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Dark Skies (Scott Charles Stewart, 2013)


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Les Barrett et leurs deux enfants sont une famille comme tant d'autres dans une banlieue ordinaire. Mais lorsque chaque nuit il se produit de curieux événements à leur domicile, la petite vie tranquille des Barrett va basculer... Ils sont visités par quelque chose qui ne s'arrêtera pas à la simple blague de l'empilage mathématiques d'assiettes, mais semble s'orienter vers l'enlèvement d'un des membres de la famille...

Nos lecteurs les plus fidèles l'auront remarqué, en ce moment la rédaction est davantage orientée "genre" ou "grosses machines" que "classique" ou "ciné d'ailleurs" (patience, ça revient...)... Dark Skies en est notre récompense ! La voilà notre bonne surprise du mois, le voilà notre petit film qui nous a donné sa petite claque ! Dark Skies n'est pas la révolution d'un genre (ni un énième found-footage comme on pourrait hâtivement le penser !), mais son ambiance, son traitement et certains de ses choix ont emporté notre adhésion totale à sa proposition. Quelque part situé entre Poltergeist et Rencontre du Troisième Type, Dark Skies nous fait son petit numéro sans jamais céder aux pressions qui pèsent sur le traitement et le sort de la famille 'ricaine au cinéma, il réussit même à nous surprendre et nous faire gentiment flipper ! On vous dit ce qu'on a terriblement aimé dans Dark Skies...

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Mama (Andres Muschietti, 2013)


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Quand Lucas retrouve enfin les deux filles de son frère disparu, c'est presque rendues à l'état sauvage qu'elles lui sont retournées. Elles ont vécu dans une cabane au fond des bois, élevées par un démon qu'elles appellent "Mama". De retour à la civilisation, maintenant au sein d'une "vraie" famille, avec Lucas et sa compagne Annabel, ce n'est pourtant pas la fin de cet épisode malheureux, puisque Mama continue de garder un oeil sur elles... Et une mère comme Mama ne laisse pas s'éloigner ses enfants, juste "comme ça"...

On est loin de la Mama d'Aznavour... La Mama de Muschietti est un spectre vaporeux et décharné, une entité sauvage et protectrice avec ses fillettes qui comme toutes les mères se soucient de sa progéniture. Mama se paye une star en pleine ascension, en la présence de Jessica Chastain ( vue récemment dans Zero Dark Thirty ou Des Hommes Sans Loi) pour vendre ses deux Cosettes et prôner les valeurs de la famille américaine, mais cela ne suffit pas à pour faire intervenir un peu de qualité et d’originalité dans son sujet. Fantastique calibré, usé et prévisible, Mama est un film de drive-in déguisé en superproduction censée faire peur...

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Moi, Moche et Méchant (Dispecable Me - Chris Renaud, Pierre Coffin, 2010)


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Gru est méchant, très méchant, c'est sa nature, il aime être méchant. Pour regagner sa place de N°1 de méchants, il fomente un plan diabolique pour voler la lune. Mais il a pour cela besoin d'adopter, le temps d'accomplir son méfait, trois orphelines. Gru serait il en train de s'attacher à ses trois pensionnaires ?

Comment être méchant avec Moi, Moche et Méchant ? La rédaction, à ses heures, est plutôt consommatrice de Schrek, d'Age de Glâce, ou de quelques Pixar bien pesés, et ce nouvel animé 100% numériques a tout à fait réussi à emmener les adultes que nous sommes (paraît-il) dans le monde corrompu des enfants. On peut trouver à redire sur Moi, Moche et Méchant, ici à la rédaction, nous avons en tous cas trouvé quoi vous en dire...

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Citadel (Ciaran Foy, 2013)


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En Irlande, Tommy vit avec sa femme prête à accoucher, dans une ville sinistrée, presque désertée, en attente de rénovation. La brutale attaque dans laquelle Tommy pers sa compagne, le laisse seul avec son bébé,, et sujet à une puissante agoraphobie. Les agresseurs de sa femme, des individus capuchés et violents de la tour voisine s'attaquent à son domicile, Tommy comprend qu'ils veulent sa fille. Qui sont ces habitants de la tour, que la peur de Tommy  semble attirer comme un aimant ? Un gang ? Ou bien des démons, comme le prétend ce prêtre qui projette de brûler la tour ?

Des jeunes à capuches, une ville frappée par la violence économique et un père seul, accablé par un drame personnel qui le laisse traumatisé et désemparé... On pourrait croire que Citadel propose un regard social et urbain sur les effets de la désertification économique sur les banlieues, et la violence qu'elle génère, mais c'est pourtant bien au genre fantastique qu'il s'attaque. Si le projet peut sembler léger avec ses gangs/démons et sa tour maléfique, Citadel à quand même quelques bons, voire excellents, moments à proposer au spectateur...

