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Trilogie de la Mort : Awakening - Aftermath - Genesis (Nacho Cerda, 1990, 1994 et 1998)


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3 courts métrages fantastiques sur la mort de Nacho Cerda. The Awakening : un jeune homme évolue seul dans un monde où le temps s'est arrêté... Aftermath : Dans un hôpital, se pratiquent des autopsies sur les corps sans vie. Le praticien va se livrer à des actes nécrophiles sur les corps. Genesis : un sculpteur termine la statue de sa femme défunte, elle prendra vie, alors que lui se figera...

Avant d'être le réalisateur du sympathique, mais limité, Abandonnée, Nacho Cerda avait réalisé trois courts métrages sur le thème de la mort. The Awakening est une courte oeuvre de fin d'études cinématographique, Aftermath et Genesis sont quant à elles bien plus abouties et bien plus ambitieuses. Les 3 objets se voient comme trois étapes d'un cercle, avec l'instant de la mort, le corps après la mort et le retour à la vie. Ils témoignaient de ce renouveau du cinéma fantastique de genre, et si The Awakening et Genesis restent dans les clous, c'est Aftermath qui marquera et choquera définitivement les esprits... Courts métrages, labos des cinéastes...

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Mama (Andres Muschietti, 2013)


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Quand Lucas retrouve enfin les deux filles de son frère disparu, c'est presque rendues à l'état sauvage qu'elles lui sont retournées. Elles ont vécu dans une cabane au fond des bois, élevées par un démon qu'elles appellent "Mama". De retour à la civilisation, maintenant au sein d'une "vraie" famille, avec Lucas et sa compagne Annabel, ce n'est pourtant pas la fin de cet épisode malheureux, puisque Mama continue de garder un oeil sur elles... Et une mère comme Mama ne laisse pas s'éloigner ses enfants, juste "comme ça"...

On est loin de la Mama d'Aznavour... La Mama de Muschietti est un spectre vaporeux et décharné, une entité sauvage et protectrice avec ses fillettes qui comme toutes les mères se soucient de sa progéniture. Mama se paye une star en pleine ascension, en la présence de Jessica Chastain ( vue récemment dans Zero Dark Thirty ou Des Hommes Sans Loi) pour vendre ses deux Cosettes et prôner les valeurs de la famille américaine, mais cela ne suffit pas à pour faire intervenir un peu de qualité et d’originalité dans son sujet. Fantastique calibré, usé et prévisible, Mama est un film de drive-in déguisé en superproduction censée faire peur...

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The Path (La Senda - Miguel Angel Toledo, 2012)


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Un joueur d'échecs sur le déclin s'accorde, avec sa femme et son fils, des vacances de Noël dans un chalet tranquille afin de se reconstruire un peu. Mais le rapprochement de son épouse avec Samuel, un ouvrier de la région, va déstabiliser Raùl plus que l'aider à souffler. Raùl commence à avoir des idées sombres, ses rapports avec son fils et sa femme se dégradent et les vacances se transforment en épreuve pour ne pas perdre pied définitivement.

L'Espagne, chaude et bruyante, cède la place, dans The Path, au silence étouffé de la neige... La petite famille tente de s'octroyer des vacances réparatrices, c'est le doute et la défiance qui vont apparaître... The Path, malgré son climat fantastique omniprésent, tire vers le thriller psychologique, en proposant une autopsie d'un dérèglement aux conséquences qui s’avéreront bien évidemment tragiques. Mais si élégant et travaillé qu'il soit, la réussite et la surprise ne sont pas pour autant de la partie dans le film de Miguel Angel Toledo, The Path nous emmenant sur des sentiers finalement bien balisés... Faisons un bout de chemin autour de The Path...

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Blancanieves (Pablo Berger, 2012)


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La carrière du célèbre torero Antonio Villalta s'arrête sur une série de drames, dont la mort de sa femme morte pendant son accouchement. Ce n'est qu'après un mariage malheureux, quelques années plus tard il retrouve sa fille, Carmen. Mais sa femme les séparera de nouveau et laissera Carmen pour morte. Recueillie par une troupe de cirque, sans souvenirs de son passé, elle va devenir Blancanieves, torero reconnue au sein de la "petite" troupe, sur les traces de son père sans s'en en avoir conscience... Sa belle mère n'apprécie pas du tout ce nouveau destin.

