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The Secret (The Tall Man, Pascal Laugier, 2012)


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La petite ville de Cold Rock, au coeur des montagnes et des sapins, est oubliée des fruits de l'économie. Mais pire encore, les enfants y disparaissent mystérieusement, sans raisons, et sans qu'aucun ne soient retrouvé. Les habitants disent que c'est "The Tall Man" qui vient les emporter...

Pascal Laugier, réalisateur de Saint-Ange et de l'inégal mais éprouvant Martyrs, est encore l'un de ces "petits français", addict au film de genre, qui tente sa chance en s'exportant aux Etats-Unis. Pour ses débuts il s'attaque à une vrai-fausse histoire de croque mitaine et la traite d'une bien étonnante manière...

A grand renfort de fausses pistes, de twists et de changements de points de vue pour le spectateur, Pascal Laugier réalise un curieux film fantastique, qui faute d'être totalement convaincant, laisse cependant un certain mal-être après sa vision, en révélant un "secret" qui met mal à l'aise, dérange, et en soulevant des interrogations "qui grattent" vraiment. Pour faire simple, The Secret commence comme un film de Bogeyman qui kidnappe des enfants, puis effectue un virage vers le fait-divers qui effraye, celui que l'on lit dans la presse.

En brouillant régulièrement les pistes, habillement, sans jamais perdre le spectateur en route, ni user de grosses ficelles faciles, Laugier parvient à maintenir l'attention et la tension intacte, tout au long de son film. Alors bien sûr on pourra tiquer sur l'une ou l'autre de ses directions, fantastique ou réaliste, ou bien rejeter la tentative entière de mêler les deux, mais au delà de la réussite du mélange des genres que Pascal Laugier à tenté, nous voyons en The Secret une tentative à applaudir des deux mains. Quand à Jessica Biel, qui porte à elle seule tout le film, il convient de saluer sa très belle, et crédible, performance.

Pascal Laugier à tenté de livrer une oeuvre ambitieuse, voire audacieuse, et s'il est vrai que le résultat manque un peu de jus, il faut, selon nous, reconnaître à The Secret son courage (et particulièrement lors d'une première réalisation dans le système américain !) et sa volonté de faire avancer le genre. Un peu décevant en tant que film fantastique, pas assez convaincant en tant que film d'auteur, The Secret porte cependant ces deux gènes en lui, sans jamais échouer. Si le résultat n'est pas tout à fait là, nous trouvons que le rapprochement du film fantastique avec le film social, à la Winter's Bone, est des plus passionnants. Et puis, après tout, même sans creuser, The Secret tiens quand même tout à fait la route... Au moins, ça ressemble à du bon cinéma, que l'on aime ou pas le ciné de genre selon Laugier !

Procurez-vous The Secret ou d'autres films de Pascal Laugier ou avec Jessica Biel

L'Etrangleur de Boston (Richard Fleischer, 1968)


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A Boston, un tueur en série étrangle et viole des vieilles femmes chez elle. La peur s'empare complètement de la ville lorsqu'il s'attaque aussi aux femmes plus jeunes et que le nombre des victimes augmente alors que la police piétine. La Ville de Boston crée un Bureau de l'Etrangleur pour endiguer la série de crimes.

C'est en regardant L'Etrangleur de Boston que la rédaction de Doorama à pardonné à Richard Fleischer d'avoir pondu Kalidor et malgré d'autres bons films comme 20 000 Lieues Sous La MerLes Vikings et Soleil Vert.

Tiré d'un fait divers réel, L'Etrangleur de Boston est une passionnante réalisation (la meilleure de Fleisher ?) qui propose un film divisé en deux parties très différentes. La première partie installe l'enquête et la paranoïa suscitée par les crimes, notamment  par une impressionnante utilisation du Split-Screen (l'écran divisé en plusieurs images), judicieuse, inventive et riche de sens comme rarement. Sa Seconde partie plus psychologique, denuée de split screens mais pas d'inventivité de mise en scène, basée sur la confrontation entre l'enquêteur, Peter Fonda, et un tueur superbement joué par Tony Curtis.

Derrière la simple enquête policière, méticuleuse et passionnante, Richard Fleischer soulève la question du soin que la société se doit d'apporter à ses éléments malades, puisque la schizophrénie du tueur cache la culpabilité de son auteur dans une double personnalité. Le coupable n'est pas directement l'homme arrêté, mais celui qui se cache en lui, transformant la seconde partie du film en une autre forme d'enquête, psychologique cette fois, et à la chute vertigineuse. L’Étrangleur de Boston prends des allures de thriller atypique, ancré dans la réalité, très documentaire, il dépasse le simple frisson par une réalisation ambitieuse et riche, et le profil de son coupable, bon père de famille renfermant un monstre.