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Babycall (Pal Sletaune, 2011)


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 Anna vit avec son fils Anders. Mère inquiète et surprotectrice, son attitude est motivée par sa crainte que le père d'Anders, qui s'était rendu coupable de violence contre son fils, ne les retrouve. Elle achète même un Babyphone pour mieux surveiller son fils, dans sa chambre juste à côté de la sienne. Alors qu'Anders dit avoir vu son père à l'école, Anna entend un un enfant en détresse dans son appareil, mais ce n'est pas son fils ! Présage annonciateur ou interférences ?

Ca bouge en provenance du nord de l'Europe... ! Le froid et poétique Morse de Tomas Alfredson revisitait le vampirisme avec un formidable sang neuf, même le décevant Thale surprenait le spectateur par son ambiance atypique... Babycall est norvégien, il a décroché le grand prix à Gérardmer en 2012, et même s'il est loin d'avoir convaincu la rédaction, on ne peut décemment pas lui reprocher sa personnalité et ses ambitions...

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Les Amants du Cercle Polaire (Los Amantes del Círculo Polar - Julio Medem, 1998)


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 Otto et Ana sont amoureux depuis qu'ils sont enfants. Leur parcours familial respectif est ponctué d'abandons de la part des adultes, que ce soit par la séparation entre papa et maman ou la disparition d'un des deux. L'amour qui les lie ne suffira pourtant pas à unifier leur perception de ces drames et les séparera... Le destin qui les lie multipliera pourtant les occasions de se croiser et de se retrouver tout au long de leur vie, jusqu'à enfin se retrouver, peut être, en plein cercle polaire... comme ils l'ont toujours rêvé...

Le cinéma espagnol est bien loin de se résumer à son Fantastique que vous croisez souvent sur Doorama... En 1998, Julio Medem (L'Ecureuil Rouge) réalisait cette fable fragile, tendance conte moderne et tragique, tout empli de poésie et d'espoirs. Les Amants du Cercle Polaire est un de ces jolis films, à l'ambiance très travaillée, au climat délicat, qui enveloppe les rêveurs et les amoureux. Le voyage commence en Espagne...

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Fantastic Mr. Fox (Wes Anderson, 2009)


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Mr. Fox vit avec sa petite famille dans l'arbre qu'il vient d'acheter, juste en face des trois exploitations de trois fermiers peu aimables. Lorsque ses vieux démons de voleur de poules le reprennent, Mr. Fox, va mettre les animaux de la vallée et sa famille en danger. Mais il a plus d'une ruse dans son sac, et ensemble, ils vont affronter les fermiers.

La rédaction ne peu déjà pas cacher son goût pour le cinéma de Wes Anderson, mais alors celui-là, qu'est ce qu'on l'aime ! Fantastic Mr. Fox a beau revêtir tous les oripeaux du film pour enfants, il n'en est rien. Ou plutôt pourrait-on dire que les enfants seront ravis, mais que les adultes le seront encore plus : Fantastic M. Fox est capable de générer plaisir et admiration (si, si !) devant les plus réticents...

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Hansel et Gretel (Yim Pil-Sung, 2007)


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Après un accident, Eun-Soo est recueilli dans une maison où vit une  petite fille, avec son frère, sa soeur et leurs parents. Très vite, il s'aperçoit que ce qui ressemble à la maison du bonheur recèle aussi un terrifiant mystère, et qu'il est en fait le prisonnier des enfants.

Avant son récent Doomsday Book, Yim Pil-Sung nous avait donné cette inquiétante et très libre adaptation du fameux conte des frères Grimm. Hansel et Gretel n'est peut être pas le film coréen de 2007, mais la réussite est bien là et ses atouts bien visibles !

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Saint-Ange (Pascal Laugier, 2003)


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A la fin des années 50, Anna débute son emploi qui consiste à nettoyer, avec deux autres employées, l'orphelinat Saint-Ange qui vient de fermer. Mais l'orphelinat n'est peut être pas si vide que ça, et Anna, ne vas pas tarder à chercher la vérité, malgré sa grossesse...

Premier film de Pascal Laugier, à qui l'on doit l'inégal mais dérangeant Martyrs et le récent The Secret, Saint-Ange s'inscrit dans cette aspiration du cinéma français à renouer avec le film de genre.