"C'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures...", mais avec Blancanieves, il ne s'agit pas de soupe ! Relecture du conte des Grimm transposée dans l'Espagne des années 20, cette Blanche-Neige, comme une réponse aux récentes adaptations, adopte des choix visuels forts : Noir et Blanc, Muet et habits de lumière, puisque notre belle endormie évolue ici sur le sable de l'arène... Après The Artist, le "cinéma comme avant" impose de nouveau ses qualités éternelles à nos yeux, ce moderne Blancanieves est à lire au passé...

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Les Amants du Cercle Polaire (Los Amantes del Círculo Polar - Julio Medem, 1998)


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 Otto et Ana sont amoureux depuis qu'ils sont enfants. Leur parcours familial respectif est ponctué d'abandons de la part des adultes, que ce soit par la séparation entre papa et maman ou la disparition d'un des deux. L'amour qui les lie ne suffira pourtant pas à unifier leur perception de ces drames et les séparera... Le destin qui les lie multipliera pourtant les occasions de se croiser et de se retrouver tout au long de leur vie, jusqu'à enfin se retrouver, peut être, en plein cercle polaire... comme ils l'ont toujours rêvé...

Le cinéma espagnol est bien loin de se résumer à son Fantastique que vous croisez souvent sur Doorama... En 1998, Julio Medem (L'Ecureuil Rouge) réalisait cette fable fragile, tendance conte moderne et tragique, tout empli de poésie et d'espoirs. Les Amants du Cercle Polaire est un de ces jolis films, à l'ambiance très travaillée, au climat délicat, qui enveloppe les rêveurs et les amoureux. Le voyage commence en Espagne...

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Blackthorn (Mateo Gil, 2011)


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Alors que tous le croient mort, Butch Cassidy vit retiré en Bolivie depuis 20 ans sous le nom de James Blackthorn. Las de sa vie d'éleveur de chevaux, il prépare son retour chez lui aux Etats-Unis, mais sa rencontre avec Eduardo va bouleverser ses projets et l'entraîner dans une dernière chevauchée.

C'est sans doute la rareté du genre sur les écrans et son allure atypique qui nous ont emballé dans ce Western élégant et crépusculaire. Au travers de cette retraite imaginaire du grand bandit américain, on retrouve dans Blackthorn toute la distance nécessaire pour aborder les codes et la mythologie de "feu le genre western" avec l'amertume, le désenchantement et le coté sombre déjà abordé par Eastwood dans Impitoyable. Blackthorn, est un western lent et nostalgique qui explore le Mythe, avec comme principaux atouts Sam Sheppard et les sublimes et étranges paysages de l'Amérique du Sud.

Sam Sheppard a tourné le dos à son tumultueux passé et aspire maintenant à retrouver ses racines et sa famille, mais sa légende se rappellera à lui, comme s'il lui était interdit de d'effacer sa vie d'avant malgré une certaine rédemption. Blackthorn c'est l'aspiration à redevenir un homme ordinaire qui est refusée à un mythe : un homme condamné au passé, malgré la noblesse de ses valeurs retrouvées. Mateo Gil s'attaque avec une grande sobriété à ce parcours rédemptoire et en abordant la fin d'un mythe (Butch Cassidy quand même !) parvient à le ressusciter. Sans parvenir toutefois à atteindre la qualité d'Impitoyable, tout est là, et son réalisateur s'approprie les thèmes eastwoodiens pour en livrer une bien belle interprétation, nostalgique et personnelle.

Ses somptueux décors donnent aussi à Blackthorn une réelle identité, ils impriment un rythme très particulier sur l'histoire et agissent directement sur les personnages. Que ce soit les hauts plateaux salés où l'air se fait rare et les poursuites lentes, ou ses montagnes hostiles, ils plongent les personnages dans d'immenses (et magnifiques !) déserts naturels et, en les isolant, les confrontent et les renvoient à eux même, les forcent à l'introspection. Blackthorn est un plaisir rétinien mû par une utilisation de la nature non sans rappeler celle d'un Lawrence d'Arabie. Blackthorn parvient à construire un western intimiste et lent, à échelle humaine, sans pour autant omettre le souffle et la grandeur de ses prédécesseurs (La Horde Sauvage).