Même si ce thriller accuse légèrement son âge quand au le rythme de l'enquête de sa première partie, il propose encore aujourd'hui une impressionnante ouverture sur la société américaine de la fin des 60's, livrant au spectateur une multitude d'aspects sociaux (climat, minorités, justice, mentalité...) qui enrichissent à merveille son sujet. L’Étrangleur de Boston intéresse, passionne, surprend et convainc totalement le spectateur, il soulève aussi l'interrogation sur la responsabilité de son tueur. Dans cette période de "l'Amérique des assassinats",  L’Étrangleur de Boston fait figure de curiosité, loin du divertissement, sa magnifique réalisation et les questions qu'il aborde le rangent simplement dans la catégorie des grands films. Nous oserons même dire "film moderne" ! Voyez-le, vous comprendrez...

Procurez-vous L'Etrangleur de Boston ou d'autres films de Richard Fleischer ou avec Tony CurtisHenry Fonda ou George Kennedy

We Need To Talk About Kevin (Lynne Ramsay, 2010)


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Eva est une mère brisée. Elle passe en revue ses relations catastrophiques avec son fils Kevin, s'interroge sur l'amour qu'ils partagent, et sur sa responsabilité dans un drame qui la marquera à jamais.

Si la forme éclatée du film de Lynne Ramay peut au début déconcerter le spectateur, elle lui permet aussi d'accepter plus "naturellement" cette terrible description des rapport entre une mère et son fils, rapport de haine (?) et de défiance, qu'il aurait peut être refusé autrement.

We Need To Talk About Kevin aborde avec tact, intelligence, mais aussi avec une grande cruauté psychologique, cette histoire d'anti-amour maternel. Sa réalisation en flash-backs donne force et justesse à cette dissection de la souffrance maternelle. En digne pendant parental de Eléphant, We Need To Talk About Kevin s'attaque à la psychologie du fait-divers qui choque, et non à la violence de son résultat, et lui adjoint un judicieux traitement à la limite du fantastique. Il dresse un portrait diabolique (maléfique !) et dérangeant d'un Kevin ordinaire, et parvient à transformer le quotidien de cette mère en antichambre de l'horreur (horreur qui sera révélée, mais judicieusement non expliquée au spectateur, lors du puissant dénouement du film).

Tilda Swinton, en mère honteuse de ne pas aimer son propre fils, parachève la justesse et la pertinence du point de vue féminin du film de Lynne Ramsay. Avec la force et la froideur du cinéma de Haneke, We Need To Talk About Kevin emmène le spectateur dans une réflexion sur l'amour filiale, ou plus précisément sur le tabou de son absence.

Puissant, inquiétant, dérangeant et superbement construit, We Need To Talk About Kevin trouble le spectateur en lui proposant le cauchemar de toute mère. C'est un film d'horreur sans portes qui claquent, sans suspense (la découverte du drame final n'est pas son enjeux) ni aucune goutte de sang (du sang, Ramsay ne retiendra que le pouvoir d'évocation de sa couleur). We Need to Talk About Kevin fait froid dans le dos, son sujet glace, sa forme séduit, cette immersion dans ce double drame (un pour la mère, l'autre pour le fils) fascine autant qu'il passionne.

Un tel sujet aurait pu (aurait normalement dû ?) donner un simple films fantastique ou un pur thriller, Lynne Ramsay l'a transformé, en ses mains orfèvres, en un redoutable face à face, silencieux, implacable, à l'efficacité quasi imparable. Une approche troublante, impressionnante et inspirée.  


La Colline A Des Yeux (The Hills Have Eyes, Alexandre Aja 2006)


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Une famille tombe en panne en plein désert elle se retrouve sauvagement attaquée par des individus cruels et difformes.

Ce remake de La Colline A Des Yeux de Wes Craven s'inscrit dans la veine de ces grands films d'horreur 70's qui se sont vus dépoussiérés cette décennie (Last House On The Left, Massacre à La Tronçonneuse, Zombie, etc...) et, à l'instar de ces récents concurrents s'en sort plutôt pas mal.

