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Black Rain (Ridley Scott, 1989)


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Nick Conklin et son collègue sont chargés d'escorter Sato, un meurtrier, pour le remettre aux autorités japonaises. A l'aéroport d'Osaka leur prisonnier leur échappe. Dans ce pays où ils ne connaissent rien, ils vont tenter de récupérer Sato.

Entre Traquée et Thelma & Louise, Ridley Scott retrouve les décors saturés de néons et les rues bondées qui l'avaient inspiré pour son  Blade Runner, dans ce thriller japonisant et esthétique. Cette confrontation de style entre les méthodes d'un policier new-yorkais fonceur et tête-brûlée et la discipline japonaise débouchera, bien sûr, sur une meilleure compréhension de l'autre culture.

Scott s'appuie donc sur la différence de culture pour donner un peu de relief à un scénario bien connu, et habille son film de tout son savoir-faire visuel pour lui donner une apparence élégante, voire tendance. Black Rain arrive après Top Gun et l'Arme Fatale, et ça se sent ! Comme une réponse visuelle au Flic de Beverly Hills 2 de son frérot Tony Scott, Black Rain est tape à loeil, comme le Mel Gibson de l'Arme Fatale il met en scène un flic obstiné, très moto-ray-ban-brushing, parfait prototype du héros 80's ! Si Black Rain était très "beau" lors de sa sortie, il est aujourd'hui marqué du fer rouge des années 80's, et c'est une impression de superficiel qui se dégage de sa vision.

Au delà de son look esthétisant (soigné et réussi, mais énervant), c'est la transposition de son enquête ordinaire au japon, avec toutes ses différences culturelles, qui donne à Black Rain sa personnalité. Hélas, nous sommes bien loin de la finesse et de l'intensité du génial Yakuza de Sidney Lumet (avec Robert Mitchum, 1975) et Black Rain ne fait qu'effleurer cet aspect culturel, l'utilisant davantage comme un simple élément de décor que comme un réel moteur de son scénario. Ken Takakura, qui assiste nos flics dans le film de Scott était d'ailleurs celui qui donnait la réplique à Robert Mitchum dans Yakuza ; il tenait ce rôle  de "traducteur culturel", fonction bien discrète dans Black Rain... Nos deux flics sont certes perdus dans la société japonaise (avec leurs armes confisquées), mais malgré leur assistant local, ils apprendront finalement bien peu de leur séjour à Osaka...

Reflet de son époque, superficielle et très "m'as tu vu", Black Rain est certes un peu au dessus des productions du moment, mais son manque d'action, la prévisibilité de son scénar et la sous utilisation de l'environnement japonais ne lui permettent pas d'exprimer son plein potentiel. Film mineur dans la belle filmo de Ridley Scott, Black Rain n'est plus aussi jeune et séduisant qu'en 1989, et sa réalisation pourtant au top alors apparaît aujourd'hui bien plate (preuves de la pauvreté et de l'éphémère de ces années ?).
Sa vision aujourd'hui n'est pas désagréable, mais elle laisse apparaître un thriller un peu mou, mené par un Michael Douglas à la limite de l'exaspérant, et au thème plutôt mal exploité.
Certains films donnent envie d'en revoir d'autres : contents d'avoir revu Black Rain, mais grandement insatisfaits, nous brûlons d'envie de redécouvrir le Yakuza de Lumet... Voilà bien là le meilleur atout de Black Rain !

Procurez-vous Black Rain ou d'autres films de Ridley Scott ou avec Michael Douglas ou Andy Garcia

Alien, le 8ème Passager (Ridley Scott, 1979)


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Le vaisseau Nostromo interrompt son retour sur terre en raison d'un signal en provenance d'une planète. L'équipe va à la source de celui-ci, et y découvre une forme de vie qui attaque l'un des leurs. De retour au vaisseau, ils découvrent qu'ils ont ramené de leur mission une redoutable créature qui s'apprête à les décimer tous.

Après un premier film visuellement splendide (Duellistes), Ridley Scott renouvelle la performance en signant avec Alien ce qui fait maintenant partie des chefs d'oeuvres du cinéma de SF. Aujourd'hui encore Alien fascine par la force de son univers visuel (la biomécanique imaginée par H.R. Giger) et par sa conception même.

Proposant un univers de SF à la fois sobre, sale et fonctionnel (très différents de ce qu'on voyait alors sur les écrans), Alien mélange le film d'horreur à la science-fiction pour créer au final un oppressant huis-clos au suspense redoutablement efficace. C'est cette peur, méticuleusement élaborée par Ridley Scott (avec son scénariste Dan O'Bannon), qui confère à Alien son impressionnante efficacité : une implacable chasse à l'homme dans un lieu fermé, un survival claustrophobique !

Des décors hallucinants, une créature aussi redoutable que mystérieuse (tout l'art de Scott est d'entretenir l'imagination  du spectateur en montrant le moins possible de sa créature), un androïde inquiétant, une femme en héros principale (Sigourney Weaver), une tension crescendo, une confrontation finale dantesque (mais en mode mineur, comme "au ralenti") : Alien s'est rapidement imposé comme un modèle du genre, une réussite artistique majeure et un succès critique et publique sans faille, le propulsant presque immédiatement parmi les chefs-d'oeuvre du genre.

