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Les Adieux A La Reine (Benoît Jacquot, 2011)


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les adieux à la reine affiche
A Versailles, toute la cour s'interroge sur les événements survenus à paris, l'insouciance fait place aux réactions. Sidonie, la lectrice de la reine, fidèle et dévouée, suivra 3 jours durant l'effervescence qui s'est emparée de la cour : nous sommes le 14 juillet 1789...

Avec Les Adieux à la Reine (adaptation d'un livre de Chantal Thomas) , Benoit Jacquot évoque la Révolution Française, par le petit bout de la lorgnette, s'en servant comme d'une loupe, pour raconter l'Histoire de l'intérieur, au travers des yeux d'une petite main de la cour.

La sobriété et le dépouillement de la reconstitution historique donnent à la réalisation des Adieux à la Reine un coté théâtrale particulièrement judicieux pour mettre à nu les traits de caractère de ses personnages. Cette peinture fine et cruelle d'un petit monde impitoyable, est magnifiquement portée par ses comédiennes, justes et inspirées (Léa Seydoux et Diane Kruger en tête).

Intelligemment pensé, voire stimulant (le choix d'une musique très contemporaine pour l'illustrer est absolument brillant), Les Adieux à La Reine utilise une société en plein basculement pour éclairer la confrontation de la lectrice de Marie-Antoinette avec les réalités de la société d'alors. Quand à ce qu'il convient d’appeler l'intrigue amoureuse du film, la sexualité suggérée de ses personnages, l'homosexualité sous-jacente, invite la sensualité dans l'expérience du spectateur.

Que l'on soit preneur ou non de ce lent drame intimiste sur fond de grande Histoire, le film de Benoit Jacquot, précis et minutieux, riche et subtil est une grande réussite. Par le traitement de son sujet, ainsi que par sa réalisation classique, très "cinéma à la française", Les Adieux A La Reine revêt un petit coté figé, presque poseur, qui s'il participe à l'aspect théâtrale du film, lui prêtera aussi un aspect "production télévisuelle à gros budget" qui lui ôte une certaine vie. Dépouillé de cette "posture intellectuelle" masquée de sobriété, les Adieux A La Reine aurait été une révolution !