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The Grandmaster (Wong Kar-Wai, 2013)


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En Chine, les arts martiaux sont plus qu'un simple art du combat, ils sont un composant de l'identité d'un homme et d'un pays. C'est dans ce contexte que Ip Man représente et transmet son art. The Grandmaster raconte son parcours, étrangement lié à celui de Gong Er, seule héritière de la technique des 64 mains...

Wong Kar waï a cette image de suavité et de sensualité qui colle à sa carrière (In The Mood For Love, 2046, Happy Together...et Les Cendres du temps : un drame d'action !), et voici qu'il débarque avec un film "d'action" sur un maître d'arts martiaux : le légendaire Ip Man (le maître e Bruce Lee...), qui avait déjà trouvé une agréable version ciné en 2008... The Grandmaster pourrait sembler comme décalé dans l'oeuvre de WKW, il ne l'est pourtant pas...

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Lawrence d'Arabie (David Lean, 1962)


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Pendant la Première Guerre mondiale, un officier Britanique est envoyé recueillir les intentions du prince Feyçal pendant le conflit avec les Turcs. T.E. Lawrence épouse alors la cause de l'indépendance du peuple Arabe et devient un leader de celle-ci. Mais les visions britanniques, comme celles du prince, ne sont pas aussi claires que celles qui animent l'officier Lawrence...

Des paysages d'une fascinante beauté, un souffle épique rare et un parcours intérieur complexe et contradictoire animent Lawrence d'Arabie... Bien sûr le film de David Lean a marqué l'histoire du cinéma et traversé celle-ci auréolé de 7 oscars, mais il n'y a pas qu'une oeuvre techniquement exceptionnelle et une biographie pleine d'aventure : Lawrence d'Arabie possède un pouvoir hypnotique sur le spectateur. Entre le récit historique et le parcours d'un homme entièrement voué à un idéal, Lawrence d'Arabie est une proposition de 3h30 comme on en voit peu maintenant... Illuminé, fulgurant, grandiose et d'une richesse inépuisable, Lawrence d'Arabie est unique !

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Lincoln (Steven Spielberg, 2013)


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Abraham Lincoln à une vision pour l'Amérique déchirée par la guerre de Sécession : l'abolition de l'esclavage. Pour lui, la fin de la guerre passe par cette loi fondamentale, la dignité du peuple américain passe aussi par l'adoption de cette loi. Commence un combat politique ou chaque voix compte, où chaque voix à rallier est un combat dans lequel le président, face à l'enjeu, jouera jusqu'à sa droiture.

Sacré Spielberg ! Une fresque monolithique sur ce monument historique de la vie politique américaine... Voilà ce qui attend le spectateur américain... Figure héroïque, courageuse et idéale du père, Lincoln est présenté comme un homme d'exception, intouchable, à qui l'on doit une décision historique. C'est ce combat politique que Spielberg choisit de mettre en scène, plutôt que la vie entière ou la carrière de Lincoln. Franchement ? On préfère revoir Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires plutôt que de subir une nouvelle fois Spielberg pétri d'admiration béate devant ce monstre américain... Voilà pourquoi...

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Royal Affair (En Kongelig Affære - Nikolaj Arcel, 2012)


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Au Danemark, le roi s'adjoint les services d'un médecin personnel : Johann Friedrich Struensee. Ce dernier, adepte des Lumières, jouit d'une grande influence sur ce roi que ses conseillers considèrent comme à demi fou. Ses idées révolutionnaires ne laisseront pas insensible la reine Caroline, et une liaison va naître entre la reine et le médecin du roi. Mais l'influence de Stuensee sur Christian et les nouvelles lois appliquées au royaume danois sont loin d'être du goût de tous, et son aventure avec la reine risque bien de servir ses opposants.

Il est donc possible de mélanger passion amoureuse et révolution politique dans un film en costume sans tomber dans les clichés et les codes usés. Nous avons entendu un critique dire qu'il fallait "remonter à Barry Lyndon pour retrouver un film en costume avec une telle envergure", on applaudit des deux mains à la rédaction, tout en évoquant aussi Les Duellistes... Royal Affair à fait mouche à la rédaction, autant pour sa forme, sobre et travaillée, que pour ses acteurs (le décidément énorme Mads Mikkelsen en tête) que pour son équilibre entre romance et politique... Royal Affair n'en met pas plein la vue, c'est la tête qu'il vise...