Que ce soit son rythme atypique, ses décors à couper le souffle ou son cocktail équilibré de thématiques fortes (les racines, le mal du pays, la filliation, l'amitié, la rédemption...), Blackthorn surprend le spectateur de bout en bout. Sans jamais se prétendre un "grand western", il en prend pourtant tout les attributs et les met au service d'une histoire, belle, simple et forte. Cette manière de faire un vrai-faux western n'est pas sans rappeler le superbe 3 Enterrements ou L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford... Des westerns pur jus traités dans un style presque extérieur au genre. Et si Blackthorn s'encombre effectivement de flashs-backs qui brisent un peu son pouvoir hypnotisant, la Rédaction à été séduite par son équilibre entre sincérité, grandeur et minimalisme.

Concernant la note de la rédaction, 7 aurait été plus juste, mais devant le plaisir de sa découverte (qui supportera modestement, il est vrai, l'analyse) et son étonnante action retenue (mais captivante), nous avons préféré lui donner un "bonus", afin de vous donner envie de le découvrir vous-aussi. Que l'on adhère ou non au propos et à la forme de Blackthorn (et des raisons de na pas l'aimer, il y en a !), nous pensons que Blackthorn est un film maîtrisé, qui réussit à marier harmonieusement classicisme, modernité, originalité et plaisir (des qualités que nous prêtons au sublime Agora, pour lequel Mateo Gil avait écrit le scénario...). Pas un chef d'oeuvre, mais un film simple, solide et réussi, presque parfait en son genre au vu de ses ambitions et du plaisir qu'il procure : du cinéma, du vrai, comme on aime !

Procurez-vous Blackthorn ou d'autres films de Mateo Gil ou avec Sam Shepard, Eduardo Noriega, Nikolaj Coster-Waldaut ou Stephen Rea 

L'Empreinte De Dracula (El Retorno de Walpurgis, Carlos Aured, 1973)


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Au moyen-âge, la famille Waldemar se voit maudite jusqu'à son extinction. Des siècles plus tard, Waldemar Daninsky, subit les effet de la terrible malédiction, et se transforme en loup-garou lors des nuits de pleine lune.

Curieusement, L'Empreinte De Dracula reste cité lorsque l'on parle de cinéma fantastique européen. Son origine espagnole lui confère sans doute sa spécificité et sa différence de style avec les productions anglaise de dame Hammer que nous affectionnons tant. El Retorno de Walpurgis, est donc la suite de La Noche de Walpurgis (La Furie Des Vampires) qui relate elle aussi une histoire de loup-garou, Waldemar, et non une histoire de vampires comme le suggère les titres français.

On a eu du mal... L'Empreinte De Dracula a beau faire son maximum pour soigner sa mise en scène et ne rien laisser échapper au spectateur de son scénario, il reste désespérément plat, sans aucun rythme ni tension, et sa mise en image ressemble davantage aux scènes de transition d'un porno qu'au gothique flamboyant et coloré des films de la Hammer... Ainsi son réalisateur nous raconte tout (mais alors tout !) pour qu'on comprenne bien ce qui se passe et ce qui va venir, jusqu'au ridicule ! Allez, on vous en donne un exemple (on résume, mais l'idée est là) : un promeneur passe devant le comte, assis pensif dans les bois, il dit "Bonjour, comte, Je me promène seul pour aller (...) où vient de s'installer (...) qui est ici pour (...) et qui m'a demandé de (...). Pourvu qu'ils ne rencontre pas le fou ce soir (...)"  - à cela le comte répond "d'accord", et fin de la scène... Vous l'avez compris L'Empreinte De Dracula est lent, mou, long et long encore !

