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Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow, 2012)


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Le jour où les tours se sont effondrées, les Etats-Unis sont entrés en guerre et ont entamé une traque sans précédent pour arrêter son responsable Ousama Ben Laden. Durant près de 10 ans la CIA s'est confrontée à un réseau impénétrable, durant ces longues années d'enquête minutieuse, Maya, s'est acharnée sur la moindre piste, n'en a lâché aucune, jusqu'à débusquer sa proie...

Zero Dark Thirty, en langage militaire, c'est cette demi-heure juste après minuit durant laquelle s'est déroulée l'élimination de l'ennemi public n°1 des Etats-Unis... Kathryn Bigelow, c'est sa réalisatrice... L'ex femme de James Cameron, dont la carrière pleine de testostérone s'illustre, entre autres, par un superbe et atypique film de vampires (Aux Frontières de l'Aube) par un thriller boosté au Red Bull (Point Break), par une brillante approche du quotidien des boys en Irak (l'oscarisé Démineurs) ou bien encore par ce thriller futuriste brillant et sombre à la fois, bien trop vite enterré, qu'était Strange Days. Travail de fourmi, torture et volonté d'objectivité , Zero Dark Thirty concentre 10 ans de chasse à l'homme en 2h36 de film et porte un regard interrogateur sur une période aussi sombre que ces 30 minutes qui sont venues la conclure.

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Casablanca (Michal Curtiz, 1942)


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En 1942, alors que les allemands occupent Paris, Casablanca est devenu le point de départ pour les Etats-Unis, vers la Liberté. C'est là que Rick, un homme cynique, ne prenant pas parti quant au conflit, a ouvert son bar, incontournable point de rencontre névralgique de la ville. Avec l'arrivée de Ilsa, son ancien amour, accompagnée d'un chef de la résistance Victor Lazlo, Rick devra choisir entre la neutralité ou son amour pour elle. Une question se pose : Rick est il en possession des visas des deux allemands assassinés, qui pourrait mettre en sureté Lazlo et Ilsa ?

Après Les Enfants du Paradis, voici ce qu'on pourrait qualifier d'autre "meilleur film de tout les temps"... Abusif ? Oui et non, car Casablanca est certes un film de propagande anti-nazi, mais c'est  aussi une puissante histoire d'amour, de Résistance, d'engagement et de sacrifice. Dans cette ville étouffante où cohabitent passeurs, collaborateurs et résistants, Michael Curtiz fabrique un monument du cinéma, à la fois simple et complexe, traversé de personnages souvent ambigus, inoubliables et finalement tellement humains...

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Expendables 2 : Unité Spéciale (Simon West, 2012)


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 L'équipe de Barney doit mettre la main sur un boitier secret dans un avion qui s'est crashé. Au cours de la mission, ils sont interceptés, le boitier leur est pris et l'un des leurs est tué froidement. Barney et son équipe n'a alors qu'un seul plan : le traquer, le trouver, le tuer ! Il faudra faire vite car le boitier contient des plans d'accès à une réserve de plutonium...

Expendables 2 Unité Spéciale corrige sensiblement le manque d'action de son prédécesseur et se rapproche un peu plus du gros défouloir espéré. Le revival du muscle 80's se met donc une nouvelle fois en branle, nous perdons Mickey Rourke, mais gagnons Van Damme et Chuck Norris au passage... Simon West, 15 ans après l'amusant mais pauvre Les Ailes de L'enfer, réalise un film "Bim, bam boum, pan t'es mort" qui laisse la rédaction dubitative quant à choisir entre "RAS" ou "rien de neuf" !


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Chicken Run (Peter Lord, Nick Park, 2000)


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Ginger ne rêve que de s'évader du poulailler et de quitter sa misérable vie de pondeuse. Lorsque le coq Rocky attérit un jour au beau milieu du poulailler, Ginger entrevoit alors la solution : Il faut voler ! Il faut faire vite aussi car les fermiers installent une terrible machine à faire des Tourtes au Poulet !

Les Studios Aardman à leur plus haut niveau, enfin, juste après Les Aventures de Wallace et Gromit ! Chicken Run demeure plus de 10 ans après comme au premier jour, totalement épargné du temps qui passe. La raison tient autant de l'incroyable niveau de qualité de l'animation "pâte-à-modeler", que d'une réalisation aussi inventive qu'adaptée, qu'à son scénario parodique référentiel.

