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Headhunters (Hodejegerne - Morten Tyldum, 2011)


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Roger Brown est chasseur de têtes, il est aussi un voleur d'oeuvre d'arts. Lorsqu'il rencontre Clas Greve et apprend qu'il vient d'hériter d'un Rubens, Roger voit clairement sa prochaine cible. Le chasseur de têtes s'en va donc traquer sa cible, mais sait-il qu'elle appartient à un ancien mercenaire ? Qui va traquer qui ?

Ceux d'entre vous qui nous lisent régulièrement connaissent notre affection pour le cinéma asiatique, coréen notamment, ils auront aussi peut-être noté notre intérêt croissant pour le cinéma nord-européen (A Hijacking, Royal Affair, La Chasse, The Pusher trilogy...). Headhunters nous vient de Norvège, il nous emmène dans un jeu de chat et de la souris entre un voleur et un "volé" ancien mercenaire... Plutôt original et très bien écrit, Headhunters construit avec maîtrise son inversion des rôles. Le chasseur devient proie, la proie se fait vicieuse, la fragilité du personnage principal, l'efficacité de son déroulement et l'humour discret qu'il distille font de Headhunters une très agréable surprise ! Rien de totalement neuf, certes, mais son origine glaciale se charge de donner une étonnante personnalité à Headhunters.

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La Panthère Rose (Blake Edwards, 1963)


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Le Fantôme, voleur de haut vol, est convoite de dérober le céléebrissime diamant La Panthère Rose à la Princesse Dala. Il échafaude un stratagème pour se rapprocher de la princesse lors de son séjour à la montagne. Mais l'inspecteur Clouseau, sur ses traces depuis des années, surveille la princesse et son précieux diamant, prêt à attraper enfin la fameux Fantôme.

Premier d'une longue série, pas spécialement inoubliable, ce premier du nom est une comédie policière, que l'on qualifiera de légère et élégante, qui marque non seulement la naissance de l'Inspecteur Clouseau au cinéma, mais aussi la première apparition de la Panthère Rose. La série animée vient de là ! 50 ans après : que vaut cette première Panthère Rose ?

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Le Solitaire (The Thief - Michael Mann, 1981)


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Voleur de haut vol, Frank est à deux doigts d'atteindre son idéal de vie, mais avant de se retirer définitivement, il s'engage sur un dernier coup...

Même si nous avons déjà un pied dans les 80's, et que Michael Mann à déjà dans l'oeil ce gout prononcé pour ce qui  fera de lui l'un des réalisateurs le plus emblématiques de l'esthétique de cette décennie, Le Solitaire, pour la rédaction, c'est tout simplement le dernier grand polar des 70's ! Ciselé comme ces "cailloux" que Frank dérobe, Le Solitaire possède déjà en lui tout ce qui fera de Heat un pur chef d'oeuvre, mais aussi, plus récemment, ce qui a inspiré une autre bombe comme Drive ! Autant le dire simplement : Le Solitaire est un grand film.

Tendu et "viril", impossible de ne pas retrouver un peu de Heat dans Le Solitaire, surtout lorsque l'on découvre la scène ou Frank joue carte sur table autour d'un café, dans un Diner au bord de la route (ha!  cette confrontation mythique Pacino/De Niro...) ; ou bien lorsque Michael Mann s'attaque (déjà) à construire ses personnages par leur vie intime et leurs aspirations personnelles, plutôt que par leur "métier" ou leurs forfaits. Le Solitaire, c'est James Caan (Rollerball, Le Parrain) et la testostérone qu'il dégage n'a d'égal que sa détermination à obtenir une vie rangée ou son professionnalisme. C'est là une des clés des oeuvres de Michael Mann, et ce qui fait souvent la spécificité de son cinéma, il oppose la violence ou l'âpreté apparente de ses personnage avec leur personnalité cachée, et la complète, voire la motive, par le portrait intime d'un homme, ni meilleur, ni plus mauvais qu'un quidam moyen. Il résulte alors dans son cinéma une forme de réalisme et d'émotion qui vient renforcer son sens de l'action et de la tension, permettant ainsi au spectateur de se projeter pleinement dans les mécanismes humains et les enjeux que Mann propose. Le Solitaire, sur ce point est une réussite totale, il est un film intense, touchant et puissant, tant dans son action que dans son personnage, que rien ne peut arrêter une fois lancé, quitte à obtenir une victoire à la Pyrrhus !

