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Happiness Therapy (David O. Russell, 2013)


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 Après sa séparation avec sa femme, Pat sort de l’hôpital et doit reconstruire sa vie. Abîmé et blessé, il doit suivre un traitement qu'il refuse de prendre. C'est en la personne de Tiffany que Pat aura une chance de retrouver son équilibre, elle lui propose de l'aider à récupérer sa femme s'il participe avec elle à un concours de danse... Pat et Tiffany apprennent à se connaître et à s'apprécier...

Il y a un monde, un continent même, entre Les Rois du Désert, Anchorman, The Fighter et ce Happiness Therapy... David O Russel est donc est réalisateur à la fois curieux ...et curieux ! Il explore avec Happiness Therapy le genre de la comédie sentimentale non sans une certaine réussite, nous emmenant dans une histoire qui finit certes bien, mais parsemée de difficultés pour ses héros. Doux-amer, Happiness Therapy tente l'équilibre entre drame et comédie sentimentale : réussi ou non ?

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Comme des Frères (Hugo Gelin, 2011)


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Boris, Ellie et Maxime portent le deuil de leur amie Charlie... Bien qu'amis indirects, c'était Charlie leur véritable point commun, ils décident de faire ce voyage qu'ils avaient prévu de faire de son vivant. En route vers la Corse, ils vont se découvrir chacun et établir des liens d'amitié, comme si Charlie leur léguait une dernière chose de valeur...

La comédie à la française dans toute son horreur... Mais aussi la comédie française dans toute sa force ! Voilà la sensation douce amère que procure ce néanmoins très agréable Comme Des Frères. Deuil et amitié se partagent ce road movie (Paris -Corse) dans lequel des connaissances vont devenir des amis, avec comme centre de convergence ce qui les rapprochait justement. Trois acteurs en harmonie, de bonnes tranches d'humour et pas mal d'émotion traversent Comme des Frères. On se dit que Les Petits Mouchoirs à fait des émules, on se dit aussi que Comme des frères fait du bien, léger, juste et attachant...

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Broken Flowers ( Jim Jarmush, 2005)


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Don Johnston, avec un "t", reçoit un jour une lettre d'une de ses anciennes (et nombreuses) conquêtes, lui annonçant qu'il a un fils. L'absence de nom sur la lettre l'entraîne à entamer une tournée de ses ex, afin de découvrir qui d'entre elles est la mère de ce fils qu'il ne connait pas. Un seul indice : la lettre a été tapée en rouge sur du papier rose...

Pour certains, Jarmush est ce cinéaste un peu Arty de Stranger Than Paradise ou Down By Law, pour d'autres il est le papa de Ghost Dog, film plutôt unique dans sa filmographie. Une chose est sûre, Jim Jarmush, aime ses acteurs et ses films décrivent avant tout des personnages plutôt que des histoires à proprement parler. Sensible, drôle et décalé, c'est Bill Murray qui se charge ici à donner vie à un Don Juan en quête de réponses : Road Movie paternel, c'est parti !

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40 ans, Mode d'Emploi (This is 40 - Judd Apatow, 2013)


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Pete et Debbie ont deux filles. A l'aube de leur 40 ans, leur passage à la nouvelle décennie s'accompagne de changement et de questionnements au sein de leur couple... Debbie vit mal le compteur des années, Pete ne parvient pas à rendre son entreprise rentable, les enfants n'apportent pas que des satisfactions et la famille est soit absente, soit trop présente... Et si 40 ans n'était pas un cap si facile que ça à franchir ?

Judd Apatow à ses fans... Cinéaste emblématique de ce qui pourrait être appelé "la nouvelle comédie américaine", il est représentatif de cette vague de comédie à cheval entre le pur divertissement, limite graveleux, genre American Pie, et la comédie douce-amère empreinte d'un regard social sur notre société (et nous, à la rédaction, nous mettons Super Grave dans cette catégorie, nous adorons cette "teen-comédie" (teen ?) parfaitement maîtrisée). Apatow à donc une pâte et il n'est pas non plus désagréable que celle-ci s'inspire des séries qui cartonnent pour construire ses personnages ! 40 ans, Mode d'Emploi : mode d'emploi !

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Rushmore (Wes Anderson, 1998)


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A l'université Rushmore, Max Fisher est un élève bien médiocre, alors qu'il dégage une intelligence et une maturité débordante dans ses nombreuses activités annexes. Il se lie d'amitié avec Hermann Blume, un chef d'entreprise et tombe amoureux de Rosemary Cross, une enseignante, tous deux séduits par l'étonnante personnalité du jeune homme...

