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Kwaïdan (Masaki Kobayashi, 1964)


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Quatre contes fantastiques japonais, quatre rencontres entre des hommes et des fantômes... : 1. Un Samouraï retrouve la femme qu'il a abandonné. 2. Après une tragédie, un Bucheron rencontre une femme mystérieuse. 3. Un moine aveugle chante pour des esprits sans le savoir. 4. Un Samouraï voit dans son breuvage le reflet de l'esprit qu'il combattra.

4 histoires de fantôme, très traditionnelles, se partagent ces 3 heures de poésie et de d'audaces visuelles. Kobayashi découvre avec Kwaïdan la couleur, et elle devient pour cet immense réalisateur une source inépuisable d'expérimentations (jusqu'aux ciels remplis d'yeux (très expressionnistes)  du sketch dans la neige).

Kwaïdan est une étape dans le film de fantômes japonais, mais il faudra bien se garder d'en attendre un rythme soutenu pour véhiculer la peur. Kwaïdan est lent, très contemplatif... Il déroule ses 4 histoires, loin de l'horreur ou des spectres d'un Ring, autour les liens entre les esprits et les vivants, plutôt que de raconter des "revanches de l'au delà". La poésie est le moteur de Kwaïdan, le Zen et la tradition ses bases culturelles... Kwaïdan prends son temps, dans un silence rituel inquiétant que seul les "flèches musicales" de Takemitsu viendront briser et illustrer.

A l'image de Hara-Kiri ou Rebellion, Kwaïdan s'impose par la pureté de son cinéma et la richesse de son langage, il est en plus expérience d'immersion totale dans le Japon traditionnel historique et culturel. Si ses spectres sont plus oniriques que toniques (pour les spectateurs fâchés avec sa lenteur), la peur qu'ils véhiculent se cache dans l'ingéniosité de Kobayashi à les mettre en image (et en sons !) : ici, la peur est belle et poétique, attirante, mains non moins implacable, voire mortelle.

Alors certes , on peut "s'ennuyer" dans Kwaïdan, mais si ses esprits ne vous effraient pas, sa leçon de cinéma, elle, ne vous laissera pas indifférent : elle est immense !


Rébellion (Masaki Kobayashi, 1967)


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Afin d'obéir aux choix de son suzerain, Isaburo Sasahara accepte le mariage de son fils avec Dame Ichi, la concubine répudiée de son maître. Malgré les réticences, celle-ci se révèle être une épouse idéale, et donnera même une fille à son fils. Mais subitement, le suzerain décide de faire revenir Dame Ichi au château. Isaburo s'élève contre cette décision...

Après Hara-Kiri, Kobayashi poursuit l'exploration de l'écrasement du pouvoir féodal sur ses serviteurs. A travers ce drame familial, il dénonce l'injustice, l'aveuglement et l'absurdité du système et évoque la rébellion de ce sabreur qui, après avoir servi son maître toute sa vie par honneur, se dresse contre lui... par honneur aussi.

Ponctuée que de deux (magnifiques !) séquences de sabre, Rébellion s'attarde avant tout (comme le faisait par ailleurs Hara Kiri) sur les raisons qui mènent à la tragédie finale. Tout en tension croissante, Kobayashi démonte la mécanique qui pousse son personnage, toute sa vie soumis, à renier ses valeurs pour en épouser de des nouvelles, plus nobles encore : frustrations et injustices répétées sur les "petits", apporteront la révolte aux "grands" !

Fort et puissant, tant à l'image que sur le plan dramatique, Rébellion est une lente prise de conscience qui traîne implacablement, et de la plus belles des manières qui soit, le spectateur jusqu'à son final, pessimiste et crépusculaire. Plus"calme" que bien d'autres Jidai Gekki, Rébellion tend vers la tragédie davantage que l'action, la critique du système féodal en ressort plus fortement encore, et sa lecture n'en est que plus contemporaine.

Kobayashi livre avec Rébellion est un film sublime, qui se range tout naturellement à coté d'autres grands classiques du cinéma japonais de cette période bénie !


Hara Kiri (Seppuku, Masaki Kobayashi, 1962)


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Un ronin demande à faire Seppuku dans le palais du shogun. Avant d'effectuer le rituel, il va raconter son histoire.

Là encore énorme film de sabre (paradoxalement avec assez peu de scènes de combat...) dans lequel la modernité transpire de bout en bout, que ce soit sur le fabuleux déroulement de son scénario (on commence à l'aube du dénouement, les flashback éclaireront ce qui précède...) ou sur la manière dont un système s'étouffe sous ses propres contradictions et son entêtement à regarder derrière lui...

Et comme souvent pour le cinéma japonais de cette période, la forme y est absolument éblouissante !

Curieusement Hara Kiri se prête à merveille à illustrer notre europe qui s'accroche coûte que coûte à ses dogmes plutôt que de les remettre en question, mais c'est là une réflexion très personnelle de la rédaction ;-)

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