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Hara-Kiri, Mort d'Un Samouraï (Ichimeï - Takashi Miike, 2012)


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Hanshiro, un ronin, se présente au chateau d'un seigneur et demande à pouvoir y pratiquer le Hara-Kiri rituel. Après un récit de l'intendant pour l'en dissuader, le samouraï maintient sa demande et avant de s'éxécuter demande une requête, puis débute à son tour un récit, celui des raisons qui l'ont conduit au Hara-Kiri

Takeshi Miike,  avec ce deuxième remake d'affilée d'un classique du cinéma japonais, réédite la prouesse qu'il avait fait avec 13 Assassins. Il s'attaque cette fois au monumental Hara-Kiri de Masaki Kobayashi et loin d'en trahir la mémoire, livre de nouveau un film qui ne lui ressemble pas (il faudra donc s'habituer à ce nouveau Takashi Miike ?), mettant en oeuvre classicisme affiché et maîtrise technique au service d'une relecture fidèle de son modèle.

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Le Sabre Infernal (The Blade, Chu Yuan, 1976)


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Alors qu'il vient pour le tuer, Fu-Hung-Hsue s'allie à Yen Nan-Fei pour empêcher Maître Yu de dominer le monde des arts martiaux, par les forces du mal, grâce à une arme redoutable : les Plumes de Paon. Ils devront affronter ses 5 champions, Poème, Epée, Luth, Echecs et Peinture avant de le combattre.

Feux de Bengale et galipettes pour ce trépidant Wuxiapian (comprenez film de sabre chinois) made in Hong-Kong par la Shaw Brothers. Quoi que l'on pense de ce cinéma de genre, de sa qualité cinématographique et de sa capacité à plaire aux adultes, Le Sabre Infernal (The Magic Blade, à ne pas confondre avec The Blade de Tsui Hark de 1995), n'en reste pas moins une réussite dans sa catégorie.

Son scénario basique (remettons notre duel à plus tard, nous devons avant empêcher un méchant de régner sur le monde arts martiaux...) est ainsi prétexte à un enchaînement ininterrompu de scènes d'actions ou les deux héros rivalisent d'intelligence, de maîtrise de nobles valeurs... Éternellement dans ce cinéma, le bien combat le mal, ou bien les gentils se battent pour faire triompher la justice, Le Sabre Infernal se distingue cependant de la masse par sa grande inventivité et, c'est suffisamment rare pour le souligner, sa très belle tenue visuelle. C'est donc très agréablement que la rédaction de Doorama s'est abandonnée à cette aventure proche d'un film pour enfants, mais aussi efficace que séduisante.

A Doorama, on pense souvent (à tort !) que ce cinéma chinois d'arts martiaux est un peu puéril et stérile, mais à mieux y regarder, La Shaw Brothers ne fait qu'explorer (jusqu'à épuisement) un genre riche de thèmes et de variations, exactement comme le faisait la Hammer avec le film d'Horreur. Une fois ce petit exercice de mise au point effectué, et les repères posés, les films de la Shaw Brothers révèlent alors leurs trésors : originalité, inventivité, jeux sur les codes et recherche permanente de sang nouveau dans le seul objectif du divertissement total. A ce titre, et faute d'être bluffé par son scénario, Le Sabre Infernal impose ses morceaux de bravoures, au premier comme au second degré, comme sa géniale scène d'échec, où ses personnages remplace les pions, ou bien son héros qui, tellement fort qu'il est, avait anticipé de déplacer ses 7 points vitaux pour contrer son adversaire !

Grand défouloir coloré, fantaisiste et virevoltant, Le Sabre Infernal utilise à merveille les codes du genre et parvient à hisser ses composants enfantins (à première vue, en tous cas) en véritables jeux pour adultes, à condition, une fois de plus, d'accepter les règles de ce type de cinéma. Nous continuons de considérer (à tort !) le Chambara comme cinématographiquement plus riche et mature que le Wuxiapian (particulièrement dans les 50's et 60's), mais ce cinéma là a pourtant tout ce qu'il faut pour satisfaire le cinéphile : un langage, des codes et du rêve ! Kitch et jouissif !

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Lady Snowblood 2: Love Song of Vengeance (Toshiya Fujita, 1974)


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En 1905, Yuki Snowblood" Kashima est finalement arrêtée par la police pour ses crimes passés. Libérée par la police secrète on lui  demande d'espionner un anarchiste afin de récupérer un document compromettant pour le gouvernement en place. Snowblood épousera pourtant la cause de ce dernier, trouvant ainsi un nouveau but.

Suite assez lointaine de Lady Snowblood, on retrouve Meiko Kaji dans le rôle de l'impitoyable femme assassin, dont les talents ne sont cette fois plus l'instrument d'une vengeance personnelle, mais mis au service de la défense des intérêts des plus faibles. Snowblood n'a d'ailleurs plus de raison d’être puisque l'accomplissement de sa vengeance l'aura laissée vide, dorénavant inutile.

Cet épisode est définitivement plus engagé, plus politique, puisque opposant les intérêts d'un peuple affaiblis par l'après guerre russo-japonaise aux ambitions capitalistes de ses dirigeants.