Très fidèle à son original, le film de Alexandre Aja (déjà coupable de l'excellent Haute Tension) prend cependant la liberté de modifier le profil de la famille d'agresseurs en insistant sur ses origines liées aux essais nucléaires américains et en augmentant leur apparence monstrueuse. La conséquence est immédiate : cette version, bien que plus efficace (voire très efficace) privilégie une horreur plus superficielle et divertissante que réellement dérangeante (sauf cet étonnant plan, plutôt culotté, de bébé braqué au magnum ! Gonflé le Aja). Il remplace l'agression d'une famille par une autre en agression d'une famille par des "monstres". Plus ludique, mais moins effrayant...

Moins malsain que son modèle (et bien plus gore), la cure de jouvence de Aja permet à La Colline A Des Yeux de retrouver une intensité et un rythme tout à fait appréciable, et le tout avec une image somptueuse et chaude (on sent le désert dans cette version !). Le remake de Aja est loin d'être inutile, il respecte l'esprit de son modèle, il en livre une lecture plus facile, en le rendant plus fun et divertissant, et surtout élague dans ce qui était aujourd'hui ridicule dans l'original (la psychologie des personnages est allégée et affinée et le chien joue mieux ! si, si !).

On sent qu'Aja aimait la version de Craven et qu'il souffrait de la voir vieillir, cette simple observation permet à ce énième remake de l'horreur 70's de tenir parfaitement ses promesses et de proposer 1h40 d'horreur bien balancée. A doorama on préfère quand même la gêne que procure l'original de 1977, quitte à en supporter ses nombreux inconvénients.

La Colline A Des Yeux (The Hills Have Eyes, Wes Craven, 1977)


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Une famille tombe en panne en plein désert. Au beau milieu de nulle part, elle se retrouve pourtant sauvagement attaquée par des individus cruels et déterminés.

Les plus jeunes d'entre vous connaissent Wes Craven pour Scream, ou bien encore les Griffes De La Nuit (Freddy quoi...), mais avant de vendre la peur au format grand public, il a réalisé La Dernière Maison Sur La Gauche et La Colline A Des yeux, tous deux vécus à l'époque comme des électrochocs.

Si il ne reste presque rien de sa mise en scène et que La Colline A Des Yeux n'est pas très beau à voir (petit budget filmé sans aucun génie), son intérêt demeure aujourd'hui quant à la radicalité de son histoire, tout à fait intacte ! Ne reculant devant rien pour illustrer la sauvagerie et la barbarie de son scénario, Wes Craven frappait fort, si fort qu'aujourd'hui encore son film reste vénéneux et gorgé de poison.

Une famille de dégénérés cannibales et désociabilisés (on pense à Massacre A La Tronçonneuse...) s'en prend à une charmante petite famille américaine type, et c'est pour Craven l'occasion de briser toutes les limites (le cadavre de la mère transformé en piège... et puis, il est quand même question de "manger le bébé"...!) pour donner vie à cette explosion de violence brutale. Ici, pas de discours moralisateur sur "la violence c'est pas beau", c'est même la morale elle même (la famille gentille) qui est attaquée  par la nature sauvage (la famille méchante) et Craven oppose en permanence ces deux mondes, imposant alors au spectateur impuissant les démonstration radicales de la supériorité de la force brute sur la morale (rassurez-vous, ca ne durera qu'un temps, la morale sera sauve à la fin, mais à quel prix !).

La Colline A Des Yeux à donc certes vieilli dans sa forme (les ridicules scènes d'attaque du chien...), mais son énergie hargneuse et provocatrice coulent toujours dans ses veines. Le film de Craven fait naître encore l'indignation, utilisant la violence comme un puissant véhicule jusqu'à l'horreur. Il garantit la peur et l'inconfort du spectateur en lui montrant un bonheur déchiqueté par l'irruption d'une barbarie "gratuite" (élément indispensable à tout bon fait divers, si l'on y réfléchit bien...). La Colline A Des Yeux sous ses allures d'obscur nanars d'horreur 70's reste une belle trace de cette révolte qui a traversé le ciné US de cette décennie. Cheap, c'est vrai, mais toujours aussi dérangeant.


Rampart (Oren Moverman, 2011)


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En 1999, la bavure d'un flic aux méthodes douteuses met en lumière la corruption de la Police de Los Angeles. Les images de Dave Brown passant à tabac un automobilisme tournent en boucle à la télé, il subit alors les pressions politiques de sa hiérarchie et doit affronter les effets de ce scandale dans sa structure familiale.

