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Silent Hill (Christophe Gans, 2006)


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Afin de comprendre le mal qui ronge sa fille adoptive, Rose se rend à Silent Hill, une ville abandonnée. Mais sur place sa fille disparait mystérieusement, Rose parcours alors la ville à sa recherche et découvre le terrible secret de Silent Hill.

Christophe Gans (Le Pacte des Loups, Crying Freeman) est un cinéphile né (absolument passionant lorsqu'il parle de cinéma...), et son sens de l'image est un de ses talents certains. Il donne à cette adaptation du jeu vidéo éponyme un style visuel impressionnant, inspiré et convaincant, et injecte ses puissantes et dantesques visions de l'enfer directement au coeur de nos rétines. Sur ce point là Silent Hill est à n'en pas douter une référence du genre. Son climat est une réussite.

Pour le reste, c'est une autre histoire. Littéralement imbibé de cinéma, le cinéma de Gans a du mal à trouver sa propre personnalité, comme si son scénario était parasité par ses influences. Comme pour le Pacte des Loups, son réalisateur en fait trop, semble avoir du mal à trouver son équilibre. Silent Hill, après une première moitié passionnante à découvrir, piétine un peu, puis s'enlise lorsqu'il tente de réinjecter du sens et des éléments scénaristiques à son récit. Le jeu était une longue quête, le film commence comme celà, mais greffe et mélange, malédiction, sorcellerie et une intéressante, mais maladroite, interprétation psychologique.

Inégal, Silent Hill alterne un climat et une esthétique souvent proches de la perfection, avec un piétinement et des hésitations qui l’empêchent de maintenir une peur constante. Christophe Gans en voulant développer et enrichir la trame initiale du jeux, et la mener au delà de son mince argument, devient victime de ce que nous pensons être sa boulimie cinématographique et d'excès de zèle.

Si Silent Hill ne convainc pas complètement, l'ambition est pourtant bien là et la solide réalisation de Christophe Gans parvient largement à maintenir le fragile édifice débout. Son rythme irrégulier n'empêchera pas le spectateur de suivre avec intérêt ses superbes héroïnes. Radha Mitchell, en mère sexy en diable, et Laurie Holden (vue dans la série The Walking Dead) en flic courageuse emmènent efficacement le film vers son dénouement inattendu. Il serait par ailleurs intéressant de se pencher sur l'interprétation à donner quant au fait que l'enfer de Silent Hill, d'un point de vue psychanalytique, soit essentiellement féminin. De là à relancer le débat de l'hystérie réservée au beau sexe... Mais non,  nous souhaitons garder nos lectrices !

En guise de conclusion, même si Silent Hill perd de son intensité au fur et à mesure de son déroulement, sa réalisation à de quoi faire pâlir pas mal de réalisateurs. Et même si le résultat n'est pas tout à fait à la hauteur de son potentiel, il regorge d'ambiances apocalyptiques et d'excellent moments, et se voit (ou revoit) avec plaisir (peut être même davantage la seconde fois...). Et si cette histoire entre horreur et fantastique vous agace, concentrez vous sur son hallucinant univers visuel : là, il y a de quoi faire !


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