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Les Seigneurs (Olivier Dahan, 2012)


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Un footballeur sur le déclin, accepte de devenir entraîneur de l'équipe de Molène, dont la réussite de son équipe pourrait sauver l'entreprise locale de conserverie traditionnelle de la fermeture. Pour atteindre son objectif, Patrick recrute une brochette d'anciennes pointures, sur le déclin elles aussi...

Il suffut de découvrir son (impressionnante) distribution pour embrasser Les Seigneurs de Olivier Dahan : une comédie sur-calibrée, conciliant humour et émotion, qui visait, à n'en point douter, le carton comique de l'année. A l'image de La Vérité Si Je mens, Les Seigneurs échaffaude donc un scénario basé sur la construction d'un projet "quitte ou double", dont relever le challenge permet de concentrer des personnages riches en couleurs et attachants... Sur la pelouse des Seigneurs, constelée de "beautiful losers" : carton rouge ou carton plein ?

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Faites Sauter La Banque (Jean Girault, 1963)


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Victor Garnier tient un magasin d'article de pêche. Ruiné par un placement hasardeux conseillé par le directeur de la Banque Durand-Mareuil, située en face de son magasin, il décide de récupérer son argent. Il entraîne alors toute sa famille dans la folle tentative de creuser un tunnel jusqu'à la banque, pour la cambrioler.

Ce Louis de Funes est la deuxième collaboration avec Jean Girault (le papa des Gendarmes de Saint-Tropez), juste après Pouic-Pouic. Plus rare et bien moins diffusé que bon nombres d'autres de ses films, Faites Sauter La Banque n'est pourtant pas mauvais du tout, peut être même plus digeste que d'autres.

Il ne faudra certainement pas attendre une grande finesse ou du pur génie comique de la part de Faites Sauter la Banque, mais ce De Funès qui embarque femme et enfants dans le perçage de tunnel apporte son lot de scènes cocasses, à l'humour convenu et sage, mais cependant efficace. L'idée de transformer la famille idéale en cambrioleurs donne un parfum particulier à cette comédie sympathique. Elle transpose en quelque sorte Mélodie en Sous-Sol , sorti un peu avant, chez une famille modèle (les repas en famille devant la TSF...) en remplaçant ses gangsters éprouvés par d'innocents et inexpérimentés M. et Mme tout le monde.


Si les gags sont un peu téléphonés, le film de Girault nous fait quand même passer un agréable moment. D'abord parce que son rythme pépère de petite comédie nous replonge avec bonheur dans une époque sereine et simple (ah la france village des années 60...), ensuite parce que De Funès, bien qu'ayant déjà trouvé son style, ne le surexploite pas encore trop. De Funès fait bien sur du De Funès mais le caractère de  son personnage, Victor Garnier, reste encore visible et présent derrière les grimaces et les attitudes de l'acteur. A l'approche du succès que l'on lui connaît Faites Sauter La Banque nous laisse davantage entrevoir l'acteur derrière le comique.

Nous ne connaissions pas ce Louis De Funès là. Bien que la rédaction de Doorama ait été élevée au rythme des diffusions télé de ses films, cette histoire de braquage familial de banque à gentiment fonctionné sur la rédaction. Si Faites Sauter La Banque ne fait pas partie des classiques de l'acteur, il mérite selon nous, et en dépit de ses faiblesses réelles, d'être découvert. Ne serait-ce que pour une leçon d’étayage de tunnel avec Jean Lefebvre ou pour Jean Pierre Marielle en directeur de banque hautain et altier. Entre deux films de sabre et deux films d'horreur, le léger souffle rafraîchissant de Faites Sauter La Banque nous a paru  infiniment facile et agréable à regarder, sympathique. A sauver de l'oubli parce qu'il le mérite !  

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Les Galettes de Pont-Aven (Joël Séria, 1975)


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Un représentant de commerce en parapluie, et peintre amateur à ses heures, écume l'ouest de la France, et ne renie pas quelques incarnates amoureuses à son mariage étouffant. Lorsqu'il se lie d'amitié avec émile, il fait la connaissance de d'Angéla, il va pour elle tout plaquer et se consacrer à la peinture.

"Ah ce cul !". Si Les Galettes de Pont-Aven n'ont pas marqué le cinéma Français (à juste titre), son ton léger et libertaire lui confère pourtant aujourd'hui une saveur toute particulière. Chronique attachante et grivoise d'un VRP dans la France profonde des 70's (proche de celle de Pays de Cocagne), Les galettes de Pont-Aven dégage autant d'authenticité et de simplicité qu'il  pourrait sembler "inutile" au premier abord.

En effet, caché derrière ses apparences modestes de petite comédie cochonne, se tient en fait une véritable ode à la vie, un film qui traite du bonheur simple ("Ah ce cul !"), et dissimule derrière des dialogues crus et efficaces une grande poésie.

Tout cela repose sur un Jean-Pierre Marielle absolument inoubliable et tellement parfait en monsieur tout le monde, dans la bouche duquel nombre de lignes de dialogues prennent puissamment vie et font irrémédiablement mouche ("Henri Serin, comme un serin" ou "Si tu la voyais cette conne, elle sait même pas ce que c'est qu'une bite !" en parlant de sa femme...). On pense alors au cinéma de Blier et on se surprend à regretter un certain cinéma, parfois maladroit, mais bien "vivant" et spontané.

Petit rien dans le 7ème art, devenu culte pour beaucoup, Les Galettes de Pont-Aven est une madeleine de Proust qui se range avec Les Valseuses, Le Chaud Lapin (de Pascal Thomas) ou Pauline à La Plage. Il croque le quotidien de son époque et refuse à tout prix le spectacle et l'artificiel, en héritier de la libération sexuelle et de La Société de Consommation, il s'attache à l'individu et à ses aspirations, simples, légitimes et profondes. Il y a de ces choses insignifiantes auxquelles on pense encore des années plus tard, Les Galettes de Pont-Aven en sont une bel exemple en conservant jalousement une recette aujourd'hui perdue, en dégageant une saveur exquise que seul Jean-pierre Marielle pourrait résumer : "Tu sens la pisse toi, pas la bigotte !".   

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