Inspiré du fait divers qui éclaboussa la police de Los Angeles, Oren Moverman exploite un scénario travaillé par James Elroy pour mettre en image le chemin de croix d'un flic corrompu.

Rampart, c'est un peu The Shield traité à la Bad lieutnant. Entièrement centré sur le personnage de Woody Harrelson (complètement bluffant dans son interprétation de flic en sursis !), le film dresse " un portrait attachant d'un beau salopard" en pleine "shit storm". Si le personnage est effectivement un ripoux, le spectateur est avant tout confronté à l'impression de son potentiel de violence et de nuisance plutôt qu'à la mise en image de ses actes. Le portrait ainsi dressé s'en trouve plus fin, plus subtil, mais ça ne sera pas suffisant !

Réalisé de la plus belle des manières qu'il soit, avec une esthétique particulièrement réussie (même si certains effets de caméra et certaines scènes interrogent, et que certains plans semblent là juste "pour faire joli"), Rampart ne réussit pas à s'emparer du spectateur. Son traitement en multitudes de petites scènettes, n'arrive pas à trouver son rythme et l'intensité dramatique du scénario peine à s'installer.

Rampart devient alors bien long, et son choix de ne pas tout raconter, de garder certaines zones d'ombres sur ses personnages, se paie bien vite en terme d'intérêt et de force. Sa narration erratique et confuse déstabilise, et la sensation de ratage se confirme avec une utilisation tout aussi confuse des personnages secondaires (pourtant un fort beau casting, Robin Wright en tête).

Woody Harrelson est grandiose, le sujet passionnant, la réalisation soignée et esthétique, et pourtant Rampart échoue à nous intéresser. Peut être victime d'avoir voulu trop bien faire, Rampart tombe dans l'obscur et ne livre au final qu'une succession de pièces hétéroclites, de qualité variable (du très bon au franchement moyen), une sorte de belle mécanique, fine et complexe, mais hélas non fonctionnelle, livrée sans aucun mode d'emploi pour le faire fonctionner. Dommage.

Red State (Kevin Smith, 2011)


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3 ados en quête de sexe facile se retrouvent otages d'un groupuscule religieux extrémiste et fanatique.

La religion, les armes, la morale et une Amérique en lutte avec les "enfants" qu'elle a créé, servent de décor à ce petit thriller de Kevin Smith : juste de décor. Smith semble ne pas trop savoir l'axe qu'il souhaite exploiter, hésitant entre thriller sur fond de fait divers social (on pense à la secte à Waco) et fourre-tout libératoire comme il aime  faire (ou plutôt "aimait" faire, cf. Dogma).

 Red State devient donc "instable", multi-angle, et en dépit des nombreux éléments sympathiques qu'il contient, semble refuser de se cantonner à un ou deux genres. Faute de se concentrer, il mise sur le contrepied avec le spectateur afin d'éviter les étiquettes, mais au final ne décolle pas du patchwork. Ca commence comme un teen-movie, vire vers le fait divers façon thriller (avec une ombre d'épouvante), passe par le drame et finit en Cohen (façon No Country for Old Man, où Burn After Reading).

Deux beaux moments de mise en scène, des surprises scénaristiques, une volonté affirmée de casser les codes, un John Goodman très étonnant... Red State possède pas mal d'atouts qui en font un film plutôt plaisant à regarder. Mais paradoxalement, il manque son but et laisse une sensation de film inabouti. Red State rate (de peu) son enjeu dramatique, ne laissant au final qu'un film sympathique mais en manque d'âme. La faute à la personnalité turbulente d'un Kevin Smith  qui refuse de grandir ?


Présumé Coupable (Vincent Gareng, 2011)


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Le procès Outreau est aujourd'hui symbole de l'erreur judiciaire... Alain Marécaux faisait parti de ces innocents injustement accusés. Présumé Coupable, adapté de son propre livre, retrace son histoire.

Philippe Torreton est bluffant ! Il faut commencer par là pour suivre Présumé Coupable, et "apprécier" de partager le calvaire d'un innocent. Entièrement centré sur son personnage, Présumé Coupable est davantage une dissection de la souffrance d'un homme broyé par la machine judiciaire, qu'un film sur Outreau à proprement parlé. Et c'est bien là qu'il puise toute sa force, toute son intelligence : reléguer l'horreur d'Outreau à un simple "contexte", à un simple prétexte pour se concentrer entièrement sur la construction un portrait humain bouleversant, incarné par un Torreron (encore une fois) sublime !

