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Ernest et Célestine (Benjamin Renner, Vincent Patar, Stéphane Aubier, 2012)


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C'est un fait bien connu de toutes les petites souris, les ours mangent des souris ! Célestine, une petite souris sans parents, ne croit pas du tout que les ours soient méchants. En pleine expédition de récupération de dents d'ours, sa rencontre avec Ernest, un ours solitaire, va être le début d'une amitié solide et pleine de tendresse.

Un peu de tendresse dans un monde de brutes... Avec ses dessins délicats, ses couleurs pastel et sa poésie, Ernest et Célestine à tout pour plaire... aux tout petits, bien sûr, mais aussi aux grands ! Charmante ode sur l'amitié et la différence, Ernest et Célestine est une bouffée d'oxygène qui a trouvé sans aucune difficulté sa place entre le remake de Maniac et le dernier Rob Zombie... On vous emmène faire un court tour du coté de Ernest et Céléstine...

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Comme des Frères (Hugo Gelin, 2011)


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Boris, Ellie et Maxime portent le deuil de leur amie Charlie... Bien qu'amis indirects, c'était Charlie leur véritable point commun, ils décident de faire ce voyage qu'ils avaient prévu de faire de son vivant. En route vers la Corse, ils vont se découvrir chacun et établir des liens d'amitié, comme si Charlie leur léguait une dernière chose de valeur...

La comédie à la française dans toute son horreur... Mais aussi la comédie française dans toute sa force ! Voilà la sensation douce amère que procure ce néanmoins très agréable Comme Des Frères. Deuil et amitié se partagent ce road movie (Paris -Corse) dans lequel des connaissances vont devenir des amis, avec comme centre de convergence ce qui les rapprochait justement. Trois acteurs en harmonie, de bonnes tranches d'humour et pas mal d'émotion traversent Comme des Frères. On se dit que Les Petits Mouchoirs à fait des émules, on se dit aussi que Comme des frères fait du bien, léger, juste et attachant...

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Robot et Frank (Jake Schreier, 2012)


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Frank est un ancien cambrioleur qui vit seul. Pour l'aider avec sa mémoire qui commence à défaillir, il se voit imposr par son fils la présence d'un robot assistant. Au début réticent, une relation d'amitié va s'installer entre Frank et Robot, un véritable coup de jeune pour Frank qui va même renouer avec son ancienne activité de monte-en-l'air, avec cette fois un acolyte artificiel !

Les apparences sont trompeuses... Robot And Frank, avec l'allure enfantine de son robot et son approche sensible, pourrait laisser imaginer une histoire destinée en priorité à un jeune public. S'il peut effectivement l'être, il est aussi, et surtout, une approche  fine de la vieillesse, approche que nos jeunes têtes ne goûteront certainement que trop peu ! Sensible, délicat, touchant intelligent, fin et divertissant (rien que ça), Robot et Frank surprend par l'angle avec laquelle il traite son histoire. Frank Langella propose une magnifique interprétation dans un film faussement naïf : Robot And Frank, est loin de l'intelligence "artificielle" et grandement "opérationnel"...

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Bottle Rocket (Wes Anderson, 1996)


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Anthony sort d'un séjour volontaire à l'hôpital et retrouve son ami Dignan qui prévoit de monter une équipe pour commettre des casses. Tous deux fragiles et se cherchant encore, ils entraînent un troisième larron dans leurs projets. Le plus difficile, ce n'est pas les braquages, mais de constituer une "équipe", soudée et professionnelle...

Premier long métrage d'un de nos chouchous, Wes Anderson, Bottle Rocket est la transposition d'un court métrage qu'il avait réalisé 2 ans plus tôt. Drôle, sensible et mélancolique, Bottle Rocket contient déjà tous les thèmes chers à Wes Anderson, ainsi que son style si particulier, et même s'il le résultat est encore loin de ses réussites à venir, il constitue une oeuvre agréable et maîtrisée, laboratoire d'un cinéaste en pleine construction.