Pour sa forme, si l'on sent effectivement cet attrait du réalisateur pour les néons et tout ce qui brille (et qu'il poussera bien plus loin, plus tard dans les 80's), Le Solitaire possède encore la noirceur visuelle des polars 70's. Sa mise en image sobre et cadrée se met déjà en quête d'un esthétisme travaillé (on pense aux nuits de Collatéral) mais rien ne vient évoquer le "clipesque" abusif des 80's que la rédaction à tant de mal à savoir apprécier. Le Solitaire est une réalisation archi-solide et très pure, que même sa toute fin à la limite de la faute de goût visuelle (mais pas scénaristique !) ne parvient pas à entacher.

Souvent (et injustement) oublié, ce polar stylé et stylisé en impose encore aujourd'hui ! Avec tout ce qu'il faut pour balancer le destin de Frank en "pleine gueule" du spectateur, Michael Mann pose avec détermination et grande classe des casses aussi high-tech que physiques et, au delà de l'action, construit un impressionnant portrait de "bon gangster" aussi solide que poignant. Le style de Michael Mann a souvent énervé les critiques, mais il lui permet aussi, selon nous, de faire cette liaison rare entre le polar tendu et le drame. Que ce soit par l'atmosphérique de certains plans "d'ambiance" (Frank et un pêcheur en face d'un coucher de soleil dans Le Solitaire, ou De Niro qui contemple la mer dans son fragile paradis dans Heat) ou bien par l'atmosphérique de ses choix musicaux (l'électronique de Tangerine Dream pour Le Solitaire, les envolées Lisa Gerrard, le groove de Moby, l'émotion d'un Terje Rypdal ou des nappes douces), Michael Mann tempère toujours la violence de ses histoires en l'opposant aux faiblesses ou aux rêves de ses personnages. L'équilibre naît, les récits s'étoffent, les enjeux deviennent cruciaux, les images superbes et le rythme haletant : Michael Mann a ce don de marier dureté et douceur, fiction et vraie vie, il est un réalisateur de la nuance, du contraste et de la rupture de rythmes. Bien avant Heat Michael Mann avait déjà signé un chef d'oeuvre... Un polar prenant, intense et somptueux de très haute volée à redécouvrir de toute urgence.

Procurez-vous Le Solitaire ou d'autres films de Michael Mann ou avec James Caan

La Main Au Collet (To Catch A Thief, Alfred Hitchcock, 1955)


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Le Chat, cambrioleur de haut vol à la retraite dans le sud de la France, voit de nouveau son nom étalé dans les journaux et la police le rechercher. Afin de s'innocenter, il décide de capturer celui qui se fait passer pour lui en se rapprochant des riches propriétaires de bijoux. Il fait la connaissance de la fille de l'une d'elle, la belle France, qui le soupçonne rapidement d'être le Chat.

Bien que La Main Au Collet ne fasse pas partie de nos Hitchcock préférés, le visionnage d'un film du Maître apporte toujours un immense plaisir. Un Hitchcock, nous fait toujours nous sentir "intelligents", tant sa mise en scène riche, audacieuse et inventive surprends et séduit à chaque fois. Entre comédie et enquête, ce jeu du chat et de la souris entre voleurs, mais aussi dans le couple Cary Grant/ Grace Kelly, trouve son écrin dans une French Rivieira glamour et luxuriante.

Axé sur l'inoubliable couple (le plus beau qu'Hitchcock ait jamais mis à l'écran ?) bien plus que sur le suspense et les vols, La Main Au Collet trouve son véritable intérêt dans la mise en scène que déploie Hitchcock pour mettre en image la séduction et les désirs de couple. Grace Kelly, beauté immortelle, tente d'attraper un Chat qui semble vouloir choisir son moment, augmentant de fait les attentes. La sublime séduction devant un feu d'artifice, explosions de désirs à peine suggérée, est tout bonnement aussi drôle que superbe.

La Main Au Collet est un Hitchcock "détendu", tranquille (des vacances en France ?) et terriblement glamour. la mise en scène millimétrée de Hitchcock, dépourvu de toute approximation, s'épanouie dans les palaces, les belles villas et sous le soleil méditerranéen, magnifiés par un Vistavision aussi vif qu'agréable à l'oeil. Le charme 50's opère à plein, avec ces fabuleux plans en studios sur des arrières plans filmés (la poursuite en voiture et ses mouvements appuyés, par ailleurs tragiquement évocatrice du décès futur de l'actrice...). Même si La Main Au Collet n'est ni le meilleur Hitchcock, ni le plus trépidant, son langage et le couple qu'il met à l'image ne peuvent que réjouir au plus haut degré le spectateur. Une formidable leçon de cinéma, ludique et légère, dont les visions successives n'arrivent pas à faire naître la moindre usure chez le cinéphile : un classique, ni plus ni moins.