Déjà laborieux à dérouler son intrigue, L'Empreinte De Dracula insiste par ailleurs lourdement sur l'aspect romantique de l'histoire d'amour de Waldemar avec sa belle, romance que la malédiction viendra briser sans pour effleurer, ne serait-ce qu'un poil, le coeur du spectateur. Quand à son loup-garou, il faudra vous préparer davantage à voir un méchant Ewok qu'à une bête dangereuse... Bien loin de la créativité d'un Jess Franco, L'Empreinte De Dracula est un film timide qui même s'il n'est pas dénué de tout charme vintage, peine à susciter l'intérêt par son rythme désespérément plan-plan et fastidieux. Et l'ajout de courts plans sanglants et de son érotisme franc ( nous avons dénombré 6 seins et 2 intimités...) ne relèveront pas sa fade saveur.

Pourtant gros consommateur de petits films de genre, la rédaction de Doorama a eu toutes les peines du monde à comprendre l'aura qui entoure encore ce second Waldemar. Soit nous sommes passés complètement à coté, soit nous devons réviser notre fantastique espagnol des 70's. L'Empreinte De Dracula à beau dégager un parfum et une personnalité qui lui est propre, il ne laissera chez nous aucune autre trace que les lignes que nous vous proposons ici. Vade Retro méchant Ewok !

Procurez-vous L'Empreinte De Dracula ou d'autres films de Carlos Aured ou avec Paul Naschy

Rec 3 Genesis (Paco Plaza, 2012)


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Koldo et Clara se marient ! Mais alors que la fête bat son plein, l'un des invités semble malade. Subitement, il agresse d'autres invités : c'est le début d'une fulgurante épidémie de violence et de mort.

Pour les amateurs de cinéma d'horreur, Rec est directement rentré en 2007 au panthéon des excellents films d'horreur pour son efficacité, son suspense et son intelligence (si, si !). Son principe d'un reportage télé, façon caméra embarquée, qui vire au cauchemar en milieu clos était diaboliquement concocté, il proposait aussi d'intéressants infectés (proches cousin du mort-vivant). Rec 2, bien moins réussi, prolongeait cependant honorablement l'aventure en amenant une intéressante interprétation religieuse à l'origine du mal. Rec 3 lui est pour le meilleur et pour le pire !

Le comparse des deux précédents films, Jaume Balagueró, à donc laissé son pote Paco Plaza opérer seul (bonne idée Jaume !) pour un troisième épisode qui mis à part le comportement des créatures n'a plus grand chose à voir avec les premiers. Rec 3 remplit certes le cahier des charges du petit film d'horreur, en proposant son lot de scènes gores, une bonne dose d'humour et en assurant un minimum de savoir faire technique. Hélas cette suite sombre dans le cinéma d'horreur du samedi soir, en oubliant totalement de rechercher ce qui fait peur -réellement peur- et en limitant ses ambitions au niveau de la simple aventure sanglante.

Nous suivons donc un couple séparé lors du massacre de ses invités, dont le seul objectif sera de se retrouver tant l'amour qu'il partage est puissant ! Pourquoi pas nous direz-vous ? Sauf que la gestion de cet amour revêt de bien calamiteux aspects, mettant à l'écran deux pales acteurs accumulant les situations proches du ridicule. Rec 3 reprend à son compte ma dimension religieuse amenée dans Rec 2 l'exploite maladroitement, en simple surcouche qui lui permet d'articuler grossièrement son scénarios. Rec 3 choisit aussi de rompre définitivement avec son principe de film tourné par un amateur en "live", et retrouve le langage cinématographique conventionnel, monté/cadré, de n'importe quel autre film.

Rec 3 Genesis clôture donc les expérimentations de la série, et ne retiendra des précédents films que ses ingrédients principaux (l'épidémie et la survie de ses personnages) qu'il utilisera comme simple prétexte pour proposer un film d'horreur basique, ordinaire et banal, au ton proche de la parodie. Rec 3 n'est qu'un film d'horreur comme on il y en a tant, qui refuse l'idée de faire peur et préfère se cantonner à une simple recherche du grand guignol visuel pour tenir sa courte longueur (1h14 d'images !). Correct s'il n'était pas estampillé "Rec", Rec 3 Genesis prend des allures de plan marketing en exploitant abusivement son titre et en ne proposant au final qu'un produit bien lointain de ses prédécesseurs. A voir comme un lointain spin off de la série qui piétine et trahit ses origines. A peu près visible, un peu fun mais quand même bien vain et proche du bas de gamme.


