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Hiitchcock (Sacha Gervasi, 2012)


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A Hollywood, le Maître du Suspense cherche son nouveau projet... C'est le livre inspiré de Ed Gein, Psychose, sur lequel se porte son dévolu : Alfred Hitchcock commence la difficile fabrication de Psychose, ils sont nombreux ceux qui voient mal le Maître aux commandes d'un film d'horreur, indigne de lui...

Hitchcock s'intéresse à la vie du réalisateur en se focalisant sur la fabrication de son plus gros succès. On connait le talent du maître, le grand public connaît peut être moins les origines de psychose, et encore moins l'influence de sa femme dans la carrière du réalisateur. Grâce à une impressionnante transformation physique, notre bon vieux cabotin de Anthony Hopkins endosse donc l'uniforme pour nous narrer la (souvent) difficile naissance d'une oeuvre cinématographique... Hitchcock n'est pas Hitchcock...

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The Party (Blake Edwards, 1969)


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Hrundi V. Bakshi est un homme agréable et poli, mais ses talents d'acteur ne convainquent pas. Pire, il est blacklisté du studio qui l'emploie ! C'est par erreur donc qu'il se retrouve invité à la grande soirée du producteur dont il a ruiné le film. malgré ses bonnes manières, c'est avec autant d'innocence qu'il ruinera sa soirée !

Pour la rédaction de doorama, The Party est à la comédie américaine ce que les films de Tati sont aux cinéma français : un sommet ! L'énorme performance d'acteur de Peter Sellers et l'extrême précision de la mécanique comique de Blake Edwards sont au service de ce joyau inusable... La Party, c'est par ici !

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Holy Motors (Léos Carax, 2012)


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Une limousine vient chercher un homme, Monsieur Oscar... C'est le début d'une journée ponctuée de multiples rendez-vous, aussi vains que leur succès est capital...

Sacré Carax va ! Holy Motors est une succession de performances d'acteur, au sens propre comme au sens figuré. Onze fois Carax entrouvre la porte d'univers différents, à priori déconnectés, hétérogènes, et pourtant, voyage après voyage, performance après performance, dégage d'un ensemble des lignes de forces aux allures imposantes... Voyage barré, poétique et désespéré, Carax va loin !

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Dernière Séance (Laurent Achard, 2011)


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Sylvain est projectionniste dans un petit cinéma de province qui va bientôt fermer ses portes. Il y passe ses journées, ses soirées, même ses nuits puisqu'il loge dans les sous-sols de celui-ci. Et lorsqu'il sort du cinéma le soir, c'est pour tuer des femme et , comme un trophée, rapporter une oreille, encore ornée de son indissociable boucle...

Pour sûr, il y a du cinéma dans Dernière Séance. Que ce soit dans ses références au French Cancan de Renoir, dans ce cinéma sursitaire où vit sylvain et qui le maintient en vie, ou bien dans le style et la volonté de son réalisateur de construire une oeuvre soignée. C'est pourtant précisément  sur ce style et sur l'ambition de son réalisateur que Dernière Séance laisse perplexe.

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Le Voyeur (Peeping Tom, Michael Powell, 1960)


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Un opérateur cameraman commet des crimes qu'il filme à l'aide de sa petite caméra. Ce qui pousse Mark à coucher ses crimes sur la pellicule tient bien plus de l'obsession et du voyeurisme que de la pulsion sadique. Mark à besoin d'observer, de voir et sentir la peur de ses victimes...

On pense bien sûr à Alfred Hitchcock, à Psychose ou Fenêtre sur Cour, à cause des thème de Peeping Tom ou de sa construction basée sur le point de vue du tueur. Mais contrairement aux films du maître, Peeping Tom ne recherche pas le suspense, et c'est bien à une réflexion sur le cinéma, et sur le pouvoir de fascination de ses images, que Michael Powell nous convie.

Filmer la mort de ses victimes n'est pas suffisant pour Mark, il doit la leur montrer et capter dans son objectif la peur que celle-ci leur inspire, seule manière pour lui de satisfaire ses désirs. Je te filme en train de te voir filmé, et le spectateur regarde un homme qui filme une actrice devenue spectatrice de sa propre mort ! Michael Powell décortique le rapport entre le spectateur et l'image, entre ce qui est filmé et celui qui voit, et le met en perspective avec les obsessions de son propre personnage. Il interroge le spectateur sur son rôle, ses désirs et sur le sens des images. Puissante mise en abîme du film dans le film, passionnante approche sur la réalité des images, sur leur pouvoir, et sur l'appropriation/l'interprétation que le spectateur en fait. Peeping Tom est un bouillonement thématique d'une densité rare sur notre regard et sur le cinéma lui même : sur ce qu'il montre et ce qu'il ne ne montre pas... sur ce que l'on voit et l'interprètation que l'on s'en fait.