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Savages (Oliver Stone, 2012)


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Ben, l'idéaliste, et Chon, l'ancien Navy Seal, sont frères de sang depuis toujours, ils forment un ménage à trois avec O, la femme qu'ils aiment, et sont à la tête d'un business florissant, et légal, de cannabis. Le cartel de Baja, contôlé par Elena aidée de son homme de main Lado, pour contrôler leur juteux business, kidnappe O afin de les faire plier. Chon et Ben vont tout mettre en oeuvre pour récupérer O...

Après une petite décennie en mode sur place, Oliver Stone retrouve quelques recettes de sa grande époque en signant ce thriller chaud comme U-Turn et mâtiné s'une touche de Tueurs Nés... Ménage à trois qui tourne en une virée à l'issue mal engagée, Savages étale durant ses deux heures dix un scénario construit comme Stone en a le secret (scénariste de Scarface et Midnight Expres le bonhomme, quand même...) et, involontairement, rend hommage à feu Tony Scott...

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Rushmore (Wes Anderson, 1998)


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A l'université Rushmore, Max Fisher est un élève bien médiocre, alors qu'il dégage une intelligence et une maturité débordante dans ses nombreuses activités annexes. Il se lie d'amitié avec Hermann Blume, un chef d'entreprise et tombe amoureux de Rosemary Cross, une enseignante, tous deux séduits par l'étonnante personnalité du jeune homme...

Il y a ceux qui sont contre... à la rédaction nous adorons Wes Anderson pour son style, son ton et son sens du décalage et de la poésie. Son second film, réalisé après Bottle Rocket et avant La Famille Tenenbaum, réunit une fois de plus tous ces ingrédients et donne à voir au spectateur une curieuse histoire d'amour, construite autour d'un portrait drôle et attachant.

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Blackthorn (Mateo Gil, 2011)


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Alors que tous le croient mort, Butch Cassidy vit retiré en Bolivie depuis 20 ans sous le nom de James Blackthorn. Las de sa vie d'éleveur de chevaux, il prépare son retour chez lui aux Etats-Unis, mais sa rencontre avec Eduardo va bouleverser ses projets et l'entraîner dans une dernière chevauchée.

C'est sans doute la rareté du genre sur les écrans et son allure atypique qui nous ont emballé dans ce Western élégant et crépusculaire. Au travers de cette retraite imaginaire du grand bandit américain, on retrouve dans Blackthorn toute la distance nécessaire pour aborder les codes et la mythologie de "feu le genre western" avec l'amertume, le désenchantement et le coté sombre déjà abordé par Eastwood dans Impitoyable. Blackthorn, est un western lent et nostalgique qui explore le Mythe, avec comme principaux atouts Sam Sheppard et les sublimes et étranges paysages de l'Amérique du Sud.

Sam Sheppard a tourné le dos à son tumultueux passé et aspire maintenant à retrouver ses racines et sa famille, mais sa légende se rappellera à lui, comme s'il lui était interdit de d'effacer sa vie d'avant malgré une certaine rédemption. Blackthorn c'est l'aspiration à redevenir un homme ordinaire qui est refusée à un mythe : un homme condamné au passé, malgré la noblesse de ses valeurs retrouvées. Mateo Gil s'attaque avec une grande sobriété à ce parcours rédemptoire et en abordant la fin d'un mythe (Butch Cassidy quand même !) parvient à le ressusciter. Sans parvenir toutefois à atteindre la qualité d'Impitoyable, tout est là, et son réalisateur s'approprie les thèmes eastwoodiens pour en livrer une bien belle interprétation, nostalgique et personnelle.

Ses somptueux décors donnent aussi à Blackthorn une réelle identité, ils impriment un rythme très particulier sur l'histoire et agissent directement sur les personnages. Que ce soit les hauts plateaux salés où l'air se fait rare et les poursuites lentes, ou ses montagnes hostiles, ils plongent les personnages dans d'immenses (et magnifiques !) déserts naturels et, en les isolant, les confrontent et les renvoient à eux même, les forcent à l'introspection. Blackthorn est un plaisir rétinien mû par une utilisation de la nature non sans rappeler celle d'un Lawrence d'Arabie. Blackthorn parvient à construire un western intimiste et lent, à échelle humaine, sans pour autant omettre le souffle et la grandeur de ses prédécesseurs (La Horde Sauvage).

