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Comme des Frères (Hugo Gelin, 2011)


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Boris, Ellie et Maxime portent le deuil de leur amie Charlie... Bien qu'amis indirects, c'était Charlie leur véritable point commun, ils décident de faire ce voyage qu'ils avaient prévu de faire de son vivant. En route vers la Corse, ils vont se découvrir chacun et établir des liens d'amitié, comme si Charlie leur léguait une dernière chose de valeur...

La comédie à la française dans toute son horreur... Mais aussi la comédie française dans toute sa force ! Voilà la sensation douce amère que procure ce néanmoins très agréable Comme Des Frères. Deuil et amitié se partagent ce road movie (Paris -Corse) dans lequel des connaissances vont devenir des amis, avec comme centre de convergence ce qui les rapprochait justement. Trois acteurs en harmonie, de bonnes tranches d'humour et pas mal d'émotion traversent Comme des Frères. On se dit que Les Petits Mouchoirs à fait des émules, on se dit aussi que Comme des frères fait du bien, léger, juste et attachant...

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Silent Hill (Christophe Gans, 2006)


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Afin de comprendre le mal qui ronge sa fille adoptive, Rose se rend à Silent Hill, une ville abandonnée. Mais sur place sa fille disparait mystérieusement, Rose parcours alors la ville à sa recherche et découvre le terrible secret de Silent Hill.

Christophe Gans (Le Pacte des Loups, Crying Freeman) est un cinéphile né (absolument passionant lorsqu'il parle de cinéma...), et son sens de l'image est un de ses talents certains. Il donne à cette adaptation du jeu vidéo éponyme un style visuel impressionnant, inspiré et convaincant, et injecte ses puissantes et dantesques visions de l'enfer directement au coeur de nos rétines. Sur ce point là Silent Hill est à n'en pas douter une référence du genre. Son climat est une réussite.

Pour le reste, c'est une autre histoire. Littéralement imbibé de cinéma, le cinéma de Gans a du mal à trouver sa propre personnalité, comme si son scénario était parasité par ses influences. Comme pour le Pacte des Loups, son réalisateur en fait trop, semble avoir du mal à trouver son équilibre. Silent Hill, après une première moitié passionnante à découvrir, piétine un peu, puis s'enlise lorsqu'il tente de réinjecter du sens et des éléments scénaristiques à son récit. Le jeu était une longue quête, le film commence comme celà, mais greffe et mélange, malédiction, sorcellerie et une intéressante, mais maladroite, interprétation psychologique.

Inégal, Silent Hill alterne un climat et une esthétique souvent proches de la perfection, avec un piétinement et des hésitations qui l’empêchent de maintenir une peur constante. Christophe Gans en voulant développer et enrichir la trame initiale du jeux, et la mener au delà de son mince argument, devient victime de ce que nous pensons être sa boulimie cinématographique et d'excès de zèle.

Si Silent Hill ne convainc pas complètement, l'ambition est pourtant bien là et la solide réalisation de Christophe Gans parvient largement à maintenir le fragile édifice débout. Son rythme irrégulier n'empêchera pas le spectateur de suivre avec intérêt ses superbes héroïnes. Radha Mitchell, en mère sexy en diable, et Laurie Holden (vue dans la série The Walking Dead) en flic courageuse emmènent efficacement le film vers son dénouement inattendu. Il serait par ailleurs intéressant de se pencher sur l'interprétation à donner quant au fait que l'enfer de Silent Hill, d'un point de vue psychanalytique, soit essentiellement féminin. De là à relancer le débat de l'hystérie réservée au beau sexe... Mais non,  nous souhaitons garder nos lectrices !

En guise de conclusion, même si Silent Hill perd de son intensité au fur et à mesure de son déroulement, sa réalisation à de quoi faire pâlir pas mal de réalisateurs. Et même si le résultat n'est pas tout à fait à la hauteur de son potentiel, il regorge d'ambiances apocalyptiques et d'excellent moments, et se voit (ou revoit) avec plaisir (peut être même davantage la seconde fois...). Et si cette histoire entre horreur et fantastique vous agace, concentrez vous sur son hallucinant univers visuel : là, il y a de quoi faire !


