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Océans (Jacques Perrin, Jacques Cluzaud, 2009)


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Dans un futur plus ou moins proche, un grand père se demande comment il pourrait faire comprendre à son petit-fils ce qu'était cet Océan que les hommes ont abîmés au point de le vider de sa vie... Voir ses merveilles suffirait à appréhender sa beauté...

Après Le Peuple Singe (en tant que producteur), Mikrocosmos (sur les insectes...) et Le Peuple Migrateur (les oiseaux...), Jacques Perrin poursuit son exploration des merveilles de la Nature, cette fois dans l'élément liquide.

C'est bien sûr en grande partie la technologie qui donne à Océans son pouvoir d'émerveillement sur le spectateur, mais pas seulement... Ses images, impressionnantes de beauté, coupent littéralement le souffle du spectateur, le mettant presque en situation d'apnée pour mieux pénétrer dans cet océan, mais au delà de sa "simple" beauté esthétique, c'est aussi par le sens de ces images que Océans nous touche !

L'accumulation d'images incroyables, souvent jamais vues (en tout cas de cette manière là !), laisse après leur vision une réelle adhésion au message de Jacques Perrin sur la nécessité, l'urgence, de préserver ce patrimoine naturel. Le message écologique, qui trouve depuis quelques années dans le cinéma un puissant allié, est ici transmis au spectateur sans tentative de le culpabiliser ou de le convaincre à tout prix. Jacques Perrin utilise pour seul argument ce que l'on pourrait résumer par "Regardez ! C'est si beau, si parfait, si énorme qu'il est évident que ça doit rester comme ça l'a toujours été", sa profession de foi, presque comme une prière religieuse...

Documentaire aux images fascinantes, hypnotisantes, certes, Océans ne manquera cependant pas de "références cinématographiques" : La transhumance des araignées de mer surpasse les plus impressionnants combats de 300... Certains habitants des profondeurs semblent avoir inspiré la créature de Alien... d'autres semblent sorties de l'univers de Hayao Miyazaki (Mon Voisin Totoro)... certaines semblent plus violentes et létales que les hordes de Starship Troopers... Quant au poisson-pierre, à l'allure grotesque, il s’avérera un chasseur plus redoutable encore que le Predator de Mc Tiernan ! Océans nous donne à voir la Nature dans ce qu'elle a de plus beau, de plus noble, et nous oblige à accepter humblement sa perfection, sa supériorité même ?

Océans, pour parfaire ses atouts, aura de plus la générosité de se faire discret quand à ses commentaires... Il est vrai que la majorité de ses scènes et ses images parlent (et fort !) d'elles-mêmes, le spectateur peut alors s'abandonner complètement à leur beauté contemplative... Si la pertinence des commentaires n'a d'égal que leur rareté, le spectateur n'échappera cependant pas à notre Bruno Coulais national, tantôt envahissant, tantôt en mode inspiration minimale, mais rien de grave cependant.

Océans est un opéra visuel à l'esthétique somptueuse. Contemplatif et pédagogique, il est un autant un plaisir visuel qu'intellectuel, et ce grâce à une liberté et une subtilité que l'on aurait aimé voir dans le magnifique Home de Yann Arthus-Bertrand. Ce documentaire est une merveilleuse réussite : "le poids des mots, le choc des images", mais sans les mots... :-)

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