Lady Snowblood 2, reprend donc l'énergie et la détermination de Snowblood, mais lui assigne une mission d'intérêt générale, comme pour expier de ses crimes passés (37 quand même !) et parvenir à la rédemption. Ce deuxième film est bien plus pragmatique que son prédécesseur, la poésie symbolique des geysers de sang du premier opus laissent ici place à bon nombre de plans plus serrés, à la cruauté bien plus affichée, et presque complaisante.

Bien que la réalisation soit particulièrement attentive à la clarté du déroulement de son scénario et ponctué de superbes plans (le sang dans l'eau, l'attaque de Snowblood sur la plage...), elle échoue curieusement à donner ne serait-ce qu'un semblant de rythme à Lady Snowblood 2. Là où Toshiya Fujita emplissait, saturait presque, le premier Lady Snowblood d'énergie et de fureur, il opte ici pour une mise en scène bien moins dynamique, mais d'une grande fluidité, comme pour marquer le feu éteint de son personnage. Hélas lorsque celui-ci se ravive, sa mise en scène ne marquera pas ce renouveau. Cette volonté de traiter différemment cette fausse suite est à notre avis dommageable pour le rythme général de l'ensemble (on aimais le feu du premier !), mais elle permet cependant à son réalisateur de dégager une plus grande noirceur. Ce Lady Snowblood 2 commence avec une héroïne éteinte, presque morte, se poursuit dans un ghetto opprimé, et et se terminera au crépuscule de l'ère Meiji. Sombre on vous dit !
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La rédaction préfère le premier opus, mais sous ses aspects de suite un peu tranquille qui réexploite les atouts auparavant créés, se cache en fait un univers entièrement nouveau. Il n'est presque plus question de vengeance, mais de justice ici. Il n'est plus question d'individu, mais de groupe. Ce n'est plus un opéra empreint de lyrisme et de poésie, mais une pièce de théâtre, plus pragmatique, plus réaliste. Ce lady Snowblood 2, même s'il souffre d'un rythme "affligé" (comme son personnage ?),révèle au final un film de genre isolé, teinté d'un intéressant coté engagé, voire subversif. Et subversif, il le sera, en cassant certains codes du genre puisque son héroïne,face à la marche forcée de la modernité capitaliste,délaissera même son sabre pour une arme à feux...

Procurez-vous Lady Snowblood 2 ou d'autres films de Toshiya Fujita ou avec Meiko Kaji

Lady Snowblood (Toshiya Fujita, 1973)


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Yuki est destinée dès son premier jour de vie à venger sa mère. Entrainée jusqu'à l'age de 20 ans, elle part alors à la recherche des 4 hommes qu'elle va traquer et assassiner.

Adaptation d'un manga, Lady Snowblood est davantage connu pour être l'une des influences majeures, avec La Femme Scorpion, de Quentin Tarantino pour son Kill Bill. Lady Snowblood est un pur produit du cinéma populaire japonais des 70's, à la fois excessif et simpliste, mais véhiculant aussi une imagerie surpuissante et utilisant à merveille les codes du (des) genre(s).

Film de vengeance et film de sabre, Lady Snowblood vise loin et pousse à l'extrême (hypertrophie) ses ficelles et enjeux dramatiques. Jugez plutôt : une mère emprisonnée à vie pour avoir tué le meurtrier de son mari, s'offre aux gardiens dans l'unique but d'avoir un enfant pour la venger (un simple instrument !)... Son enfant grandit dans la seule quête (obsessionnelle, bien sûr) d'accomplir cette vengeance reçue en héritage... La vengeance verra le jour non sans dommages collatéraux (car les coupables aussi ont des enfant) et surtout sous des geysers de sang écarlate (Ah, série Baby Cart, tu nous manques !). Meiko Kaji en est l'instrument, magnifique et mortel.

Pour ne parler que du film (nous laissons volontairement le manga original de coté), Lady Snowblood se divise en quatre chapitres qui chacun tenteront de contrarier le destin vengeur de Yuki : 1 coupable qui impose le pardon ? 1 autre déjà mort ? etc... (on peut pas tout vous dire...). Pourtant en plein film de genre, Lady Snowblood ne cesse de jouer du décalage discret avec les codes et, touche après touche, réussit à créer la surprise et dessiner ainsi un personnage torturé sans cesse contrarié alors qu'il s'approche de son but.

Lady Snowblood en digne et excessive expression du ciné popu de genre, délivre encore aujourd'hui une belle énergie, codifiée à l'extrême et pourtant infiniment libre. Simple défouloir de masse, stérile et sans intérêt pour certains, il cache en son sein une transgression libératrice, le plaisir de s'affranchir de toutes limites, et ce en toute sécurité, par la fiction. On comprend que toutes ces expérimentations "pour de rire" aient pu laisser derrière elles des traces, et des curiosités passionnantes à observer : Lady Snowblood en est une ! Trésor d'exagérations et d'inventivité, sa frénésie cinématographique (ses concepts, sa forme visuelle) est un petit bonheur de chaque instant pour tout cinéphile en quête de sang neuf. Lady Snowblood ne manque ni de sang, ni de nouveauté.

