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Savages (Oliver Stone, 2012)


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Ben, l'idéaliste, et Chon, l'ancien Navy Seal, sont frères de sang depuis toujours, ils forment un ménage à trois avec O, la femme qu'ils aiment, et sont à la tête d'un business florissant, et légal, de cannabis. Le cartel de Baja, contôlé par Elena aidée de son homme de main Lado, pour contrôler leur juteux business, kidnappe O afin de les faire plier. Chon et Ben vont tout mettre en oeuvre pour récupérer O...

Après une petite décennie en mode sur place, Oliver Stone retrouve quelques recettes de sa grande époque en signant ce thriller chaud comme U-Turn et mâtiné s'une touche de Tueurs Nés... Ménage à trois qui tourne en une virée à l'issue mal engagée, Savages étale durant ses deux heures dix un scénario construit comme Stone en a le secret (scénariste de Scarface et Midnight Expres le bonhomme, quand même...) et, involontairement, rend hommage à feu Tony Scott...

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Une Nuit En Enfer (From Dusk Till Dawn, Robert Rodriguez, 1996)


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Après un vol à main armées et la mort de plusieurs personnes, deux truands prennent en otage un ancien pasteur et ses deux enfants pour fuir les Etats-Unis et passer au mexique. Ils ont rendez-vous avec un caid local dans un bar de routier, le Titty Twister.

Comme pour remplir à lui seul les deux films de "doubles programmes" d'avant, Une Nuit En Enfer se divise radicalement en deux parties : le road-movie gangster et le fantastique pur jus, tendance gore. Adeptes du cinéma de genre et de sa liberté, Robert Rodriguez réalise donc le scénario de Quentin Tarantino, mais on sent bien que les rôles de ces deux là se sont régulièrement mixés..

Pur objet de fun du début à sa fin, Une Nuit En Enfer se nourrit de nombreuses de références du cinéma de genre et se parsème d'allusions au cinéma de série B (comme la présence de Tom Savini [maitre des effets spéciaux], de Fred Williamson [Star black 70's de sous-films d'action] ou un personnage avec un T-shirt "Precinct 13" [Assaut, dont Une Nuit En Enfer reprend l'idée même de l'union face à l'invasion d'un ennemi]). Georges Clooney et Quentin Tarantino incarnent avec génie (si, si !) et conviction les deux parfaits salopards que sont les frères Gecko, respectivement sociopathe et psychopathe (et n'oublions pas de citer Harvey Keitel, sympathique mais un peu cabot). Entre stéréotypes des personnages et no-limit des situations, Une Nuit En Enfer revisite et survitamine les codes du genre (gangsters, famille, bad guys, créatures...) pour en livrer une version extrème et excessive en forme d'hommage.

 Aujourd'hui, Une Nuit En Enfer appartient bien plus à l'univers hyper référentiel de Tarantino qu'à son réalisateur attitré. Il demeure un exercice cinématographique entièrement dédié au pur divertissement et profondément guidé par l'idée même du cinéma. Si sa réalisation trouve ses limites dans sa partie fantastique (les créatures du Titty Twister et le rythme de ses confrontations subissent déjà un bon coup de vieux), son écriture et sa perpétuelle quête du petit plaisir cinématographique originel lui préservent une jeunesse et une énergie intacte. Et son revirement total de style restera sans doute comme le plus radical et inattendu de toute l'histoire du cinéma !

A des années lumières du chef d'oeuvre (nous sommes d'accord), Une Nuit En Enfer défend portant, et représente à la perfection une vision du cinéma : celle d'un plaisir "simple", instantané, d'une conversation à bâton rompu entre le film et son spectateur, quasi instinctive. A la manière d'une tournée des bars, Une Nuit En Enfer est excitant et enivrant, il est comme un shot d'alcool fort, à effet immédiat, mais lui au moins peut être consommé sans modération et ne donne pas mal à la tête.
Une série B boostée à l'hommage et délicieusement débridée.

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