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Moonrise Kingdom (Wes Anderson, 2012)


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Sam, un scout kaki, et Suzy sont tous deux considérés comme des "enfants à problèmes" par les adultes. Sur une île de la Nouvelle-Angleterre, en 1965, ils tombent amoureux et décident de fuguer ensemble. Les adultes partent à leur recherche alors qu'une grande tempête s'approche de l'île...

Wes Anderson porte la bienveillance de sa  caméra sur la délicate histoire d'amour de deux enfants de 12 ans. Une fois de plus, il renoue avec une certaine nostalgie en plaçant son récit au milieu des 60's (on se souvient de La Famille Tenenbaum situé dans les 70's). Et toujours fidèle à lui même, il livre un film coloré, saturé de détails visuels et aux cadrages... comment dire... "hyper-cadrés" ! Moonrise Kingdom ressemble au final à un mix entre La Famille Tenenbaum et Le Fantastique Mr. Fox, mais malgré son univers très familier et parfaitement reconnaissable, parvient à surprendre et émouvoir le spectateur.

Véritable maniaque des images à composition géométriques et des travellings latéraux et verticaux, Wes Anderson conserve le style qu'on lui connait, et continue de transformer la réalité en miniatures un peu figées et artificielles... Mais ne vous y trompez pas, le style Anderson à un but bien précis : forcer l'observation du spectateur en transformant son film en livre d'images (de ceux que les enfants peuvent regarder des heures...). Même si rien ne change beaucoup, la méthode s'avère toujours aussi efficace et Moonrise Kingdom dégage le délicieux parfum des jolies histoires d'antan, et la simplicité des histoires pour enfants. Le décalage fonctionne à plein entre son apparence presque enfantine et la maturité de ses thèmes, et une fois de plus un univers se forme et finit par atteindre son but : construire une belle histoire, un "conte pour adultes" simple mais pas simpliste, naïf mais pas neuneu.

Cette avalanche d'effets et de style travaille à plein pour mettre en valeur l'histoire d'amour de Moonrise Kingdom. Autour de ces deux gamins amoureux et de leur joli projet d'être ensemble, le film fait graviter le monde grave et compliqué des adultes. Cette apparence naïve et enfantine que donne Anderson à son film nous permet de retrouver, comme par magie, une simplicité de lecture de son histoire et ressentir toute la beauté celle-ci, comme débarrassé de nos interprétations d'adultes. Sam et Suzy vivent une histoire d'amour aussi importante et vitale que des adultes le feraient. Wes Anderson, sans aucune autre volonté ou message, nous permet d'en percevoir la touchante beauté. On oublie alors son style, ses acteurs (pourtant excellents) et nos filtres intellectuels s'estompent, on s'abandonne alors complètement aux personnages et à leur psychologie.

Wes Anderson, on aime ou on aime pas ! Moonrise Kingdom n'échappera certainement pas à cette règle... A la Rédaction, on adore ! Tout est dit... Maintenant il ne nous reste plus qu'à vous dire comment la délicatesse, le décalage et la drôlerie donne à ce Moonrise Kingdom toute sa qualité et sa générosité. Nous avons été séduit par ses "coup de foudres" qui tombent sur des enfants... Nous avons adoré ses adultes équipés d'oeillères qui considèrent le naturel et la normalité du comportement de Sam & Sally comme des "difficultés"... Ses scouts bêtes et méchants, ses petits animaux qui nous observent, ses batailles sanglantes, ses enfants adultes, etc... etc... Alors c'est sûr, ce n'est pas avec Moonrise Kingdom qu'Anderson nous donnera de la nouveauté stylistique, mais en regard du plaisir et de la poésie qu'il nous offre encore cette fois-ci, nous attendrons encore tout le temps qu'il faudra, patiemment, sagement et avec un large sourire aux lèvres.

Procurez-vous Moonrise Kingdom ou d'autres films de Wes Anderson ou avec Bill MurrayEdward NortonBruce WillisTilda Swinton ou Frances McDormand  

Du Silence et des Ombres (To Kill a Mockingbird, Robert Mulligan, 1962)


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 Dans les 30's, deux enfants sont élevés par leur père, un avocat, après le décès de leur mère. Au travers de leurs jeux d'enfants, et de l'affaire qu'à accepté leur père pour défendre un homme noir accusé du viol d'une blanche, les deux enfants confrontent leur vision du monde avec sa brutale réalité...

2h15 de pur bonheur. C'est à un véritable jeu de rôle que Robert Mulligan (Un été 42) invite le spectateur en faisant surgir en lui la vision d'un monde vu par des enfants (on peut d'ailleurs le rapprocher de Sa Majesté des Mouches). Naïf, mais jamais mièvre, Du Silence et des Ombres, 2 ans après une publication récompensée par un large succès populaire, est devenu un grande oeuvre cinématographique américaine.

