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Le Doulos (Jean-Pierre Melleville, 1961)


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Maurice, récemment sorti de prison, tue un receleur et emporte des bijoux qu'il cache. Il s'apprête ensuite a faire un casse, c'est son ami Silien qui lui fournit le "matos", mais Silien travaille comme indic (un "doulos") pour la police.

Le cinéma de Melleville se nourrit du Film Noir américain : loi du milieu avec ses codes, parcours sans issue et destin tragique (la fin du Doulos est d'ailleurs un hommage en écho à celle de Quand La Ville Dort). Dans les mains de Melleville le rythme ralentit, l'action s'intériorise, mais la tragédie demeure : ses protagonistes, malgré leurs aspirations ou leur droiture, n'ont qu'une seule direction...

Avec Melleville, le monde se réduit à ces hommes en uniforme (trench coat et chapeau), le reste de la société se retire, telle la marée, pour ne laisser visible que ses soldats du milieu ou ceux de la police. Le Doulos observe alors ces personnages, avec précision, et avant que leur destin les rattrape met en évidence leur humanité.

"Film d'Hommes" (comme certains des polars d'Alain Corneau), le Doulos montre des personnages en survie permanente, et éphémère, broyés par le fonctionnement du milieu dans lequel ils évoluent. Le cinéma de Melleville met en scène des parcours mortels avec une méticulosité et un rythme qui fascine. L'intensité qu'il installe n'est pas dans les actions des personnages, mais dans ce qu'elles impliquent : comme dans tout bon film noir, les hommes sont résignés à payer le prix de leurs actes, ils se livrent corps et âme aux règles du Milieu, c'est leur chemin de croix intérieur qui nous est livré.

Implacable et imparable, faussement froid et austère, le Doulos est un fabuleux film noir à la française. Belmondo est impérial en traître et salaud (quoi que...), Reggiani bluffant en homme trahi (plusieurs fois ?). On adore se laisser bercer et hypnotiser par la mécanique de Melleville, dont les codes immuables et intemporels transforment cette histoire de gangsters en tragédie à la fois sobre, discrète et forte. 50 ans après, la perfection de son mécanisme et de sa mise en scène donnent encore à ce Doulos des parfums de perfection : Une référence ! (même si Melleville n'en était qu'a son "début" dans ce genre, puisque Le Samouraï, Le Cercle Rouge (etc...) qui suivront parachèveront l'oeuvre immense de Melleville, austère, fascinante et puissante).