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L'Odyssée de Pi (Ang Lee, 2012)


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Piscine Molitor Patel, surnommé Pi, vit maintenant au Canada. Mais le voyage qui séparait le Canada de son Inde natale n'a pas été de tout repos. Lors de la traversée, le bateau dans lequel il voyageait avec sa famille et les animaux du zoo familial a sombré... Rescapé du naufrage, Pi a passé 227 jours, seul dans un canot de sauvetage. Seul ? Pas tout à fait, Richard Parker, "partageait" son périple... Qui est Richard Parker ? C'est un tigre... Comment survivre 227 jours en mer avec un tigre ? C'est l'histoire que Pi raconte à cet auteur venu chercher l'inspiration.

Ang Lee est un curieux touche-à-tout, un adepte des associations et mélanges inattendus, comme celle des cow-boys homosexuels du Secret de Brokeback Montain, comme celle des arts martiaux avec la poésie de Tigre et Dragon, comme celle de Raisons et Sentiments... Ang Lee n'est peut-être pas un auteur irremplaçable, mais c'est un sacré metteur en image et un faiseur de rêve talentueux. L'Odyssée de Pi est un film d'aventure tous public, qui mélange habilement suspense et poésie, et propose au spectateur un spectacle des plus agréables.

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The We And The I (Michel Gondry, 2012)


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La cloche du lycée vient de sonner la première minute des vacances d'été pour les étudiants du Bronx. Dans ce bus qui traverse la ville et les ramène chez eux, chacun expose, confronte et dévoile, parfois, leur personnalité...

L'univers parfois sur-déjanté de Michel Gondry (Eternal Sunshine of a Spotless Mind, Soyez Sympa, Rembobinez ou The Green Hornet) trouve ici une certaine modération afin de se concentrer sur le portrait de ces lycéens et, au delà des individualités, d'une certaine jeunesse.

Entièrement réalisé dans un bus, Gondry filme l'énergie et la jeunesse d'adultes en devenir. Au travers de leur parcours (en bus, mais aussi du rythme scolaire vers leurs vacances, aussi d'une année vers une autre...) la caméra de Gondry s'attache à capturer leurs interactions et, au travers de celles-ci, leur personnalité. Certains se cachent, certains s'imposent aux autres, d'autres esquivent ou jouent...

Pour retranscrire au mieux ce message (message d'amour et d'espoir ?) de Gondry à la jeunesse, il adopte un montage guidé par la vivacité de leurs échanges : les sujets de croisent, fusent et volent dans ce bus, le montage suivra ce turbulent rythme... A cette bouillonnante énergie viendra se greffer la spontanéité de ces acteurs non professionnels. Petit à petit le spectateur s'adapte au joyeux bordel de ce bus, puis entre en contact avec les jeunes, avec leurs postures, leur codes, et aussi leurs frustrations. Quelques effets de réalisation "Gondryesques" viendront décorer le tout. La saturation des thèmes et sujets de ces élèves et la bruyante exposition de la personnalité de chacun face au groupe, céderont lentement la place à l'intimité et laissera finalement apparaître, au fur et à mesure des arrêts qui videront le bus, leur véritable personnalité, celle qu'ils redoutent parfois de livrer au groupe.

Si l'exercice est rondement mené et fort bien exécuté, parfois même poétique et très touchant, The We And The I soulève cependant l'interrogation chez le spectateur. Le film de Gondry donne en effet la sensation d'osciller entre le documentaire scénarisé et l'anecdotique. Il capture bien le potentiel des gamins, leurs manières de s'inscrire dans la société qui les entoure, il dresse en effet un portrait juste et bienveillant de ces futurs adultes en plein développement, mais avec la même force, en abordant frontalement ce qu'ils sont,  impose aussi leur superficialité de "jeunes". L'ensemble est juste, riche, souvent pertinent, mais on se dit aussi à l'issue de sa vision "OK, oui bon, et alors ?".

Pertinent, donc, et objectivement réussi, The We And The I n'a cependant pas laissé à la Rédaction de Doorama de "dépôt cinématographique". Au delà de la fraîcheur qu'il dégage effectivement lors de sa découverte, The We And The I n'es pas parvenu à laisser de marques. Un bel instantané dont la portée libre et volatile nous a laissé un arrière goût d'éphémère... de superficiel, à l'image d'un des facette de ses jeunes. Finalement, nous n'aimons peut être pas tant que ça ces "jeunes" et l'étrange faculté qu'ils ont de pouvoir se protéger un peu des agressions de la société en se réfugiant dans leur univers... "Jeunes cons" ? Non, c'est nous les "vieux cons", envieux de leur jeunesse. Ceci posé : The We And The I n'as pas suscité le vent d'admiration que nous espérions, tout juste une agréable brise... Nous allons encore perdre des lecteurs, mais The We And The I nous paraît une oeuvre un peu surestimée, comme son réalisateur aux yeux d'une certaine presse.

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La Disparition d'Alice Creed (J. Blakeson, 2009)


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Deux individus préparent avec minutie un appartement, pour accueillir la personne qu'ils s'apprêtent à kidnapper. C'est Alice Creed qui se retrouve prisonnière des deux hommes, aussi décidés que préparés. Mais quelle est leur véritable but ? Quel lien existe t'il entre la prisonnière et l'un de ses gardiens ? 

La Disparition d'Alice Creed démarre formidablement, proposant au spectateur les préparatifs d'un kidnapping dans un silence aussi redoutable que ce qui semble attendre sa cible. Une fois séquestrée et attachée dans sa pièce, J. Blakeson distille enfin les éléments d'information et dévoile progressivement l'histoire et les profils des 3 personnages.

Abordé comme un hui-clos psychologique, La Disparition d'Alice Creed est un exercice plutôt bien mené qui s'amuse avec le spectateur, en éclairant progressivement un scénario qui ne révélera sa vérité que dans sa toute dernière partie. Multipliant les fausses pistes et les rebondissements, son réalisateur ne cesse de nous faire cogiter sur le "pourquoi" et les issues possibles à la situation de départ.

Parfois très tendu et fort bien maîtrisé (particulièrement dans sa première moitié), La Disparition d'Alice Creed s'essouffle cependant sur sa courte longueur. Son final soigneusement dissimulé, tout le film durant, n'étonnera finalement pas (décevra ?), car le spectateur l'aura préalablement pressentie : après tout, une histoire à 3 personnages ne laisse pas tant de fins possibles que cela :-)

C'est sans doute là la faiblesse du film de J. Blakeson : bien que réussi dans son ensemble, son aspect hui-clos laisse vite apparaître sa mécanique, et à la manière des films lost footage se heurte finalement aux limites qu'il s'est imposé. La Disparition d'Alice Creed explore trop mécaniquement les possibilités qu'offre son matériel (1 lieu, ou presque / 3 personnages) et malgré son rythme et sa forme maîtrisé laisse au final une impression de fausse bonne surprise. Alice Creed fera sans doute parfaitement le bonheur du spectateur occasionnel, mais risque de laisser aux cinéphiles plus gourmands une impression plus mitigée. S'il est un exercice de style parfaitement exécuté, il se heurte cependant aux limites naturelles de l'exploration d'un" territoire de poche".

La Disparition d'Alice Creed est à première vue "bien" (très bien même), mais à mieux y regarder on se dit quand même que l'audace et la nouveauté manquent cruellement à ce sympathique petit thriller. La rédaction de Doorama le recommande (car la qualité et la bonne volonté sont cependant au rendez-vous) mais avec un "mais..." (sauf pour la jolie plastique de Gemma Arterton)...


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