De très légères rides apparaissent aujourd'hui sur ce bel objet de Cinéma longtemps immaculé, mais l'intelligence de sa conception et de ses choix (réalisation, esthétiques, artistiques et scénaristiques...) ne cessent de rappeler que Alien est une réussite totale et rare. Celle d'un réalisateur qui ne semble jamais se contenter des codes établis par d'autres et de celles que même les plus hermétiques au genre se doivent de découvrir. Scott a revisité l'univers d'Alien, mais avec bien moins de réussite toutefois, en réalisant Prometheus, plus de 30 ans après.

Prometheus (Ridley Scott, 2012)


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En 2089, une expédition envoie des scientifiques sur une lointaine planète où se trouve peut être les explications de l'origine de l'homme. La planète recèle effectivement une forme de vie, mais est elle à la base de notre existence ou bien une menace pour notre survie ?

33 ans après Alien, et 30 ans après Blade Runner, Ridley Scott renoue avec la SF et retrouve pour l'occasion l'univers qu'il avait créé avec Dan O'Bannon et Giger. Prometheus, bien que reprenant tout l'univers de Alien n'est pas, comme initialement prévu, un préquel à son film de 1979, mais plutôt un spin-off de la série.

Des constructions extra-terrestres, des "navigateurs", une forme de vie parasite, un visuel soigné et un scénario travaillé (bien que loin d'être convaincant) permettent à Prometheus d'être (comme bien souvent avec Scott) un film réussi, dont la vision s'avère particulièrement agréable (ne serait-ce que pour sa conception même de la science-fiction, sobre, réfléchie et adulte). Excellent divertissement de haute qualité, Prometheus ne souffre finalement que d'une chose : son ancêtre de 1979 !

Pris seul, Prometheus tient toutes ses promesses en proposant un film soigné et un scénario ambitieux (même si... mais bon !). Il captive du début à la fin, entretient un climat tendu et construit un rythme croissant sans erreurs majeures. Pris dans son déroulement, on oublie vite ses excès (la récupération de l'opération) comme ses faiblesses (la carte spatiale des navigateurs) pour jouir d'un spectacle globalement réussi. Mais hélas, l'ombre d'Alien plane, et il est bien difficile (voire impossible) d'en faire abstraction, puisqu'elle agit comme un verre grossissant sur les points faibles (pourtant pas bien méchants) de Prometheus. Cet effet-loupe nuit à Prometheus, mettant bien plus en avant ses boursoufflures que ses qualités, pourtant nombreuses et indéniables.

Ridley Scott n'a pas réussi à livrer son troisième chef d'oeuvre de science-fiction (deux sur trois est déjà un excellent score, non ?), mais il demeure ce touche-à-tout de talent, capable de ressusciter le péplum et renouveler la SF, à l'aise dans la grande Histoire (Kingdom Of Heaven, Duellistes) comme dans l'intimiste (Les Associés, Thelma et Louise). En bientôt 40 ans de carrière, il est parvenu à livrer une filmographie impressionnante, presque exempte de tâche (GI Jane ?), dont le souci permanent semble être le spectateur. Prometheus n'est certes pas le grand film que l'on attendait, ce n'est pas non plus ce précieux fruit d'un Auteur (grand A), mais c'est celui d'un cinéaste appliqué et exigeant, dont la qualité se voit à l'écran, et dont le plaisir qu'il procure ne fait aucun doute !


Duellistes (Ridley Scott, 1977)


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Pendant  les guerres napoléoniennes un incident entraine deux officiers, Gabriel Féraud et Armand d'Hubert, à s'affronter en duel. L'honneur bafoué du perdant et sa volonté de revanche déclenchera une rivalité, toute leur vie durant, prétexte à rechercher chaque occasion de combattre l'autre.

Comme une réponse à Barry Lyndon, Ridley Scott, réalise son film en costume, évoquant lui aussi un destin (ou plutôt deux) raconté sur plusieurs années, dans plusieurs lieux dans l'Europe. Comme Barry Lyndon, Les Duellistes est lui aussi visuellement particulièrement soigné et esthétique, mais cependant moins pictural que son aîné. Mais la comparaison s'arrête là.

Adapté d'une nouvelle de Joseph Conrad (Apocalypse Now), Les Duellistes suit le parcours de deux officiers (Harvey Keitel et Keith Carradine) qui se vouent une rivalité obsessionnelle, et concentre ses articulations scénaristiques sur les choix de ses personnages. Alors que Redmond Barry n'était qu'un bois charrié par le courant, nos deux duellistes, par leurs actions et leurs réactions, sont les moteurs, les deux seuls décideurs de leur destin : ils s'évitent, s'éloignent (en prenant du galon) ou se chargent (à l'épée, au sabre, à cheval et au pistolet dans de magnifiques séquences) !

Le film de Scott fait presque abstraction de son contexte, pour se concentrer exclusivement sur l'antagonisme des hommes et son incidence sur leur vie. La mort qui plane sur chacune de leurs rencontres est davantage synonyme de finalité, elle est l'expression de libération pour l'un et d'accomplissement pour l'autre.La lutte de ces ennemis intimes devient une quête au long cours pour le spectateur, sa conclusion logique sera pire que celle attendue. 

Une fois de plus, Ridley Scott démontrait sa formidable capacité à s'emparer d'un genre cinématographique et à en livrer une vision brillante. S'il n'est pas un Auteur, Scott est un faiseur de génie, appliqué et inspiré. Son Duellistes, sous ses allures "modestes", est un immense film, puissant et passionnant, qui trouve tout naturellement sa place parmi les plus grands face à face mythiques du cinéma. Un incontournable souvent oublié à (re)découvrir absolument.