Il y a ceux qui sont contre... à la rédaction nous adorons Wes Anderson pour son style, son ton et son sens du décalage et de la poésie. Son second film, réalisé après Bottle Rocket et avant La Famille Tenenbaum, réunit une fois de plus tous ces ingrédients et donne à voir au spectateur une curieuse histoire d'amour, construite autour d'un portrait drôle et attachant.

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Le Carrosse d'Or (Jean Renoir, 1953)


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Au XVIIIème siècle, une troupe de la Commedia dell'arte se produit dans une colonie espagnole d'Amérique du Sud. La belle Camilla, la Colombine de la troupe, est  courtisée par trois hommes : le comédien Felipe, le toréador Ramon et même le vice-roi Ferdinand. Lorsque Ferdinand décide de lui offrir le Carrosse d'or, symbole de la Cour qui attire bien des convoitises, il provoque un scandale à la Cour ainsi que la jalousie des deux autre prétendants.

A l'occasion de sa ressortie en salle le 31 octobre (merci Les Acacias), c'est assis derrière Mathieu Amalric que nous avons eu le bonheur de découvrir Le Carrosse d'Or dans une version magnifiquement restaurée et dans sa version anglaise d'origine. Jean Renoir nous livre un film éblouissant, envoûtante ode à la vie, en jouant avec la limite qui sépare la scène de la vraie vie : la comédie et la Cour sont deux théâtres sur lesquels se jouent des pièces fondamentales.

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DEUXIEME FAUTEUIL : Le Carosse d'Or (Jean Renoir, 1953)


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Dans la vraie vie, les Carrosses dansent !

Doorama ouvre ses pages à sa deuxième plume à propos du Carrosse d'Or... Son nom est Pym, petite main cachée de la rédaction, lui aussi à été hypnotisé par la projection de ce Renoir impérial... Alors voici ses morceaux ramenés de la salle de projection... Juste son avis, son éclairage... A mi chemin entre l'expérience et la critique, voici sa chronique du Carrosse d'Or 


Ainsi donc une comédienne s’essaye aux jeux de l’amour dans un théâtre idéal que propose Renoir, celui de la vraie vie et des vrais gens aux têtes romantiques, graves et éternelles. Or le bonheur ne se trouve que sur la scène !

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Le Grand Soir (Benoît Delépine, Gustave Kervern, 2012)


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Jean-Pierre pète les plombs et perd son emploi de vendeur de literie. Il se rapproche alors de son frère, du nom de Not, plus vieux punk à chien d'Europe, qui arpente la zone commerciale dans laquelle il travaillait. Ensemble, ils ont un message à faire passer...

Benoît Delépine et Gustave Kervern, les anciens de Groland, ont maintenant un univers bien à eux, caractérisé par une forme de poésie de la laideur, du fond social et un sens du décalage. Après Aaltra, Louise-Michel ou Mammuth, il signent leur 5ème co-réalisation.

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Le Prénom (Alexandre de La Patellière & Matthieu Delaporte, 2012)


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Vincent va devenir papa. Invité à dîner chez sa soeur et son mari, ainsi qu'un ami d'enfance, Claude. Alors qu'ils attendent sa femme, on lui demande le prénom qu'il a choisi pour son futur fils... Son choix va déchaîner les passions et tendre la suite de la soirée...

Film de potes, psychanalyse familiale, mais avant tout adaptation de la pièce de théâtre à succès éponyme, Le Prénom prend pour point de départ une simple conversation ordinaire, pour s'en servir comme d'un déclencheur et d'un révélateur, prétexte à faire exploser les liens les plus proches. Théâtre de boulevard filmé (un seul lieu, l'appartement...) Le Prénom propose une belle énergie, malgré ses limites.

On pense à Carnage de Polanski (que l'on préfère), lui aussi proche du théâtre, tant ce qui se devait d'être un moment anodin, un simple dîner ici, se transforme en épreuve de force. Après une introduction des plus sympathique et réussie, les quatre personnages se retrouvent donc pour un dîner où les affrontements vont se multiplier dans une expression presque aussi passionnelle qu'hystérique. Succession de cris, d'énervements et de prises à partie "musclées", où la colère de l'instant se mêle avec l'expression des petits reproches auparavant tus, Le Prénom offre au spectateur d'excellents moments et regorge de bonnes répliques qui "marquent des points". C'est rythmé, plutôt acide, et l'écriture joue habillement sur le fait que l'intimité (les personnages se connaissent depuis 30 ans...) se prête à merveille à des attaques plus frontales, et des coups bas mieux placés, puisque le temps leur a donné la connaissance des points faibles de l'autre... Les joutes verbales des personnages deviennent alors un art de haut niveau, un exercice de pro, dont le spectateur ne pourra qu'apprécier l'excellence !