Sous la forme du récit de ses souvenirs, la jeune Scout aborde ces années avec son frère, où sa vision de la vie a sans doute été modifiée à jamais. Les enfants qui jouent avec cet inquiétant voisin invisible, ces adultes qui ne semblent pas voir le monde comme eux, Gregory Peck (figure du père idéal) en guide rassurant dans un monde encore en découverte... Voilà la première heure, légère et insouciante, vue par les enfants. Un monde violent et brutal (la crise, la ségrégation...) où la vérité et les bonnes intentions ne triomphent pas toujours, l'étrange haine que les adultes peuvent parfois exprimer... Voilà ce que l'on découvre dans la seconde heure, lorsque l'on se risque dans le monde des adultes en sortant la nuit (aussi dangereux que celui de La Nuit Du Chasseur...), ou bien en assistant au procès que leur père leur avait interdit (froid et dépouillé, aussi intense que Témoin à Charge)

Au travers de leur compréhension du monde, souvent avec les explications d'un père représentant le meilleur des valeurs de la société américaine, Robert Mulligan dessine un monde très loin de ce que les parents enseignent aux enfants. C'est ce contraste qui frappe le spectateur, ce décalage entre la belle image que l'on se forme lorsque l'on est enfant, et le monde tel qu'il est réellement. Constellé de détails aussi doux que justes, Du Silence et des Ombres parvient sans trucs, ni artifices, à embrasser une infinité de thèmes de réflexion. Touche après touche, il décrit le monde qui entoure les enfants, définit sa complexité, lui donne une saveur, une sensation, et sans jamais y apporter de définition précise, parvient a dresser un vaste panorama de ses beautés, lumineuses, mais aussi de ses ombres...

Du Silence et des Ombres est simple, directe, émouvant et fort comme du Capra... Une certaine pureté se dégage du film de Robert Mulligan, il parle des choses sans les nommer, et parvient à les faire ressentir directement par le spectateur. La force évocatrice du Silence et des Ombres est puissante, précise et efficace. Elle amène le spectateur à redécouvrir ce qui l'entoure avec un nouveau regard (celui, oublié, de son enfance), et petit à petit dessine ce vers quoi il tend (en théorie), et ce qu'il à perdu : l'humanisme !

La rédaction a été "sabrée" par l'efficacité, la beauté et la simplicité du Silence et des Ombres. Nous y avons trouvé tout ce que nous attendons d'un film. De l'intelligence à l'émotion, de sa forme (pourtant simple) à son fond, de ses thèmes sociaux à sa poésie, de ses idéaux à ses critiques : Du Silence et des Ombres a été un formidable moment d'abandon, superbement récompensé. Bien sûr qu'on s'exalte un peu... 8 aurait été plus "raisonnable", mais nous aimerions tant vous le faire découvrir... !


Procurez-vous Du Silence et des Ombres ou d'autres films de Robert Mulligan ou avec Gregory Peck ou Robert Duvall

The Secret (The Tall Man, Pascal Laugier, 2012)


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La petite ville de Cold Rock, au coeur des montagnes et des sapins, est oubliée des fruits de l'économie. Mais pire encore, les enfants y disparaissent mystérieusement, sans raisons, et sans qu'aucun ne soient retrouvé. Les habitants disent que c'est "The Tall Man" qui vient les emporter...

Pascal Laugier, réalisateur de Saint-Ange et de l'inégal mais éprouvant Martyrs, est encore l'un de ces "petits français", addict au film de genre, qui tente sa chance en s'exportant aux Etats-Unis. Pour ses débuts il s'attaque à une vrai-fausse histoire de croque mitaine et la traite d'une bien étonnante manière...

A grand renfort de fausses pistes, de twists et de changements de points de vue pour le spectateur, Pascal Laugier réalise un curieux film fantastique, qui faute d'être totalement convaincant, laisse cependant un certain mal-être après sa vision, en révélant un "secret" qui met mal à l'aise, dérange, et en soulevant des interrogations "qui grattent" vraiment. Pour faire simple, The Secret commence comme un film de Bogeyman qui kidnappe des enfants, puis effectue un virage vers le fait-divers qui effraye, celui que l'on lit dans la presse.

En brouillant régulièrement les pistes, habillement, sans jamais perdre le spectateur en route, ni user de grosses ficelles faciles, Laugier parvient à maintenir l'attention et la tension intacte, tout au long de son film. Alors bien sûr on pourra tiquer sur l'une ou l'autre de ses directions, fantastique ou réaliste, ou bien rejeter la tentative entière de mêler les deux, mais au delà de la réussite du mélange des genres que Pascal Laugier à tenté, nous voyons en The Secret une tentative à applaudir des deux mains. Quand à Jessica Biel, qui porte à elle seule tout le film, il convient de saluer sa très belle, et crédible, performance.

