sclérosé par la superficialité souvent de rigueur à l'époque), puis son amusante galerie de personnages. Parmi lesquels la sympathique silhouette de Jeff Goldblum (le très attachant Les Copains D'abord de Lawrence Kasdan ou La Mouche), la divine Michelle Pfeiffer (Ladyhawke ou Susie et les Baker Boys,dont toute la Rédaction est instantanément retombé amoureux), mais aussi la très brève et très amusante prestation d'un David Bowie moustachu ou encore son croustillant quatuor de tueurs iraniens, aussi excités du bulbe que de la gachette ! Et quand c'est John Landis incarne l'un d'eux : nous on adore !.

Outre ses personnages, on pourra aussi relever quelques jolis moments de mise en scène (sans doute mis en valeur par la tiédeur générale du film) comme la découverte de l'adultère de la femme de Goldblum empreinte d'un tact élégant bien que lourdement amenée, ou le meurtre sur la plage et la fusillade finale qui dégagent une étonnante nervosité, voire une certaine efficacité. On apprécie aussi la petite baston avec Bowie sur fond d'images de films d'Abbot et Costello au prise avec un Loup garou (ça vous rappelle quelque chose ?) et Frankeinstein... John Landis aime les références cinématographiques, sa série Dream On se basait d'ailleurs dessus.

Série Noire Pour Une Nuit Blanche n'a plus grand chose de très sexy mis à part, à notre connaissance, la seule apparition de Michelle Pfeiffer nue au cinéma, mais son rythme maladroit lui donne cependant une curieuse personnalité, et l'humour déjanté (bien trop timide et ponctuel ici, mais bien présent en filigrane) et la réalisation de John Landis parviennent à éviter l'ennui. Série Noire Pour Une Nuit Blanche est une bouffée de  nostalgie molle du genou, sympathique et attachante, mais on est quand même bien loin du génial After Hours de Scorcese, avec lequel il est souvent rapproché... "See You Next Wednesday" pour en discuter ?

Procurez-vous Série Noire Pour Une Nuit Blanche ou d'autres films de John Landis ou avec Michelle Pfeiffer ou Jeff Goldblum

Blade Runner (Ridley Scott, 1982)


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En 2019, l'homme parvient à fabriquer des androïdes identiques à l'homme : Les Répliquants. Lorsque quelques répliquants s'échappent de leur condition de machines pour vivre parmi nous, et d'autant plus lorsqu'ils ont tués des hommes, on appelle alors un Blade Runner, sorte de détective chargé d'effectuer le "retrait" de ces êtres.

Second chef-d'oeuvre de SF de Ridley Scott (et chef-d'oeuvre du cinéma de SF tout court !), Blade Runner est l'adaption du roman  Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?de Philip K. Dick qui s'interroge sur la conscience humaine qui la technologie de l'homme pourrait donner à ses créations : des êtres qui agiraient, penseraient et ressentiraient les émotions 100% comme nous mais auxquels les Droits de l'Homme seraient refusés en quelque sorte.

Blade Runner parsème son film de toutes ces questions, patiemment, quand son scénario s'y prête une interrogation fait "pop". Face à la complexité de la thématique, Ridley Scott choisit de nous mener vers la réflexion (si on fabrique un humain, est il humain ? S'il n'est pas humain : et nous ?) par touches successives plutôt que de nous écraser sous sa propre vision. Blade Runner retrouve l'essence même de la SF, plutôt que de simplement "jouer" dans un futur possible avec des projections de notre présent, il aborde les problématiques sous un aspect presque philosophique et réintègre notre réflexion dans notre présent. Nous le disions pour Alien, mais c'est encore le mot "intelligence" qui caractérise le film de Ridley Scott.

E
t puis impossible de ne pas rendre hommage à la gueule de ce film ! Blade Runner proposait il y a 30 ans de cela, une certaine vision du monde de demain : mégalopoles à la Tokyo envahie de messages de consommation, grand écart social, ville en effervescence permanente, technologies pas trop fantaisistes... Aujourd'hui tout cela tient encore parfaitement la route (même si un gros logo Atari fait sourire...). La vision du futur de Blade Runner a incroyablement passé ces 30 années : le film est visuellement cohérent, ambitieux et encore jeune ! C'est l'occasion de rendre hommage aux effets visuels de Douglas Trumbull, hallucinant de beauté et de modernisme. C'est qui Trumbull ? Juste le mec en charge des effets visuels de 2001 l'Odyssée de l'Espace, et Rencontre du Troisième Type ! Un magicien quoi !

