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Charade (Stanley Donen, 1963)


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Le mari de Reggie Lambert est retrouvé mort, jeté d'un train. Reggie découvre alors le passé trouble de son ancien mari, et se retrouve menacée par plusieurs hommes en quête d'une somme d'argent qu'il est supposé lui avoir remis... Hamilton Bartholomew, de la CIA, et le séduisant Peter Joshua (Cary Grant) semblent vouloir l'aider, mais Reggie découvre que ce dernier mens sur sa véritable identité... Bien des surprises attendent Reggie !

Comédie policière très Hitchcockienne dans son esprit, Charade promène le spectateur de surprises en surprises dans une histoire de magot qui attire toutes les convoitises. Entièrement tourné à Paris, le film de Stanley Donen (Chantons sous la Pluie ou encore le magnifique Voyage à Deux, avec Hepburn aussi) impose son rythme et son suspense, avec une décontraction et un charme qui ne vieillit pas : Charade dégage toujours cette "vitalité" qu'il possédait lors de sa sortie.

Comédie romantique attachante, Charade repose avant tout sur son duo d'acteurs. Audrey Hepburn, cernée d'hommes prêts à tout pour mettre la main sur les 250 000 $ dont elle ignore la cachette, incarne a merveille cette candide veuve américaine, et avec Cary Grant forment l'un de ces couple iconiques du cinéma américain. Stanley Donen cèlera d'ailleurs le romantisme et le glamour du couple, en plaçant leur idylle naissante dans un Paris un peu gris, mais toujours aussi chargé de son magnétisme romantique... (une citation à Un Américain à Paris se cache d'ailleurs dans le film...).

Plein de légèreté et de fantaisie, Charade est un cocktail entre La Mort Aux Trousses et l'univers de Blake Edwards. Si n'arrive cependant pas à la beauté visuelle et technique du premier, sa mécanique précise, pour sans cesse surprendre le spectateur, ronronne parfaitement, et la vivacité et le cinglant comique des répliques du couple font immanquablement mouche ! Coté action, Stanley Donen ne laissera de répit au spectateur que pour observer le couple se rapprocher. L'humour qui parcoure ces scènes agit alors comme une bouffée d'air (on adore la douche de Cary Grant...) avant de reprendre de plus belle la poursuite du développement de l'intrique.

Charade est un bonbon, à la fois doux et acidulé ! Son rythme soutenu et son superbe couple agissent sur le spectateur comme une boisson euphorisante. On sourit, on s'amuse à avoir peur avec ses affreux méchants, on tremble pour Audrey, on brûle d'avoir le fin mot sur son magot... Charade est de ces films américain raffiné, racé et efficace, qui s'appuie sur un sens du spectacle et du Cinéma sans faille. Une douceur à consommer sans aucune modération, qui dépasse en tout point (artistiquement comme techniquement) ses modestes ambitions d'"entertainment". Hollywood, dans ses plus beaux habits, nous offre un superbe numéro de charme.

Procurez-vous Charade ou d'autres films de Stanley Donen ou avec Cary Grant, Audrey Hepburn, James Coburn, George Kennedy ou Walter Matthau

Croix De Fer (Cross Of Iron, Sam Peckinpah, 1977)


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Le capitaine Stransky, un officier allemand issu de l'aristocratie en quête de la prestigieuse Croix de Fer, se fait muter sur le front russe, alors que l'armée allemande, en pleine difficultés, recule. Malgré des combats qui ne laissent pourtant aucun répit, une rivalité s'installe avec le Sergent Steiner, un officier proche de ses hommes, lui même décoré de la Croix de Fer.

Au delà d'une réalisation un peu fatigante (abus des ralentis, montage ébouriffant qui restitue le fracas des combats...) Sam Peckinpah aborde ici la guerre comme rarement au cinéma (on pense aux approches de La Ligne Rouge ou Apocalypse Now, mais aussi à Il Faut Sauver le Soldat Ryan...).

L'absurdité et l'horreur de la guerre forment bien évidemment la colonne vertébrale du puissant message de Sam Peckinpah (Les Chiens De Paille, La Horde Sauvage, Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia), mais il se doublent d'une vaste palette, plus intime, de faiblesses individuelles et humaines qui en multiplie l'impact. Orgueil, bêtise, égoïsme, injustice et violence viennent ainsi rehausser davantage (saturer !) un tableau déjà bien sombre (le superbe passage de l'enfant russe...).

Dans un enfer déjà total, Peckinpah parvient à faire entendre le son des comportements individuels, comme pour rappeler que le le grand tableaux est lui même composé d'une multitude de touches. Si le sergent Steiner (James Coburn) n'est pas aussi "mauvais" que Stransky (Maximilian Shell), il n'en demeure pas moins un chien de guerre au service de la folie ambiante, qui fera certes preuve de coeur et de courage, mais qui reste l'un des rouages de cette guerre, l'un des moteurs. Même s'il y en a, les bonnes actions de Croix de Fer se font bien vite oublier, car pour Peckinpah, rien ne pousse sur un champ de bataille... (on pense alors aux chants d'enfants, certes d'une certaine jeunesse, illustrés par des photos de guerre lors des génériques d'entrée et de sortie du film...)

La vision nihiliste de Peckinpah ne verse pas un seul instant dans l'anti-allemand, mais son choix de placer son récit dans l'armée allemande (et on pardonnera pour l'occasion la stupidité d'entendre des soldats allemands parler un américain bien sonnant) et sa volonté de noircir chaque aspect de la guerre (idéologies, violences, injustices, actes de masse mais aussi individuels) ne peuvent être séparées de l'horreur à venir des camps... Peut être est-ce là que Croix de Fer atteint formidablement son objectif : décrire un enfer au sein d'un autre (et ici, l'enfer c'est les autres !), mais aussi dessiner en filigrane la faculté que nous avons, individuellement comme collectivement, à le créer !

Il y aurait beaucoup à dire sur ce Croix de Fer, qui sous ses apparences de film de "gueguerre" un peu basique et brutal, cache une formidable richesse de thèmes (comme la lutte des classes par exemple !). Sa densité lui permet de rivaliser sans peine avec les plus grands films contre la guerre. Alors pourquoi diable cette pépite est elle si souvent oubliée ? Pourquoi ne vous offririez vous pas l'occasion de découvrir ce "petit film" (nous ne le pensons pas) aux ambitions si formidablement portées ?
La Rédaction de doorama est unanime : il FAUT découvrir Croix de Fer !   

NDLR : On a oublié de pointer la présence de David Warner, un acteur lui aussi un peu oublié, mais pourtant souvent incroyable dans ses rôles de second couteau comme dans Les Chiens De Pailles ou C'Etait Demain
(voir sa filmographie chez nos copains de Cinéfriends : Allocine ou IMDB n'a pas besoin de nous :-).


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