Pascal Laugier à tenté de livrer une oeuvre ambitieuse, voire audacieuse, et s'il est vrai que le résultat manque un peu de jus, il faut, selon nous, reconnaître à The Secret son courage (et particulièrement lors d'une première réalisation dans le système américain !) et sa volonté de faire avancer le genre. Un peu décevant en tant que film fantastique, pas assez convaincant en tant que film d'auteur, The Secret porte cependant ces deux gènes en lui, sans jamais échouer. Si le résultat n'est pas tout à fait là, nous trouvons que le rapprochement du film fantastique avec le film social, à la Winter's Bone, est des plus passionnants. Et puis, après tout, même sans creuser, The Secret tiens quand même tout à fait la route... Au moins, ça ressemble à du bon cinéma, que l'on aime ou pas le ciné de genre selon Laugier !

Procurez-vous The Secret ou d'autres films de Pascal Laugier ou avec Jessica Biel

Safe (Boaz Yakin, 2012)


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Reconverti dans des combats truqués, un ancien agent secret au bord du gouffre prends sous sa protection une petite fille poursuivie par des truands. Détentrice d'une information que les russes, mais aussi les chinois et les flics recherchent, Luke Wright va déclencher une véritable guerre des gangs.

Curieusement, nous sommes convaincus que Statham trouvera un jour un rôle qui exploitera enfin son potentiel d'acteurs (Thirteen laisse entrevoir cette voie). En attendant on continue de se taper ses films, sans même savoir pourquoi, sinon chercher la perle rare ou au moins la bonne idée qui étonnera et sauvera ce type de film.
"Alors Safe ? Ca se regarde ?"

Scénario bateau : on s'y attendait.... Cerveau en mode vacances : c'était prévu... Recherche d'un bon moment : là ça se gâte ! Safe ne prends ni le soin, ni le temps de soigner son histoire usée de gamine sous la protection d'un top-pro (Léon, Man From Nowhere...) et ne livre au spectateur qu'en simple prétexte pour proposer ses moments d'action. Et c'est là que survient le véritable écueil du film, puique Safe sabote chacun de ses scènes d'action par un montage si chaotique et rapide qu'elles en deviennent illisibles, perdent toute intensité et ôte du coup tout plaisir au spectateur. C'est bien dommage quand on sait pourtant que c'est là l'essentiel de la motivation pour regarder Safe...

Maladroitement réalisé (voire bâclé), Safe mise tout sur son acteur principal (ici égal à lui même, c'est tout) et pensant visiblement que Statham suffit à faire tenir un film à lui seul, ne délivre au final qu'une ébauche de film. Mal construit et banal à l'extrême, on se surprend assez vite à espérer que ses personnages règlent vite leur petits problème afin de se mettre en quête d'un vrai film à regarder.

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Hugo Cabret (Martin Scorcese, 2011)


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Après la Première Guerre mondiale, Hugo Cabret est un orphelin qui vit dans une gare parisienne. Fils d'horloger, il entretient les pendules de la gare et fait tout pour réparer un automate, seule "héritage" de son père. La vie de Hugo sera bouleversée lorsque le vieux réparateur de jouet le surprend en train de dérober des engrenages...

Martin Scorcese est un touche à tout de talent (comme Ridley Scott, mais c'est un autre sujet...) qui s'attaque cette fois à un fort joli conte pour enfant...
Hugo Cabret, en plus d'être un film idéal à montrer à vos gnomes d'appartement, possède de surcroit tout ce qu'il faut pour pleinement enthousiasmer aussi les adultes.

Aventure, sentiments et quête sont pleinement et merveilleusement présents à l'image, mais le film se pare aussi (et surtout ?) d'un merveilleux hommage au cinéma, et tout particulièrement à Méliès. Autour de nos rêves, le réel et la magie du cinéma, Scorcese cisèle son scénario, le peuplant de personnages tous plus attachant les uns que les autres (y compris les "méchants") pour livrer, avec Hugo Cabret un trésor de justesse et d'imagination.

Hugo Cabret étonne par sa richesse et sa capacité à satisfaire chaque catégorie de spectateur. Que ce soit visuellement ou sur sa belle histoire, ou bien encore sur son hommage émouvant d'un faiseur de rêve à un autre, Hugo Cabret séduit par son horlogère précision. On savait déjà Martin Scorcese passionnant lorsqu'il porte sa réflexion sur le cinéma (ses deux magnifiques documentaires Un Voyage de Martin Scorsese à travers le cinéma américain et son équivalent italien sont à voir absolument !), avec Hugo Cabret en apporte une sorte de démonstration pratique. 

