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Le Clan des Siciliens (Henri Verneuil, 1969)


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Après une évasion audacieuse, Roger Sarlet se planque chez les Manalese, des truands siciliens. Ensemble ils vont monter le casse d'une exposition de bijoux internationale. Mais c'est sans compter sur la détermination du Commissaire Le Goff, bien décidé à retrouver Sarlet.

Cinéaste à la carrière internationale, Henri Verneuil touchait à tout : du western au policier (La bataille de San Sébastien, Le Casse), du drame au film politique (Un Singe en Hiver, Mille Milliards de Dollars), et toujours avec les plus grands (Anthony Quin, Gabin, Delon...). Le Clan des Siciliens revêt donc naturellement les habit de la grosse production française (et populaire !), mais de qualité.

Verneuil réunit pour cette histoire de casse les plus grands acteurs français d'alors et élabore, avec le Clan des Siciliens, un film de gangsters soigné qui,malgré un certain coté convenu et académique, s'est installé dans l'histoire du cinéma français. Le Clan des Siciliens est un "cinéma de papa", pur et efficace, dont la patine "cinéma à l'ancienne" procure toujours un plaisir authentique. Dénué de tout humour, ce polar à la française, sobre et "masculin" (on ajoutera Alain Corneau et surtout Melville dans cette veine là) souffre certes de rides marquées, dues à sa réalisation train-train, pas très créative, et son rythme peu alerte, mais il continue de fonctionner parfaitement et dégage encore cette "force tranquille" des classiques.

Le Clan des Siciliens n'est pas un chef d'oeuvre éternel, il n'est finalement qu'un divertissement haut de gamme, mais qui à su trouver sa place parmi nos classiques. Alain Delon en jeune félin impétueux et séducteur (Ah ! cette scène de la pêche au congre qui se termine en étreinte qui s'avèrera mortelle), Jean Gabin en sage patriarche, Lino Ventura en commissaire obstiné, Ennio Morricone à la musique, et Henri Verneuil en chef d'orchestre expérimenté : avec autant de talents, il était difficile de ne pas livrer une belle pièce ! Si on se dit aujourd'hui que le résultat est en dessous de ce qu'on était en droit d'espérer, Le Clan des Siciliens n'en demeure pas moins savoureux au plus haut point : un classique de genre qui "roule ses mécaniques" aujourd'hui démodées, mais qui séduit encore et en impose toujours !

Plein Soleil (René Clément, 1960)


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Philippe Greenleaf est un oisif fortuné qui passe le temps en Italie avec sa fiancée Marge. Tom Ripley, lui, est chargé par le père de Philippe de le faire retourner aux Etats-Unis, mais en attendant il fait office d'assistant personnel de Philippe qui le méprise souvent. Tom entreprend alors de faire disparaitre Philippe afin de prendre sa place.

Aura solaire pour ce thriller psychologique bénéficiant d'un Delon au sommet de son charme et de son talent. René Clément met en image ce drame de l'envie et de la convoitise en choisissant le soleil de l'Italie comme témoin.

Plein Soleil se construit autour d'un crime, mais ce n'est pas tant sa résolution que les motivations de son auteur dont il est ici question. Le film dresse le portrait d'un tueur calculateur, mu par la convoitise et dont la passage à l'acte trouve ses origines dans la frustration. Delon envahi littéralement l'écran en donnant chair à cet homme décidé à s'offrir une nouvelle vie, il l'incarne si justement que le spectateur excuserait presque son acte. C'est cette inversion des rôles, puisque c'est la victime qui devient presque "coupable" dans Plein Soleil (Mairice Ronet absolument impérial), qui donne au film ce caractère trouble et fascinant.

Plein Soleil, subtilement, désoriente. Il agît sur le spectateur comme un soleil de plomb à midi ! Il l'entoure complètement, le submerge, et comme une insolation, lui donne la fièvre, trouble son jugement. Ce n'est qu'à la fin de Plein Soleil que la fièvre retombe, que le spectateur s'aperçoit qu'il s'est aventuré trop loin avec Tom Ripley.

René Clément signait avec Plein Soleil un thriller psychologique particulièrement fin et subtil, en jouant habillement sur le rythme, et en distillant habilement les clés de ses personnages. Tranquilement et avec nonchalance, il installe une ambiguïté et une tension des plus réussies qui font de lui un film noir à l'européenne : un film noir "méditerranéen".

La nouvelle de Patricia Highsmith dont il est tiré, "Mr. Ripley", fut réadaptée en 1999 par Anthony Minghella, avec Matt Damon et Jude Law : Le Talentueux Mr. Ripley...