Procurez-vous Rec 3 ou les autres films Rec 

Verbo (Lost Destination - Eduardo Chapero-Jackson, 2011)


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Dans une ville d'Espagne un peu déshumanisée, une jeune fille renfermée sur elle même a du mal a trouver sa place dans sa famille et la société. Fascinée par les tags de Lyriko, leur interprétation tourne presque à l'obsession. Lorsque elle décide de mettre fin à ses jours, Lyrico vient à elle dans univers imaginaire.

L'exploration de l'univers de l'enfance ou de l'adolescence, de leurs souffrances, leur sensibilité, peut donner les meilleures choses (Le Labyrinthe de Pan pour la vision enfantine du monde adulte, Colorful pour son approche du suicide...), mais aussi les pires, comme le démontre brillamment ce Verbo, nouvelle approche ibérique de ce thème.


Le réalisateur avait pourtant visé haut en choisissant d'aborder le suicide et le mal-être par le biais d'un monde imaginaire (où se déroule le combat de l'héroïne pour surmonter la dureté de la société) et en lui appliquant un traitement non dénué de volonté poétique. Mais peine perdue ! Pourtant ambitieux, Verbo s'enlise dans un rythme calamiteux et une utilisation des codes ados proche du caricatural (look skateurs ténébreux, entre le cyber punk de Matrix et le gothic-samouraï tendance Emo...).

Caché derrière un symbolisme faussement travaillé, Verbo échoue à communiquer le mal-être de son héroïne (la jeune Alba Garcia aura pourtant livré une interprétation juste et fragile de son personnage) et se heurte régulièrement au ridicule, en proposant un monde imaginaire factice, superficiel et fort peu inspiré (les jeunes aiment le rap, Matrix et les jeux vidéos...). Verbo aurait pu se limiter à un film inabouti, victime de quelques maladresses, mais tant de fausses idées, infligées avec tant de prétention (l'alibi culturel Don Quichotte, le message de la beauté...) au spectateur, ne parviennent au final qu'à le faire trébucher de plus haut.

A la manière d'un Sucker Punch (raté, selon nous), Verbo tente vainement de mettre en image les fragilités de nos teens, son utilisation de codes puéril ne parvient pas à rendre crédible une problématique pourtant riche et passionnante (Le Labyrinthe de Pan, lui, y parvenait). Verbo dégage, malgré une ambition initiale certaine, le parfum du "bon coup" calculé, il semble transpirer d'une envie de devenir le film emblématique d'une génération incomprise. Hélas, devant tant de sincérité feinte, tant de maquillages artificiels (les parties animées) et de représentations creuses et usées, Verbo irrite profondément et ennuie rapidement (à moins que ça ne soit l'inverse...).

A la rédaction, nous avons vécu ce Verbo comme une tentative d'escroquerie intellectuelle, mais malgré nos recherches, il ne semble pas possible de porter plainte contre ce genre de faits !


There Be Dragons (Roland Joffé, 2011)


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De nos jous, Un journaliste enquête sur le père Josemaría Escrivá, fondateur de l'Opus Dei. Pour cela, il se rapproche de son père, qui à connu le père pendant la guerre civile en 1936, mais qui prenait alors un tout autre chemin....

On se souvient de Roland Joffé pour Mission, La Déchirure, ou bien encore La Cité de la Joie, mais il y a bien longtemps que son cinéma, appliqué et humaniste, n'a plus délivré de films d'ampleur équivalente. There Be Dragons ne sera pas encore le film du retour en grâce pour Joffé.

Cette évocation du parcours du fondateur de l'Opus Dei, particulièrement pendant la période de la guerre civile espagnole, se fait au travers de l'évocation d'une relation entre deux homme : un qui va vers Dieu, l'autre non ! En ces temps de guerre, Joffé utilise les camps adverses marquer les directions opposées de ses personnages, tant et si bien qu'a force de "marquer" les personnages, il finit par grossir à l'extrême ses ficelles. Si l'on rajoute à cela une  narration en voix off envahissante, There Be Dragons perds toute fluidité et tombe dans une routine scénaristique propre aux "films à Oscars".

