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Le Renard S'évade à 3 Heures (After The Fox - Vittorio De Sica, 1966)


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Une importante cargaison d'or est dérobée au Caire. Le Renard, un voleur rusé, se charge de monter un astucieux stratagème pour assurer son passage en Italie. C'est sous l'apparence d'un tournage de film qu'il compte récupérer aux yeux de tous la précieuse cargaison. Mais la police est sur la piste du renard...

Production internationale, vouée à un large succès public, Le Renard S'évade à 3 heures a beau cumuler le talent de Vittorio de Sica (Mariage à l'Italienne, Le Voleur de Bicyclette) avec celui de Peter Sellers, il apparaît aujourd'hui bien fade. Malgré un scénario excitant, apte à échafauder des situations comiques toutes plus folles les unes que les autres, Le Renard S'évade à 3 Heures arrive en retard au rendez-vous de la réussite...

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To Rome With Love (Woody Allen, 2012)


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A Rome, la vie de plusieurs individus va subitement s'animer, comme influencée par l'énergie de la ville éternelle : des couples se font et se défont, d'anodines rencontres deviennent magiques...

Après Vicky Cristina Barcelona puis Minuit à Paris, c'est au tour de Rome d’accueillir les problèmes, désirs, rêves et et espérances des personnages de Woody Allen. Une rencontre inter-parentale qui vire à l'opéra d'avant garde, une actrice bourreau des coeurs, une gloire soudaine et un couple au départ contrarié forment les quatre histoires principales (et savoureuses) qui animent l'effervescente ville.

Timide à l'allumage, To Rome With Love installe finalement ses nombreux personnages pour un marathon touristique de près de deux heures. A grand coup de "magie" (Allen nous avait déjà fait le coup maintes fois, et en mieux pour Paris) et de scénettes souvent drôles (l'opéra aquatique est un grand moment !), la galerie de personnage prend vie et l'écriture et le style de Woody Allen dégage son charme et son élégante légèreté... mais pas toujours !

To Rome With Love est un Woody Allen "pur jus" : léger et drôle (et donc très loin du très noir, et génial Match Point !). Certes traversé de personnages truculents, touchants, maladroits et névrosés, le film est hélas entravé d'automatismes irritants et paresseux. "Allen fait du Allen", et le roi du cocktail fait sa recette star : "1 doigt de ville européenne, 1 doigt de film choral, 1 doigt d'humour, 1 doigt d'observation bien senti, 1 filet de magie et son indispensable zeste de légèreté". Le maestro ne rate certes jamais sa recette (quoi que...), mais il faut reconnaitre qu'il y a des jours avec... et des jours "moins avec" ! To Rome With Love est de ces derniers. La recette est connue, mais la surprise n'est plus là, le rythme artificiel et l'ensemble ne séduit plus autant.

Indéniablement, To Rome With Love possède ses moments de grâce, de justesse et de drôlerie, on retrouve avec plaisir les obsessions du réalisateurs et le casting est tout à fait plaisant. Mais To Rome With Love est aussi un Woody Allen en mode pilotage automatique, une redite qui peine un peu à nous emporter, qui tarde à trouver son rythme de croisière, et qui tarderait presque aussi à s'arrêter. Loin d'être mécontents de sa vision, nous sommes cependant déçus de ne pas avoir eu droit au niveau habituel, nous avons connu Woody Allen mieux inspiré, plus appliqué et finalement avec bien plus de choses à nous raconter.
Rome ne l'aura pas autant inspiré que Paris, ou bien est-ce la chaleur... qui sait ?


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Coriolanus - Ennemis Jurés (Ralph Fiennes, 2011)


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De nos jours, le général Coriolanus, est le héros de Rome pour sa victoire contre les rebelles qui la menaçaient. Nommé consul, il est finalement trahi et exilé. Ivre de vengeance, il rallie son ennemi pour renverser le pouvoir en place et conquérir Rome.

Coriolanus est la transposition d'une oeuvre de Shakespeare dans notre monde actuel, les romains antiques cédant leur place à des militaires et le contexte politique et économique collant à l'actualité en insistant sur la fracture entre le peuple et les dirigeants. Ralph Fiennes y fait ses premières armes en tant que réalisateur et partage l'affiche (il y est excellent !) avec Gérard Butler (300) pour déclamer le texte de Shakespeare entièrement conservé.

Coriolanus, entre la tragédie classique Shakespearienne et la modernité de son contexte contemporain, trouvent une résonance étonnante en brouillant les repères temporels. Ralph Fiennes réussit non seulement à démontrer la modernité de l'oeuvre originale, mais en lui redonnant de nouveau un visage actuel, fabrique un univers hybride tout à fait stimulant.

Par son exposition d'un pouvoir politique en uniforme, son fond de révolte et des décors dépouillés, on est à deux doigts d'un univers d'anticipation proche du 1984 totalitaire d'Orwell (trouvant ses bases dans les crises économiques actuelles et, situé en Italie, pouvant même rappeler les souvenirs de l'italie fasciste). Curieusement, on pourrait presque décrire Coriolanus comme un "péplum d'anticipation" ! (tout comme Valhalla Rising pouvait être vu comme un film de vikings, mais aussi comme un film de science fiction... dixit Winding Refn !)

Outre cette interprétation très personnelle, Coriolanus reste avant tout l'histoire d'un homme partagé entre son honneur, son éthique et sa nature brutale, et demeure une intelligente et habile relecture contemporaine de Shakespeare. Modernité et classicisme s'opposent et se répondent (se mélangent même) tout au long de la très belle réalisation de Ralph Fiennes. En plaquant les problématiques de notre crise actuelle en toile de fond de son Coriolanus, Fiennes accouche d'un films qui faute d'être trépidant, n'en demeure pas moins très stimulant. Là ou certains spectateurs peu enclins à Shakespeare ne se heurteront qu'à une tragédie hermétique et statique, à doorama, on a trouvé l'expérience "troublante".