NDLR : et juste pour le plaisir, ce que la rédaction considère comme l'une des plus belles apparition de toute l'histoire du cinéma...  Le baiser, thème cher à Hitchcock, de Fenêtre sur Cour, avec l'ange Grace Kelly.
(Voir la filmographie d'Alfred Hitchcock chez nos amis de cinéfriends.com)


Procurez-vous La Main Au Collet ou d'autres films de Alfred Hitchcock ou avec Cary GrantGrace Kelly ou Charles Vanel

Faites Sauter La Banque (Jean Girault, 1963)


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Victor Garnier tient un magasin d'article de pêche. Ruiné par un placement hasardeux conseillé par le directeur de la Banque Durand-Mareuil, située en face de son magasin, il décide de récupérer son argent. Il entraîne alors toute sa famille dans la folle tentative de creuser un tunnel jusqu'à la banque, pour la cambrioler.

Ce Louis de Funes est la deuxième collaboration avec Jean Girault (le papa des Gendarmes de Saint-Tropez), juste après Pouic-Pouic. Plus rare et bien moins diffusé que bon nombres d'autres de ses films, Faites Sauter La Banque n'est pourtant pas mauvais du tout, peut être même plus digeste que d'autres.

Il ne faudra certainement pas attendre une grande finesse ou du pur génie comique de la part de Faites Sauter la Banque, mais ce De Funès qui embarque femme et enfants dans le perçage de tunnel apporte son lot de scènes cocasses, à l'humour convenu et sage, mais cependant efficace. L'idée de transformer la famille idéale en cambrioleurs donne un parfum particulier à cette comédie sympathique. Elle transpose en quelque sorte Mélodie en Sous-Sol , sorti un peu avant, chez une famille modèle (les repas en famille devant la TSF...) en remplaçant ses gangsters éprouvés par d'innocents et inexpérimentés M. et Mme tout le monde.


Si les gags sont un peu téléphonés, le film de Girault nous fait quand même passer un agréable moment. D'abord parce que son rythme pépère de petite comédie nous replonge avec bonheur dans une époque sereine et simple (ah la france village des années 60...), ensuite parce que De Funès, bien qu'ayant déjà trouvé son style, ne le surexploite pas encore trop. De Funès fait bien sur du De Funès mais le caractère de  son personnage, Victor Garnier, reste encore visible et présent derrière les grimaces et les attitudes de l'acteur. A l'approche du succès que l'on lui connaît Faites Sauter La Banque nous laisse davantage entrevoir l'acteur derrière le comique.

Nous ne connaissions pas ce Louis De Funès là. Bien que la rédaction de Doorama ait été élevée au rythme des diffusions télé de ses films, cette histoire de braquage familial de banque à gentiment fonctionné sur la rédaction. Si Faites Sauter La Banque ne fait pas partie des classiques de l'acteur, il mérite selon nous, et en dépit de ses faiblesses réelles, d'être découvert. Ne serait-ce que pour une leçon d’étayage de tunnel avec Jean Lefebvre ou pour Jean Pierre Marielle en directeur de banque hautain et altier. Entre deux films de sabre et deux films d'horreur, le léger souffle rafraîchissant de Faites Sauter La Banque nous a paru  infiniment facile et agréable à regarder, sympathique. A sauver de l'oubli parce qu'il le mérite !  

Procurez-vous Faites Sauter La Banque ou d'autres films de Jean Girault ou avec Louis de Funès ou Jean Pierre Marielle

Dos Au Mur (Man On A Ledge, Asger Leth, 2012)


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Nick Cassidy, un ancien flic, s'évade de prison. Pourtant il ne quittera pas le pays, et c'est à plus de 20 étages du sol qu'on le retrouvera, sur la corniche d'un hôtel, menaçant de se jeter dans le vide... Mais est-ce vraiment son objectif, ou bien cette menace cache t'elle d'autres projets ?

Moins mauvais qu'à son habitude, mais toujours aussi peu excitant, Sam Worthington (Avatar, Terminator Renaissance, Le Choc des Titans... que des chefs-d’œuvre, hein ?) tient le rôle principal de ce film, alors que la véritable action se ne déroule pas sur cette corniche d'hôtel. C'est sans doute là la seule originalité de Dos Au Mur, qui essaye pourtant en permanence de nous surprendre. On va essayer de vous en dire plus, sans abimer les petits ressorts de ce petit thriller.