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Les Misérables (Tom Hooper, 2013)


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Après des années en tant qu'"esclave de la loi", Jean Valjean disparaît pour pouvoir vivre sa vie d'homme, loin du terrible Javert. Leurs destins se recroiseront pourtant, lorsque Jean Valjean prendra Cosette sous sa protection, ou bien autour des barricades hissées dans la capitale... La vie dans la France du 19ème siècle, pour les plus humbles, était souvent une épreuve, celle de Jean Valjean n'y fait pas exception.

Le nom de Tom Hooper, à la rédaction, est toujours suivi d'un silence... D’abord parce qu'il nous faut toujours un temps pour "percuter" sur le fait qu'il  ne s'agit pas de Tobe Hooper, le papa de Massacre A La Tronçonneuse, ensuite pour identifier enfin son sublime (mais très académique aussi il est vrai), Le Discours d'Un Roi. Alors à l'idée de voir un film en costume 100% musical, où aucune ligne de dialogue n'échappe au chant, on s'est dit que l'homme pouvait livrer un film épique, étourdissant et capable de nous transporter 2h30 durant ! Tom Hooper a bien rempli son pari d'adapter la comédie musicale de Broadway Les Misérables (et non l'adaptation directe de l'oeuvre de Hugo...), mais quant à satisfaire nos espérances, c'est une toute autre histoire !

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Si Paris Nous Était Conté (Sacha Guitry, 1955)


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Sacha Guitry raconte l'histoire de Paris à quelques étudiants venu le trouver pour échapper à la lecture chronologique des manuels d'histoire.

Nouvelle incursion dans l'histoire de France, cette fois de notre belle capitale, Si Paris Nous Était Conté reprend la recette utilisée par le Maître dans Si Versailles M'était Conté. C'est donc à une nouvelle "leçon d'histoire buissonnière" que nous convie Sacha Guitry, en réorganisant selon son bon plaisir les faits et les anecdotes historiques qu'il a sélectionné pour nous. Esprit de Guitry est tu là ? La réponse est ici... notre réponse en tout cas !

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Si Versailles M'était Conté (Sacha Guitry, 1953)


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L'histoire du château de Versailles, depuis sa construction sous Louis XIV jusqu'à aujourd'hui, au travers de ses locataires, de ses nombreuses modifications et des anecdotes ou faits historiques qui ont fait sa grandeur et son quotidien.

Tout le style et l'esprit de Sacha Guitry se retrouve dès le générique de cette grande fresque. Mais curieusement la fresque concoctée par le maître s'apparente davantage à un catalogue ou une mosaïque qu'à une grande toile. C'est le parti pris de Guitry que de morceler l'histoire de France et l'aborder par ses détails, par moment même par le petit bout de la lorgnette. Sacha Guitry est aux commandes, impossible d'échapper à l'homme et à son théâtre...

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Le Carrosse d'Or (Jean Renoir, 1953)


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Au XVIIIème siècle, une troupe de la Commedia dell'arte se produit dans une colonie espagnole d'Amérique du Sud. La belle Camilla, la Colombine de la troupe, est  courtisée par trois hommes : le comédien Felipe, le toréador Ramon et même le vice-roi Ferdinand. Lorsque Ferdinand décide de lui offrir le Carrosse d'or, symbole de la Cour qui attire bien des convoitises, il provoque un scandale à la Cour ainsi que la jalousie des deux autre prétendants.

A l'occasion de sa ressortie en salle le 31 octobre (merci Les Acacias), c'est assis derrière Mathieu Amalric que nous avons eu le bonheur de découvrir Le Carrosse d'Or dans une version magnifiquement restaurée et dans sa version anglaise d'origine. Jean Renoir nous livre un film éblouissant, envoûtante ode à la vie, en jouant avec la limite qui sépare la scène de la vraie vie : la comédie et la Cour sont deux théâtres sur lesquels se jouent des pièces fondamentales.

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DEUXIEME FAUTEUIL : Le Carosse d'Or (Jean Renoir, 1953)


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Dans la vraie vie, les Carrosses dansent !