E
nfin, pour ceux qui ne l'auraient jamais vu, Blade Runner possède un rythme et un climat très particulier, très fort aussi. Film de SF, il se teinte pourtant d'un traitement de film de détective très 50's, même si cet aspect est gommé dans la version Director's Cut (plus de voix off !), et comme pour retrouver cette ambiance noire et feutrée, Ridley Scott prend son temps pour raconter son histoire (nous laissant par là aussi le temps de réfléchir...), il adopte le rythme lent et tranquile du détective Deckard... (avec son appartement, sorte de bureau-bulle, son whisky, ses souvenirs, la souris qui va avec (Sean Young), ses problèmes...). Et puis il y a Rutger Hauer, calme lui aussi, hypnotisant...

B
lade Runner est un film rare, élaboré avec un soin qui transpire dans chacun de ses plans. Plastiquement superbe, fascinant à regarder et foisonnant de sujets de réflexion, c'est un incontournable du cinéma de science-fiction, un incontournable tout simplement. On aime le répéter à chacune de nos chroniques sur Scott, mais quel énorme faiseur de rêve ce bonhomme !

Procurez-vous Blade Runner ou d'autres films de Ridley Scott ou avec Harrison Ford ou Rutger Hauer

Les Gens de Dublin (The Dead, John Huston, 1987)


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Un réveillon à Dublin, en 1904, est l'occasion pour les convives de partager récits, chansons et poésies, mais aussi d'évoquer les choses du quotidien, de demain mais aussi du passé.

Nos fidèles lecteurs auront remarqué notre attrait naturel vers des films qui allient ce que nous aimons à appeler le Cinéma (grand C) avec une dose de divertissement, plutôt que vers ceux estampillés d'Auteur ou dits "exigeants". Mais à coté de notre appétit pour la série B, le Bis, le blockbuster de qualité ou même le cinéma Pop-Corn, ils auront aussi remarqué notre soif, jamais étanchée, de jouir de nos classiques et de voire du Beau, du Vrai, du Grand Cinéma. C'est cette soif qui nous à guidé vers Les Gens de Dublin... Amateurs de thrillers, de violence âpre, de blagues potaches et de bastons musclées : passez votre chemin !

Pour son dernier film, John Huston (Le Faucon Maltais, Quand La Ville Dort, Les Misfits ou L'Honneur des Prizzis) porte à l'image une nouvelle de James Joyce (immense poète irlandais me dit Wiki...) : The Dead. 1h23 en compagnie de la belle société irlandaise du début du siècle, par une froide et neigeuse soirée d'hiver, à partager musique, chants, poésie, avis sur l'opéra et anecdotes sur les gens qu'ils connaissent. Les Gens de Dublin nous convie à cette soirée aimable et chaleureuse, ponctuée de moments d'émotion et de souvenirs, et nous invite dans ce cercle intime.

Sous des apparences que certains trouveront bavardes et ennuyeuses, se construit pourtant une puissante évocation de la Vie elle-même. John Huston, dans une mise en scène d'une incroyable fluidité et sobriété, dessine derrière une soirée anodine toute la complexité de notre rapport à la vie. Au travers de la nostalgie véhiculée dans une chanson, d'un poème sur l'amour perdu, d'un chanteur d'opéra presque inconnu mais jamais oublié ou encore du souvenir d'un disparu, John Huston fait émerger une réflexion qui submerge et emporte le spectateur vers une nostalgie à la fois douce et amère, vers une prise de conscience de combien les petites choses sont importantes et pourtant fugaces et éphémères, destinées à disparaître, comme nous tous.

Avec la patience et l'application d'un grand maître sur sa toile, Huston fait apparaître progressivement une foule de détails qui finissent par occulter, par leur sens, le sujet principal. A la manière d'un scientifique, il explique l'infiniment grand par l'infiniment petit. En immense cinéaste qu'il fût, John Huston livre en guise d'oeuvre posthume un chef d'oeuvre dont la portée poétique et émotionnelle est vertigineuse. La mise en scène de Huston laisse admiratif, la capacité des Gens de Dublin à attraper le temps qui passe, et à rattraper ce qu'il a emporté, est un tour de force qui touche à la magie !