Que l'on soit porté ou non sur ce type d'histoire, Hugo Cabret est une réussite incontestable. Quant à la rédaction de doorama, notre "Scorcese préféré" reste son incroyable et désopilante adaptation des Lois de Murphy, souvent considérée à tort comme l'un de ses films "mineurs" : After Hours



Battle Royale (Kinji Fukasaku, 2000)


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Afin de "dresser" un peu ces ados qui ne respectent plus les adultes, le Gouvernement a voté la loi Battle Royale. Chaque année une classe est envoyée sur une ile, sous la supervision des militaires, des armes leur sont distribuées, ils ont alors 3 jours pour s'entretuer : 1 seul seulement doit rester debout à la fin.

Kinji Fukasaku est surtout connu pour ses films de yakusas dans les 70's (Combat sans Code D'Honneur, Guerre des Gangs à Okinawa...). Avec Battle Royale il adapte un celèbre roman japonais d'anticipation.

Parfaitement facho sur les bords (mais "pour rire"), le pitch de BR est aussi provocateur que sa violence est graphique. Durant près de deux heures s'enchaînent tueries (variées et énergiques) et ironie sous l'oeil d'un Takeshi Kitano toujours aussi inquiétant et savoureux.

Battle Royale est un grand défouloir sur fond de critique sociale masquée (l'utilisation du classique y résonne comme un lointain écho de la réflexion de Orange Mécanique), mais il se concentre rapidement sur le pur survival extrême et déjanté (quand les japonais se lâchent, le no-limit n'est pas loin !). Série B nerveuse et réjouissante, Battle Royale s'essouffle cependant assez clairement sur sa fin, la faute à le répétition de ces situations mortelles.

Battle Royale n'en demeure pas moins un jeu de massacre réalisé avec conviction (pas très beau à l'image, mais habilement rythmé, notamment par ses inserts des survivants) qui ravira les amateurs de série B de qualité. Kinji Fukasaku y aborde la perte de la valeur honneur à la japonaise, de manière bien plus ludique que les films de yakusas qui ont fait sa réputation. On peut qualifier BR de film coup de poing, par son sujet audacieux et provocateur (il s'agit d'un retour aux arènes, mais en remplaçant les gladiateurs par nos propres enfants...), mais si fun soit-il, on préfère le désespoir noir et sérieux de ses films 70's à ce défouloir finalement assez manga sur les bords (même si c'est pour notre plus grande joie que nous assisterons à ces geysers de sang sortant de notre progéniture). 

Sa majesté des Mouches (Peter Brook, 1963)


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Des enfants se retrouvent seuls sur une île déserte, sans aucun adulte avec eux. Livrés à eux même ils recréent leur propre société, mélange de règles et d'aspiration personnelles.

Peter Brook (immense metteur en scène de théâtre et réalisateur du Mahabharata) adapte à l'écran le roman de William Golding qui évoque une société reconstruite par des enfants.

Sa Majesté des Mouches peut se décrire comme un croisement entre La Guerre des Boutons et Robinson Crusoé, pour son coté film d'aventure, mais se double d'un passionnant regard philosophique sur l'humanité et notre société. Au travers de la transposition de la société des grands sur ces enfants, c'est véritablement de la nature de l'homme dont il est en fait question ici (Et ce d'autant plus que cette histoire prend vie dans une nature vierge, sorte de de jardin d'Eden d'où naitra le premier péché...). Les enfants de Sa Majesté des Mouches redécouvrent leur nature, adossée à l'absence d'adultes, la société qu'ils créent renouera avec la sauvagerie et s’affranchira de toute morale embarrassante.

Sa Majesté des Mouches est un film fort, sincère, à l'état brut, élaborant son propos sur ces mêmes enfants qui sont à la base de son idée initiale. Il propose non seulement une stimulante réflexion sur les origines et notre nature (le tout sous la forme d'un film d'aventure tout à fait jubilatoire), mais en augmente sa force par sa propre forme, elle aussi "originelle"... (budget ridicule, équipe technique et enfants-acteurs amateurs...).

On dit souvent que les enfants sont brutaux et durs entre eux, ceux de Sa Majesté des Mouches n'échappent pas à la règle. Leur retour à une forme de société primitive et leur affranchissement de toute morale effraie les adultes que nous sommes. Le film de Peter Brook revêt alors une force insoupçonnée, il nous parle au plus profond de nous, dérange même, en nous amenant à nous interroger sur nous mêmes, notre système, nos repères... L'écho est d'autant plus fort que le retour en arrière qui nous est montré, trouve hélas pas mal d'illustrations dans notre société actuelle. Sa Majesté des Mouches fait peur car ces enfants ivres de liberté et d'insouciance : c'est nous...