Que ce soit son rythme atypique, ses décors à couper le souffle ou son cocktail équilibré de thématiques fortes (les racines, le mal du pays, la filliation, l'amitié, la rédemption...), Blackthorn surprend le spectateur de bout en bout. Sans jamais se prétendre un "grand western", il en prend pourtant tout les attributs et les met au service d'une histoire, belle, simple et forte. Cette manière de faire un vrai-faux western n'est pas sans rappeler le superbe 3 Enterrements ou L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford... Des westerns pur jus traités dans un style presque extérieur au genre. Et si Blackthorn s'encombre effectivement de flashs-backs qui brisent un peu son pouvoir hypnotisant, la Rédaction à été séduite par son équilibre entre sincérité, grandeur et minimalisme.

Concernant la note de la rédaction, 7 aurait été plus juste, mais devant le plaisir de sa découverte (qui supportera modestement, il est vrai, l'analyse) et son étonnante action retenue (mais captivante), nous avons préféré lui donner un "bonus", afin de vous donner envie de le découvrir vous-aussi. Que l'on adhère ou non au propos et à la forme de Blackthorn (et des raisons de na pas l'aimer, il y en a !), nous pensons que Blackthorn est un film maîtrisé, qui réussit à marier harmonieusement classicisme, modernité, originalité et plaisir (des qualités que nous prêtons au sublime Agora, pour lequel Mateo Gil avait écrit le scénario...). Pas un chef d'oeuvre, mais un film simple, solide et réussi, presque parfait en son genre au vu de ses ambitions et du plaisir qu'il procure : du cinéma, du vrai, comme on aime !

Procurez-vous Blackthorn ou d'autres films de Mateo Gil ou avec Sam Shepard, Eduardo Noriega, Nikolaj Coster-Waldaut ou Stephen Rea 

Le Prénom (Alexandre de La Patellière & Matthieu Delaporte, 2012)


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Vincent va devenir papa. Invité à dîner chez sa soeur et son mari, ainsi qu'un ami d'enfance, Claude. Alors qu'ils attendent sa femme, on lui demande le prénom qu'il a choisi pour son futur fils... Son choix va déchaîner les passions et tendre la suite de la soirée...

Film de potes, psychanalyse familiale, mais avant tout adaptation de la pièce de théâtre à succès éponyme, Le Prénom prend pour point de départ une simple conversation ordinaire, pour s'en servir comme d'un déclencheur et d'un révélateur, prétexte à faire exploser les liens les plus proches. Théâtre de boulevard filmé (un seul lieu, l'appartement...) Le Prénom propose une belle énergie, malgré ses limites.

On pense à Carnage de Polanski (que l'on préfère), lui aussi proche du théâtre, tant ce qui se devait d'être un moment anodin, un simple dîner ici, se transforme en épreuve de force. Après une introduction des plus sympathique et réussie, les quatre personnages se retrouvent donc pour un dîner où les affrontements vont se multiplier dans une expression presque aussi passionnelle qu'hystérique. Succession de cris, d'énervements et de prises à partie "musclées", où la colère de l'instant se mêle avec l'expression des petits reproches auparavant tus, Le Prénom offre au spectateur d'excellents moments et regorge de bonnes répliques qui "marquent des points". C'est rythmé, plutôt acide, et l'écriture joue habillement sur le fait que l'intimité (les personnages se connaissent depuis 30 ans...) se prête à merveille à des attaques plus frontales, et des coups bas mieux placés, puisque le temps leur a donné la connaissance des points faibles de l'autre... Les joutes verbales des personnages deviennent alors un art de haut niveau, un exercice de pro, dont le spectateur ne pourra qu'apprécier l'excellence !