Cette version fermière de La Grande Evasion (qui remplacera Steve McQueen par un avantageux coq flambeur doublé par Mel Gibson...), parvient à éviter de céder aux sirènes de sa lecture par les enfants. On est en effet surpris de voir que Chicken Run n'a d'enfantin que l'apparence de ses personnages (mais pas leur conception !) et qu'à de très très rares moments seulement il s'enferme dans une vision destinée aux enfants. Il parvient donc ainsi, avec ses trésors d'humour anglais bien senti et souvent très fin, à être au final davantage un film pour public adulte que pour les enfants (nous sommes à la rédaction persuadé que l'animation n'est pas synonyme de film pour enfants, mais l'êtes vous ? Si non : Chicken Run !). D'ailleurs il ajoutera à son modèle une lecture du génocide Nazi, qui donnera encore plus de sens et de souffle au film, en invitant la solution finale sous forme de machine à tourtes ! (audacieux, mais tellement bien amené).

Film pour adulte donc (mais pas que, bien sûr !), Chicken Run joue à fond la carte de la parodie et nous livre derrière sa matière animée image par image, une formidable galerie de personnages pleine de vie, et à la psychologie aussi travaillée que son animation ! Chicken Run est un travail de maître horloger d'une précision rare : expressions des poules, situations générales, décors, rythme, humour et même émotion parfois, sont superbement mis en oeuvre dans cette géniale histoire entre aventure et délire maitrisé.

Il nous parait difficile de trouver le moindre reproche à formuler à l'encontre de Chicken Run... Il propose un univers bien plus riche que celui de Disney (même si les objectifs ne sont pas les même, il est vrai), il prouve (mais fallait il encore le démontrer) que l'animation n'est "pas que" destinée aux enfants, et par dessus tout nous offre un film drôlissime, rempli de savoureux détails visuels comme scénaristiques. Lors de sa sortie, nous avions certes beaucoup aimé ce poulailler en folie, mais sans en tomber pleinement amoureux (quoi que Ginger, la jolie poulette...). Aujourd'hui, sa redécouverte nous à permis de voire (contempler ?) toute sa finesse, sa vie et son énergie que son rythme à 100 à l'heure ne nous avait pas laissé le temps de voire lors de notre première vision. La plus grande complexité possible sous des apparences de simplicité évidente : et si c'était ça le génie ?

Procurez-vous Chicken Run ou d'autres films de Nick Park ou avec Mel Gibson

Croix De Fer (Cross Of Iron, Sam Peckinpah, 1977)


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Le capitaine Stransky, un officier allemand issu de l'aristocratie en quête de la prestigieuse Croix de Fer, se fait muter sur le front russe, alors que l'armée allemande, en pleine difficultés, recule. Malgré des combats qui ne laissent pourtant aucun répit, une rivalité s'installe avec le Sergent Steiner, un officier proche de ses hommes, lui même décoré de la Croix de Fer.

Au delà d'une réalisation un peu fatigante (abus des ralentis, montage ébouriffant qui restitue le fracas des combats...) Sam Peckinpah aborde ici la guerre comme rarement au cinéma (on pense aux approches de La Ligne Rouge ou Apocalypse Now, mais aussi à Il Faut Sauver le Soldat Ryan...).

L'absurdité et l'horreur de la guerre forment bien évidemment la colonne vertébrale du puissant message de Sam Peckinpah (Les Chiens De Paille, La Horde Sauvage, Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia), mais il se doublent d'une vaste palette, plus intime, de faiblesses individuelles et humaines qui en multiplie l'impact. Orgueil, bêtise, égoïsme, injustice et violence viennent ainsi rehausser davantage (saturer !) un tableau déjà bien sombre (le superbe passage de l'enfant russe...).

