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Compliance (Craig Zobel, 2012)


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Becky travaille dans une chaîne de restauration rapide sous la supervision de Sandra. Sandra reçoit un coup de téléphone de la police accusant son employée de vol. Sandra va suivre les demandes de la police, plaçant Becky dans une position de plus en plus difficile et humiliante... Abus de pouvoir, soumission à l'autorité, harcèlement, perversion... La situation va prendre des allures qui dépasseront tout le monde.

Forme de hui-clos décrivant jusqu'où l'on peut se soumettre à une autorité reconnue, Compliance s'attache à décrire le lent dérapage d'un incident professionnel vers des extrémités dramatiques. Derrière Compliance, se cache le fait divers d'un homme qui exploite les faiblesses de l'individu, s'appuyant de surcroît sur une réalité professionnelle tout aussi problématique que le fait divers lui-même. Compliance, film étrange entre voyeurisme, dénonciation et mise en garde...

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Rosewood Lane (Victor Salva, 2012)


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Sonny Blake, une psychologue qui anime une émission de radio, décide de vivre dans la maison dans laquelle son père est décédé. Le quartier de Rosewood Lane est tranquille  mais tous les habitants semble craindre le jeune livreur de journaux. Sonny va se retrouver harcelée par ce dernier. Le jeune homme, véritablement diabolique, n'est peut être pas étranger à la mort de son père...

A la Rédaction, le nom de Victor Salva nous fait saliver, nous rappelant un tout petit film de monstre, un film hommage particulièrement efficace et énergique : Jeepers Creepers. Mais la foudre ne tombe que rarement deux fois au même endroit, et alors que nous comptions sur le bonhomme pour nous délivrer un traitement de cheval sur un sujet ordinaire, Rosewood Lane ne propose rien d'autre qu'un thriller de harcèlement vaguement teinté de fantastique, bien plus proche la médecine douce que de l'électrochoc.

Reprenant une construction métronomique mainte fois vue sur le sujet (le quotidien... un premier incident mineur... puis un autre, des forces de police sceptiques, puis une montée des épisodes de harcèlement  jusqu'à un dénouement conclu par une ouverture prétexte à une suite...), Rosewood Lane ne parvient à insuffler ni nouveauté, ni originalité dans sa proposition. Lent à atteindre sa vitesse de croisière, peu crédible quand aux comportements de ses personnages, la pauvre Sonny ne sera pas plus chamboulée que cela des agressions qu'elle traversera, le spectateur non plus. La passivité de l'actrice Rose McGowan aura par ailleurs bien du mal à nous convaincre d'une quelconque émotion, puisque l'excès de chirurgie aura définitivement figé ses expression sur "sosie de Michael Jackson avec une bouche bec de canard en bonus" ! Nous sommes méchants, nous assumons, mais la faute de casting est ici évidente et largement pénalisante.

Le seul atout de Rosewood Lane, c'est son jeune méchant à vélo, un simple mineur contre lequel la police est relativement impuissante, sur lequel Victor Salva réussit efficacement à nous faire douter de sa nature humaine. Sa nature incertaine, le pouvoir croissant que le spectateur lui prête trouve ses racines directement dans ce qui caractérisait le Jeepers Creepers... (le face à face final de Rosewood, n'est d'ailleurs pas sans rappeler certaines confrontations motorisées du Jeepers...) Homme ou démon, Salva insuffle fort adroitement un doute, qui s'il entretient la curiosité du spectateur, n'est hélas pas exploité autrement qu'une simple fausse piste, ludique mais tellement artificielle.

Alors que Victor Salva a en main tout ce qu'il faut pour taper dans la fourmilière et jouer avec les codes du film de harcèlement, il semble hésiter à le faire et opte finalement pour une sécurité convenue. Rosewood Lane se contente de glisser une goutte de fantastique sur son personnage, comme pour arguer de l'originalité de son traitement, comme pour se défendre de faire du "déjà fait"... Le fantastique de Rosewood Lane n'est qu'une poudre aux yeux à peine efficace sur le spectateur, utilisée au détriment de ce qui aurait pu sauver le film : travailler son rythme, sa tension et sa surprise !

Rosewood Lane se découvre (se consomme ?) mollement et lorsqu'il nous fait enfin saliver retombe aussitôt. Ses recettes ne fonctionneront que sur les moins aguerris aux thrillers, et par ce qu'elles n'ont pas réussi à mettre en branle redonneront aux autre l'envie de se revoir le Hitcher de Robert Harmon (par exemple) qui, lui, atteignant brillamment ses objectifs. Pour être un peu positif : Rosewood Lane, c'est quand même visible sans être désagréable ! Mais ce qui est désagréable en revanche, c'est de se dire que quitte à voir du déjà vu, on aurait bien mieux investi notre temps à revoir un film que l'on a déjà vu... Une animateur radio harcelée ? Un Frisson dans la Nuit, ou Talk Radio peut être ! Un gamin qui fait peur ? Funny Games peut être !

Procurez-vous Rosewood Lane ou d'autres films de Victor Salva ou avec Rose McGowan ou Ray Wise

Malveillance (Mientras Duermes, Jaume Balaguero, 2011)


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César est un gardien d'immeuble calme, serviable et aimé de tous les locataires. Mais derrière les apparences se cache un homme qui n'hésite pas à nuire aux autres dès qu'il le peut, et tout particulièrement à Clara, une locataire chez dans le lit de laquelle il s'invite à son insu chaque soir...

Balaguero aime les histoires qui font peur, il aime choisir un thème inquiétant et le traficote, l'explore et le presse jusqu'à pouvoir en ressortir ses essences de peur. Nous sommes bien sûr loin du cinéma d'auteur, mais le cinéaste connaît ses classiques, de Hitchcock au pur cinéma de genre...

Malveillance est entièrement conçu pour le spectateur, sans calculs ni prétentions, il ne vise qu'à l'emmener 1h42 durant au coeur d'une histoire dont le seul but est de jouer à se faire peur. Pour réussir son coup, Jaume Balaguero adopte une mise en scène sobre, voire conventionnelle, mais soignée.

Bienvenue donc dans le monde de César, roi du faux semblant, incarnation de l'hypocrisie et de la tromperie. Bienvenue dans la tête d'un homme qui à cause de son incapacité à ressentir le bonheur, développe un machiavélisme sans limites dont le seul but est de gâcher l'insultant bonheur des autres.

Malveillance, même s'il n'évite pas quelques scènes poussives, réussit à installer le malaise et le suspense, il prend même un malin plaisir à dépeindre la cruauté gratuite de son concierge malfaisant, et nous emmène très naturellement dans son univers tordu. Sans jamais toutefois mettre suffisamment mal à l'aise pour réellement effrayer, il construit avec intelligence une inquiétante histoire, de celles propices à faire cauchemarder les enfants. Et c'est cette habile exploitation de ces peurs un peu enfantines qui, transposées dans un univers adulte (et avec un grand sens ludique !), risque bien de vous laisser quelques images dérangeantes après sa vision.  Une petite douceur, quoi !