C'est donc sur un scénario qui tente de multiplier les fausses pistes et les rebondissements que se construit Dos Au Mur. Son scénario excessif explore tant bien que mal toutes les pistes à sa portée, afin de réorienter régulièrement son action et essayer de nous surprendre en modifiant son propre genre (film de cavale, film de vengeance, film de cambriolage...). Mais c'est sans grand entrain ni conviction que l'on suit cet effeuillage un peu mécanique de genres, jusqu'à son final attendu et peu excitant.

Victime de sur-écriture chronique, Dos au Mur cherche en permanence à être sur le fil, à jouer avec le spectateur et a dynamiser son timing jusqu'à en devenir totalement artificiel. Il multiplie les situation poussives qui écrasent rapidement toute crédibilité et ôte toute respiration à son récit. Plutôt que de nous de nous maintenir un peu en haleine et contrôler l'oxygène qu'il nous délivre, il fait souffler sur son intrigue pléthore d'effets artificiels et peu fins qui nous écrasent finalement bien plus qu'il ne nous décoiffent. Ses changements de direction et ses relance de rythmes ne parviendront même plus à nous surprendre, tant elle s'annoncent de manière bien trop évidentes et anticipées pour réellement fonctionner. 


C'est sûr, vu comme ça, Dos Au Mur n'est pas très sexy... Mais pourtant, bien qu'artificiel et sans âme il faut reconnaître que Dos Au Mur assure au moins le service minimum. La Maîtrise est certes absente, ses choix de mise en scène semblent s'orienter vers la facilité, mais rien ne vient pour autant malmener le spectateur en quête d'un simple divertissement.

On suit gentiment notre héros, on pressent souvent ce qui va suivre, mais même si on n'est jamais "complètement dedans", Dos Au Mur aura au moins fait tout son possible pour nous sortir un peu de la routine. Faute de réussir son objectif, il parvient au moins à ne pas susciter l'ennui. Dos Au Mur n'est pas un bon film, mais dire qu'il est dénué de tout intérêt serait sans doute excessif. Décevant, mais regardable (même si nous ne faisons pas partie des 95% de spectateurs satisfaits qu'arbore fièrement le DVD !).


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Le Clan des Siciliens (Henri Verneuil, 1969)


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Après une évasion audacieuse, Roger Sarlet se planque chez les Manalese, des truands siciliens. Ensemble ils vont monter le casse d'une exposition de bijoux internationale. Mais c'est sans compter sur la détermination du Commissaire Le Goff, bien décidé à retrouver Sarlet.

Cinéaste à la carrière internationale, Henri Verneuil touchait à tout : du western au policier (La bataille de San Sébastien, Le Casse), du drame au film politique (Un Singe en Hiver, Mille Milliards de Dollars), et toujours avec les plus grands (Anthony Quin, Gabin, Delon...). Le Clan des Siciliens revêt donc naturellement les habit de la grosse production française (et populaire !), mais de qualité.

Verneuil réunit pour cette histoire de casse les plus grands acteurs français d'alors et élabore, avec le Clan des Siciliens, un film de gangsters soigné qui,malgré un certain coté convenu et académique, s'est installé dans l'histoire du cinéma français. Le Clan des Siciliens est un "cinéma de papa", pur et efficace, dont la patine "cinéma à l'ancienne" procure toujours un plaisir authentique. Dénué de tout humour, ce polar à la française, sobre et "masculin" (on ajoutera Alain Corneau et surtout Melville dans cette veine là) souffre certes de rides marquées, dues à sa réalisation train-train, pas très créative, et son rythme peu alerte, mais il continue de fonctionner parfaitement et dégage encore cette "force tranquille" des classiques.

Le Clan des Siciliens n'est pas un chef d'oeuvre éternel, il n'est finalement qu'un divertissement haut de gamme, mais qui à su trouver sa place parmi nos classiques. Alain Delon en jeune félin impétueux et séducteur (Ah ! cette scène de la pêche au congre qui se termine en étreinte qui s'avèrera mortelle), Jean Gabin en sage patriarche, Lino Ventura en commissaire obstiné, Ennio Morricone à la musique, et Henri Verneuil en chef d'orchestre expérimenté : avec autant de talents, il était difficile de ne pas livrer une belle pièce ! Si on se dit aujourd'hui que le résultat est en dessous de ce qu'on était en droit d'espérer, Le Clan des Siciliens n'en demeure pas moins savoureux au plus haut point : un classique de genre qui "roule ses mécaniques" aujourd'hui démodées, mais qui séduit encore et en impose toujours !

