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La Délicatesse ( David Foenkinos et Stéphane Foenkinos, 2011)


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Nathalie voit son bonheur brisé par la mort de son petit ami et se réfugie dans son travail. Lorsqu'un jour elle embrasse Markus, un collègue discret et atypique, elle renoue doucement avec la vie et les sentiments.

David Foenkinos porte son propre roman à l'écran, choisissant judicieusement Audrey Tautou et François Damien pour porter son doux message d'espoir et de vie. Délicat (forcément) et romantique à souhait, La Délicatesse déçoit pourtant autant qu'il émeut.

Tantôt triste et léger, le film de David Foenkinos apparaît pourtant bien imparfait, installant chez le spectateur une impression mitigée. Si le message et les situations qu'il met en scènes touchent, pour la plupart, par leur justesse et leur sensibilité, sa forme déçoit, accumulant souvent des maladresses qui empêche cette Délicatesse de vous submerger. En cause, des comédiens qui tardent souvent à trouver leur vitesse de croisière. Nombre de scènes peinent ainsi à déployer leur charme, et lorsque les comédiens nous emmènent enfin avec eux, la scène suivante perds ce capital, pour repartir à zéro.

Plus que le jeu des acteurs (Damiens est effectivement surprenant, et le charme de Tautou, à la fin de chaque scène, fonctionne systématiquement), la faute en incombe au rythme général du film, qui ne parvient pas à créer le liant nécessaire entre chacun de ses, pourtant beaux, morceaux de vie. Cet aspect fragmenté et ce manque de régularité dans sa progression, casse le charme de l'ensemble en empêchant La Delicatesse d'exprimer pleinement la force de l'énergie amoureuse et les doutes de ses personnages.

Là où, par exemple, Les Emotifs Anonymes parvenait à créer une bulle pour protéger son histoire et favoriser le développement de ses personnages, la Délicatesse échoue à créer cette bulle, ce lien d'intimité entre le spectateur et les personnages. Mais si ces faiblesses de forme et de rythme abiment notre plaisir, elle n'ôtent cependant pas toute force au film. Si La Délicatesse ne nous emporte pas, les idées et message qu'il véhicule sur l'amour, le besoin de l'autre, le rythme des sentiments et la fragilité des choses et de l'instant, trouvent quand à eux une bien belle forme et une large résonance en nous.

Le film des frères Foenkinos parvient davantage à nous transmettre l'idée de justesse que celle de la délicatesse, et s'il ne tient pas toutes ses promesses, il reste un film tendre, une évocation des jolies choses qui l'emportent sur les mauvaises, qui se regarde cependant avec plaisir.
La Délicatesse est un diamant mal exploité à l'apparence un peu "grossière", mais on regardera quand même avec plaisir et émotion cette jolie pierre, en regrettant qu'elle n'ait pas livré toute la beauté à laquelle elle était destinée. 


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Une Pure Affaire (Alexandre Coffre, 2011)


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Un petit avocat met la main par hasard sur un sac rempli de drogue. Décidé à profiter de l'occasion pour relancer sa vie, il décide de la vendre, entrainant sa femme avec lui, et rompant ainsi avec la routine familiale.

Ce premier film d'Alexandre Coffre est sacrément réussi. Il promène nonchalamment son scénario du coté de  la comédie tout en flirtant, par légères touches, avec le policier, voire même le drame. Ici, un couple abimé par les années se voit littéralement réanimé par l'arrivée du sac de drogue, ou plutôt par l'argent qu'ils vont en dégager, puisque il va se transformer en apprenti dealer. Le scénario est bien écrit, François Damien, comme on ne l'a jamais vu, absolument parfait dans son rôle, et la réalisation sobre et inspirée recèle d'intelligente et de créativité.

Cependant, pourtant fort de toutes ses qualités, Une Pure Affaire ne s'épanouit pas pleinement, coincé entre sa volonté de faire sourire et son regard distancé et inquiet sur ce couple essoufflé. Alexandre Coffre avait il peur de traiter sérieusement un sujet difficile ? (pourtant il semblait en avoir l'étoffe !). C'est ce que l'on peut ressentir en regardant ce film qui refuse de se soumettre aux règles de la pure comédie, refuse de tomber dans le pathos, et finalement donne l'impression de rater sa cible en n'arrivant pas à l'équilibre.

Une Pure Affaire laisse sur sa faim, un peu frustré de n'avoir pas assez rit, un peu déçu de na pas avoir ressenti les tensions émotionnelles des personnages, mais nous laisse aussi plein d'espoir de revoir ce réalisateur dans un registre plus sombre. A suivre...



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