Dans un enfer déjà total, Peckinpah parvient à faire entendre le son des comportements individuels, comme pour rappeler que le le grand tableaux est lui même composé d'une multitude de touches. Si le sergent Steiner (James Coburn) n'est pas aussi "mauvais" que Stransky (Maximilian Shell), il n'en demeure pas moins un chien de guerre au service de la folie ambiante, qui fera certes preuve de coeur et de courage, mais qui reste l'un des rouages de cette guerre, l'un des moteurs. Même s'il y en a, les bonnes actions de Croix de Fer se font bien vite oublier, car pour Peckinpah, rien ne pousse sur un champ de bataille... (on pense alors aux chants d'enfants, certes d'une certaine jeunesse, illustrés par des photos de guerre lors des génériques d'entrée et de sortie du film...)

La vision nihiliste de Peckinpah ne verse pas un seul instant dans l'anti-allemand, mais son choix de placer son récit dans l'armée allemande (et on pardonnera pour l'occasion la stupidité d'entendre des soldats allemands parler un américain bien sonnant) et sa volonté de noircir chaque aspect de la guerre (idéologies, violences, injustices, actes de masse mais aussi individuels) ne peuvent être séparées de l'horreur à venir des camps... Peut être est-ce là que Croix de Fer atteint formidablement son objectif : décrire un enfer au sein d'un autre (et ici, l'enfer c'est les autres !), mais aussi dessiner en filigrane la faculté que nous avons, individuellement comme collectivement, à le créer !

Il y aurait beaucoup à dire sur ce Croix de Fer, qui sous ses apparences de film de "gueguerre" un peu basique et brutal, cache une formidable richesse de thèmes (comme la lutte des classes par exemple !). Sa densité lui permet de rivaliser sans peine avec les plus grands films contre la guerre. Alors pourquoi diable cette pépite est elle si souvent oubliée ? Pourquoi ne vous offririez vous pas l'occasion de découvrir ce "petit film" (nous ne le pensons pas) aux ambitions si formidablement portées ?
La Rédaction de doorama est unanime : il FAUT découvrir Croix de Fer !   

NDLR : On a oublié de pointer la présence de David Warner, un acteur lui aussi un peu oublié, mais pourtant souvent incroyable dans ses rôles de second couteau comme dans Les Chiens De Pailles ou C'Etait Demain
(voir sa filmographie chez nos copains de Cinéfriends : Allocine ou IMDB n'a pas besoin de nous :-).


Procurez-vous Croix de Fer ou d'autres films de Sam Peckinpah ou avec James Coburn

Furyo (Merry Xmas Mr Lawrence, Nagisa Oshima, 1983)


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En 1942, dans un camp de prisonniers à Java, John Lawrence sert d'intermédiaire entre les soldats anglais et leurs geôliers japonais. Avec l'arrivée du major Jack Celiers, il verra naître une provocante rivalité avec le capitaine Yonoï, l'officier en charge du camp.

Nagisa Oshima (l'Empire des Sens) choisit deux stars du rock, Ryuichi Sakamoto et David Bowie, pour donner corps à ce que l'on pourrait comparer (à tort ?) à une version japonaise du Pont de la Rivière Kwaï, et aborder la différence culturelle, mais aussi, en toile de fond, l'homosexualité.

Furyo s'intéresse donc à cette guerre qui fait s'interroger sur son ennemi et ses valeurs, cette guerre qui, paradoxalement,  rapproche les peuples (la relation entre Lawrence et le sergent Hara joué par Kitano...). Il oppose la tradition japonais et son sens de l'honneur, qui trouve un sommet avec la mort (le hara kiri), avec la vision occidentale où l'honneur est de survivre et de résister. Et de rapprochement il en sera question puisque Oshima trouble cette confrontation culturelle en installant, derrière la fascination du capitaine Yonoï pour Celiers, une attirance homosexuelle, contraire à toutes ses valeurs. Pour Oshima, la passion et le sentiment est le vecteur de rapprochement entre ces deux cultures distantes, entre deux êtres, leur terrain de rencontre...

Illustrée par la superbe BO de Ryuichi Sakamoto, Furyo est un film ambigüe et d'une grande richesse thématique. Oshima, traitant de la guerre, ne délivre aucune leçon d'humanisme directe (il se contente d'approcher et de soulever les questions sans y apporter de réponse définitives) et, traitant de l'Amour, se contente de décrire son potentiel créateur (de rapprochement, de compréhension, de découverte) sans jamais lui donner vie (un simple geste, une bise, appellera la faucheuse...). C'est cette pudeur des sentiments, refoulés, cachés et contraints par les codes japonais, qui donnent à Furyo sa finesse et son parfum si particulier. Oshima livre un film fin et atypique, un film de guerre subtil (psychologique !), tout en non-dits, théâtre d'une passion aussi problématique que salutaire.