Plein Soleil (René Clément, 1960)


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Philippe Greenleaf est un oisif fortuné qui passe le temps en Italie avec sa fiancée Marge. Tom Ripley, lui, est chargé par le père de Philippe de le faire retourner aux Etats-Unis, mais en attendant il fait office d'assistant personnel de Philippe qui le méprise souvent. Tom entreprend alors de faire disparaitre Philippe afin de prendre sa place.

Aura solaire pour ce thriller psychologique bénéficiant d'un Delon au sommet de son charme et de son talent. René Clément met en image ce drame de l'envie et de la convoitise en choisissant le soleil de l'Italie comme témoin.

Plein Soleil se construit autour d'un crime, mais ce n'est pas tant sa résolution que les motivations de son auteur dont il est ici question. Le film dresse le portrait d'un tueur calculateur, mu par la convoitise et dont la passage à l'acte trouve ses origines dans la frustration. Delon envahi littéralement l'écran en donnant chair à cet homme décidé à s'offrir une nouvelle vie, il l'incarne si justement que le spectateur excuserait presque son acte. C'est cette inversion des rôles, puisque c'est la victime qui devient presque "coupable" dans Plein Soleil (Mairice Ronet absolument impérial), qui donne au film ce caractère trouble et fascinant.

Plein Soleil, subtilement, désoriente. Il agît sur le spectateur comme un soleil de plomb à midi ! Il l'entoure complètement, le submerge, et comme une insolation, lui donne la fièvre, trouble son jugement. Ce n'est qu'à la fin de Plein Soleil que la fièvre retombe, que le spectateur s'aperçoit qu'il s'est aventuré trop loin avec Tom Ripley.

René Clément signait avec Plein Soleil un thriller psychologique particulièrement fin et subtil, en jouant habillement sur le rythme, et en distillant habilement les clés de ses personnages. Tranquilement et avec nonchalance, il installe une ambiguïté et une tension des plus réussies qui font de lui un film noir à l'européenne : un film noir "méditerranéen".

La nouvelle de Patricia Highsmith dont il est tiré, "Mr. Ripley", fut réadaptée en 1999 par Anthony Minghella, avec Matt Damon et Jude Law : Le Talentueux Mr. Ripley... 



Opération Peur (Operazione Paura, Mario bava, 1966)


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Un médecin se rend dans un village pour effectuer une autopsie. Sur place, avec l'inspecteur de police, il découvre que les villageois vivent dans la peur d'une terrible malédiction : Toute personne apercevant le fantôme d'une petite fille sont vouées à la mort.

Mario Bava est considéré comme un maître dans le cinéma fantastique italien. Avec Opération Peur, il signe ici une enquête policière parée des attributs du fantastique gothique (comme en produisait à la chaîne, en angleterre, La Hammer à cette époque), à l'ambiance particulièrement réussie, remplie de suspense et d'images inquiétantes (les apparition de la petite fille sont particulièrement effrayantes et efficaces !).

Le décors (un village oublié, quasi en ruine), les éclairages baroques, ainsi que le sens du cadre de Bava donnent à Opération Peur un petit coté de train-fantôme plutôt jubilatoire. Entièrement concentré sur son ambiance et le bon déroulement de son histoire (exit de la crédibilité et de la psychologie des personnages...), ce grand cirque fantastique, dans sa catégorie, fonctionne particulièrement bien. On notera aussi quelques beaux moments de folie (comme par exemple la course dans la villa).

En revanche, s'il est perçu (à juste titre) par les amateurs de cinéma de genre ou de "cinéma de quartier", comme un petit bijou du fantastique italien, Opération Peur, pour les autres, risque fort de prendre des allures moins nobles... : celui d'un "sous-cinéma de genre", ne faisant qu'imiter et recycler (à l'italienne, quoi !) l'autre "sous-cinéma" des productions Hammer !

Emblématique, Opération Peur, est à découvrir pour l'amateur qui serait passé à coté, il sera pour les autres un très beau témoignage (non moins emblématique !) du cinéma populaire de genre de cette période.

The American (Anton Corbijn, 2010)


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Un tueur à gage veut mettre fin à son activité. Tout le monde ne semble pas partager cette décision...


Visuellement magnifique, The American, sous son rythme lent cache en fait une parano qui envahi chaque plan. Quand un cinéaste maîtrise si bien image, lumière, cadrage et montage, peu de mots sont utilisés pour décrire ce que ressent le personnage et nous faire partager ce qu'il ressent.

La présence animale du George ajoute la touche finale pour qu'on comprenne toute la difficulté d'avancer sa retraite si on veut en profiter vivant, il nous fait toucher du doigt ce que ressent un grand félin acculé qui voit le piège s'avancer sur lui.

Chaque scène, chaque plan nous enferme dans l'esprit du personnage. Anton Corbijn nous avait donné un Control parfaitement réussi, son American frôle le chef d'oeuvre !

Pas de "vous avez vu là ?", ni aucun "Regardez !" n'est imposé au spectateur. On suit The American libre d'en interpréter chaque morceau à sa guise. Libre ? Quelle illusion ! Car en fait The American vous hypnotise rapidement à votre insu pour vous guider exactement où Corbijn le veux.

Ah que c'est beau le cinéma quand on nous parle comme ça !


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