Au risque de perdre nos lecteurs les plus fins devant la déception que peut engendrer ce qui va suivre, nous l'avouons sans honte : le Rédaction de Doorama s'est presque "ennuyée à mourir" lors de la projection des Gens de Dublin. Mais telle une bombe à retardement, le tic-tac des Gens de Dublin (1h23 de tic-tac, ça nous a paru long...) à laissé place, ensuite, à une détonation assourdissante, nous laissant finalement abasourdis devant tant de maîtrise et de finesse si humblement exposées...
"Le plus important, c'est pas la chute..."  vous connaissez la suite !


Procurez-vous Les Gens de Dublin, de John Huston ou avec Angelica Huston

Furyo (Merry Xmas Mr Lawrence, Nagisa Oshima, 1983)


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En 1942, dans un camp de prisonniers à Java, John Lawrence sert d'intermédiaire entre les soldats anglais et leurs geôliers japonais. Avec l'arrivée du major Jack Celiers, il verra naître une provocante rivalité avec le capitaine Yonoï, l'officier en charge du camp.

Nagisa Oshima (l'Empire des Sens) choisit deux stars du rock, Ryuichi Sakamoto et David Bowie, pour donner corps à ce que l'on pourrait comparer (à tort ?) à une version japonaise du Pont de la Rivière Kwaï, et aborder la différence culturelle, mais aussi, en toile de fond, l'homosexualité.

Furyo s'intéresse donc à cette guerre qui fait s'interroger sur son ennemi et ses valeurs, cette guerre qui, paradoxalement,  rapproche les peuples (la relation entre Lawrence et le sergent Hara joué par Kitano...). Il oppose la tradition japonais et son sens de l'honneur, qui trouve un sommet avec la mort (le hara kiri), avec la vision occidentale où l'honneur est de survivre et de résister. Et de rapprochement il en sera question puisque Oshima trouble cette confrontation culturelle en installant, derrière la fascination du capitaine Yonoï pour Celiers, une attirance homosexuelle, contraire à toutes ses valeurs. Pour Oshima, la passion et le sentiment est le vecteur de rapprochement entre ces deux cultures distantes, entre deux êtres, leur terrain de rencontre...

Illustrée par la superbe BO de Ryuichi Sakamoto, Furyo est un film ambigüe et d'une grande richesse thématique. Oshima, traitant de la guerre, ne délivre aucune leçon d'humanisme directe (il se contente d'approcher et de soulever les questions sans y apporter de réponse définitives) et, traitant de l'Amour, se contente de décrire son potentiel créateur (de rapprochement, de compréhension, de découverte) sans jamais lui donner vie (un simple geste, une bise, appellera la faucheuse...). C'est cette pudeur des sentiments, refoulés, cachés et contraints par les codes japonais, qui donnent à Furyo sa finesse et son parfum si particulier. Oshima livre un film fin et atypique, un film de guerre subtil (psychologique !), tout en non-dits, théâtre d'une passion aussi problématique que salutaire.


30 ans plus tard, et malgré son rythme vieillissant, Furyo reste un bien curieux film. Réunissant deux stars du rock et une star du comique (le Kitano !), pour parler d'amour et de respect, sur fond de guerre, d'honneur et de fossé culturel, il conserve tout son mystère, sa richesse thématique et sa force. Le "Merry Xmas, Mr Lawrence" lâché par le sergent Hara, résume à lui seul la très large palette émotionnelle et thématique de Furyo... La rédaction de Doorama à véritablement été surprise de constater que Furyo recèle encore autant de vie, autant de dynamisme caché : une redécouverte passionnante.

Procurez-vous Furyo d'autres films de Nagisa Oshima ou avec de Takeshi Kitano ou David Bowie

Inferno (Dario Argento, 1980)


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A New York, Rose découvre que l'immeuble dans lequel elle vit est l'antre d'une des Trois Mères, la mère Ténèbre (la mère des Soupirs est à Fribourg, la mère des Larmes à Rome...). Effrayée de sa découverte, elle demande à son frère vivant à Rome de la rejoindre, mais lorsqu'il arrive enfin, Rose à disparu...