Doorama ouvre ses pages à sa deuxième plume à propos du Carrosse d'Or... Son nom est Pym, petite main cachée de la rédaction, lui aussi à été hypnotisé par la projection de ce Renoir impérial... Alors voici ses morceaux ramenés de la salle de projection... Juste son avis, son éclairage... A mi chemin entre l'expérience et la critique, voici sa chronique du Carrosse d'Or 


Ainsi donc une comédienne s’essaye aux jeux de l’amour dans un théâtre idéal que propose Renoir, celui de la vraie vie et des vrais gens aux têtes romantiques, graves et éternelles. Or le bonheur ne se trouve que sur la scène !

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Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires (Timur Bekmambetov, 2012)


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Avant d'être le président des Etats Unis que l'on connait, Abraham Lincoln est un chasseur de vampires. Il l'est devenu pour venger la mort de sa mère par l'une de ses créatures, mais c'est en pleine guerre de sécession que ses talents de chasseur de vampires devront s'exprimer, puisque les sudistes sont menés par ses ennemis de toujours : des vampires !

Timur Bekmambetov, c'est le réalisateur de Night Watch et de Wanted (avec sa géniale idée des trajectoires-courbes des balles de revolver), ceux d'entre vous qui ont vu ses films savent donc déjà que l'univers de bonhomme est aussi bordélique et fun que peu convaincant. Avec Abraham Lincoln Chasseur de Vampires, Timur Bekmambetov livre une fois de plus un immense "n'importe-quoi", mais aussi un "divertissement" complètement lâché et débridé.

Son pitch crétin et rigolo donne le ton : un président américain tueur de vampires ! Tout est alors possible dés lors que l'on a accepté cette idée saugrenue, et c'est le signal pour Timur Bekmambetov de laisser libre court à sa créativité, et même si on peut en disccuter, le moins que l'on puisse dire est qu'il n'en manque pas ! Seuls comptent le divertissement à tout pris et le plaisir du spectateur pour son réalisateur. Tous les coups sont donc permis : scène de baston à la hache entre le président et un vampire, en plein jour, au beau milieu de centaines de chevaux sauvages emballés, ou bien encore interminable course d'un train sur un pont en feu qui s'écroule, nos héros livrant bien entendu bataille au beau milieu de cet enfer de feu ! Timur Bekmambetov veut vous en donner pour votre argent, et pour ce faire, voit les choses en grand. Complètement libre, exubérant et entièrement décomplexé Abraham Lincoln Chasseur de Vampires vise le fun et le voyant à tout prix et, il faut bien le reconnaître, atteint brillament, mais partiellement, son objectif.

Hélas ! Si l'ambition est là, si le délire visuel est bien présent, tout ça ne fonctionne pas aussi bien que ça le devrait. On abuse de l'hyper-chorégraphie au ralenti lors des acrobatiques et aériens combat du président à la hache, on force artificiellement le rythme des péripéties et du film avant de sombrer dans une longue partie molle du film et on est tellement pressé d'en mettre plein la vue au spectateur qu'on se plante dans son montage au point d'intégrer une scène entière (pas un simple faux raccord) au mauvais endroit ! Là on vous explique : le président s'est battu, il à l'oeil bien amoché, il guérit, s'entraîne, puis la scène suivante se retrouve de nouveau la gueule amochée comme au premier jour, lors de l'ancêtre du diaporama Powerpoint... On sent bien toute l'énergie et la bonne volonté de son réalisateur, mais le résultat est bien trop brouillon à l'écran pour en oublier toutes ses audaces et maladresses. Du "grand n'importe-quoi" au service du pur divertissement, pourquoi pas, le spectateur est capable d'accepter le concept, mais les limites sont ici largement franchies : le "grand n'importe-quoi" maîtrisé cède sous son propre poids et le "n'importe-quoi" l'emporte sur le grand !

