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Detachment (Tony Kaye, 2011)


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Henry Barthes est professeur-remplaçant dans les lycées. Il est confronté aux difficultés de son métier d'enseignant, à un système éducatif usé ainsi qu'aux souffrances de certains de ses élèves.

Detachment frappe fort ! Entre spleen et désespoir, Tony Kaye (American History X) dresse un portrait noir et sombre du métier d'enseignant. Il en parcours toutes les faiblesses, toutes les difficultés, tous les combats pour en dresser le portrait d'une profession qui serait le dernier enjeux de notre société, son dernier rempart contre ses propres maux.

Si au premier abord Detachment fait mouche par le ton de sa narration, son rythme et sa très belle réalisation (sans compter les nombreux et pertinents sujets qu'il aborde !), il ne parvient pourtant pas remporter l'adhésion du spectateur. 

A grand coups de scénettes clipesques et tendances (caméra épaule, profondeur de champs hyper réduite, passages en animation, flash backs esthétisants...), Tony Kaye surligne les difficultés et le désespoir de ses personnages. Chaque minute met à nu un nouveau problème, qu'il soit social ou humain, chaque nouvelle scène appelle un sombre constat, surchargeant chaque fois davantage le noir tableau. Comme fasciné par les situations qu'il met à nu, Tony Kaye surcharge son propos, et à force de désespoir tombe dans la complaisance.

A la manière d'un Biutiful (lui aussi beau et fort), Detachment pousse trop loin le curseur. Rien n'est omis : océan d'incompréhension, incapacité à communiquer, isolement, suicide, décès, prostitution, échec scolaire, perte de lien, perte des repères, etc... la liste est longue ! Detachment se contente d'accumuler les signaux alarmants, de lister les agressions de la vie quotidienne sans jamais laisser aucun répit.

Alors oui, Detachment est émouvant, remue à l'intérieur... Oui, Detachment est beau et esthétique... Mais son exhibition stylisée et systématique de tous les malheurs du monde, finit par habituer puis insensibiliser le spectateur. Si belles et justes soit les idées véhiculées par Detachment, la réalisation de Tony Kaye peine à trouver son équilibre, manque de contrastes, et par manque de lumière peine à mettre en valeur ses ombres. Quand à son interprète, Adrien Brody (impérial en professeur qui tente de trouver la bonne distance aux choses), il ne fera que renforcer le désespoir excessif de Detachment.

Detachment est un plat raffiné, sa présentation est magnifique, il est absolument délicieux et réussi... mais il est hélas difficile à digérer ! Maintenant que vous êtes prévenu, on vous le recommande.