Que l'on aime ou pas le recyclage permanent de Tarantino, reconnaissons lui au moins le mérite d'orienter nos regards sur des oeuvres (mineures ou pas) dont l'oubli nous aurait privé de leurs passionnantes (et nous pensons indéniables) qualités. Que ce soit Lady Snowblood, La Femme Scorpion, Baby Cart pour le japon, ou le fachisant Inspecteur Harry pour ne citer que lui aux US, le cinéma de genre n'est pas qu'un sous-genre dominé par la médiocrité. C'est une terre certes souvent ingrate, pas toujours luxuriante, mais qui recèle parfois des pépites à l'éclat aveuglant. Lady Snowblood est de ces pépites. Grattez la terre qui l'entoure et vous trouverez son éclat : un petit film à l'allure folle, rempli d'images puissante et de véritables morceaux de cinéma ! 70's, on adore tes excès, ton énergie...


NDLR : Ce n'est pas dans nos habitudes, mais Lady Snowblood n'étant pas édité en France, vous pouvez voir l'intégralité du film en VOSTFR sur cette page (streaming ou téléchargement - pas de risques de sécurité décelés)

Procurez-vous les Baby Cart cités plus haut ou d'autres films avec Meiko Kaji

Rébellion (Masaki Kobayashi, 1967)


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Afin d'obéir aux choix de son suzerain, Isaburo Sasahara accepte le mariage de son fils avec Dame Ichi, la concubine répudiée de son maître. Malgré les réticences, celle-ci se révèle être une épouse idéale, et donnera même une fille à son fils. Mais subitement, le suzerain décide de faire revenir Dame Ichi au château. Isaburo s'élève contre cette décision...

Après Hara-Kiri, Kobayashi poursuit l'exploration de l'écrasement du pouvoir féodal sur ses serviteurs. A travers ce drame familial, il dénonce l'injustice, l'aveuglement et l'absurdité du système et évoque la rébellion de ce sabreur qui, après avoir servi son maître toute sa vie par honneur, se dresse contre lui... par honneur aussi.

Ponctuée que de deux (magnifiques !) séquences de sabre, Rébellion s'attarde avant tout (comme le faisait par ailleurs Hara Kiri) sur les raisons qui mènent à la tragédie finale. Tout en tension croissante, Kobayashi démonte la mécanique qui pousse son personnage, toute sa vie soumis, à renier ses valeurs pour en épouser de des nouvelles, plus nobles encore : frustrations et injustices répétées sur les "petits", apporteront la révolte aux "grands" !

Fort et puissant, tant à l'image que sur le plan dramatique, Rébellion est une lente prise de conscience qui traîne implacablement, et de la plus belles des manières qui soit, le spectateur jusqu'à son final, pessimiste et crépusculaire. Plus"calme" que bien d'autres Jidai Gekki, Rébellion tend vers la tragédie davantage que l'action, la critique du système féodal en ressort plus fortement encore, et sa lecture n'en est que plus contemporaine.

Kobayashi livre avec Rébellion est un film sublime, qui se range tout naturellement à coté d'autres grands classiques du cinéma japonais de cette période bénie !


Hara Kiri (Seppuku, Masaki Kobayashi, 1962)


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Un ronin demande à faire Seppuku dans le palais du shogun. Avant d'effectuer le rituel, il va raconter son histoire.

Là encore énorme film de sabre (paradoxalement avec assez peu de scènes de combat...) dans lequel la modernité transpire de bout en bout, que ce soit sur le fabuleux déroulement de son scénario (on commence à l'aube du dénouement, les flashback éclaireront ce qui précède...) ou sur la manière dont un système s'étouffe sous ses propres contradictions et son entêtement à regarder derrière lui...

Et comme souvent pour le cinéma japonais de cette période, la forme y est absolument éblouissante !

Curieusement Hara Kiri se prête à merveille à illustrer notre europe qui s'accroche coûte que coûte à ses dogmes plutôt que de les remettre en question, mais c'est là une réflexion très personnelle de la rédaction ;-)

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13 assassins (Takashi Miike, 2011)


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Enorme relecture du classique de Eichi Kudo "13 Tueurs" (1963) par un Takashi Miike absolument méconnaissable.
13 assassins déroule magistralement ses 2h20.

La première moitié dénuée de toute action, est dédiée à la l'élaboration d'une mission suicide et au rassemblement de l'équipe qui l’exécutera. La seconde partie (durant plus d'1h !) est une titanesque bataille au cours de laquelle se libère, tel un élastique, toute l'énergie accumulée précédemment.

13 assassins est visuellement splendide et retrouve ce rythme si particulier des Chambara 60's. Quand à Miike, il adopte un style hyper classique, sage (?), que l'on ne lui connaissait pas, sans rien perdre de sa créativité et de son audace.

Là où moult remakes sont de "Grand(s) Attentat(s)", celui de Miike est du Grand Art !
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