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Etat Secont (Fearless - Peter Weir, 1993)


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Rescapé d'un crash d'avion, et appelé "le Bon Samaritain" par les médias pour avoir sauvé plusieurs passagers de la mort, Max Klein ne voit plus du tout la vie de la même manière... La disparition totale de ses peurs, son ouverture aux autres, la distance avec sa famille : Max Klein n'est plus le même...

Peter Weir est un cinéaste attaché aux thèmes de la découverte et de l'éveil. Une bonne partie de sa filmographie explore ces thèmes, et en particulier sous l'angle des changements intérieurs de ses personnages (Mosquito Coast, La Dernière Vague, Witness...), Etat Second est un film un peu oublié de sa filmographie qui entre parfaitement dans cette catégorie.

Fearless explore donc les profonds changements de Max Klein, sur sa vision et son appréhension de la vie, qui suivent le crash auquel il a miraculeusement survécu. Sorte de deuxième naissance pour son personnage, celui-ci retrouve sa vie, mais décide d'en redéfinir les priorités et les valeurs. Réflexion sur la valeur des choses, Peter Weir ne se contente pas de décrire simplement une renaissance ou la belle histoire d'un homme devenu meilleur. Il trouble et densifie son film en ajoutant à son récit une approche post-traumatique, psychologique, qui lui donne toute son épaisseur.

Etat second propose le portrait d'une homme neuf, devenu meilleur, certes, mais aussi celui d'un homme aux portes de l'obsession, de la folie, qui se bat pour faire cohabiter ses nouvelles aspirations avec sa vie d'avant. La jolie histoire devient alors une quête intérieure, une recherche de sens dans un monde qui s'en éloignerait. Le traitement de Peter Weir apporte une touche d'étrangeté, presque de fantastique, au travers de la sensation d'invulnérabilité de Max qui, tel un super-pouvoir, le rendra différent de ceux qu'il aide. Pour le spectateur, Etat Second revêt deux visages : celui d'un film où le fantastique n'est jamais très loin, en découvrant Max Klein comme un ange qui apporte la vie, mais aussi celui d'un film sur un homme psychologiquement ébranlé, traumatisé, qui chercherait à retrouver inconsciemment de la mort à laquelle il a échappé. Peter Weir, finement, méticuleusement, mêle ces deux aspect opposés et y ajoute une émotion, simple et forte, qui parcourt chaque scène de son film... Etat Second, entre ciel et enfer, devient alors un film émouvant et touchant, bien plus riche qu'il n'y paraît, sur une prise de conscience, sur la vie et sur la mort !

Surprenant à bien des égards, Etat Second emporte délicatement le spectateur vers une introspection légère, il caresse du bout des doigts des thématiques imposantes, et sans entrer dans de longues démonstrations prétentieuse se contente d'en dessiner les vastes contours. Jeff Bridges campe Max Klein de bien belle manière, lui donnant toute l'ambivalence nécessaire pour balayer son vaste chemin.

Etat Second est un "petit film modeste" réalisé avec une grande énergie. Ambitieux dans ses thèmes et modeste dans son message, il suscite habilement la curiosité du spectateur, et soulève une réelle adhésion de sa part à l'étonnant parcours de Max. Aussi divertissant que stimulant, Etat Second se laisse voir avec un grand plaisir. Son sujet aurait pu donner lieu à un océan de mièvrerie béate, Peter Weir a évité cet écueil avec une sensibilité et une intelligence que l'on ne peut que saluer.

Procurez-vous Etat Second ou d'autres films de Peter Weir ou avec Jeff BridgesIsabella RosselliniTom Hulce ou John Turturro 

La Derrnière Vague (The Last Wave, Peter Weir, 1977)


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Alors que l'Australie subit de curieux troubles météorologiques, à Sydney, un avocat, doit assurer la protection d'un groupe d'aborigènes impliqués dans un homicide. Par le biais de curieux rêves prémonitoires, il va rapidement s'interroger sur l'hypothèse d'un meurtre tribal ainsi que son propre rôle.

Sauf surprise, les plus grands films de Peter Weir sont derrière lui (Witness, Hanging Rock, le Cercle des Poètes Disparus, The Truman Show pour certains) la Dernière Vague en fait partie.

Sur fond d'enquête initiatique et de quête identitaire, La Dernière Vague possède bien des qualités. Sur un scénario ambitieux (fin du monde, cultures ancestrale, parcours initiatique, cause aborigène, rêves prophétiques, etc...) Peter Weir distille un puissant climat de mystère, il développe adroitement les nombreuses facettes de son film pour lui donner une richesse certaine et construire une dimension fantastique complexe et passionnante.

Porté par un Richard Chamberlain excellent (la preuve existe dans ce film), La Dernière Vague propose un étonnant parcours, du film catastrophe à celui de film fantastique, qui s'appuie sur une habile utilisation de thèmes de réflexion comme la cohabitation des cultures, les croyances de nos sociétés et même l'écologie, en filigrane, au travers d"une apocalypse à venir, à laquelle une société demeure sourde à ses symptômes (grêle, pluie noire...).

Paradoxalement, c'est cette même richesse thématique qui viendra troubler le spectateur, puisque aucune clé ne lui étant livré, il se retrouvera seul avec tout ce beau matériaux sans réel notice de montage. La Dernière Vague est une lente prise de conscience, une quête de vérité et d'identité, nimbé d'un impressionnant climat de mystère particulièrement réussi (notamment par l'utilisation de l'Ere des Rêves aborigène - Dreamtime).

Si, à l'image de la météo tout n'est pas toujours clair, il demeure aujourd'hui un film terriblement intriguant qu'il convient de (re)découvrir malgré ses quelques rides (de sagesse) superficielles.
Il réveillera aussi chez certain l'envie de revoir un Wolfen ou bien un Nomads...