Deuxième volet de la Trilogie des Trois Mère (avec Suspiria en 1977 et Mother of tears en 2009), Inferno reprend, et pousse encore plus loin, l'esthétique baroque et hyper coloré de son prédécesseur. Sur ce point, Dario Argento réussit un film magnifique à l'image, certes très pop et 80', mais dont les bleus roses et rouges criards participent à l'ambiance ésotérique du film et le transforme en une expérience visuelle passionnante et ébouriffante.

En revanche, là où Suspiria kidnappait littéralement son spectateur pour l'immerger dans un monde maléfique en pleine expansion, Inferno échoue à reproduire l'expérience et rate complètement son développement narratif et la construction de ses personnages. Il accumule une succession de scènes esthétiques et maniéristes, davantage à la recherche de meurtres sanglants stylés giallo que propices à installer un climat maléfique et fantastique. Inferno s'incarne alors en un patchwork mal assemblé, dont l'ésotérisme déserte le scénario pour s'installer du coté du spectateur et parasiter sa compréhension.

Face à cette distance entre fond et forme, Inferno perd de son potentiel vénéneux, son manque de continuité scénaristique le vide de son âme et le transforme en un sous Suspiria, en en pillant tout les ingrédients (mystère, gore, esthétique, musique...) pour les ré-exposer de nouveau, mais à force de surenchère, cette fois-ci de manière gratuites et dégénérée, presque à la limite du mauvais goût.

Rendons cependant hommage à Argento sur un point : le bâtiment dans lequel se situe l'action, véritable personnage central du film, est superbement filmé est exploité. Sous sa caméra il acquiert une vie propre, complexe, il renferme cette âme maléfique cruellement absente du reste de l'oeuvre.

La véritable Alchimie d'Inferno n'est pas dans son thème, comme le décrit Argento, elle réside finalement dans sa capacité à transformer l'or de son matériau initial en plomb cinématographique.
On ne retiendra donc d'Inferno qu'un film médiocre, au climat inégal, mais à la folle esthétique d'un chef d'oeuvre barré.


Prison on Fire (Ringo Lam, 1987)


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Deux prisonniers se lient d'amitié et affrontent ensemble l'univers carcéral. Brimades, triades, corruption, violence, maton cruel, mais aussi solidarité et liens entre prisonniers sont leur quotidien...

Film de genre made in Hong-Kong réalisé par Ringo Lam (connu chez nous pour avoir dirigé JCVD dans Risque Maximum par exemple), Prison On Fire est un film qui décrit la survie dans l'univers des prisons et s'interroge sur sa capacité à remettre dans le droit chemin ses occupants.

Véritable recyclage de Midnight Express (la prison qui pousses l'homme jusqu'à à ses limites), il explore son sujet en exploitant l'axe dramatique plutôt que celui de l'action ou du voyeurisme. Chow Yun-Fat et Tony Leung y incarnent des prisonniers qui se décrivent eux même comme "mouton et singe" au beau milieu d'un monde de prédateurs, ils permettent à Ringo Lam d'étayer son propos sur l'efficacité mitigée de l'emprisonnement.

Prison on Fire, pour peu qu'on le remette dans son contexte fin 80's et qu'on accepte son traitement Hong-kongais des sentiments (le mélange de violons et de naïveté, véritable code du cinéma HK et chinois, peut apparaître comme bien lourd à certains yeux novices...), tient ses promesses en proposant un film équilibré, riche d'action, aux personnages bien construits, et plutôt intéressant dans les idées qu'il véhicule.

Il est hélas bien difficile de tenir cette distance contextuelle lorsqu'on le découvre en 2012. Prison On Fire, aujourd'hui, tient davantage d'une simple série B d'exploitation au rythme trop lent que d'un film de divertissement finement pensé et étayé d'idées...

Prison On Fire, si réussi pouvait-il être en son temps, ne passe pas le cap des années et ne fait pas partie de ce cinéma de genre qui se patine avec l'âge, il se regarde aujourd'hui comme un simple témoin de son époque. Plutôt bien fait et digne d'intérêt dans l'absolu, il ne dégage plus qu'un charme faible qui permet toutefois de le regarder sans déplaisir.