On prend un plaisir voyeur à observer ses "petits déchirements entre amis", on rit, mais le rythme soutenu des échange subit pourtant quelques "ratés". Même si le choix délibéré de pousser les curseurs à fond est ici retenu, on peine à imaginer une telle soirée dans la vraie vie... Le ressort comique est bien évidement placé sur la limité, mais les comédiens -excellents- jouent si bien leur rôle, qu'on en oublierait presque la fiction et la caricature. L'accumulation des moments de tension, et leur expression forte, crée alors un coté artificiel qui alourdi un peu le film, alors que la performance des acteurs nous menait vers une sensation plus proche de "j'en ai des comme ça dans mon entourage". C'est son coté théâtral qui fait la truculence du Prénom, ses excès et sa manière de grossir le trait font naître le rire. Mais paradoxalement c'est aussi ce coté théâtral qui, porté au cinéma, peut nous faire décrocher de temps à autres du Prénom... Pour le dire autrement, on adore l'ambiance, mais les névroses sont un peu fortes, les hauts un peu "trop hauts", et les réconciliation un poil trop faciles, trop rapides...

Un poil excessif, Le Prénom n'en demeure pas moins un excellent moment de comédie où les acteurs prennent visiblement plaisir à se mettre en bouche les piques avant qu'ils ne les lancent. Humour de boulevard diront certains, c'est certain, mais ce défouloir vif et libérateur fait un bien fou au spectateur. "Battez-vous ! Battez-vous ! Nous on compte les points !". Et coté points, attendez-vous plutôt à un score de basket, 112-107, plutôt qu'un score de football de type 2-1...
Au fait, ce fameux prénom qui enflamme une soirée ? Il commence par la lettre... Non ! Découvrez-le vous même et invitez-vous à ce dîner presque parfait...

Procurez-vous Le Prénom ou d'autres films de Alexandre de La Patellière & Matthieu Delaporte ou avec Patrick BruelCharles Berling ou Valérie Benguigui

Radiostars (Romain Levy, 2012)


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Le Breakfast-Club et ses animateurs vedettes, Arnold, Alex, Cyril, est l'émission phare de Blast FM, la première radio de France. Lorsque la station passe en deuxième place nationale, l'équipe d'animateur est envoyée pour une tournée d'été en bus, à travers toute la France, afin de re-doper l'audience. C'est à ce moment là que Ben, un auteur un peu timide, rejoint l'équipe...

Adoubé de quelques prix lors du festival de Film de Comédie de l'Alpe d'Huez, Radiostars s'avère une agréable surprise, qui trouve son équilibre entre le film de potes, la critique du milieu de la radio et un humour discret, drôle et bien écrit.

Radiostars emmène le spectateur dans le milieu de la radio, mais au lieu de s'arrêter au simple "boulet de canon critique" sur le monde impitoyable de la radio, prétexte à aligner ses gags, il parvient à varier et enrichir son propos et surtout à dessiner des personnages à la fois humain et attachants. Les animateurs (et leur équipe technique avec Smiters et jé.. jjjé... Jérémy  !) sont le fruit d'une belle écriture, fine et soignée, et les voir évoluer à l'écran s'avère tout à fait convaincant, d'autant plus qu'ils sont portés par des comédiens particulièrement justes et inspirés (Cornillac, dont le jeu ne rime pas toujours avec "subtilité", y est tout simplement excellent de bout en bout !). On s'attache donc bien vite à ces personnages, sympathiques et plein de reliefs, et Radiostars impose sans effort son rythme pêchu, fait sonner ses vannes et dégage sa rafraîchissante simplicité. 

Même si Radiostars n'est pas la comédie la plus drôle de l'année, il se positionne en bonne place, bien au dessus de celles mues par la facilité et la recherche de l'efficacité immédiate (et souvent éphémère...), en réussissant son mélange d'humour et de sensibilité. Simple et pas racoleur, les aventures de cette petite équipe séduisent, et derrière le fonctionnement cette "famille" (avec ses moments de tendresse, ses clashs, ses rapports de domination, les défauts et qualités de chacun, et ses luttes d'égo) se dessine le ridicule et la superficialité d'une industrie du vide et du fric. 

