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Préparez Vos Mouchoirs (Bertrand Blier, 1978)


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Désespéré de ne pas voir Solange heureuse, Raoul rencontre Christian, ils forment alors un ménage à trois dont le seul moteur est le bonheur de Solange. Lorsqu'ils encadrent une colonie de vacances, le trio fera la connaissance de Christian, un gamin de 13 ans que Solange prend en affection.

Inimitable cinéma que celui de Bertrant Blier. Recomposant le duo des Valseuses, Blier, sans atteindre les sommets des Valseuses, recevra l'Oscar du meilleur film étranger à l'occasion de ces retrouvailles. Sans doute ces deux là y sont pour beaucoup : Depardieu y est énorme, encore vierge du poids de son mythe, et Deware renversant de naturel (à doorama, on pense qu'il est l'un des plus grands acteurs français, toute générations confondues !).

Très ancré dans son époque, Préparez vos Mouchoirs, touchait un sujet aujourd'hui presque inimaginable, en abordant et montrant la relation entre la délicieuse Carole Laure et le personnage de Christian (13 ans ! l'acteur a un petit rôle dans Polisse). C'est sans doute cette liberté totale de Blier et de l'époque qui illumine le film : sujet, traitement, personnage, rythme et dialogues prennent ici une force et une énergie qui étonne et séduit encore lorsqu'on le revoit aujourd'hui.

Même si la deuxième partie de Préparez vos Mouchoirs s'essouffle et s'éparpille un peu, on retient l'incroyable univers conconcté par Blier et les sublimes dialogues, qui trouvent dans la bouche des acteurs un niveau de qualité étonnant, une vie proche du meilleur Audiard (ah... Mozart !). Les personnages de Blier sont lunaires, poétiques, ils s'affranchissent de la réalité et ne gèrent que leur propre bulle, et lorsqu'ils rencontrent la "vraie vie", ils l'absorbent dans leur monde (comme le voisin, Michel Serrault...).

On peut détester le cinéma de Blier, libertaire et provocateur, mais son style et son langage cinématographique sont immenses. Derrière son coté surréaliste et décalé (frôlant l'absurde), il met en image des sujets fort et il parle de nos petits problèmes quotidien avec un véritable humanisme (au service duquel la provocation sert de puissant révélateur).
Si la ballade décontractée n'avait pas recherché une fin définie à son histoire, l'ivresse du spectateur aurait été totale, et nous aurions à doorama volontiers augmenté notre échelle à 8, tant ce cinéma regorge de vie, de fantaisie et de légèreté. En un mot : Savoureux.