L'incroyable Alligator (1980)


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Le bestiaire du film d'invasion peut se satisfaire de n'importe quel animal (Les Rongeurs de l'Apocalypse retraçait une invasion de lapins...), du coup le choix d'un Alligator par son réalisateur Lewis Teague, réussit au moins à imposer sa crédibilité. Ici, un Alligator, devenu gigantesque, arpente les égouts de la ville et en sort quelquefois !

S'il n'y a pas grand chose à reprocher à ce film là (dans son genre, cela s'entend), on lui accordera cependant deux faits d'armes. Tout d'abord on remercie son réalisateur d'avoir osé nous montrer la bêbête bouffer un petit enfant ! Ensuite, et plus sérieusement, il y a Robert Forster. Robert Forster est cet acteur de série B que nous avait ressorti Tarantino pour son Jakie Brown... Et dans l'Incroyable Alligator, croyez le ou non, mais il est absolument impeccable !

Donc, si vous êtes en manque d'invasion d'animaux geants, vous pouvez vous diriger sans risque sur cet alligator là, flirtant avec les limites du nanar, mais sans jamais y tomber. On y retrouvera avec plaisir toute la panoplie des effets speciaux de l'époque (superpositions d'image, maquette d'animal, vrai petit gator dans maquette, etc... que du bonheur !), utilisés ici avec intelligence et modération.
Ah série B, quand tu nous tiens !

Kagemusha (Akira Kurosawa, 1980)


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Palme d'or à Cannes en 1980, c'est le grand retour du Maître. Kagemusha retrace l'histoire d'un homme qui, en raison de son étonnante ressemblance, doit prendre la place d'un seigneur décédé, en plein milieu d'importants conflits militaires.

Plus qu'impressionnant, ne serait-ce que par la grandeur de ses scènes de bataille, Kagemusha est une nouvelle fois pour Kurosawa, l'occasion de dépeindre l'humaniste d'un personnage au milieu du chaos.

Kagemusha est une gigantesque fresque crépusculaire, shakespearienne comme l'aime Korosawa, qui aborde la grandeur de ce "petit" sosie, par jeux de contrastes avec les "grands" vides et avides... En revoyant de tels morceaux de Cinéma, on peux répondre rapidement à cette question "Qui remplace Kurosawa aujourd'hui dans le cinema ? " : Personne !

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L'été meurtrier (Jean Becker, 1983)


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"Elle" enflamme les hommes. Pinpon, le mécanicien-pompier n'y échappera pas, il en tombe amoureux. Mais "Elle" n'est pas que belle et désirable, elle porte en elle un mystère bien pesant.

Souvenir d'enfance pour beaucoup d'entre nous, l'insolente beauté de la jeune Isabelle Adjani était aussi chaude que ce sud de la France où se situe cet excellent film de Jean Becker !

La première apparition de "Elle"... Les voix en off des personnages, au passé... la chaleur du soleil... Tout dans l'Eté Meurtrier annonce le drame, et de la plus belle des manières qu'il soit. 

Jean Becker distille une véritable sensualité dans son cinéma, il utilise chaque chose qui lui tombe sous la main pour nous rapprocher de ses personnages, nous faire entrer dans leur intimité. C'est véritablement un conteur, et ils ne sont pas nombreux dans le cinéma français.

La première apparition de "Elle"... Les voix en off des personnages, au passé... la chaleur du soleil... Tout dans l'Eté Meurtrier annonce le drame, et de la plus belle des manières qu'il soit.
Jean Becker distille une véritable sensualité dans son cinéma, il utilise chaque chose qui lui tombe sous la main pour nous rapprocher de ses personnages, nous faire entrer dans leur intimité. C'est véritablement un conteur, et ils ne sont pas nombreux dans le cinéma français.  

L'Eté Meurtrier, par sa structure, sa forme et son déroulement dramatique, peut par ailleurs être rapproché de deux autres films qui ont marqué leur temps... Malgré ses spécificités, il trouvera ainsi tout naturellement sa place entre Dupont Lajoie et 37°2, le Matin. Ambiance, héroïne, drame, faux-semblants, voix off ... Allez-y, vérifiez...
 
 

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