On prend un plaisir voyeur à observer ses "petits déchirements entre amis", on rit, mais le rythme soutenu des échange subit pourtant quelques "ratés". Même si le choix délibéré de pousser les curseurs à fond est ici retenu, on peine à imaginer une telle soirée dans la vraie vie... Le ressort comique est bien évidement placé sur la limité, mais les comédiens -excellents- jouent si bien leur rôle, qu'on en oublierait presque la fiction et la caricature. L'accumulation des moments de tension, et leur expression forte, crée alors un coté artificiel qui alourdi un peu le film, alors que la performance des acteurs nous menait vers une sensation plus proche de "j'en ai des comme ça dans mon entourage". C'est son coté théâtral qui fait la truculence du Prénom, ses excès et sa manière de grossir le trait font naître le rire. Mais paradoxalement c'est aussi ce coté théâtral qui, porté au cinéma, peut nous faire décrocher de temps à autres du Prénom... Pour le dire autrement, on adore l'ambiance, mais les névroses sont un peu fortes, les hauts un peu "trop hauts", et les réconciliation un poil trop faciles, trop rapides...

Un poil excessif, Le Prénom n'en demeure pas moins un excellent moment de comédie où les acteurs prennent visiblement plaisir à se mettre en bouche les piques avant qu'ils ne les lancent. Humour de boulevard diront certains, c'est certain, mais ce défouloir vif et libérateur fait un bien fou au spectateur. "Battez-vous ! Battez-vous ! Nous on compte les points !". Et coté points, attendez-vous plutôt à un score de basket, 112-107, plutôt qu'un score de football de type 2-1...
Au fait, ce fameux prénom qui enflamme une soirée ? Il commence par la lettre... Non ! Découvrez-le vous même et invitez-vous à ce dîner presque parfait...

Procurez-vous Le Prénom ou d'autres films de Alexandre de La Patellière & Matthieu Delaporte ou avec Patrick BruelCharles Berling ou Valérie Benguigui

L'Hôtel de la Plage (Michel Lang, 1978)


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Bretagne, Finistère, Locquirec, Hôtel de la Plage... Comme chaque été dans ce joli coin de la Bretagne, les habitués viennent passer leurs vacances, en quête de détente, de rencontres, d' "aventure"s pour les plus vieux, ou d'un premier amour pour les plus jeunes...

Submergé sous Un Eté de Porcelaine de Mort Shuman, L'Hôtel de la Plage divise la rédaction de Doorama... Après avoir, bien entendu, remis le film dans son contexte (et Wikipedia nous informe qu'il se place 10ème au box office cette année là !), on découvre un film aussi agaçant qu'agréable à regarder.

Film choral sur la petite vie dans un hôtel d'une charmante station balnéaire, L'Hôtel de la Plage ne brille pas par ses qualités cinématographiques ou sa force narrative. Simple succession de petites scénettes où adultes, adolescents et enfants se confrontent à l'Amour, on suit cette galerie de personnages un peu passivement, sans but, un peu comme un Plus Belle La Vie qui peut indifféremment durer 5 minutes ou 2 heures. Autant dire que dans le genre "on a rien à vous raconter, juste à vous montrer", il n'est pas difficile de trouver plus réussi. Infidélités, premiers amours, premiers émois, français moyens, vacances en familles, plages, parties de pêche, concours local de chansons, coquillages et crustacés... L'Hôtel de la Plage accumule les cartes postales, sans grand talent, ni but, sinon que de simplement évoquer.

Mais à force de "rien" où d'anodin, sa vision, aujourd'hui, dégage un très agréable petit parfum de madeleine ! En moyenne, la rédaction de Doorama avait 8 ans à la sortie du film, et comme les personnages du film, passait elle aussi leurs vacances en famille et en Bretagne. Et c'est bien là que l'Hôtel de la Plage trouve un supplément de vie : dans son regard simple, quasi documentaire, sur le quotidien des vacanciers 70's. Détail après détail, Michel Lang parvient à nous rappeler, tel des instantanés, des sensation de ces années là, très claires, attachantes et fortes. Mais si le charme fonctionne bel et bien aujourd'hui, plus de 30 ans plus tard, et que l'Hôtel de la Plage parvient à séduire grandement par la nostalgie qu'il dégage, on se demande quand même quel intérêt il pouvait bien avoir lors de sa sortie. Insignifiant hier, selon nous, il apparaît tout à fait attachant aujourd'hui, pourvu qu'on l'aborde comme un témoignage tendre de ces années là.

S'il contenait un but, une direction, ou une réelle intention de son auteur (ce dont nous doutons), s'il démontrait une finesse psychologique plus apte à représenter son époque, nous le rapprocherions volontiers des Galettes de Pont-Aven, ou même du Chaud Lapin de Pascal Thomas, pour le ranger dans la catégorie des chroniques attachantes, douces et tendres. Mais au lieu de cela l'Hôtel de la Plage trouble le spectateur en le confrontant à une dimension affective et nostalgique palpable et, dans un même temps, en lui donnant l'impression de consommer passivement du AB production... Un petit mystère donc qui réveille bien des souvenirs, et même un certain plaisir, alors que son ambition initiale et sa simplicité semblait le condamner à l'anecdotique et à l'oubli, tant il ne devait vivre que le temps d'un été...