Préparez Vos Mouchoirs (Bertrand Blier, 1978)


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Désespéré de ne pas voir Solange heureuse, Raoul rencontre Christian, ils forment alors un ménage à trois dont le seul moteur est le bonheur de Solange. Lorsqu'ils encadrent une colonie de vacances, le trio fera la connaissance de Christian, un gamin de 13 ans que Solange prend en affection.

Inimitable cinéma que celui de Bertrant Blier. Recomposant le duo des Valseuses, Blier, sans atteindre les sommets des Valseuses, recevra l'Oscar du meilleur film étranger à l'occasion de ces retrouvailles. Sans doute ces deux là y sont pour beaucoup : Depardieu y est énorme, encore vierge du poids de son mythe, et Deware renversant de naturel (à doorama, on pense qu'il est l'un des plus grands acteurs français, toute générations confondues !).

Très ancré dans son époque, Préparez vos Mouchoirs, touchait un sujet aujourd'hui presque inimaginable, en abordant et montrant la relation entre la délicieuse Carole Laure et le personnage de Christian (13 ans ! l'acteur a un petit rôle dans Polisse). C'est sans doute cette liberté totale de Blier et de l'époque qui illumine le film : sujet, traitement, personnage, rythme et dialogues prennent ici une force et une énergie qui étonne et séduit encore lorsqu'on le revoit aujourd'hui.

Même si la deuxième partie de Préparez vos Mouchoirs s'essouffle et s'éparpille un peu, on retient l'incroyable univers conconcté par Blier et les sublimes dialogues, qui trouvent dans la bouche des acteurs un niveau de qualité étonnant, une vie proche du meilleur Audiard (ah... Mozart !). Les personnages de Blier sont lunaires, poétiques, ils s'affranchissent de la réalité et ne gèrent que leur propre bulle, et lorsqu'ils rencontrent la "vraie vie", ils l'absorbent dans leur monde (comme le voisin, Michel Serrault...).

On peut détester le cinéma de Blier, libertaire et provocateur, mais son style et son langage cinématographique sont immenses. Derrière son coté surréaliste et décalé (frôlant l'absurde), il met en image des sujets fort et il parle de nos petits problèmes quotidien avec un véritable humanisme (au service duquel la provocation sert de puissant révélateur).
Si la ballade décontractée n'avait pas recherché une fin définie à son histoire, l'ivresse du spectateur aurait été totale, et nous aurions à doorama volontiers augmenté notre échelle à 8, tant ce cinéma regorge de vie, de fantaisie et de légèreté. En un mot : Savoureux.


Intruders (Juan Carlos Fresnadillo, 2011)


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En Espagne, un petit garçon est confronté à des rêves où un croque-mitaine sans visage essaye de l’attraper. En Angleterre une jeune adolescente fait les mêmes rêves. Mais les rêves vont s'avérer bien plus réels lorsque son père verra lui aussi cet homme sans visage.

Juan Carlos Fresnadillo nous avait séduit à deux reprises déjà, avec Intacto (2003), un intéressant thriller ibérique teinté de fantastique, et le très fun et efficace 28 Semaines plus Tard. Mais avec Intruders, fini le fun et exit l'intérêt.

Basé sur le pitch des peurs enfantines qui prennent forment dans la réalité, la première moitié de Intruders suit la petite musique bien connue du quotidien qui bascule doucement, incident après incident, vers le fantastique. Hyper conventionnelle cette partie ne suscite que peu d'intérêt et le l'on se surprend à attendre la fin avec une grande impatience.

A mi-course Fresnadillo injecte de nouveaux éléments scénaristiques et tente d'orienter son scénario vers des horizons un peu plus consistants. Mais si ces horizons semblent intéressants et prometteurs, nous n'en verrons hélas pas la couleur, et les origines de cette incarnation nocturne ne prendront définitivement pas chez le spectateur. Malgré sa tentative de relever le niveau au dessus du simple film de croque-mitaine, le réalisateur s'embourbe dans un entremêlement d'histoires parallèles et une utilisation du thème du père-enfant, de la transmission, qui ne fonctionne tout simplement pas.

Intruders ennuie, ne surprend pas et, pire encore, ses personnages perdent en crédibilité avec son déroulement. Clive Owen se sort à peine de cette entreprise, la révélation finale s'écroule d'elle même son son propre poids (pourtant pas bien lourd) et les bonnes intentions initiales de son réalisateur se trouvent tant malmenées, qu'elles semblent bien prétentieuses au vu du résultat final.