Romain Lévy à eu l'intelligence de faire un film sur des gens qui travaillent dans le milieu de la radio, plutôt que de faire un film sur le milieu de la Radio avec des gens... Ca n'a l'air de rien, mais ça sauve un film ! ça permet d'éviter de tirer sur l'ambulance en faisant non seulement passer en douceur une critique acerbe du milieu, mais aussi de l'aborder réellement ! Ca permet aussi de raconter une jolie histoire sur un groupe de collègues-potes, une histoire simple et un peu naïve, certes, mais dont les ressorts comiques et émotionnels fonctionnent à merveille.
Elégamment réalisé, Radiostars avance gentiment son histoire agréable, son humour bien senti, ses personnages attachants et son rythme décontracté. On ne vous dira pas qu'il est un monument de finesse psychologique ou un monstre de perfection, mais simplement qu'il est une bonne comédie, légère et rythmée, et un excellent divertissement. Pour une fois, la comédie française grand public possède de "véritables" morceaux de finesse, et dévoile sans vulgarité, ni calcul, ses charmes et ses attraits. Certainement pas inoubliable, mais ça le fait sans réserves ! 

Procurez-vous Radiostars ou d'autres films de Romain Levy ou avec Clovis Cornillac, Pascal Demolon et Manu Payet

50/50 (Jonathan Levine, 2011)


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Sa 27ème année, Adam apprend qu'il a un cancer. Entouré de sa petite amie, de son ami de toujours, de sa mère et de sa thérapeute inexpérimentée, il a une chance sur deux de vaincre sa maladie.

La tendance de la comédie sur fond de sujet grave ou de société est devenu un genre à part entière dans le cinéma américain (Juno, The Descendants...). 50/50 se range dans cette boite là, brandissant humour bien senti et réalisme de son sujet en promesses pour le spectateur. 

En pratique 50/50 évite effectivement le piège du pathos et de la guimauve excessive. Mais niveau comédie, et même si on peut considérer ce point comme une qualité, 50/50 est bien timide, puisque l'on cherchera en vain le "hilarant" de son affiche française.

Tout à fait sympathique dans son ensemble, 50/50 souffre globalement de ses hésitations. Sa première moitié est agréable, mais peu dynamique et timide à manier l'humour elle se contente de poser le décor, sans dégager de réelle personnalité. La suite joue la carte de l'émotion (proposant effectivement quelques jolies scènes assez touchantes), et abandonne ses gags discrets au profit d'une forme plus dramatique. 50/50 par respect de son ambition douce-amère et sa volonté d'équilibre (ou de réalisme ?) échappe à toute originalité, il ronronne tel un petit moteur, mais ne dégage aucune puissance ni énergie 'contrairement à Descendants par exemple...).

50/50, en dépit de ses qualités et du réel plaisir qu'on prend à sa vision, échoue à séduire complètement le spectateur. Malgré la justesse de tous ses comédiens (Seth Rogen est étonnant en bon pote faussement bourrin), 50/50 ne trouve pas le ton juste, trop appliqué à ne pas se prendre les pieds dans le tapis, il échoue à prendre de la hauteur et se réduit au final à un drame anecdotique.

50/50 réclamait une touche de magie pour fonctionner à plein, elle y est absente et cela à pour conséquence de cantonner le film au simple niveau de "divertissement doux-amer sympa". Paradoxalement, 50/50 est aussi réussi et sympathique que vite oublié. La question est donc : 50/50 victime de son ambition ?



Terri (Azazel Jacobs, 2011)


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Terri est un adolescent en surpoids qui vit avec son oncle malade. Solitaire et mal dans sa peau, sa vision du monde va changer avec les "entretiens" qu'il a avec le proviseur de son lycée. Une amitié s'installe entre le proviseur et l'adolescent.

Dans le plus pur style du cinéma indépendant américain, Terri accompagne un temps la vie d'un ado, au moment ou celui-ci va prendre conscience de certaines choses qui vont l'amener à s'accepter et retrouver un peu le goût du quotidien.

