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Hamburger Film Sandwich (Kentucky Fried Movie, John Landis, 1977)


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Film à sketches proposant : des bandes annonces (dont, Catholic High School Girls in Trouble), des émissions détournées, des fausses pub et de courtes histoires humoristiques.

Une référence ! Seconde réalisation de par John Landis après Schlock, (et 4 ans avant son chef d'oeuvre Le Loup Garou De Londres !) Hamburger Film Sandwich est aussi la naissance cinématographique des ZAZ (Zucker- Abrahams-Zucker, auteurs des Y'a t'il un Pilote dans l'Avion, Hot Shots et autres Y'a t'il... ).

Accumulation effrénée d'humour délirant, débridé, débile, parodique, incontrôlé (proposant le meilleur comme le pire, le très drôle comme le pitoyable...), Hamburger Film Sandwich établit un style comique qui a influencé toute une génération de comiques et marqué les 80s. Les Nuls lui rendaient régulièrement hommage (notamment en diffusant la série des ZA,Z Nacked Gun, dans leur Nuit La Plus Nulle ou en reprenant la Carioca, qui ouvre Hamburger, dans le film dans La Cité De La Peur), les Inconnus venaient y voler certains de leurs meilleurs gags (le chercheur de danger à Barbès qui crie "rentrez chez vous les noirs et les bougnouls"...).

Si aujourd'hui l'humour de Hamburger Film Sandwich semble souvent bien fatiqué, toute la rédaction de Doorama se prosterne devant cet état d'esprit, d'une liberté folle, qui ne se refusait absolument rien (et nous disons bien rien : gros seins et godemichets offerts !). A la recherche permanente du délire le plus total, l'humour des ZAZ et de Landis est à la fois potache, référentiel, visionnaire, imprévisible, vulgaire, fin, visuel (au premier plan, et souvent en arrière plan, aussi, par ses "détails" tueurs), et explore toutes les dimensions comiques du premier jusqu'au septième degré... Là réside la force de cet humour : ses auteurs ne reculent devant rien, ils donnent ainsi à Hamburger Film Sandwich la capacité de faire rire (immanquablement, ne serait-ce qu'une seule fois dans le film) absolument chaque spectateur.

Souvent loin de toute finesse, ce délire foutraque (et certes fatiguant) recèle des trésors d'humour et d'inventivité. En véritables explorateurs des domaines du possible pour donner vie à un gag (si "con" et absurde soit-il), les ZAZ ont créé un courant comique surpuissant et irrévérencieux qui vécut son age d'or sur une courte décennie. Daté et usé, Hamburger Film Sandwich (qui donna une suite -le chant du cygne- Amazon Women On The Moon en 1988, rebaptisé Cheeseburger Film Sandwich en France) possède néanmoins l'immense qualité de pouvoir être vu et revu jusqu'à l'usure, tant il recèle de gags que ses degrés et couches d'humour superposées masquent lors d'une vision unique.

Hamburger Film Sandwich a tout du film "bas de gamme" et jetable, cependant nous pensons et assumons, ici à la rédaction de Doorama, qu'il est à considérer comme un jalon de l'évolution de l'humour au cinéma. Même si la qualité cinématographique n'est pas au rendez-vous et qu'il annonce une certaine forme d'humour télévisuelle (voire industrielle), il demeure un film culte, de ces films qui ne ressemblent à aucun autre (tout au moins lors de leur sortie en salle) et créent la nouveauté, la surprise et instaurent de nouveaux standards. Nous en sommes persuadés : il y avait du génie là dedans !

Une inoubliable curiosité à découvrir (ne serait-ce que pour remettre certaines pendules à l'heure...), aujourd'hui simple témoin de son temps, à laquelle toute la rédaction décerne un généreux 8, tel un Oscar d'honneur...