Quand à son contexte historique (avec son sympathique détournement de la guerre de sécession en combat entre nordistes-humains-abolitionnistes et sudistes-vampires-esclavagistes), il accouche principalement d'une reconstitution numérique assez moche et peu crédible. Ce qui nous conduit à penser une fois de plus que le mélange historique-fantastique-numérique est un formidable terreau où la  médiocres aime à s'installer :  Sherlock Holmes : Jeu d'ombres, La Ligue Des Gentlemen Extraordinaires nous le rappellent douloureusement. Si on ne tient compte que de son idée de base, Abraham Lincoln Chasseur de Vampires trouve donc grâce à nos yeux pour sa créativité débridée et sa grande liberté, on peut difficilement lui ôter ça ! En revanche le résultat final est des plus indigeste...  Le blockbuster barré qui nous transforme le noble président barbu en super-héros expert du maniement de la hache et des arts martiaux ne réussit pas, malgré son énergie, à nous faire oublier ses lourdes faiblesses... Derrière toute son énergie se cache un vide abyssal que le prétexte du "pur divertissement" à bien du mal à masquer. Timur Bekmambetov à certainement plein de choses à offrir au cinéma, mais il faut le cadrer le garçon, sinon, il part en vrille... En faisant abstraction de toute considération qualitative, Abraham Lincoln Chasseur de Vampires saura peut être séduire le plus jeune public en quête de baston, les autres n'auront droit qu'à 105 longues minutes de divertissement plus fatigantes que stimulantes. A consommer en cas d'urgence, cerveau et sens critique en veille prolongée  ;-)

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Le Prestige (Christopher Nolan, 2006)


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Deux magiciens se livrent une rivalité sans limite pour exceller dans leur art et supplanter l'autre.

Entre Batman Begins et Dark Knight, Christopher Nolan réalisait cette histoire atypique et originale, entre thriller et fantastique. Explorant la rivalité de deux magiciens dans le Londres du début du siècle, Nolan nous invite à une confrontation hors du commun, dans laquelle illusions, escamotages et manipulations remplacent les armes.

En substituant le tour de magie ultime à l'arme parfaite, Christopher Nolan habille son récit d'un mystère épais et ludique (que l'on sait pourtant par définition artificiel) et construit un suspens efficace en transformant les "secrets" des deux personnages en enjeux fondamentaux, voire vitaux. Christian Bale et Hugh Jackman (quel cabotin ce Jackman...) campent avec conviction les ennemis mortels et donnent toute la crédibilité nécessaire à leurs ambitions obsessionnelles. Leur compétition, au début triviale, évolue vers une intéressante forme de corps à corps (à distance !) pour culminer dans une passionnante mise en image du duel. A la manière des Duellistes, Le Prestige entraîne le spectateur dans un duel au long cours entre deux hommes, une quête aveugle de la victoire pour laquelle ils sont prêt à tout sacrifier.

Thriller original et malin, Le Prestige invite le spectateur à une succession de tours de passe-passe, il brouille habillement les pistes et joue à merveille des faux semblants. Grâce à son habile construction et à sa lente et progressive incursion dans le fantastique, le film de Christopher Nolan captive le spectateur et entretient avec une grande efficacité sa soif de connaître le fin mot -le secret- de chacun des deux saltimbanques.

Doté, comme toujours avec Nolan, d'une réalisation particulièrement soignée, Le Prestige possède l'immense qualité de se densifier tout au long de son déroulement. On pourra certes reprocher au Prestige d'user d'un twist final un peu too much (mais aussi inattendu qu'efficace), tant on aurait aimé que la révélation finale du film, à l'image des tours de magie, ne soit qu'un truc qui nous aurait échappé, mais il confère au Prestige son originalité et sa personnalité atypique, à mi chemin entre réalité et illusion.

Passionnant, hautement divertissant et (faussement) novateur, Le Prestige propose une fort belle et originale confrontation, il cisèle une intrigue ludique et confirme le goût de Christopher Nolan de fuir les sentiers battus. Sans atteindre des sommets de cinéma, le thriller fantastique de Nolan propose un univers très personnel qui a l'immense mérite d'emmener le spectateur dans un paysage qui lui semblera nouveau et inconnu. Le Prestige nous fait avec bonheur son petit tour de magie : du cinéma pas couillon et bien foutu, dont le "truc" suscite une agréable curiosité, et dont le visionnage apporte un excellent moment.

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L'Ombre Du Mal (The Raven, James McTeigue, 2012)


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Edgar Alan Poe, malgré ses succès littéraires, a de plus en plus de mal à être publié. C'est alors qu'une série de meurtres s'inspirant de ses oeuvres est commise à Baltimore. Edgar Allan Poe devra même prendre part à l'enquête policière lorsque le tueur kidnappe celle qu'il aime. Le tueur engage alors un jeu de piste machiavélique avec avec Poe.

