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Le Juge Fayard dit Le Shériff (Yves Boisset, 1977)


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Un juge d'instruction, tenace et intègre, est amené à mettre au grand jour les collusions entre le grand banditisme et la politique. Malgré les pressions de ses supérieurs et les pressions qui se rapprochent, il poursuit son enquête qui dérange.

Yves Boisset fait partie de ces cinéastes qui "font le job". Avec Le Juge Fayard dit Le Shériff, il signe une fois de plus un excellent film policier et, de nouveau, comme avec Dupont Lajoie ou R.A.S, s'appuie sur des événements réels : ici l'assassinat du juge François Renaud.

Dénonçant l'intrusion de la politique dans le déroulement de la justice, et les connivences avec le milieu, Yves Boisset trouve son inspiration dans les fait-divers entourant "la bande des Lyonnais" (le "toute coïncidence avec des faits réels..." ne dupera personne) et l'assassinat d'un juge. On retrouve donc le même paysage que dans Les Lyonnais d'Olivier Marchal, mais ici vu du coté de la justice, et à notre avis c'est bien plus intéressant et réussi.

Le Juge Fayard dit Le Shériff  est un pur produit de cette époque (on aime voir les héros fumer fébrilement n'importe où, y compris dans leur Renault 4L...), à mi chemin entre l'enquête policière et le sujet de société, mais il reste tout à fait d'actualité quand à la vision qu'il propose de la collusion politique/justice (même si les médias ont maintenant remplacés les balles...). Mais son sujet passionnant n'est pas la seule raison de redécouvrir ce film, l'autre raison, c'est le plaisir de retrouver celui que nous considérons ici à la rédaction, comme l'un des plus grands acteurs français : Patrick Dewaere. Et même s'il ne livre pas sa meilleure interprétation, il construit de bien bel manière ce juge idéaliste au méthodes peu conventionnelles.

Si vous avez envie de vous faire un "bon petit polar", ce Juge Fayard dit Le Shériff fera parfaitement l'affaire. Il vous permettra ainsi de satisfaire vos rétines avec son look 70's et sa réalisation vintage (sans compter l'impressionnante galerie de tronches du cinéma français d'alors, comme François Léotard ou Jean Bouise...) , il flattera vos neurones avec son enquête tout à fais passionnante, et réveillera votre coté citoyen par une inquiétante vision de l'indépendance de la justice. Avec ce Juge Fayard, Yves Boisset a "simplement" signé là un excellent polar qui se redécouvre toujours avec le même plaisir : du cinéma "mineur", mais de grand talent.

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Préparez Vos Mouchoirs (Bertrand Blier, 1978)


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Désespéré de ne pas voir Solange heureuse, Raoul rencontre Christian, ils forment alors un ménage à trois dont le seul moteur est le bonheur de Solange. Lorsqu'ils encadrent une colonie de vacances, le trio fera la connaissance de Christian, un gamin de 13 ans que Solange prend en affection.

Inimitable cinéma que celui de Bertrant Blier. Recomposant le duo des Valseuses, Blier, sans atteindre les sommets des Valseuses, recevra l'Oscar du meilleur film étranger à l'occasion de ces retrouvailles. Sans doute ces deux là y sont pour beaucoup : Depardieu y est énorme, encore vierge du poids de son mythe, et Deware renversant de naturel (à doorama, on pense qu'il est l'un des plus grands acteurs français, toute générations confondues !).

Très ancré dans son époque, Préparez vos Mouchoirs, touchait un sujet aujourd'hui presque inimaginable, en abordant et montrant la relation entre la délicieuse Carole Laure et le personnage de Christian (13 ans ! l'acteur a un petit rôle dans Polisse). C'est sans doute cette liberté totale de Blier et de l'époque qui illumine le film : sujet, traitement, personnage, rythme et dialogues prennent ici une force et une énergie qui étonne et séduit encore lorsqu'on le revoit aujourd'hui.

Même si la deuxième partie de Préparez vos Mouchoirs s'essouffle et s'éparpille un peu, on retient l'incroyable univers conconcté par Blier et les sublimes dialogues, qui trouvent dans la bouche des acteurs un niveau de qualité étonnant, une vie proche du meilleur Audiard (ah... Mozart !). Les personnages de Blier sont lunaires, poétiques, ils s'affranchissent de la réalité et ne gèrent que leur propre bulle, et lorsqu'ils rencontrent la "vraie vie", ils l'absorbent dans leur monde (comme le voisin, Michel Serrault...).

On peut détester le cinéma de Blier, libertaire et provocateur, mais son style et son langage cinématographique sont immenses. Derrière son coté surréaliste et décalé (frôlant l'absurde), il met en image des sujets fort et il parle de nos petits problèmes quotidien avec un véritable humanisme (au service duquel la provocation sert de puissant révélateur).
Si la ballade décontractée n'avait pas recherché une fin définie à son histoire, l'ivresse du spectateur aurait été totale, et nous aurions à doorama volontiers augmenté notre échelle à 8, tant ce cinéma regorge de vie, de fantaisie et de légèreté. En un mot : Savoureux.