Quand aux scènes avec le méchant "Sans-Visage", elles ne fonctionneront que pour ceux qui n'ont ni vu Fantômes contre Fantômes, ni la Trilogie des Anneaux. On oubliera donc bien vite Intruders, qui ne laissera pas plus de traces dans nos mémoires qu'une enquête de l'inspecteur Derrick, et on se résignera à attendre sagement la prochaine fournée de son réalisateur, que l'on espère bien supérieure.

La Guerre Est Déclarée (Valérie Donzelli, 2011)


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Roméo et Juliette est un couple destiné au bonheur parfait. Mais l'harmonie disparait lorsque une tumeur du cerveau est diagnostiquée surAdam, leur fils de 2 ans. Ensemble, ils affrontent le cauchemar de tout parents.

La Guerre est Déclarée, appuyé du caractère autobiographique de son histoire, ne laisse aucune chance au spectateur, celui-ci s'immerge et vit intensément cette puissante histoire de courage.

Son sujet pesant, traité avec fantaisie, légèreté parfois, évite adroitement le pathos et la grosse artillerie du mélo désespéré. Toute la force de La Guerre est Déclarée réside dans l'énergie positive qu'il dégage à chaque événement dramatique, il revêt alors l'apparence d'un hymne à la vie, fort et exaltant, et fait ressentir une vigueur jubilatoire.

La seule réserve qu'il soulève est dans le style qu'il propose. Alternant la fantaisie, force de vie, et le drame de la maladie dans une succession de scènes au style hétérogène, il passe d'indéniable moments de grâce (le verdict médical sur fond de Vivaldi !) à des passages plus décalés (la chanson) ou encore à d'autres presque chorégraphiés à la Lelouch. Si l'intention est claire et plutôt bien vue, cette illustration des hauts et des bas de la vie rate certaines de ses articulations, et si elle surprend, elle n'évite pas des "débrayages" brutaux chez le spectateur.

On pourra aussi regretter le jeu parfois artificiel de Jérémie Elkaïm (alors qu'il a vécu avec Valérie Donzelli le drame à la base de ce film) et certains dialogues un peu faibles, peut être victimes d'une trop grande envie de faire naturel et authentique. Malgré ces réserves, le couple qu'ils forment à l'écran est rayonnant, il force la sympathie et la compassion, on a envie de les aimer, les prendre dans ses bras et les soutenir. 

La Guerre Est Déclarée est avant tout un beau film, fort et émouvant, mais ses choix de réalisation, peut être un peu bobo, risquent de ne pas survivre à l'évolution de l'air du temps. Ne restera alors que la force de son  histoire, et c'est déjà énorme.


Opération Peur (Operazione Paura, Mario bava, 1966)


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Un médecin se rend dans un village pour effectuer une autopsie. Sur place, avec l'inspecteur de police, il découvre que les villageois vivent dans la peur d'une terrible malédiction : Toute personne apercevant le fantôme d'une petite fille sont vouées à la mort.

Mario Bava est considéré comme un maître dans le cinéma fantastique italien. Avec Opération Peur, il signe ici une enquête policière parée des attributs du fantastique gothique (comme en produisait à la chaîne, en angleterre, La Hammer à cette époque), à l'ambiance particulièrement réussie, remplie de suspense et d'images inquiétantes (les apparition de la petite fille sont particulièrement effrayantes et efficaces !).

Le décors (un village oublié, quasi en ruine), les éclairages baroques, ainsi que le sens du cadre de Bava donnent à Opération Peur un petit coté de train-fantôme plutôt jubilatoire. Entièrement concentré sur son ambiance et le bon déroulement de son histoire (exit de la crédibilité et de la psychologie des personnages...), ce grand cirque fantastique, dans sa catégorie, fonctionne particulièrement bien. On notera aussi quelques beaux moments de folie (comme par exemple la course dans la villa).

En revanche, s'il est perçu (à juste titre) par les amateurs de cinéma de genre ou de "cinéma de quartier", comme un petit bijou du fantastique italien, Opération Peur, pour les autres, risque fort de prendre des allures moins nobles... : celui d'un "sous-cinéma de genre", ne faisant qu'imiter et recycler (à l'italienne, quoi !) l'autre "sous-cinéma" des productions Hammer !

Emblématique, Opération Peur, est à découvrir pour l'amateur qui serait passé à coté, il sera pour les autres un très beau témoignage (non moins emblématique !) du cinéma populaire de genre de cette période.