L'Hôtel de la Plage se regarde comme une photo à peine réussie, mais que l'on ne veut pas jeter. Un film aussi peu indispensable qu'il peut se révéler (très) attachant, mais qui l'air de rien, en dit cependant long sur les moeurs et la France en K-way de l'époque ! A voir avec l'oeil de l'anthropologue plutôt que celui du cinéphile...

Procurez-vous L'Hôtel de la Plage ou d'autres films de Michel Lang ou avec Guy MarchandDaniel Ceccaldi, ou Anne Parillaud

Festen (Thomas Vinterberg, 1998)


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A l'occasion du soixantième anniversaire du chef de famille, toute la fratrie est réunie pour fêter cet évènement. Mais lors du repas, Christian, l'un des enfants, encore affligé par le décès de sa soeur, va faire un discours qui va mettre à jour un terribles secret de famille.

Festen est un enfant du Dogme 95 (une sorte de charte de réalisation des films, élaborée par Lars Von Triers et Thomas Vinterberg, destinée à fuir l'artificiel et se rapprocher d'une certaine essence cinématographique : voir wiki), et figure comme l'une de ses plus belles réussites.

Cette fête de famille est bien loin de la douce quiétude des Gens De Dublin, sa chaleur initiale cède bien vite le pas aux effusions et à la violence émotionnelle. La divulgation d'un lourd secret familial, va faire exploser la famille unie, va exposer la nature de chacun et révéler des souffrances des années retenues : la fête de Festen n'est pas un anniversaire, mais plutôt un accouchement... et dans la douleur ! Comme le Dogme qui l'encadre, Festen est une destruction des apparences et du factice, une attaque en règle du déni de réalité. Ses premières images laissent immédiatement apparaître les imperfections du verni familial, le spectateur est vite sceptique quand à la belle unité familiale et c'est presque sans surprise qu'il assistera à ce qu'il pressentait : "il y a quelque chose de pourri dans le Royaume du Danemark".

L'image saturée et les cadrages tremblants du Dogme, ses scènes "inutiles" au premier abord, peuvent irriter le spectateur, mais sa fonction première de revenir à l'essentiel, au vrai, donne une force et une puissante rare  à Festen. Puisque tout doit être "vrai" aux yeux du Dogme, le spectateur qui acceptera sa forme technique et narrative, se retrouve immergé au plus proche des personnages, comme faisant lui même partie de cette fratrie. La douloureuse accusation de Christian contre son père résonne alors pour le spectateur comme un choc d'une violence rare. Festen frappe fort ! La famille dans laquelle Vinterberg vous intègre vous blessera aussi profondément qu'elle vous choquera. Racisme (terrible scène de la chanson), bêtise, auto-satisfaction, mensonges, vérités refoulées, complicité passive, inceste : Festen par la force de son histoire vous fait toucher ce que chacun exècre dans la "vraie vie", et par son procédé cinématographique rend l'expérience encore plus dérangeante, voire insupportable, en augmentant au maximum la proximité avec ces "réjouissances".

Festen est un blessure infectée qui laisse échapper son pus. Sa violence psychologique et l'hystérie dans laquelle elle s'exprime ébranle le spectateur, l'obligeant à assister en direct à un drame qu'il préférerait sans doute, comme les membres de la famille, ne pas voir en face. C'est même véritablement à un combat, entre un fils et son père, que Vinterberg nous invite. Festen révèle des souffrances immenses, irréparables, les partage avec vous d'une manière particulièrement percutante, puis vous affuble du rôle de chirurgien pour effectuer une amputation douloureuse mais inévitable. Brut et intense, parcouru parfois de quelques traits d'humour grotesques, Festen est une expérience de cinéma forte, pure et très stimulante (proche de l’extrême et de l'expérimental pour certains).

Le Dogme a fait son temps (et c'est tant mieux), il laisse derrière lui quelques perles, dont Festen fait partie, ou bien encore Les Idiots de Von Trier. Que l'on aime ou non ce cinéma "épidermique" (à l'image des réactions qu'il inspire), le Dogme 95 aura au moins permis de soulever une intéressante réflexion sur "l'objet film" et favorisé un langage cinématographique dont nous sommes, ici à la rédaction, particulièrement fans.
Festen vous emportera (loin !), vous ennuiera ou vous irritera, mais il ne vous laissera certainement pas indifférent.


Procurez-vous Festen ou d'autres films de Thomas Vinterberg