Présumé Coupable vous accroche immédiatement, il vous immerge dans l'enfer d'un autre et fait immanquablement naître la compassion chez le spectateur. A Doorama, on pense que c'est là que la film fonctionne et est une grande réussite, on pense que Présumé Coupable ne traite pas du sujet apparent (l'affaire d'Outreau), mais s'en sert comme levier pour en faire un film bien plus personnel et éviter de diffuser un quelconque message, un quelconque avis, sur le fait divers (contrairement à Omar m'a Tuer). En çà, on peut le rapprocher de La Chute, qui lui aussi se souciait davantage de l'homme que du contexte.
Présumé Coupable est un film habile, fort et brillant.     


Polisse (Maïwen, 2011)


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Immersion dans le quotidien des flics de la Brigade de Protection des Mineurs...

Polisse est un objet de cinéma d'une liberté folle. Construit comme un documentaire en immersion, le film de Maïwenn évoque avec force les situations, souvent désespérées ou désarmantes, auxquelles sont confrontés ces flics, ainsi que l'impact sur l'humain.

Sans tomber dans le misérabilisme ou user d'effets faciles pour toucher le spectateur, Maïwen filme à l'instinct. Elle distille au travers d'une réalisation puissante, libre et spontanée, un portrait bouleversant et touchant de ces hommes et femmes qui se battent dans (et avec !) leur métier.

Intelligent, inspiré et surpuissant, Polisse dessine un portrait amère d'une société en en quête de perfection alors qu'elle n'est faite que de contradictions.

Porté par des acteurs tous impeccables (Joey Starr, Karine Viard et Marina Foïs en tête !), Polisse est un film choral brutal, d'une maîtrise et d'une richesse inouïe, qui dresse avec justesse et humanité une impressionnante galerie de portraits et de situations.
Polisse est un film rare, fort, quasi parfait, né d'une réalisatrice en état de grâce.

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L'Ordre et la Morale (2011)


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Nouvelle Calédonie en 1988, des gendarmes sont pris en otage par les indépendantistes. L'Odre et la Morale raconte les jours qui ont précédés l'assaut pour libérer ces otages.

L'Ordre et la Morale est loin d'être parfait, mais on ne peut que reconnaitre l'intelligence et la conviction de la réalisation de Mathieu Kassovitz. Avant d'être une posture critique sur les circonstances et motivations de la France dans cet épisode, c'est avant tout un film qui s'interroge sur le rôle de la force dans la résolution d'un conflit et surtout un film sur les certitudes et doutes d'un homme engagé pour un pays.

Certes manichéen (l'Etat et les Kanaks, la Grande Muette et le crops du GIGN...) l'Ordre et la Morale dénonce les stratégies d'instrumentalisation en opposant les intentions politiques aux actions mises en oeuvre, et les discours affichés avec la réalité ! Le message est naïf et politiquement correct, mais Kassovitz, grâce à une réalisation sobre et inspirée, et en construisant son film principalement autour de la prise de conscience de ce capitaine du GIGN, réussit à nous convaincre.

L'Ordre et la Morale est un film fort, doté d'une mise en scène juste et inspirée (l'incroyable plan séquence lors de l'assaut !). En dépit de ses imperfections, le film captive et propose au spectateur une intéressante réflexion sur les incohérences d'un pays entre ses discours et ses actes.
L'Ordre et la Morale compense son relatif manque de finesse de réfléxion en force cinématographique : Mathieu Kassovitz retrouverait il un second souffle ? Oui.
 

Omar m'a Tuer (2011)


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Fait divers "immortalisé" pour ses lettres de sang, l'affaire Raddad avait grandement agité nos médias : une femme riche, un possible complot et un jardinier marocain.

L'acteur-réalisateur Roschdy Zem revient sur ce cas en portant à l'écran toute l'histoire, de l'arrestation à la contre enquête.

Avec une relative objectivité, il met en évidences les incohérences du dossier en revenant sur les points qui fâchent.

Avant même d'être une enquête cinématographique plutôt intelligemment présentée, Omar m'a Tuer est avant tout un portrait tout en subtilité d'un homme qui se dit encore aujourd'hui Innocent.
Sami Bouajila, y est absolument parfait de retenu, de courage et de fragilité.

On suit Omar m'a Tuer avec intérêt et on en ressort en se disant qu'effectivement, la justice est aveugle. Roshdy Zem à réussi son pari !

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