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Série Noire Pour Une Nuit Blanche (Into The Night, John Landis, 1985)


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Les insomnies de Ed le mènent un soir à l'aéroport, là, il sauve une inconnue, de quatre tueurs iraniens particulièrement déterminés. Diana s'est mise dans une situation délicate. Il décide de l'aider, ils entament alors alors un long et dangereux périple dans Los Angeles pour tenter de résoudre ses problèmes.

John Landis (Hamburger Film SandwichLes Blues Brothers et l'un de nos films culte Le Loup Garou De Londres -ben oui !-) est à nos yeux un réalisateur "sympa". A redécouvrir cette petite comédie policière oubliée (à juste titre), et malgré ses défauts, nous n'aurons pas changé d'avis. Bien ancré dans les 80's, Série Noire Pour Une Nuit Blanche, encombré de son rythme un peu mou et son genre hésitant, fonctionne difficilement aujourd'hui, mais il n'est cependant ni dénué de charmes ni de quelques qualités. 

Même si Série Noire Pour Une Nuit Blanche se veut une dérive nocturne insomniaque, il peine largement à trouver son rythme. Cette "folle nuit mouvementée" apparaît aujourd'hui bien timide, sa comédie est trop discrète, ses péripéties peu intenses, et on passe un temps impressionnant à suivre les personnages arriver en voiture sur les lieux d'une scène, puis la quitter. Peu trépidante, l'aventure de Landis ne décolle que rarement et, sans pour autant nous ennuyer, a bien du mal à nous emmener dans le cauchemar que les personnages sont sensés vivre. Comme son personnage en manque de sommeil, Série Noire Pour Une Nuit Blanche est dans l'ensemble plutôt fatigué lui aussi.

Mais quelques moments nous récompenserons cependant de sa vision. D'abord retrouver un produit 80's, typique mais sans ses excès (le divertissement n'est pas sclérosé par la superficialité souvent de rigueur à l'époque), puis son amusante galerie de personnages. Parmi lesquels la sympathique silhouette de Jeff Goldblum (le très attachant Les Copains D'abord de Lawrence Kasdan ou La Mouche), la divine Michelle Pfeiffer (Ladyhawke ou Susie et les Baker Boys,dont toute la Rédaction est instantanément retombé amoureux), mais aussi la très brève et très amusante prestation d'un David Bowie moustachu ou encore son croustillant quatuor de tueurs iraniens, aussi excités du bulbe que de la gachette ! Et quand c'est John Landis incarne l'un d'eux : nous on adore !.

Outre ses personnages, on pourra aussi relever quelques jolis moments de mise en scène (sans doute mis en valeur par la tiédeur générale du film) comme la découverte de l'adultère de la femme de Goldblum empreinte d'un tact élégant bien que lourdement amenée, ou le meurtre sur la plage et la fusillade finale qui dégagent une étonnante nervosité, voire une certaine efficacité. On apprécie aussi la petite baston avec Bowie sur fond d'images de films d'Abbot et Costello au prise avec un Loup garou (ça vous rappelle quelque chose ?) et Frankeinstein... John Landis aime les références cinématographiques, sa série Dream On se basait d'ailleurs dessus.

Série Noire Pour Une Nuit Blanche n'a plus grand chose de très sexy mis à part, à notre connaissance, la seule apparition de Michelle Pfeiffer nue au cinéma, mais son rythme maladroit lui donne cependant une curieuse personnalité, et l'humour déjanté (bien trop timide et ponctuel ici, mais bien présent en filigrane) et la réalisation de John Landis parviennent à éviter l'ennui. Série Noire Pour Une Nuit Blanche est une bouffée de  nostalgie molle du genou, sympathique et attachante, mais on est quand même bien loin du génial After Hours de Scorcese, avec lequel il est souvent rapproché... "See You Next Wednesday" pour en discuter ?

Procurez-vous Série Noire Pour Une Nuit Blanche ou d'autres films de John Landis ou avec Michelle Pfeiffer ou Jeff Goldblum