Cette Ombre du Mal nous vient du réalisateur de l'intéressant V Pour Vendetta. Campé au milieu du 19ème siècle, cette histoire reprend les motifs de jeu de piste sur fond d'indices morbides, à la Seven, et transforme l'écrivain poète en enquêteur criminel, combattant sa propre création.

Curieuse et intrigante idée de scénariste que de transformer des personnages historiques en héros de cinéma ! (Nous découvrirons prochainement Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires, dans le même ordre d'idée). L'Ombre du Mal se nourrit donc d'éléments de l'univers de Poe et les assemble autour de (contre) son auteur. James McTeigue appelle pour l'occasion John Cusack pour transformer le poète en détective acharné, torturé par son oeuvre. Cette idée amusante ne dépassera hélas pas le stade du "prétexte", puisque l'écrivain n'apportera strictement rien à l'enquête, ne servant que de simple alibi aux choix littéraires des scénaristes. Néanmoins, L'Ombre Du Mal constituera au moins un agréable film en costume dont l'esthétique soignée n'est pas sans rappeler certains climats victorien de la Hammer ou le récent Sherlock Holmes 2, mais en plus convainquant.

Enquête un peu glauque, certes jolie dans sa forme, L'Ombre du Mal n'apportera rien d'autre que du déjà vu, qu'une enquête aux ressorts un peu rouillés au scénario peu imaginatif. Sa conclusion à la limite du bâclé achèvera de nous convaincre non pas du formidable potentiel fantastique de l'oeuvre de Poe (le fallait t'il ? le cinéma regorge déjà de maintes adaptations...) mais du terrifiant manque de courage et d'imagination de son scénario ! Comme La Ligue Des Gentlemen Extraordinaires (qu'est ce qu'on ne l'aime pas celui-là à la rédaction !) qui cherchait à compiler plusieurs univers dans un gigantesque défouloir, L'Ombre Du Mal puise son inspiration dans les classique et tente d'en faire un divertissement aussi familier que riche. Hélas...

L'Ombre du Mal tient davantage du pillage intellectuel que du divertissement. Il tente vainement de trouver le petit plus qui transformera ses objectifs mercantiles en véritable divertissement de qualité, mais son pseudo alibi culturel fait d'emprunts littéraires n'arrive pas à cacher sa mécanique usée et bien trop familière. Dans l'absolu, L'Ombre du Mal n'est pas complètement raté, mais on se dit après sa vision que ses auteurs ont essayé de nous faire prendre des vessie pour des lanternes... C'est limite. La seule ombre que ces lanternes laissent entrevoir, c'est la vague ombre d'une bonne idée, c'est tout.

Procurez-vous Film ou d'autres films de Realisateur ou avec Acteur

Le Hussard Sur Le Toit (Jean-Paul Rappeneau, 1995)


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En 1830, dans le sud de la France, Angelo, un officier italien est pourchassé par des agents prussien. En pleine épidémie de Choléra, il traverse la Provence afin de rejoindre l'Italie. En route il rencontre Pauline de Théus...

Adaptation du roman éponyme de Jean Giono, Le Hussard sur le Toit suit, pour Jean-Paul Rappeneau, Cyrano de Bergerac. Fort de son succès Jean -Paul Rappeneau avait donc toute confiance de la part de ses producteurs pour donner ses chances à ce Hussard et mettre en image cette grande aventure faite de morts et d'amour.

Léger, alerte et enjoué, Le Hussard Sur Le Toit parvient élégamment à vous emmener avec le tumultueux officier italien. Au travers de ses rencontres (certaines fort brèves à cause de l'épidémie), le voyage du jeune homme ressemble à une dernière étape avant de devenir homme, comme scellé par le premier amour qu'il croisera. Olivier Ramirez donne toute crédibilité et fougue à cet intrépide et courageux hussard, de la candeur aussi.  Quand à Juliette Binoche, elle lui oppose un modernisme parfaitement complémentaire et superbement interprété.