Procurez-vous Silent Hill ou d'autres films de Christophe Gans ou avec Radha Mitchell

La Délicatesse ( David Foenkinos et Stéphane Foenkinos, 2011)


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Nathalie voit son bonheur brisé par la mort de son petit ami et se réfugie dans son travail. Lorsqu'un jour elle embrasse Markus, un collègue discret et atypique, elle renoue doucement avec la vie et les sentiments.

David Foenkinos porte son propre roman à l'écran, choisissant judicieusement Audrey Tautou et François Damien pour porter son doux message d'espoir et de vie. Délicat (forcément) et romantique à souhait, La Délicatesse déçoit pourtant autant qu'il émeut.

Tantôt triste et léger, le film de David Foenkinos apparaît pourtant bien imparfait, installant chez le spectateur une impression mitigée. Si le message et les situations qu'il met en scènes touchent, pour la plupart, par leur justesse et leur sensibilité, sa forme déçoit, accumulant souvent des maladresses qui empêche cette Délicatesse de vous submerger. En cause, des comédiens qui tardent souvent à trouver leur vitesse de croisière. Nombre de scènes peinent ainsi à déployer leur charme, et lorsque les comédiens nous emmènent enfin avec eux, la scène suivante perds ce capital, pour repartir à zéro.

Plus que le jeu des acteurs (Damiens est effectivement surprenant, et le charme de Tautou, à la fin de chaque scène, fonctionne systématiquement), la faute en incombe au rythme général du film, qui ne parvient pas à créer le liant nécessaire entre chacun de ses, pourtant beaux, morceaux de vie. Cet aspect fragmenté et ce manque de régularité dans sa progression, casse le charme de l'ensemble en empêchant La Delicatesse d'exprimer pleinement la force de l'énergie amoureuse et les doutes de ses personnages.

Là où, par exemple, Les Emotifs Anonymes parvenait à créer une bulle pour protéger son histoire et favoriser le développement de ses personnages, la Délicatesse échoue à créer cette bulle, ce lien d'intimité entre le spectateur et les personnages. Mais si ces faiblesses de forme et de rythme abiment notre plaisir, elle n'ôtent cependant pas toute force au film. Si La Délicatesse ne nous emporte pas, les idées et message qu'il véhicule sur l'amour, le besoin de l'autre, le rythme des sentiments et la fragilité des choses et de l'instant, trouvent quand à eux une bien belle forme et une large résonance en nous.

Le film des frères Foenkinos parvient davantage à nous transmettre l'idée de justesse que celle de la délicatesse, et s'il ne tient pas toutes ses promesses, il reste un film tendre, une évocation des jolies choses qui l'emportent sur les mauvaises, qui se regarde cependant avec plaisir.
La Délicatesse est un diamant mal exploité à l'apparence un peu "grossière", mais on regardera quand même avec plaisir et émotion cette jolie pierre, en regrettant qu'elle n'ait pas livré toute la beauté à laquelle elle était destinée. 


Procurez-vous La Délicatesse ou d'autres films de Audrey Tautou et François Damiens

Nouveau Départ (We Bought A Zoo, Cameron Crowe, 2011)


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Quelques mois après le décès de sa femme, Benjamin, avec ses deux enfants, décide de tout plaquer pour prendre un nouveau départ. Il trouve sa maison idéale, mais son achat est conditionnée à la reprise du zoo à laquelle elle appartient. Il achète la maison et, appuyé par l'équipe des gardiens dirigée par Kelly, se lance dans l'aventure.

A première vue, Nouveau Départ ressemble à s'y méprendre à une énième mièvrerie américaine, remplie de bons sentiments, destinée à nos kids pour leurs vacances. S'il s'agit effectivement d'une histoire simple, légère et naïve à l'américaine, Cameron Crowe (Presque Célèbre, Singles) lui donne vie avec une efficacité certaine et une finesse insoupçonnée.