Terri se contente de peindre le portrait d'un ado, librement, simplement, sans orienter le jugement du spectateur. Touche après touche, il nous emmène dans un univers sensible, sans pathos ni poncif. Même si l'on met du temps à entrer dans le quotidien du personnage, celui-ci impose sa fragilité et sa douceur au fur et à mesure des rencontres au ton décalé avec son proviseur (John C. Reilly, éminemment sympathique !).

On pense au Cercle des Poètes Disparus, pour la relation du prof à l'élève, mais Terri, lui, ne joue d'aucune carte pour susciter l'émotion, d'aucun violon. Il ne cherche nullement à délivrer une quelconque leçon de vie ou de philosophie, le film de Azazel Jacobs ne fait qu'orienter notre regard vers un enfant "différent" qui cherche sa place, il se contente de montrer avec grande légèreté un parcours de souffrances ordinaire.

Terri est un film doux et délicat qui laisse le spectateur libre de son interprétation. Entre hymne à la différence et ode au partage, Terri déroule son histoire sans autre intention que de nous faire comprendre cet adolescent. On peut certes se dire, après sa vision, que tout ça n'apporte pas grand chose, mais on reste cependant séduit par la justesse de certaine scènes (la soirée à trois, les explications du proviseur...) et l'évolution de son personnage. Terri est un film dénué de fougue ou de génie, mais son ton doux-amer et son joli langage cinématographique, simple et pertinent, le rend tout à fait attachant.
 

Cheval de Guerre (War Horse, Steven Spielberg, 2012)


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Une rapport unique lie Albert avec Joey, son cheval. Mais la guerre les sépare, et commence alors pour Joey un long périple au travers de l'Europe, ponctué de rencontres fortes, mais aussi dangereuses. Albert et Joey feront tout pour être de nouveau réunis.

A la rédaction, on est pas très copains avec Steven Spielberg... Alors débarrassons nous tout de suite de l'essentiel : Cheval de Guerre est une grande aventure familiale, épique, riche en sentiments avec une belle mise en images. Spielberg réalise un "grand film à l'américaine", sans génie, aucun, mais comme toujours son cinéma à de la gueule, le Monsieur sait faire ! Voilà.

Cheval de guerre est loin d'arriver en tête de sa filmographie. Son sujet grand public vendu à coup de cartes postales irrite rapidement. Son scénario digne d'un Bibliothèque Verte, tire inexorablement le film vers un jeune public 8-12 ans qui ne serait pas encore accroc aux super héros. Adulte, on a bien du mal à digérer facilement la naïveté de son histoire, cette avalanche de bons sentiments dans un monde brutal rime abusivement avec "mièvrerie".

Cheval de Guerre est une aventure exaltant les valeurs d'amitié, de courage et de générosité ; c'est avec ce cheval que ces valeurs apparaissent chez les humains, il en est un catalyseur. S'il possède ses moments de charme (l'amitié entre les soldats anglais et allemand pour sauver Joey... Une exécution devant un moulin...), l'impression qu'il laisse après sa vision est pourtant celle d'un Spielberg en pilotage automatique, usant et abusant des techniques et d'un style qui l'ont consacré mais n’innovant absolument plus.

Ce que l'on reproche à Cheval de Guerre, ce n'est pas sa dimension familiale, mais sa paresse créative masquée par un savoir-faire effectivement évident. Steven Spielberg a visiblement voulu donner à Cheval de Guerre le souffle des grandes fresques (son final hommage à Autant En Emporte Le Vent...), s'il tient effectivement ses promesses à l'écran, il souffre paradoxalement de son classicisme et sa quête de grand sentiments l'embourbe dans la mièvrerie un peu stérile. Spielberg à sans doute réalisé le grand film familial qu'il souhaitait (et c'est réussi pour nos têtes blondes), mais pour beaucoup ce Cheval  de Guerre risque de ne pas dépasser le statut d'un "Autant En Emporte Mon Dada" manquant à la collection Bibliothèque Verte !