30 ans plus tard, et malgré son rythme vieillissant, Furyo reste un bien curieux film. Réunissant deux stars du rock et une star du comique (le Kitano !), pour parler d'amour et de respect, sur fond de guerre, d'honneur et de fossé culturel, il conserve tout son mystère, sa richesse thématique et sa force. Le "Merry Xmas, Mr Lawrence" lâché par le sergent Hara, résume à lui seul la très large palette émotionnelle et thématique de Furyo... La rédaction de Doorama à véritablement été surprise de constater que Furyo recèle encore autant de vie, autant de dynamisme caché : une redécouverte passionnante.

Procurez-vous Furyo d'autres films de Nagisa Oshima ou avec de Takeshi Kitano ou David Bowie

Sayonara (Joshua Logan, 1957)


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En pleine guerre de Corée, un officier américain est affecté à la base de Kobe, au Japon. Au travers du mariage d'un de ses hommes, il va découvrir la culture japonaise et va lui aussi tomber amoureux d'une actrice japonaise, et braver la farouche opposition aveugle de sa hiérarchie contre ces amours mixtes.

Hollywood dans toute sa puissance et sa majesté, et Hollywood dans tout ce qu'il a de plus "petit". Voici notre délicate position sur le Sayonara de Joshua Logan (Picnic), flamboyant mélange de drame, de romance et d'exotisme mais aussi, ouvrons les yeux, marqué des sceaux du ridicule et de la caricature.

Pur produit de studio basé sur un roman à succès, Sayonara utilise la guerre de corée comme toile de fond pour délivrer un message de fraternité et d'amour. Délicieusement naïf, mais indécrottablement impérialiste (même si c'est à dessein, Marlon Brando ressemble à s'y méprendre au Jean Dujardin de OSS 117 Rio ne Répond Plus... fous rires garantis pour son personnage de "Yankee Crétin" qui n'a rien à envier aux lapins du même nom...), Hollywood déploie toute l'artillerie lourde pour satisfaire les besoins du peuple : clichés, cartes postales, stéréotypes, raccourcis psychologiques, violons et eau de rose sont donc au programme, le tout bien platement mis en scène ! Nous aurons même droit à un Ricardo Montalban (l'hôte de la série l'Ile Fantastique) inoubliable en faux-japonais aux yeux tirés !

Malgré toutes ses tares, Sayonara déploie un charme fou : de celui de ces grandes et belles romances, un peu mièvres, qui résistent au destin (à la Autant en Emporte le Vent). Sayonara a beau démarrer laborieusement et accumuler les images d’Épinal, il finit par vous avoir à l'usure, et son coté Harlequin teinté d'exotisme de pacotille, parvient finalement à s'estomper pour laisser enfin transparaître ses belles intentions et sa nature généreuse.

Complètement désuet aujourd'hui, très proche du kitch (caricature sera le maître-mot !), Sayonara témoigne pourtant de la puissance de cette machine à rêves qu'était Hollywood (MGM, ici). Malgré son pachydermisme éhonté (Brando en fait des tonnes... le film enchaîne les lieux communs aussi vite que feu mon chat ses croquettes...) Sayonara satisfera et plaira absolument à tous les publics. Les cinéphiles (bien sûr) pour son intérêt "historique" ce qu'il témoigne de son époque, les amateurs de romance (l'histoire secondaire de l'officier Kelly avec Katsumi est réellement belle et émouvante), et les amateurs de comédie seront eux-aussi tout autant emballés par son involontaire coté parodique, façon Le Grand Détournement (surtout s'ils le voient en VF, véritable source de grands moments comiques !).

A la rédaction, vous l'avez peut-être remarqué, nous entretenons un rapport tout particulier avec le Japon, et bien qu' "hérétique" sur bien des points, Sayonara à réussi, contre toute attente, à nous tirer des larmes de rires, mais aussi, et c'est un fait, des larmes d'émotions. Une "vieillerie", certes, mais Sayonara est tout ce que l'on veut, sauf une perte de temps. A découvrir !