Le père en difficulté avec ses enfants, un deuil douloureux, un challenge à relever : toutes les ingrédients habituels sont au rendez-vous, mais ils sont ici traités avec tant de délicatesse, de tact et de retenue (voire même avec goût) qu'ils touchent, émeuvent et forcent la bonne humeur. Matt Damon livre une interprétation parfaite, quand aux femmes du film (Scarlett Johansson, Elle Fanning et même la fille de 7 ans) elles sont étonnantes de justesse et de naturel. Ajoutez enfin une ravissante BO de Jonsi, leader de Sigur Ros ! Belle affiche en fin de compte...

Bref, contre toute attente, Nouveau Départ fait mouche en adoptant un traitement intelligent de son scénario (basé sur une histoire vraie) et en lui imprimant un ton juste. Il mêle adroitement son humour discret avec des moments plus graves et intimistes, sans faute de goût majeure. C'est est une petite douceur, inattendue, un petit pécher qui fait du bien, auquel on peut s'adonner sans crainte de régression ni de perte de neurones.
Sceptiques au début, on se lâche ensuite pour jubiler enfin.
 

NDLR : En plus y'a plein d'animaux, et à doorama on adore les animaux !

Departures (Okuribito, Yojiro Takita, 2008)


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Contraint d'abandonner le violoncelle près la dissolution de l'orchestre dans lequel il jouait, Kobayashi retourne à la campagne et cherche un nouvel emploi. C'est dans les pompes funèbres, à préparer les défunts, qu'il va trouver. Cette nouvelle activité, mal perçue au Japon, va modifier ses convictions personnelles, mais aussi troubler sa vie avec sa femme.

Ponctué de magnifiques scènes de rituels (la toilette des défunts en présence des familles), Departures explore sans tristesse les sentiments des vivants lors de la perte (du "départ") d'un membre de la famille. Oscillant entre humour et émotion, il aborde les messages universels de l'amour, la mort, la famille.

Extrêmement touchant, parfois magnifique même par la délicatesse avec laquelle certains sentiments ou situations sont montrées, Departures traine avec bonheur le spectateur sur le terrain des sentiments et de la beauté. On soulignera aussi la mise en perspective réussie entre l'interprétation musicale et l'exécution des rites funéraires

Poétique et mélancolique, beau et fort, Departures n'évite cependant pas de surjouer sa partition et laisse hélas régulièrement apparaitre une naïveté, voire même une mièvrerie, bien encombrante ! (il faudra supporter quelques violons, en l’occurrence violoncelle ici, allant jusqu'au clip sirupeux sentimentalo-naturaliste...)

Malgré l'indigestion de sentiments ponctuelle (finalement très asiatique, mais qui plombe notre liberté de spectateur), Departures ne s'écroule pas et enchaîne les moments de grâce. On ne regrettera donc que sa forme (par moments seulement) puisque pour le reste, Departures risque bien de vous émouvoir aux larmes.

The Descendants (Alexander Payne, 2011)


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Un père doit annoncer à ses deux enfants la mort annoncée de sa femme, dans un coma avancé.

Comme tout cela est bien amené... comme tout cela est léger face au poids du sujet. The Descendants est un film sur le travail de Deuil, sur la Vie passée et sur la Vie à venir.

Pour le plus grand plaisir du spectateur, The Descendants aborde ces thèmes souvent casse gueule (la Vie, la Mort...) avec une légèreté, un naturel, une simplicité absolument renversante, et finalement tellement réaliste.

Prenant bien soin de se tenir loin de toute leçon de morale ou de message pompeux et bien-pensant, The Descendants, touche après touche, dresse le portrait d'un homme qui fait face à une tempête de situations difficiles... Curieusement, le charisme et le flegme de Clooney, n'empêche nullement le spectateur de se sentir proche de ce "monsieur tout le monde" : étonnant et très agréable !


Avec un ton très proche de celui de Little Miss Sunshine, Alexander Payne exécute le grand écart parfait, réussissant à nous aérer la tête et nous réchauffer le cœur tout en abordant des thèmes particulièrement délicats. The Descendants est un film doux, émouvant et terriblement drôle qui transforme son ironie, son cynisme et une certaine cruauté en un plaisir immense pour le spectateur.