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Lady Vengeance (Park Chan-wook, 2005)


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Emprisonnée 13 années pour avoir assassiné un enfant de 5 ans, Gueum-Ja retrouve enfin la liberté. Elle va enfin pouvoir se venger de celui qui l'a envoyé en prison, de celui qui lui a pris 13 années et tant d'autres choses...

Dernier opus de la "trilogie de la vengeance", Lady Vengeance succède à l'atypique Sympathy for Mr. Veangeance (2003) et au surpuissant Old Boy (2004) !

De nouveau Park décortique, dissèque presque, les mécanismes de la vengeance, la justifiant par une situation initiale brutale et injuste, et lui apportant en réponse une action plus brutale encore, le mal appelant le mal. Et lorsque le mal initial est incarné par Min-sik Choi (J'ai rencontré le diable et Old Boy), on dit "encore !")

Une fois de plus, Park brouille les repères et joue avec le spectateur, il fait basculer ses personnages d'un coté puis de l'autre de la ligne, et nous fait hésiter entre compassion et répulsion. Pour ce jeu là, Lady Vengeance déploie une réalisation virtuose et inspirée, sa mise en scène baroque et stylisée servent un scenario diabolique qui distille la vérité à coup de flashbacks maitrisés. Tant pour le fond que pour la forme Park soigne chaque détail de son film, que ce soit  l'image, l'ambiance, le rythme ou la musique, chacun de ses choix fait mouche.

Lady Vengeance prend quelquefois des allures excessives, lyriques, il fonce tête baisée vers son objectif sans se soucier des conventions ou de la morale. Comme sa belle vengeresse, il est jusqu'auboutiste, obsessionnel... C'est cette énergie permanente, sa stylisation presque poussive, mais jamais gratuite ou inutile, qui pourra paradoxalement déplaire dans Lady Vengeance.


Lady Vengeance a ce coté "rock'n roll" ou "Tarantino" qui flirte sans cesse avec les limites, mais si on accepte ses choix, alors il livre ses trésors : créativité, force, fulgurance, poésie morbide, violence et sens de l'image sont bien présents ici, au service d'un film d'auteur déguisé en série B, à moins que cela ne soit l'inverse... Qu'importe ! Quelque soit la nature de cet objet cinématographique, il y a de l'Excellence et de l'Excellent dans ce cinéma coréen. On n'arrête pas de vous le dire.
  

NDLR : Lady Vengeance redonne par ailleurs fortement envie de voir La Femme Scorpion, on avait juste envie de partager cette envie avec vous.

Joint Security Area - JSA (Park Chan-Wook, 2000)


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Un incident est survenu sur la frontière entre les deux Corées, impliquant des soldats des deux parties. Deux soldats sont morts, trois ont survécu, une guerre pourrait s'ensuivre. Une enquête est menée afin de mettre à jour ce qui c'est réellement passé dans ce poste frontière.

Park Chan-Wook est davantage connu pour son énergie destructrice et sa violence implacable, en tout cas ceux qui ont vu Old Boy ont encore imprégné sur les pupilles la furie de ce dernier. Ici, point de manga déchaîné comme matériau de base, mais juste une enquête ordinaire en milieu militaire, avec pour toile de fond ce que l'on imagine être la réalité là bas... Après JSA on se dit en effet que l'ambiance doit être plutôt tendue à la frontière, et que les comportements et motivations des personnages du film ne doivent pas être dénuées de toute observation du terrain. On a donc l'impression d'en apprendre un peu plus sur le bordel corréen... et ça c'est toujours agréable.

Mais le véritable force de JSA réside ailleurs. L'enquête n'est que prétexte pour amener une véritable réflexion sur ce contexte fragile. Habilement monté, Park Chan-Wook opte par ailleurs pour une découverte de la vérité à la Rashomon (Kurosawa) ou à la Heros (Zhang Yimou) : les vérités s'enchaînent  et se contredisent, les mensonges tombent les uns après les autres... Ce jeu de piste amène le spectateur vers le message de son auteur autour de la guerre.

Au final tout cela est fort bien fait, intéressant et joliment réalisé. Mais si JSP s'avère être en une belle histoire plutôt qu'un simple thriller, et que l'expérience est louable et réussie, on reste sur sa fin.
Alors non ! Park Chan-Wook n'est pas qu'un bourrin... ! Mais il est meilleur quand il l'est !



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