Formidablement, immanquablement, Michael Powell invite la sexualité à cette fusion des points de vue (devant/derrière l'objectif, point de vue du spectateur/réalisateur, caché/visible...). La caméra de Mark est sexuelle et phallique, le plaisir se revit seul dans sa chambre, se partage difficilement,, son désir s'exprime en levant sa caméra, son excitation n'est pas dans l'acte lui-même mais dans la représentation qu'il s'en fait, dans son fantasme de la réalité. Erection, masturbation, fantasmes, désirs et plaisirs constellent le film, à l'image de ce pied de caméra mortel qui monte doucement vers la gorge des victimes... Ce rapport sensuel, et sexuel, à la perception de l'image confère à The Peeping Tom sa puissance thématique, soulevant derrière les images que nous fabriquons ou consommons, la question de nos perversions cachées ou non... (et ne parlons pas du rôle qu'a pris l'image dans notre société, omniprésente et intime...)

L'horreur dont il est question dans The Peeping Tom s'exprime à l'image dans une mise en image magnifique, colorée, éclairée de couleurs primaires, traversée des rouges-verts-bleus de la lumière. Ces images presque artificielles, tel un décor de cinéma par leur élégante esthétique, renforcent notre réflexion sur ce que nous  nous regardons. A l'aide de sa mise en scène colorée et de ses images inventées, Michael Powell nous interroge sur notre vision des choses et nous renvoie à notre responsabilité et à nos pulsions : le spectateur prend plaisir à regarder un homme qui tue par plaisir ! Quel est le plus pervers ?  

Superbe, intelligent, inquiétant, voire dérangeant, Le Voyeur est un film fort sur ce rapport secret que nous entretenons entre les images, nos désirs et notre plaisir. Il oblige le spectateur à se pencher sur son coté sombre (génialement incarné dans le film par Carl Boehm) en l'invitant à une terrifiante histoire où la limite, floue, ténue, qui sépare le plaisir du tueur de la perversion du spectateur fascine autant qu'elle effraie. L'oeil, le sexe et l'imaginaire : un cocktail aux variations infinies que Peeping Tom agite, caresse, déshabille et orne d'attributs symboliques forts. Du grand cinéma, c'est sûr !

Procurez-vous Le Voyeur ou d'autres films de Michael Powell ou avec Karlheinz Böhm (Carl Boehm)

Rough Cut (Hun Jang, 2008)


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Les relations conflictuelles d'un gangster qui a toujours rêvé de faire du cinéma et d'un acteur de films d'action en perte de vitesse, à cause de son comportement violent. Amenés à tourner ensemble ils décident de ne pas simuler les scènes de combat...

Hun Jang (Secret Reunion) a déjà contribué à grossir la liste des films chroniqués sur Doorama. Avec Rough Cut, il met en image un scénario de Kim Ki Duk (Printemps, Eté Automne, Hiver) construit autour de la fascination réciproque de deux personnages issus d'univers différents.

Contrairement aux apparences, Rough Cut n'est pas un âpre polar, mais davantage une confrontation psychologique dont les combats s'apparentent plus à l'expression de l’orgueil des personnages qu'à leur violence. Thème cher au cinéma asiatique, c'est ici des "différences qui nous unissent" dont il est question, Rough Cut met en perspectives deux profils a priori opposés et les fait s’entremêler pour souligner ce qu'ils ont de commun (jusqu'à les confondre ?).

Le potentiel de ce rapprochement improbable ne trouve hélas pas son épanouissement dans le film de Hun Jang. Coincé entre une réelle volonté de raconter deux parcours de vie, la tentation de donner corps physiquement à la tension psychologique et le manque d'épaisseur de ses personnages, Rough Cut sombre dans l'anecdotique. Hun Jang échoue à donner à son film l'intensité nécessaire, il ne parvient pas à impliquer le spectateur dans ce duel en ne parvenant pas à faire apparaître de réels enjeux chez ses personnages. Au mieux il ne parvient qu'à justifier le point de départ de leur histoire, dans une première partie par ailleurs très bien construite, mais qui ne tiendra hélas pas ses promesses.

Nous avons été durs dans notre note avec Rough Cut... Si elle est loin de refléter la qualité générale du film (bien plus qu'honorable, en tout cas techniquement), elle témoigne plutôt de cette déception tenace qui nous a envahi devant l'incapacité de son réalisateur à s'emparer de son scénario. Rough Cut ne fait qu'effleurer son sujet (le monde du cinéma face à celui des gangsters, sa timidité à construire et explorer une rivalité...), et s'il se laisse regarder gentiment, jamais il ne nous emporte. Rough Cut n'est au final qu'une bonne idée initiale, mais qui peine à occuper tout l'espace d'un film.

Procurez-vous d'autres films coréens ou de Hun Jang