Le Doulos (Jean-Pierre Melleville, 1961)


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Maurice, récemment sorti de prison, tue un receleur et emporte des bijoux qu'il cache. Il s'apprête ensuite a faire un casse, c'est son ami Silien qui lui fournit le "matos", mais Silien travaille comme indic (un "doulos") pour la police.

Le cinéma de Melleville se nourrit du Film Noir américain : loi du milieu avec ses codes, parcours sans issue et destin tragique (la fin du Doulos est d'ailleurs un hommage en écho à celle de Quand La Ville Dort). Dans les mains de Melleville le rythme ralentit, l'action s'intériorise, mais la tragédie demeure : ses protagonistes, malgré leurs aspirations ou leur droiture, n'ont qu'une seule direction...

Avec Melleville, le monde se réduit à ces hommes en uniforme (trench coat et chapeau), le reste de la société se retire, telle la marée, pour ne laisser visible que ses soldats du milieu ou ceux de la police. Le Doulos observe alors ces personnages, avec précision, et avant que leur destin les rattrape met en évidence leur humanité.

"Film d'Hommes" (comme certains des polars d'Alain Corneau), le Doulos montre des personnages en survie permanente, et éphémère, broyés par le fonctionnement du milieu dans lequel ils évoluent. Le cinéma de Melleville met en scène des parcours mortels avec une méticulosité et un rythme qui fascine. L'intensité qu'il installe n'est pas dans les actions des personnages, mais dans ce qu'elles impliquent : comme dans tout bon film noir, les hommes sont résignés à payer le prix de leurs actes, ils se livrent corps et âme aux règles du Milieu, c'est leur chemin de croix intérieur qui nous est livré.

Implacable et imparable, faussement froid et austère, le Doulos est un fabuleux film noir à la française. Belmondo est impérial en traître et salaud (quoi que...), Reggiani bluffant en homme trahi (plusieurs fois ?). On adore se laisser bercer et hypnotiser par la mécanique de Melleville, dont les codes immuables et intemporels transforment cette histoire de gangsters en tragédie à la fois sobre, discrète et forte. 50 ans après, la perfection de son mécanisme et de sa mise en scène donnent encore à ce Doulos des parfums de perfection : Une référence ! (même si Melleville n'en était qu'a son "début" dans ce genre, puisque Le Samouraï, Le Cercle Rouge (etc...) qui suivront parachèveront l'oeuvre immense de Melleville, austère, fascinante et puissante).

Livide (Julien Maury, Alexandre Bustillo, 2011)


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Trois amis pénètre dans la maison d'une femme dans un profond coma afin de mettre la main sur son trésor. Mais la maison et son hôte endormie ne tardera pas a livrer toute autre chose qu'un trésor...

En 2007 Julien Maury et Alexandre Bustillo avaient livré A L'intérieur, exercice extrême et bien barré, inégal mais fort convaincant pour les amateurs. Avec Livide, on retrouve ponctuellement cette efficacité et cette violence, mais cette fois accompagnées d'une dimension onirique à la Argento (Suspiria notamment).

Hélas, si Livide regorge de visions et d'éléments intéressants, il se perd dans sa volonté de dépasser le simple film de genre, et à force d'ambition sombre dans un fourre-tout qui perd le spectateur. Vampirisme, gore, nostalgie, magie noire et maltraitances (la demeure est une ancienne école de dance tenue par un professeur plutôt exigeant...) sont éparpillés dans un scénario au rythme distendu, parfois confus et incohérent, soutenu par des acteurs et des dialogues peu inspirés.

Livide est très représentatif du fantastique et du cinéma de genre "à la française", on y retrouve une véritable énergie, voire une certaine créativité, mais il ne parvient à rompre avec le lourd héritage du cinéma français, avec la nécessité quasi impérieuse (instinctive ?) de faire du "cinéma d'auteur". Si cela peut faire la spécificité, le plus, de notre cinéma fantastique, c'est aussi ce qui plombe Livide en lui donnant un coté prétentieux, bien incompatible avec sa nature de divertissement teintée de gore. Les deux jeunes réalisateurs semblent confondre fantastique intelligent et ambitions d'auteur...

Bien qu'imparfait et parfois laborieux, Livide recèle cependant d'excellentes choses, tant visuelles qu'au niveau de sa réalisation. Profitons donc des "cadeaux" de Julien Maury et Alexandre Bustillo, et attendons leur prochaine exploration, en espérant qu'elle soit plus ramassée, plus modeste.