Procurez-vous d'autres films avec Marlon Brando ou de Josua Logan

There Be Dragons (Roland Joffé, 2011)


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De nos jous, Un journaliste enquête sur le père Josemaría Escrivá, fondateur de l'Opus Dei. Pour cela, il se rapproche de son père, qui à connu le père pendant la guerre civile en 1936, mais qui prenait alors un tout autre chemin....

On se souvient de Roland Joffé pour Mission, La Déchirure, ou bien encore La Cité de la Joie, mais il y a bien longtemps que son cinéma, appliqué et humaniste, n'a plus délivré de films d'ampleur équivalente. There Be Dragons ne sera pas encore le film du retour en grâce pour Joffé.

Cette évocation du parcours du fondateur de l'Opus Dei, particulièrement pendant la période de la guerre civile espagnole, se fait au travers de l'évocation d'une relation entre deux homme : un qui va vers Dieu, l'autre non ! En ces temps de guerre, Joffé utilise les camps adverses marquer les directions opposées de ses personnages, tant et si bien qu'a force de "marquer" les personnages, il finit par grossir à l'extrême ses ficelles. Si l'on rajoute à cela une  narration en voix off envahissante, There Be Dragons perds toute fluidité et tombe dans une routine scénaristique propre aux "films à Oscars".

There Be Dragons raconte certes une "Belle Histoire", son scénario est riche d'angles et d'enjeux, mais Roland Joffé échoue à lui donner corps, sa réalisation convenue lui ôte toute ampleur, tue son souffle épique, et le ramène à une évocation historique ordinaire et peu excitante. Même si There Be Dragons n'est pas un "mauvais film" et parvient à intéresser le spectateur (ne serait-ce que pas sa peinture d'une période peu évoquée au cinéma), il souffre d'un manichéisme maladroit et d'une timidité narrative que l'on pourrait qualifier d'indigne pour son réalisateur.
A ranger à coté de Cheval De Guerre, même si les objectifs diffèrent.

Lune de Miel Mouvementée (Once Upon A Honeymoon, Leo Mc Carey, 1942)


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Pendant le seconde guerre mondiale, un journaliste cherche des informations sur un Baron autrichien lié à Hitler. Afin de mener son enquête, il se rapproche de la future épouse du Baron dont il tombe amoureux... Son enquête le fera traverser l'Europe en guerre pour suivre le Baron et son épouse.

Leo McCarey participe à l'effort de guerre américain, comme nombre de réalisateurs de l'époque (on pense à Frank Capra...) en réalisant cette comédie engagée contre le nazisme qui rongeait l'Europe.

Si Lune de Miel Mouvementée se regarde avec plaisir, son humour timide et son hésitation à choisir son registre entre espionnage et comédie romantique ne laisse pas de souvenir impérissable. Lune de Miel Mouvementée est léger, rythmé, parfois très drôle mais revêt une forme un peu trop fourre-tout.

Qu'importe ! Le film de McCarey vaut avant tout d'être vu pour le couple Cary Grant - Ginger Rogers dont le jeu énergique, libre et naturel semble aujourd'hui bien moderne, au regard des standards de l'époque !

Lune de Miel Mouvementée émet encore un charme certain et la maîtrise de McCarey y est indéniable en dépit d'un scénario qui ratisse un peu large (romance, humour, espionnage, dénonciation, etc...) et qui de temps à autre manque de fluidité.


Coriolanus - Ennemis Jurés (Ralph Fiennes, 2011)


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De nos jours, le général Coriolanus, est le héros de Rome pour sa victoire contre les rebelles qui la menaçaient. Nommé consul, il est finalement trahi et exilé. Ivre de vengeance, il rallie son ennemi pour renverser le pouvoir en place et conquérir Rome.

Coriolanus est la transposition d'une oeuvre de Shakespeare dans notre monde actuel, les romains antiques cédant leur place à des militaires et le contexte politique et économique collant à l'actualité en insistant sur la fracture entre le peuple et les dirigeants. Ralph Fiennes y fait ses premières armes en tant que réalisateur et partage l'affiche (il y est excellent !) avec Gérard Butler (300) pour déclamer le texte de Shakespeare entièrement conservé.