There Be Dragons raconte certes une "Belle Histoire", son scénario est riche d'angles et d'enjeux, mais Roland Joffé échoue à lui donner corps, sa réalisation convenue lui ôte toute ampleur, tue son souffle épique, et le ramène à une évocation historique ordinaire et peu excitante. Même si There Be Dragons n'est pas un "mauvais film" et parvient à intéresser le spectateur (ne serait-ce que pas sa peinture d'une période peu évoquée au cinéma), il souffre d'un manichéisme maladroit et d'une timidité narrative que l'on pourrait qualifier d'indigne pour son réalisateur.
A ranger à coté de Cheval De Guerre, même si les objectifs diffèrent.

Don't Be Afraid Of The Dark (2011)


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Les enfants, leurs peurs et quelques créatures sorties de l'obscurité... Voilà les ingrédients de ce petit film fantastique, remake budgété d'un téléfilm américain homonyme de 1973...

Une petite fille rejoint donc son papa (Guy Pearce, ici transparent) dans une grande demeure et y découvre l'existence de créatures malveillantes cachées dans l'obscurité... Tout cela a déjà été vu et revu maintes fois et même si c'est Guillermo Del Toro qui produit l'objet, on cherchera en vain un vrai traitement des peurs enfantines dont il est ici question.

Seul l'avancement de l'histoire motive ici le réalisateur, négligeant la moindre parcelle de psychologie de ses personnages et ne leur laissant à l'écran que le strict minimum pour que l'ensemble tienne.
Sans pour autant tomber dans l'indigence, Don't Be Afraid Of The Dark est un film banal, convenu du début à la fin, son seul intérêt se cachant dans ses petites bêtes au look sympathique, finalement plutôt réussies au vu de la qualité de l'ensemble.
Correct pour les novices, sans intérêt pour les amateurs du genre.



La Piel que Habito (Pedro Almodovar, 2011)


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Almodovar s'aventure dans le thriller, y ajoutant même un zeste de fantastique. La Piel Que Habito articule son intrigue entre un Antonio Banderas chirurgien pratiquant la greffe de peau et sa patiente, captive (?) et énigmatique.

Très inhabituel pour un Almodovar, le film se présente d'abord comme un thriller froid, esthétique et dépouillé, pour glisser ensuite vers le mystère, embarquant au passage des éléments emprunté au mythe de Frankenstein ! En dire davantage serait du spoil...

El Piel Que Habito endosse les codes du thriller psychologique et du huis-clos, amenant Almodovar à s'éloigner radicalement de son humour et de ses habituelles galeries de personnages, hauts en couleur.

Si on lui préfèrera ses univers précédents, Almodovar réussi cependant à surprendre et jouer agréablement avec le spectateur, le menant progressivement (à grand renfort de flashback...) d'un unvers hitchcockien vers un univers à la Cronenberg.
Plaisant de bout en bout sans pour autant exalter, on appréciera quand même l'audace du réalisateur à nous faire participer à cet audacieuse histoire mélangeant scalpel et sentiments.


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Ballada Triste (2010)


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Le destin de Javier est d'être un clown triste. Dans le cirque qui l'embauche, il fait son numéro avec le clown drôle qui, hors la piste, est un homme violent, cruel et méchant, qui terrorise chaque forain, dont la belle acrobate... Javier tombe amoureux de la belle acrobate, une rivalité sans limite oppose alors les deux clowns.

Alex De La Iglesia (Le Jour de la Bête !) s'emploie une fois de plus à un pur cinéma de genre, original et décalé, décomplexé. Sur fond d'Espagne troublée (guerre sous Franco, puis sortie du franquisme), le réalisateur nous raconte la transformation d'un clown en monstre, s'appuyant pour cela sur des hommages multiples au classiques du fantastique (Phantom of the Opera, King Kong, Freaks...) et empruntant ses thèmes (l'amour contrarié entre une belle et une bête , la part d'humanité de ces monstres...).
Balada Triste prends ainsi la forme d'une fable sur l'amour, hystérique et barrée, ponctuée d'humour et de violence. Mais au final, même si un vent de vrai Cinéma souffle durant tout le film et que le spectacle est garanti, ce grand-huit de Alex De La Iglesia se heurte à ses propres limites et ne reste qu'un divertissement pour cinéphiles, ne réussissant pas (l'oubliant ?) de graver à jamais la mémoire du spectateur.



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