Jean-Paul Rappeneau articule et rythme son film autour de l'amour en construction des deux tourtereaux. Après un début riche de rebondissements, l'aventure laissera finalement plus de place au rapprochement des deux êtres, mais ne se fera pas oublier pour autant ! Rappeneau semble avoir pris le parti d'une grande simplicité et limpidité. Le Hussard Sur Le Toit est un film grand film d'aventure et d'amour, jamais prétentieux, jamais trop bavard et jamais "artificiel".

L'écrin de nature dans lequel se déroule le film (entre Aix et Gap), le contraste entre la mort rôdant et l'amour galopant, la fougue "traditionnelle" de Angelo face à la fronde "moderne" de Pauline, Rappeneau opte toujours pour une simplicité narrative et une mise en scène limpide et donne ainsi à son film une légèreté presque enfantine et ne surcharge jamais son histoire de signification excessive. Les péripéties s'enchaînent avec naturel, laissant entre chacune d'elles se former sans hâte la belle histoire d'amour des deux amants platoniques.

Une reconstitution historique  plus que convaincante, un rythme sans faille et une réalisation humble et maitrisée caractérisent Le Hussard Sur Le Toit, rendant sa vision facile, agréable et propice à une immersion totale du spectateur dans ce flot de sentiments et d'aventure. Rappeneau signe là un film vivant et attachant. Un cinéma simple et efficace entièrement tourné vers le divertissement et le plaisir instantané du spectateur : sans livrer une oeuvre inoubliable, Rappeneau livre cependant une vision incroyablement fluide d'un classique de la littérature et satisfait aux exigences premières d'un grand film d'aventure. On applaudit comme des enfants.


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There Be Dragons (Roland Joffé, 2011)


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De nos jous, Un journaliste enquête sur le père Josemaría Escrivá, fondateur de l'Opus Dei. Pour cela, il se rapproche de son père, qui à connu le père pendant la guerre civile en 1936, mais qui prenait alors un tout autre chemin....

On se souvient de Roland Joffé pour Mission, La Déchirure, ou bien encore La Cité de la Joie, mais il y a bien longtemps que son cinéma, appliqué et humaniste, n'a plus délivré de films d'ampleur équivalente. There Be Dragons ne sera pas encore le film du retour en grâce pour Joffé.

Cette évocation du parcours du fondateur de l'Opus Dei, particulièrement pendant la période de la guerre civile espagnole, se fait au travers de l'évocation d'une relation entre deux homme : un qui va vers Dieu, l'autre non ! En ces temps de guerre, Joffé utilise les camps adverses marquer les directions opposées de ses personnages, tant et si bien qu'a force de "marquer" les personnages, il finit par grossir à l'extrême ses ficelles. Si l'on rajoute à cela une  narration en voix off envahissante, There Be Dragons perds toute fluidité et tombe dans une routine scénaristique propre aux "films à Oscars".

There Be Dragons raconte certes une "Belle Histoire", son scénario est riche d'angles et d'enjeux, mais Roland Joffé échoue à lui donner corps, sa réalisation convenue lui ôte toute ampleur, tue son souffle épique, et le ramène à une évocation historique ordinaire et peu excitante. Même si There Be Dragons n'est pas un "mauvais film" et parvient à intéresser le spectateur (ne serait-ce que pas sa peinture d'une période peu évoquée au cinéma), il souffre d'un manichéisme maladroit et d'une timidité narrative que l'on pourrait qualifier d'indigne pour son réalisateur.
A ranger à coté de Cheval De Guerre, même si les objectifs diffèrent.

Barry Lyndon (Stanley Kubrick, 1976)


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Au XVIIIème siècle, suivez le parcours de Redmond Barry, simple irlandais sans fortune, jusqu'à la haute bourgeoisie européenne où il se fera appeler Barry Lyndon...

Que dire de Barry Lyndon ? Sinon que l’ascension et la chute de Redmond Barry sont, bien sûr, incroyablement mis en image par le Maître Stanley Kubrick, soucieux de transformer le moindre plan (le moindre !) de son film en tableau du 18ème...

Barry Lyndon, en plus d'être un film visuellement parfait et éblouissant (si, si!) est avant tout une peinture cruelle de la société et des hommes. Derrière le calme de ses images et l'ordonnancement de que l'on y voit, derrière les somptueux paysages naturalistes et sereins de Kubrick se cache en fait violence et cruauté, de celle que l'on croise dans la Nature.