Coriolanus, entre la tragédie classique Shakespearienne et la modernité de son contexte contemporain, trouvent une résonance étonnante en brouillant les repères temporels. Ralph Fiennes réussit non seulement à démontrer la modernité de l'oeuvre originale, mais en lui redonnant de nouveau un visage actuel, fabrique un univers hybride tout à fait stimulant.

Par son exposition d'un pouvoir politique en uniforme, son fond de révolte et des décors dépouillés, on est à deux doigts d'un univers d'anticipation proche du 1984 totalitaire d'Orwell (trouvant ses bases dans les crises économiques actuelles et, situé en Italie, pouvant même rappeler les souvenirs de l'italie fasciste). Curieusement, on pourrait presque décrire Coriolanus comme un "péplum d'anticipation" ! (tout comme Valhalla Rising pouvait être vu comme un film de vikings, mais aussi comme un film de science fiction... dixit Winding Refn !)

Outre cette interprétation très personnelle, Coriolanus reste avant tout l'histoire d'un homme partagé entre son honneur, son éthique et sa nature brutale, et demeure une intelligente et habile relecture contemporaine de Shakespeare. Modernité et classicisme s'opposent et se répondent (se mélangent même) tout au long de la très belle réalisation de Ralph Fiennes. En plaquant les problématiques de notre crise actuelle en toile de fond de son Coriolanus, Fiennes accouche d'un films qui faute d'être trépidant, n'en demeure pas moins très stimulant. Là ou certains spectateurs peu enclins à Shakespeare ne se heurteront qu'à une tragédie hermétique et statique, à doorama, on a trouvé l'expérience "troublante".

Cheval de Guerre (War Horse, Steven Spielberg, 2012)


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Une rapport unique lie Albert avec Joey, son cheval. Mais la guerre les sépare, et commence alors pour Joey un long périple au travers de l'Europe, ponctué de rencontres fortes, mais aussi dangereuses. Albert et Joey feront tout pour être de nouveau réunis.

A la rédaction, on est pas très copains avec Steven Spielberg... Alors débarrassons nous tout de suite de l'essentiel : Cheval de Guerre est une grande aventure familiale, épique, riche en sentiments avec une belle mise en images. Spielberg réalise un "grand film à l'américaine", sans génie, aucun, mais comme toujours son cinéma à de la gueule, le Monsieur sait faire ! Voilà.

Cheval de guerre est loin d'arriver en tête de sa filmographie. Son sujet grand public vendu à coup de cartes postales irrite rapidement. Son scénario digne d'un Bibliothèque Verte, tire inexorablement le film vers un jeune public 8-12 ans qui ne serait pas encore accroc aux super héros. Adulte, on a bien du mal à digérer facilement la naïveté de son histoire, cette avalanche de bons sentiments dans un monde brutal rime abusivement avec "mièvrerie".

Cheval de Guerre est une aventure exaltant les valeurs d'amitié, de courage et de générosité ; c'est avec ce cheval que ces valeurs apparaissent chez les humains, il en est un catalyseur. S'il possède ses moments de charme (l'amitié entre les soldats anglais et allemand pour sauver Joey... Une exécution devant un moulin...), l'impression qu'il laisse après sa vision est pourtant celle d'un Spielberg en pilotage automatique, usant et abusant des techniques et d'un style qui l'ont consacré mais n’innovant absolument plus.

Ce que l'on reproche à Cheval de Guerre, ce n'est pas sa dimension familiale, mais sa paresse créative masquée par un savoir-faire effectivement évident. Steven Spielberg a visiblement voulu donner à Cheval de Guerre le souffle des grandes fresques (son final hommage à Autant En Emporte Le Vent...), s'il tient effectivement ses promesses à l'écran, il souffre paradoxalement de son classicisme et sa quête de grand sentiments l'embourbe dans la mièvrerie un peu stérile. Spielberg à sans doute réalisé le grand film familial qu'il souhaitait (et c'est réussi pour nos têtes blondes), mais pour beaucoup ce Cheval  de Guerre risque de ne pas dépasser le statut d'un "Autant En Emporte Mon Dada" manquant à la collection Bibliothèque Verte !