Le narrateur annonce systématiquement ce à quoi le spectateur va assister : les revers, la bonne fortune, les embuches, le renouveau, etc... Aussi invariablement que les saisons se suivent, aussi prévisible qu'un cycle de vie animal, les échecs et les réussites de Redmond Barry s'accumulent à l'écran, et qu'importe qu'il les ait méritées ou non, puisque au final c'est la Nature qui décidera lui, de son sort, de son destin.

Si l'histoire de Barry Lyndon est bien celle d'un homme et de son ascension, puis de sa chute dans la société, sous la caméra de Kubrick, elle devient un objet d'observation aussi méticuleusement observée qu'une souris de labo. Kubrick observe le destin de Redmond, presque avec amusement, il lui lance un regard cynique, et ne s'y attache jamais puisqu'il est d'ores et déjà perdu. 

 Kubrick, avec Barry Lyndon, transforme le parcours de vie d'un homme en simple anecdote ancrée dans la vieille Europe. Il transforme aussi son film en un bouillonnement d'aller retours entre la Nature et la nature des hommes (pauvre Barry Lyndon qui ne maîtrise pas grand chose de sa propre vie...).

Barry Lyndon est un film immense (à l'image de la filmo de Kubrick), un film parfait (tel un grand monolithe...), un chef d'oeuvre dont chaque nouvelle vision recèle une nouvelle interprétation*...



* voire même, comme c'était le cas pour la rédaction de Doorama lors de son dernier visionnage, à celle d'un documentaire animalier ! (avouez qu'on ne vous l'avez jamais faîte celle là !)

Les Adieux A La Reine (Benoît Jacquot, 2011)


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les adieux à la reine affiche
A Versailles, toute la cour s'interroge sur les événements survenus à paris, l'insouciance fait place aux réactions. Sidonie, la lectrice de la reine, fidèle et dévouée, suivra 3 jours durant l'effervescence qui s'est emparée de la cour : nous sommes le 14 juillet 1789...

Avec Les Adieux à la Reine (adaptation d'un livre de Chantal Thomas) , Benoit Jacquot évoque la Révolution Française, par le petit bout de la lorgnette, s'en servant comme d'une loupe, pour raconter l'Histoire de l'intérieur, au travers des yeux d'une petite main de la cour.

La sobriété et le dépouillement de la reconstitution historique donnent à la réalisation des Adieux à la Reine un coté théâtrale particulièrement judicieux pour mettre à nu les traits de caractère de ses personnages. Cette peinture fine et cruelle d'un petit monde impitoyable, est magnifiquement portée par ses comédiennes, justes et inspirées (Léa Seydoux et Diane Kruger en tête).

Intelligemment pensé, voire stimulant (le choix d'une musique très contemporaine pour l'illustrer est absolument brillant), Les Adieux à La Reine utilise une société en plein basculement pour éclairer la confrontation de la lectrice de Marie-Antoinette avec les réalités de la société d'alors. Quand à ce qu'il convient d’appeler l'intrigue amoureuse du film, la sexualité suggérée de ses personnages, l'homosexualité sous-jacente, invite la sensualité dans l'expérience du spectateur.

Que l'on soit preneur ou non de ce lent drame intimiste sur fond de grande Histoire, le film de Benoit Jacquot, précis et minutieux, riche et subtil est une grande réussite. Par le traitement de son sujet, ainsi que par sa réalisation classique, très "cinéma à la française", Les Adieux A La Reine revêt un petit coté figé, presque poseur, qui s'il participe à l'aspect théâtrale du film, lui prêtera aussi un aspect "production télévisuelle à gros budget" qui lui ôte une certaine vie. Dépouillé de cette "posture intellectuelle" masquée de sobriété, les Adieux A La Reine aurait été une révolution ! 
 

Anonymous (Roland Emmerich, 2011)


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Et si Shakespeare n'était pas le véritable auteur de oeuvres que nous lui connaissons ? Qui serait alors le véritable auteur de ces chef d'oeuvres ? Pourquoi sont elles passées à la postérité sans que son véritable auteur l'ait été ?

Le Roland Emmerich Nouveau arrive toujours avec son lot d'interrogations... Sera t'il plus ou moins mauvais que le précédant ? S'y amusera t-on autant qu'il sera raté ?
Pour ceux qui partagent ces question avec la rédaction de Doorama, cet Anonymous risque fort de les laisser sans voix.

Autant le dire tout de suite, Anonymous est un thriller historique, plutôt intéressant et voire même réussi. Si film tient la route et que l'on que Emmerich nous surprend, on ne peut aussi que constater que le réalisateur ne parvient pas à livrer des personnages convaincants et bien écrits. C'est là le principal défaut d'Anonymous.

Si Emmerich, dans sa perpétuelle quête de spectacle, réussit ici parfaitement à inhiber ses envie de grand spectacle et conserve au film un certain coté intimiste, il ne parvient cependant pas à s'interdire une révélation inutile, proche du twist psychologique, auquel il est difficile d'adhérer, ni de nous faire le petit catalogue façon "best of" du Shakespeare pour les Nuls !

Anonymous, n'est pas un film raté (loin de là), il souffre simplement d'un certain manque de rigueur. Il donne l'impression d'un grand sujet orphelin, d'un film né dans des mains encore inexpérimentées, d'un film qui aurait pu exploser avec un Auteur mais qui n'a rencontré qu'un brillant technicien : un supplément d'âme (de personnalité ?) aurait sans doute illuminé Anonymous.


Bruegel, Le Moulin et la Croix (2011)


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Non, Bruegel n'est pas l'inventeur des couvercles des boites de chocolat, c'etait un peintre dont l'oeuvre explore le quotidien des paysans, et pour ce qui nous intéresse ici, le peintre de "Le Portement de Croix".

C'est à partir de cette toile que le réalisateur polonais à imaginé son film, récréant pas à pas et détail après détail (et il y en dans cette peinture !) les éléments contextuels dans lequel la toile à vu le jour. Chaque personnage de cette toile s'anime alors, prend vie, pour dévoiler un peu sa vie hors du tableau et ainsi en donner une lecture élargie, à la fois sociale, historique et symbolique.

Si imaginer un univers entier à partir d'une seule image est ambitieux et intellectuellement stimulant, le dépouillement choisi par son réalisateur et, à l'opposé, son esthétisme extrême et exigeant font de Bruegel, Le Moulin et la Croix une expérience à la limite de l'expérimental et parfois déconcertante (les trois grands acteurs sont quasi muets et très peu présents, les son très appuyés évoquent l'univers des productions télé BBC des 60's, le scénario très éclaté peine à captiver...).

Bruegel se fige au fur et à mesure de son avancement (touche après touche - impressionniste ?), et malgré sa très grande intelligence et son ambition, laisse peu à peu apparaître l'ennui. A la manière de certains documentaires de reconstitution à la Arte, le film et le projet lasse, victime peut être de son statut hybride entre film et documentaire.  

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Gang Of New York (Martin Scorcese, 2002)


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"Chronique express" pour ce Scorcese mal-aimé...
Certes ponctué de curiosités à l'apparence baroque, Gang Of New York demeure captivant et ambitieux de bout en bout. On y trouve avec bonheur comme une radiographie des pieds d'argile du géant Amérique.

Et puis il y a Daniel Day-Lewis... Absolument titanesque dans son incarnation du Butcher.

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There Will Be Blood (Paul Thomas Anderson, 2007)


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Le parcours de Daniel Plainview, de ses débuts dans la prospection pétrolière jusqu'à la gestion de son empire


L'incroyable sens de la narration de Paul-Thomas Anderson (Magnolia !) transforme There Will Be Blood en une fresque incroyablement riche et fascinante sur la Comédie Humaine.

A la manière d'un Alex (Orange Mécanique) dont les paupières sont maintenues ouvertes de force, PT Anderson entrave le spectateur. Il l'oblige à rester à distance de son film, l'empêchant volontairement de s'y immerger, le forçant à regarder chacune des noirceurs qui se déroulent en face de lui. (par ailleurs pas la seule similarité à l'univers de Kubrick, puisque Anderson livre une fin de film très kubrickienne dans le style et la forme...)

There Will Be Blood est visuellement splendide et contient en fait, sous son apparente austérité, une richesse de thèmes qui hélas sont cruellement d'actualité en ces temps de crise !

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